Accéder au contenu principal

Mes indispensables : The Fall - This Nation's Saving Grace (1985)


Un nouvel album de The Fall est prévu pour le mois de janvier prochain et je me disais donc qu'il serait pas mal de parler un petit peu du joujou de l'inénarrable Mark E. Smith. Joujou, car à part lui, je crois qu'il ne reste plus aucun des membres de la formation originelle plus de trente ans après. The Fall, c'est aussi une palanquée de disques, à raison d'une moyenne d'environ un album tous les ans, il paraît donc difficile aux communs des mortels de les avoir tous écouté, à l'exception peut-être des fans purs et durs. Alors, ce disque, "This Nation's Saving Grace" parut en 1985 est souvent présenté comme leur classique. Et je dois dire que c'est assez justifié, même si comme je l'ai fait comprendre plus haut, je n'ai moi-même pas écouté tout The Fall. Pour les novices, The Fall, c'est la quintessence du punk anglais. Pas le punk des Sex Pistols ou des Clash, non celui des "vrais" marginaux, des "bois-sans-soif", des bouseux, des éternellement mécontents limite anarchistes, mais sans une once d'attitude. Non ici, tout est vrai, pas le genre de la maison de se la raconter. Mark E. Smith ne chante pas, il ânonne, il marmonne, il gueule, crache sa bile contre l'humanité entière et c'est aussi ça The Fall (surtout ?). Sur ce disque, les titres sont longs, cinq minutes en moyenne, répétitifs, histoire que tout ça rentre bien dans les esprits. Et il y a des trucs évidents, ces gimmicks et riffs de guitares qui tournent en boucle et qui claquent sèchement : "Barmy" ma chanson préférée du groupe, "My New House", Paint Work" ou encore "Cruiser's Creek". Le genre de chansons qui une fois qu'on y a goûté vous reviennent inlassablement. The Fall, c'est le rock pas repassé, pas carré ni glamour pour un sou, tordu, cradingue, le punk de la rue.

Pour les avoir vu, en concert, je confirme que Smith a l'air de quelqu'un de véritablement antipathique - il paraîtrait qu'il chie sur la France et les français, encore plus même depuis la main de Henry ? -, insupportable, ressemblant à un espèce de vieillard de soixante-dix ans (il en a quand même vingt de moins) ravagé par l'alcool, limite clochard. En tout cas, il avait le don d'énerver son groupe, désormais composé de plus jeunes que lui, en débranchant ou déréglant leurs instruments en plein morceau. Après, on aime ou on n'aime pas le personnage. Mais force est de reconnaître que le bonhomme est un vrai génie lorsqu'il s'agit de pondre de ces rythmiques rock ultra efficaces. Son groupe, sans avoir jamais rencontré le succès qu'il mérite - d'ailleurs, comment ce type pourrait-il séduire un large public ? - est devenu un groupe culte. Pavement, Sonic Youth ou les Pixies lui doivent beaucoup. En ces temps de plus en plus conformistes et politiquement corrects, la musique de The Fall devient donc comme une valeur refuge. Indispensable !

Clip de "Cruiser's Creek" :


Live de "Couldn't Get Ahead" :

Commentaires

  1. S'il y a bien un groupe culte par excellence, à la disco gargantuesque, capable du meilleur comme du pire, c'est bien The Fall.....Euh, je devrais dire Mark E Smith et son groupe The Fall tellement The Fall c'est lui....
    Si cela t'intéresses, j'avais édité 3 posts titrés PLAYLIST THE FALL sur mon blog (rubrique "diverses playlist").

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

The Monochrome Set - Fabula Mendax

Le Monochrome Set existe depuis bientôt 40 ans. Il a connu une période faste à ses débuts, à l'orée des années 70 et 80, durant laquelle le groupe inventait une pop à nulle autre pareille, bien éloignée du mouvement post-punk alors en plein essor ou de la new-wave balbutiante. La formation menée par Ganesh Seshadri, alias Bid, un soit-disant authentique prince indien, est à l'origine de beaucoup de vocations, notamment Morrissey ou Edwyn Collins. Le groupe arrivé trop tôt, reviendra trop tard dans les années 90, à l'heure de la brit-pop. Leurs mélodies précieuses et délicates n'avaient pas grand chose à voir avec le rock direct et un peu simplet de Oasis et consorts. Puis, il y a eu une nouvelle reformation à la fin des années 2000, après 10 nouvelles années de disette. Celle-ci ne semblait plus rien vouloir du tout, ne surfant pas avec une quelconque mode par essence éphémère. On sait déjà que le succès n'arrivera jamais, d'autant que la formation londonienne…

Temples - Hot Motion

Si le rock était encore à la mode, les anglais de Temples pourraient assurément emporter la mise, renvoyant les australiens de Tame Impala dans leur 22, avec ce "Hot Motion", troisième album encore plus direct et calibré que les précédents. Après avoir (un peu) délaissé les guitares pour les claviers, le temps de "Volcano", ils reviennent à un style plus "classique" et proche de leur premier essai, l'excellent "Sun Structures". C'est toujours la même recette : des mélodies accrocheuses dans la plus pure tradition anglaise, relevées par des arrangements très psychédéliques avec un bon gros son qui claque. Si on flirte parfois avec la facilité, comme sur "The Howl", ces jeunes anglais chics et très (trop?) stylés arrivent toujours à faire passer la pilule avec un petit changement de direction imprévu.  Car si le chemin d'ensemble est bien balisé, le groupe s'autorise de légères sorties de route qui font que ce "Hot …

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…