Accéder au contenu principal

Darren Hayman And The Secondary Modern - Pram Town


Décidément, Darren Hayman restera toujours cantonné dans l'ombre. Pourtant, cela fait maintenant plus de 10 ans que le monsieur roule sa bosse dans le monde du rock indépendant. Mais il a beau sortir disque sur disque, peu de gens prennent la peine de s'intéresser à sa musique. Quid de Darren Hayman dans les Inrocks, Télérama, le NME, etc ? Pas grand chose à vrai dire. Et pourtant, son premier groupe, Hefner, est pour moi parmi ce que l'Angleterre a fait de mieux ses dix dernières années, rien de moins. Car Hayman est un grand songwriter, un peu en marge il est vrai, avec ses petites mélodies bancales, ses textes décalés sur la vie de tous les jours et les relations homme/femme. Je garde d'ailleurs un super souvenir d'un concert de Hefner, en 2001 je crois, à la Boule Noire : il y respirait un certain amateurisme c'est vrai, mais aussi une telle générosité, une telle fantaisie, une telle absence de calcul, qui me faisait dire que ce gars avait tout compris. La musique finalement, est-ce que ce n'est pas simplement ça : se faire plaisir en faisant plaisir aux autres ? Alors, quand Hefner a splitté, je n'ai plus vraiment suivi la carrière du bonhomme, qui n'a pourtant jamais vraiment arrêté, au rythme toujours effréné d'un disque par an. Pour parler maintenant de "Pram Town" - je ferais sans doute une rétro prochainement sur Hefner, ce n'est évidemment pas le meilleur disque de son auteur - trop homogène sans doute, trop calme aussi - , enfin, c'est mon avis personnel, mais c'est un agréable recueil de ballades pop. Et en comparant avec le dernier disque de Peter Doherty, je m'aperçois que je garderai toujours plus de sympathie pour un gars comme Darren Hayman, loser éternel de la pop anglaise. Sa musique est finalement plus émouvante, moins calculée, moins sérieuse. Peut-être est-ce finalement à cause de son physique assez ingrat ? Pour draguer les filles, chacun sa méthode. (Bienvenu dans le monde fabuleux de Darren Hayman!)

6/10

Chroniques :
Drowned In Sound

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Destroyer - Ken

Découvert réellement au moment de son dernier et magnifique "Poison Season" - très bien classé dans mon top albums 2015 - Destroyer est déjà en passe de devenir un de mes groupes préférés. Son nouveau disque "Ken" a une étonnante référence : c'est le titre original du très beau "The Wild Ones" de Suede. Pourtant, l'univers musical de Dan Bejar est assez éloigné de celui de Brett Anderson, même si tous les deux puisent plus leur inspiration en Angleterre qu'en Amérique. La musique, assez proche de son "Kaputt" - son disque le plus adulé par la critique - revient à des sonorités eighties. On croirait entendre une sorte de New Order (les synthés sur "In The Morning" ou "Tinseltown Swimming in Blood") ou de Pet Shop Boys pas dansant, plus précieux et orchestré, qui ferait davantage de bien à la tête qu'aux pieds. "Sky's Grey" fait aussi penser à la classe et l'épure de son précédent album et bea…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

John Maus - Screen Memories

Cela faisait un bail qu'on n'avait pas eu de nouvelles du doux illuminé de John Maus. Depuis son magnifique et intransigeant "We must become the pitiless censors of ourselves" sorti en 2011 et une compilation de vieux titres parue un an après. La musique est toujours la même, sorte d'Ariel Pink, avec qui il a travaillé autrefois, en version cold wave. La chanson "Time to live" sur l'album "Dedicated to Bobby Jameson" de ce dernier fait d'ailleurs beaucoup penser à du John Maus. Comme si Pink était la version joyeuse et Maus la version sombre d'une seule et même idée de la pop musique. Il n'y a pas sur "Screen Memories" de titres aussi monumentaux que "Believer". C'est plutôt le genre de disque assez homogène qui s'écoute d'une traite, sans sauter de morceaux, parce que la qualité et le style restent constants.  Le gars aime toujours autant bidouiller des sons synthétiques sur ses machines, créan…