Accéder au contenu principal

Mes indispensables : The Feelies - The Good Earth (1986)


Après la réédition de tous les albums de Beatles (promis, c'est la dernière fois que j'en parle), voici celle, autrement plus intéressante, des deux premiers disques des Feelies. Pourquoi plus intéressante ? Tout simplement parce que ces deux-là étaient devenus presque introuvables et qu'il était donc temps de remédier à cette odieuse injustice. Surtout leur deuxième, celui-ci donc, le bien-nommé "The Good Earth". Parce qu'il n'est injustement pas considéré comme leur meilleur - on lui préfère généralement le brouillon et plus expérimental "Crazy Rhythms" -. Il est ici effectivement question de disque terrien, de folk rural, mais toujours avec ce jeu de guitares caractéristique de la divine paire Million-Mercer. Les deux compères ont arrêté les surdoses de caféine et de Guronsan et en profitent pour délivrer leur disque le plus aérien, le plus compact, le plus homogène aussi. La tension est toujours là, mais plus légère, mieux maîtrisée. Tous les titres pourraient être cités, à l'inverse de "Crazy Rhythms" où quelques uns sortent irrémédiablement du lot, il n'y a aussi pas de reprises (ni Beatles, ni Rolling Stones, ni plus tard Velvet Underground) , pas de baisse de régime non plus. On croirait d'ailleurs entendre un seul et même morceau évoluant au fil des accords de guitares et des quelques paroles murmurées plus que chantées. On pourrait donc s'arrêter dès la fin du premier morceau, le génial "On The Roof", parce que tout est déjà là, mais on continue malgré nous, parce qu'on aime ça. The Feelies, c'est le chaînon manquant entre Television pour les magnifiques enchevêtrements de guitares et R.E.M pour le côté folk mélodique. C'est Peter Buck, fan de la première heure, qui produira d'ailleurs ce disque.
J'ai découvert, pour ma part, ce groupe il y a plus de 10 ans maintenant, grâce au magazine des Inrocks, par l'intermédiaire d'un classement des meilleurs disques de la période 1986-1995, à une époque où Les Inrocks étaient encore capables de défricher de nouveaux talents avant les autres, à une époque où internet n'existait pas encore ou presque. Dernièrement, The Feelies s'est reformé - ben, ouais, eux aussi ! - pour quelques dates aux Etats-Unis. Cette réédition pourrait aussi être l'occasion d'une éventuelle tournée européenne, avec un passage par Paris. Qui sait ?

Commentaires

  1. Oh que ca fait plaisir d'entendre parler des Feelies. En revanche je suis pas vraiment d'accord, Crazy Rhythms n'est ni brouillon ni experimental. Par contre je n'ai jamais écouté The Good Earth par peur d'être déçu mais je testerai..
    S'ils passent à Paris tu peux être sur que j'y serais!

    RépondreSupprimer
  2. Effectivement, brouillon et expérimental, cela s'entend en comparaison de "The Good Earth", moins heurté et plus fluide.

    RépondreSupprimer
  3. C'est marrant mais j'ai découvert nombres de disques avec ce classement des meilleurs disques de la période 1986-1995 selon les Inrocks. D'ailleurs, je l'ai même retranscris en format texte sur mon ordi.
    "The Good Earth" est vraiment bon, plus "pop" après le Post-punk de "Crazy Rythms".
    Et en cette année 2011, ils sont de retour avec l'excellent "Here Before", album que l'on jurerait avoir été enregistré par des p'tits jeunes rockers !
    "Only Life" est pas mal aussi !!!

    A + et toujours bravo pour "tes indispensables", à toi et à ta collège, qui sont très proches de MES disques à moi !!!!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Top albums 2017

Vous l'attendiez tous - si, si, ne dites pas le contraire - mon top albums 2017 ! Ce ne fut une fois de plus pas chose aisée, même aux toutes premières places, car aucun disque ne se dégageait facilement du lot. Pas de grande révélation pour moi cette année, on retrouve donc dans ce classement, des habitués. La principale déception, même si toute relative car l'album est quand même très bon, reste le retour de LCD Soundsystem. Le groupe devait normalement écraser la concurrence, il n'en fut rien. Leur musique est devenue plus réfléchie et moins dansante. Moins marquante donc pour moi. Sinon, dans ceux qui sont restés à la porte de ce top 10 et qui n'ont pas démérité, il y a Babx, Destroyer, Alex Cameron, Xiu Xiu ou Feist. Mais trève de discours, voici donc, en toute subjectivité, mes 10 disques préférés de l'année écoulée.

10. Snapped Ankles - Come Play The Trees
Les anglais de Snapped Ankles pratiquent une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'élect…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Montero - Performer

"Performer" est le deuxième album de Bjenny Montero, australien d'une quarantaine d'années, plus connu dans le milieu du rock indépendant pour ses talents de dessinateur que ceux de chanteur ou musicien. Il a notamment travaillé pour des artistes comme Mac Demarco - dont il a aussi fait la première partie - Ariel Pink ou Pond, soit pour les pochettes de disques soit pour des tee-shirts. Le gars avait même presque tiré un trait sur sa carrière musicale, d'une part parce qu'il avoue préférer le dessin, d'autre part parce qu'il sait qu'il ne rencontrera jamais le succès dans ce domaine. Dis comme ça, on ne peut s'empêcher d'avoir un peu d'affection pour le bonhomme, sorte de loser revendiqué, un brin fantaisiste et jemenfoutiste.
Surtout que "Performer" est un excellent disque de soft-rock, quelque part entre MGMT pour le côté mélodique et psychédélique et Ariel Pink pour le côté kitsch assumé et bricolé et l'inspiration ne…