31 janvier 2009

Vendredi 30 janvier 2009, 19h23

Dans le titre de mon blog, il y a "musique" bien sûr, mais il y a aussi "papa" et depuis tout à l'heure, ce mot prend enfin tout son sens !

28 janvier 2009

Loney Dear - Airport Surroundings

En rapport avec ma chronique du jour, voici le clip du premier single extrait du dernier album de Loney Dear : "Airport Surroundings" et sa mélodie entêtante.

Loney Dear - Dear John

A l'écoute du nouveau disque du suédois Emil Svanängen, je me dis que je pourrais presque reprendre ma chronique du dernier album de Franz Ferdinand et en faire un copier-coller. Car comme les écossais, le suédois a mis un peu de synthé dans ses jolies mélodies. : c'est décidément une mode ! Car comme les écossais, le suédois pêche un peu dans ce "Dear John" par excès de facilité. On sent en effet beaucoup moins de spontanéité que sur ses deux précédents disques : "Sologne" et le formidable "Loney Noir". Ici, il y a des "lalala" et des "ohohoh" dans à peu près tous les morceaux, histoire de bien appuyer la mélodie. C'est plus facile à retenir, c'est plus facile à siffler sous la douche, mais c'est aussi moins subtil et on se lasse plus facilement ... Dommage, car pas sûr malgré tout que le suédois rencontre le succès avec ce nouveau disque. Sa musique ressemble encore trop à celle de Sufjan Stevens, aux premiers Belle And Sebastian et aussi un peu à celle de Nick Drake. C'est donc ce qui fait la différence avec Franz Ferdinand : sa musique ne sera jamais jouée dans les stades.(Site officiel)

7/10

Chroniques :
Pitchfork
Les Inrocks
Magic
NME
Popnews

27 janvier 2009

Dominique A (3/8) : La mémoire neuve


En 1995, Dominique A s'ouvre au monde et n'est pas loin de basculer de l'autre côté du miroir. Le single "Le Twenty-two Bar" est en passe de devenir un tube et demeure encore à ce jour le plus gros succès commercial du chanteur. Dominique est même nominé comme révélation aux victoires de la musique : il doit venir y chanter en direct. Mais il refuse, ne voulant pas participer à un concours contraire à ces principes : la chanson n'est pas une compétition. Ce refus conforte les positions : les fans applaudissent, les autres crient au snobisme. En tout cas, sa nomination est retirée et depuis lors, c'est en marge que Dominique poursuivra sa carrière. C'est à partir de ce moment-là que j'ai apprécié pleinement le bonhomme, son intégrité qui pourrait passer pour de l'élitisme. "La Mémoire Neuve", l'album, qui m'a permis de découvrir le chanteur, m'a aussi fait un drôle d'effet : il m'a convaincu sur la longueur, s'immisçant petit à petit dans ma tête, mon cerveau. Car, ce n'est pas tout de suite que j'ai compris l'importance de ce disque, sa subtilité, il est d'ailleurs aisé de passer à côté, de part sa "fausse" sobriété. Le coup de foudre est d'abord venu des "Hauts Quartiers de Peine" et sa sublime ritournelle de cordes. Puis, viendra "Le Faussaire", "Le Twenty-two Bar" évidemment, "Tutti Va Bene", chaque chanson, une par une. Ce disque est sans doute encore aujourd'hui mon préféré en matière de chanson française. C'est pour moi, un incontournable, une référence, un modèle. J'y reviens de temps en temps, comme une valeur refuge, me convainquant qu'en France, aussi, on est aussi capable d'écrire et de composer de grandes oeuvres pop. En 1995, Dominique A est devenu adulte, la suite sera passionnante ...

Erratum : Contrairement à ce qui est dit plus haut, Dominique A est bien venu chanter aux Victoires de la Musique en 1996, mais en a profité pour changer les paroles de sa chanson "Le twenty-two bar", ce qui devenait "A la télévision française, je chantais. Je ne sais plus pour quoi c'était, les gens en face de moi dormaient..."


La vidéo de "Le Twenty-Two Bar" :

La vidéo de "Il Ne Faut Pas Souhaiter La Mort Des Gens" :




Même à celle qui trahit
Même à celui qui ment
Il ne faut pas souhaiter la mort des gens

Il y a bien des cas où
Mais même dans ces cas où
Il ne faut pas souhaiter la mort des gens
Ça n'est jamais assez méchant

Tout le fiel impeccable s'abstient de tout effort
Pour parler comme ils parlent
Pour se faire fort d'avoir tord

Même au propriétaire
À la vieille à l'affût
Il ne faut pas souhaiter la mort des gens

Il y a bien des fois où
Mais même dans ces fois où
Il ne faut pas souhaiter la mort des gens
Ça les fait vivre plus longtemps

Celui que l'on hait bien
Il s'accroche, il s'accroche
On rêve de le faire boire
Dans la joie, l'épuiser

Et quant à ceux qui meurent
Qui s'en vont pour de bon
Dont on ne peut plus souhaiter la mort

C'est l'heure de pardonner
L'amour en bon dernier
Déballe sans y croire des trésors
Puis se fait passer sur le corps

Et le temps de se faire oublier, et bien non
Tant que d'autres ont encore de quoi vous dénigrer

Au bavard patenté
À la femme furibarde
Avec tout le temps qu'on leur prend pour nous hair
C'est indécent de souhaiter la mort de ces gens

Au bavard patenté
À la femme furibarde
Avec tout le temps qu'on leur prend pour nous hair
C'est indécent de souhaiter la mort de ces gens

(Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, Dominique Ané, La Mémoire Neuve - 1995)

26 janvier 2009

Franz Ferdinand - Tonight


"I found a new way" nous prévient Alex Kapranos, le chanteur du groupe Franz Ferdinand, dès le début de ce nouvel album, le troisième de la formation écossaise. "Ulysses", premier single, démarre le disque tambour battant ... Mais après une première écoute entière des douze morceaux, on est quand même sceptique : ça ressemble beaucoup à du Franz Ferdinand ... Bien sûr, il y a quelques évolutions dans le son, un peu plus électro (ça doit être la mode en ce moment ...), en témoigne la longue plage de synthé à la fin de "Lucid Dreams", mais dans l'ensemble beaucoup de titres auraient pu figurer sans problème sur les deux premiers albums du groupe. Tout ceci ressemble même par moments un peu au dernier Beck. On se demande alors pourquoi 4 ans d'absence ? Bien, oui, pourquoi ? "Tonight" est donc un peu une déception, même si après un deuxième disque en retrait, je n'attendais déjà plus grand chose des écossais. Leur musique reste pourtant toujours aussi efficace et il y a encore ici pas mal de tubes potentiels. Mais on sent poindre un peu de facilité dans l'écriture. La routine, quoi ! (Site officiel)

6/10

Chroniques :
Bon pour les oreilles
Magic!
Pitchfork
Fluctuat.net
NME
Les Inrocks
Télérama

23 janvier 2009

White Lies - To Lose My Life Or Lose My Love

Alors, voici un nouveau groupe anglais encensé par le NME, un de plus, me direz-vous. Et à l'écoute de leur musique, on constate rapidement qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. A croire décidément que l'Angleterre ne produit rien de neuf en matière de rock depuis belle lurette. Et bien, oui, car la musique des White Lies ressemble à s'y méprendre à celle de tous ces nouveaux groupes inspirés par la new-wave tendance gothique du début des années 80, celle de Joy Division et des Cure. Et si Interpol était du sous-Joy Division, les Editors du sous-Interpol, les White Lies pourraient être considérés comme du sous-Editors, se rapprochant par moment des pénibles Killers (américains cette fois-ci). Bon, c'est vrai, je suis un peu méchant avec ce groupe, car il trouvera sans doute ses fans. Et il y a quand même quelques titres efficaces, pour peu qu'on soit disposé à écouter ce genre de musique pompière, prête à enflammer les stades. Mais la recette commence à être archi-connue : un zest de noirceur dans les paroles (le mot "dead" ou "kill" doit être employé dans à peu près tous les morceaux), une basse bien lourde, un chanteur à voix grave et une attitude de poseurs ... Bref, ça ne suffit pas. (Site officiel)

4/10

Chroniques :
Les Inrocks
NME
Pitchfork



22 janvier 2009

Animal Collective - My Girls

Après Antony And The Johnsons hier, voici le clip du premier single extrait de l'autre grand album de ce début d'année : "Merriweather Post Pavilion" de Animal Collective. Et c'est la chanson "My Girls" qui a été choisie. Comme pour Antony, le clip est très beau et va comme un gant à cette musique aquatique et un peu zarbie.

Dominique A (2/8) : Si je connais Harry


Suite de mes périgrénations sur Dominique A avec cette semaine le deuxième disque du monsieur au titre énigmatique "Si je connais Harry". Moins monolithique que le précédent, il est plus difficile d'y adhérer totalement, mais en même temps plus difficile aussi de le rejeter "en bloc". "Si je connais Harry" est un disque de transition, un disque entre-deux, entre les débuts prometteurs et atypiques de "La Fossette" et de ses petites nappes de synthé trafiquées et produites à la maison et "La Mémoire Neuve", disque plus ouvert, mieux produit, qui lui ouvrira un court instant les portes du public de masse. Sur ce deuxième disque, il y a un peu des deux, un peu encore de "La Fossette", un peu déjà de "La Mémoire Neuve". C'est donc un album un peu oublié dans la discographie de Dominique A, un disque considéré comme mineur, et pourtant en le réécoutant bien, je trouve qu'il y a quand même ici quelques petits trésors, comme le formidablement sobre "L'Amour", comme "Le Gros Boris" bien dans la lignée du "Courage des Oiseaux", comme les guitares stridentes de "Retour au calme", comme la très belle reprise de Christophe "Chiqué, Chiqué" (d'ailleurs, on jurerait entendre Christophe lui-même sur ce titre tellement leurs voix semblent proches. Des talents d'imitateurs, Dominique ?), etc. "Si je connais Harry" est un album à découvrir ou à redécouvrir.
En concert, Dominique reprend depuis peu "L'Amour" dans une nouvelle et magnifique version, disponible d'ailleurs dans l'album live sorti en 2007 "Sous nos forces motrices".


Les yeux gonflés de sommeil, l'amour
Ce bonheur est sans pareil, l'amour

Nous nous perdons dans le jour

Il n'y a plus rien autour, l'amour


Cerné de tous les côtés, l'amour

Finira bien par flancher

Tous tes mots dans mon oreille

Seront perdus pour toujours
Seront perdus pour toujours

(L'Amour- Ané, Si Je Connais Harry, 1993, Lithium)

21 janvier 2009

Antony And The Johnsons - Epilepsy Is Dancing

Pour faire suite à ma récente chronique du dernier disque de Antony And The Johnsons, voici le clip du premier single qui en est extrait à savoir "Epilepsy Is Dancing".
Tout dans Antony Hegarty est en harmonie, les images comme la musique. Et une fois de plus, on aime ou on n'aime pas. C'est kitsch ou magnifique.

20 janvier 2009

Antony And The Johnsons - The Crying Light

Après le dernier Animal Collective, voici le nouvel album du groupe d'Antony Hegarty et ma foi, on peut vraiment dire que l'année 2009 commence plutôt bien. Car, une fois de plus, on a affaire à un disque très réussi. La première partie de "The Crying Light" est même tout simplement magnifique, avec quelques titres somptueux comme le morceau d'ouverture "Her Eyes Are Underneath The Ground", "One Dove" qui est sans doute mon préféré ou encore "Kiss My Name". Bien sûr avec le bonhomme, le kitsch nous guette toujours et le fil est toujours aussi ténu entre d'un côté les penchants expérimentaux d'un Scott Walker et de l'autre les mélodies faciles et un peu ringardes d'un Elton John. D'ailleurs, sa voix un peu "soul", me fait penser à celle du chanteur d'un groupe qui a eu son petit succès dans les années 90 et qui a depuis (heureusement?) disparu, à savoir les Christians. On retrouve aussi sur ce disque quelques arrangements à la Nick Drake, comme sur le dernier titre "Everglade". Et puis, on se dit qu'avec une telle voix, Antony Hegarty pourrait chanter n'importe quoi, qu'il nous toucherait quand même. Ce qui fait assurément de "The Crying Light" un disque hautement recommandable. (Site officiel)

8/10

Chroniques:
Pitchfork
Fluctuat.net
Magic!
Bon pour les oreilles
NME
La Blogothèque
Libération
Télérama



17 janvier 2009

Oubli ...


Et voilà, c'est toujours pareil quand on fait des compils de l'année, des tops et tutti quanti. On oublie des trucs, parce qu'on ne connaissait pas ou parce qu'on n'a pas assez bien écouté.
Et puis hier, en regardant par hasard Taratata, (et oui, désolé, j'ai aussi mes moments de faiblesse, même si j'ai quand même zappé pendant le passage des insupportables Tryo), je suis tombé littéralement sous le charme de cette chanson.
Un véritable petit bijou d'un peu plus de 2 minutes ...

16 janvier 2009

Those Dancing Days - In Our Space Hero Suits

Bon, voici un disque qui date de 2008, mais qui ne sort en France qu'en ce début d'année. Those Dancing Days est un groupe de cinq suédoises plutôt mignonnes (un nouveau girls band?), qui fait de la pop comme tout un tas de groupes actuels : les Spinto Band, I'm From Barcelona, Architecture in Helsinki, Los Campesinos, j'en passe et des meilleurs. Il n'y a ici rien de bien révolutionnaire. C'est juste frais et léger : un petit peu de synthé à droite, un petit peu de "oh-oh" et "la-la" à gauche, emballé, c'est pesé. La seule particularité de ce groupe hormis le fait que c'est un groupe de filles et qu'il vient de Suède est peut-être la voix de la chanteuse qui fait un peu R'N'B. Un peu trop à mon goût, à moins que ça ne soit juste un problème d'accent. Un petit disque sympa pour une fin de semaine, mais qui ne restera sans doute pas bien longtemps entre mes oreilles.(site officiel)

5/10

Chroniques :
NME

15 janvier 2009

Dominique A (1/8) : La fossette



En attendant de parler à nouveau de disques nouvellement sortis, j'ai décidé de vous faire partager ma passion pour cet artiste français, qui est , sans doute, celui pour qui j'ai la plus grande admiration. Je parle bien sûr parmi les vivants. Alors, je n'ai pas accroché tout de suite à sa musique. En 1992, quand sort son premier véritable album, je ne connais encore rien à la Musique, j'en suis encore à écouter New Kids On The Block (dont j'ai malheureusement appris la pathétique reformation ...) ou Milli Vanilli (ceux qui chantaient toujours en playback et en collants moulants). Triste révélation, je sais, mais personne n'est parfait. Alors vous imaginez Dominique A ... Le déclic est venu avec "La Mémoire Neuve" en 1995 dont je vous parlerai dans une future chronique. Je ne suis donc pas de ses fans acharnés de la première heure, qui ont usé ce disque ,"La Fossette", jusqu'à la corde et qui se passaient en boucle "Le courage des oiseaux". Non, mais aujourd'hui, je les comprends, car ce disque était une claque. Un jeune chanteur français inconnu, avec son petit synthé, sa guitare, sa voix androgyne et ses textes mélancoliques sortait la chanson d'ici de la torpeur ambiante. Avec 2 fois rien. Et on a tout de suite parlé d'un nouveau courant musical : le minimalisme. Réponse bête et simpliste quand on connaît la suite, typique de réaction face à un OVNI. Car il faut bien avouer qu'à cette époque-là, niveau variété hexagonale, c'était quand même le calme plat. D'ailleurs, en réécoutant ce disque tout à l'heure, je me suis dit que même aujourd'hui, ce disque restait unique, sans parenté, un objet inclassable. Culte : oui, sans aucun doute. "Le courage des oiseaux" devrait rester comme LA chanson de Dominique A, celle qu'il jouera à chaque concert, inlassablement. Car, il y a ici une telle concision dans les paroles et une telle évidence mélodique ou l'inverse, une improbable rencontre entre Barbara et New Order. Et je serai toujours jaloux. Jaloux de ne pas avoir découvert ce chanteur à ce moment-là, où cette histoire a commencé ... si bien. Et contrairement à la chanson, je n'imagine pas qu'elle puisse finir mal ...


Dieu que cette histoire finit mal
On n’imagine jamais très bien
Qu'une histoire puisse finir si mal
Quand elle a commencé si bien

On imagine pourtant très bien
Voir un jour les raisons d'aimer
Perdues quelque part dans le temps
Mille tristesses découlent de l'instant

Alors, qui sait ce qui nous passe en tête
Peut être
Finissons nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé

Tourne ton dos contre mon dos
Que vois tu je ne te vois plus
Si c'est ainsi qu'on continue
Je ne donne pas cher de nos peaux

Parfois qui sait ce qui nous passe en tête
Peut être finissons nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé

(Le Courage des Oiseaux - Ané, La Fossette, 1992, Lithium)


13 janvier 2009

Animal Collective - Merriweather Post Pavilion

Alors, chef d'oeuvre ou pas ? C'est la question qui est sur toutes les lèvres ou plutôt sous toutes les plumes des critiques rock actuelles : faut-il crier au génie pour ce groupe américain hors normes ? En France, on commence seulement à les considérer comme l'un des plus grands groupes rock du moment, de ceux qui innovent le plus. Aux Etats-Unis, par le biais du site influent Pitchfork, cela fait déjà des années que ce groupe est présenté comme déterminant pour l'avenir du rock. Alors, que faut-il en penser ? Personnellement, je n'ai pris le train en marche que lors de leur album précédent "Strawberry Jam" et encore, c'est sur la longueur que j'ai fini par craquer et ne plus pouvoir m'en passer. Leurs albums précédents avaient tendance soit à m'ennuyer, soit à m'irriter. Mais quid de ce "Merriweather Post Pavilion" ? La première chose que je peux dire, c'est que c'est sans doute leur album le plus accessible, leur plus électronique aussi, leur plus homogène : il y a une unité de ton dans ce disque, qui n'existait pas dans leur album précédent par exemple. Et c'est finalement, ce qui me déçoit un peu après plusieurs écoutes : c'est de ne plus être totalement surpris par la direction que peuvent prendre les morceaux. Et puis aussi par le virage électro que semble prendre le groupe (et oui, sans doute mon côté "rock à papa":-).. Reste tout de même de formidables moments, comme ce feu d'artifice de synthé au milieu de "In The Flowers", comme les choeurs un peu shamaniques et entêtants des 2 tubes en puissance "My Girls" et Brother sport" (déjà une habitude chez eux, en témoigne "Chores" sur "Strawberry Jam"), et puis il y a "Bluish", pour moi, le morceau génial de l'ensemble, déjà promis à figurer sur ma compil perso de l'année ... Alors, chef d'oeuvre ? Sans doute pas, mais très bon disque quand même, ces animaux-là sont toujours aussi défricheurs, toujours en dehors des sentiers battus. Leur musique reste toujours aussi indescriptible, sans étiquette, un drôle de mélange d'électro, de pop-rock et de musique africaine. Idéal pour la transe, en témoigne la pochette psychédélique ... (Site officiel)

8/10

Chroniques :
Pitchfork
Les Inrocks
Magic!
Fluctuat.net
Bon pour les oreilles
Chronicart.com
NME
Télérama

6 janvier 2009

Albums 2008 et résistance ...

Après les 2 compils bourrées à craquer de tubes, voici une petite liste de mes albums préférés pour 2008, histoire de boucler une bonne fois pour toute la boucle :

1- Portishead -Third
Vainqueurs haut la main cette année, pour leur originalité, pour leur indéniable savoir-faire, pour l'émotion que leur musique me procure. Je les rangerai tout en haut des groupes importants du moment, de la décennie, pas loin de Radiohead. Leur retour est une immense claque à la production musicale actuelle. Portishead était parti pendant plus 10 ans et pourtant, ils sont toujours en avance ... Il faut aussi aller voir Beth Gibbons en concert, pour sa voix, sa présence scénique, la chair de poule qu'elle provoque. Mon rendez-vous musical incontournable de l'année écoulée.



2- Vampire Weekend - Vampire Weekend
Ceux-là ont sorti un disque un peu plus terrien, un peu plus accessible aussi et pourtant terriblement mélodique, joyeusement pop, diviniment rythmé. Des Talking Heads pour les fans des Beatles. Et dire qu'ils ont à peine vingt ans, risquent d'écoeurer la grosse majorité de la production musicale hexagonale. A part quelques groupes anglais incontournables, l'essentiel de la musique pop-rock un peu excitante nous vient désormais des Etats-Unis, et en grosse partie de la scène new-yorkaise.

Découvrez Vampire Weekend!

3- Fleet Foxes - Fleet Foxes (& Sun Giant)
Ils sont jeunes, ils sont chevelus, ils sont américains, portent des chemises de bûcherons. Tout ceci pourrait faire fuir et pourtant en faisant se rencontrer le folk lunaire des premiers Neil Young avec les harmonies vocales des Beach Boys, les Fleet Foxes arrivent à allier beauté et simplicité. Du folk-pop à papa sans doute. Bien dans la lignée de ce site donc. Et puis, si en plus, cela fait plaisir à maman qui adore "White Winter Hymnal" ...

Découvrez Fleet Foxes!


4- Parenthetical Girls - Entanglements
Ceux-là, c'est un peu ma "madeleine de Proust" à moi. Je sais bien que leur musique grandiloquente doit en faire fuir plus d'un et pourtant, je les aime bien. Ce groupe américain n'a pas peur d'habiller ses ritournelles pop de tout un tas d'arrangements de cordes classiques au risque de tomber dans l'outrance. Leur chanteur en fait sans doute un peu trop dans le côté androgyne et affecté et pourtant, je ne sais pas, je trouve qu'il y a là, un réel talent mélodique. La reprise des "Moulins de mon coeur", le tube kitsch de Michel Legrand, est par exemple divine.


5- Barbara Carlotti - L'idéal
Celle-là, au même titre que Daphné l'année précédente est mon coup de coeur français de 2008. C'est frais, c'est bien chanté, c'est bien écrit, c'est bien arrangé, il n'y a pas de chansons faibles, l'album se tient bien sur toute la longueur. Bref, rien à redire sur le nouveau disque de cette chanteuse corse, que je n'ai découvert que cette année. C'est en tout point remarquable et je ne comprends pas encore comment on ne lui a pas remis le prix Constantin cette année. Elle le méritait amplement.

Découvrez Barbara Carlotti!


6- MGMT - Oracular Spectacular
Bien sûr, les MGMT sont dans tous les palmarès de fin d'année, comme Portishead, Fleet Foxes et Vampire Weekend d'ailleurs, ce qui prouve finalement, que je dois avoir des goûts assez basiques ;-) Bien sûr, leur disque n'est pas parfait, loin de là. Mais il y a de telles fulgurances, de telles évidences, que je trouve qu'il mérite amplement sa place ici. "Oracular Spectacular" est sans aucun doute l'album le moins homogène de cette sélection, mais rien que le fait d'avoir imposé 2 tubes indie ("Time To Pretend" et "Kids") en boucle sur toutes les radios et dans les reportages télés de France et de Navarre impose le respect. Surtout quand on décrypte les paroles du cynique "Time To Pretend" ... Jouissif !

Découvrez MGMT!


Voilà, 6 albums en tout et pour tout, ça fait pas beaucoup, mais j'avoue que cette année 2008 ne restera pas pour moi comme une très bonne année musicale, comme souvent avec les années paires. J'ai eu pas mal de coups de coeur en ce qui concerne des chansons précises, en témoigne la longue liste des morceaux présents dans mes compils de l'année, par contre, peu d'artistes m'ont convaincu sur la durée d'un album. Peut-être est-ce un signe des temps, où, à l'heure du MP3, l'album serait définitivement en voie de disparition, les gens préférant zapper d'un artiste à l'autre sur leur iPod. Consommer, écouter toujours plus pour jeter ensuite ?
Triste époque, le MP3 ne me dit rien qui vaille. Quand je vois dans le métro des gens écouter à la suite Arcade Fire et Florent Pagny sur leur baladeur, je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche, il y a un nivellement des valeurs. Le politiquement correct se serait-il installé même dans notre culture musicale ? Ce n'est pas bien de critiquer, chaque musique aurait sa propre valeur, serait respectable ? Cela fait sans doute bien d'avoir des goûts éclectiques, cela fait ouvert ... Et bien plus que jamais, 2009 sera pour moi l'année des choix, je le dis clairement : mes goûts musicaux ne sont pas éclectiques. Il y a beaucoup plus de choses que je n'aime pas que de choses que j'aime. Je sais, cela fait sûrement élitiste de dire ça, mais je pense que l'heure est à la résistance. Résister pour conserver ses goûts, ses valeurs, sa personnalité propre, dans ce monde de conformisme et de consensus mou. A partir de la semaine prochaine, vous trouverez notamment sur ce blog mes critiques pour les albums de 2009 et on commencera en beauté puisqu'il s'agira du nouvel album de Animal Collective.
D'ici là, portez-vous bien et surtout "Résiste" comme dirait l'autre ...


Découvrez France Gall!

5 janvier 2009

Compil de l'année 2008 ... suite et fin.

Bon, je suis toujours dans ma période "bilan de l'année dernière" ... J'y peux rien, je ne suis pas encore passé en 2009, c'est comme ça.
Voilà, je trouvais que dans ma première compilation 2008, il manquait des choses. J'ai donc décidé d'en faire une deuxième : 20 nouveaux titres tout pareil que l'autre !
ça pourrait être les remplaçants, mais des fois, les remplaçants sont aussi forts que les titulaires et sont de toute façon des futurs titulaires en puissance ...
Mais trêve de bavardage, voici la nouvelle et dernière liste :

1- Lightspeed Champion - Tell Me What It's Worth
Il est noir, mais bizarrement c'est un orfèvre pop ...


2- Sébastien Tellier - Divine
Le tube le plus kitsch de l'année, et pourtant pas assez encore, semble-t-il pour l'Eurovision.


3- Hercules And Love Affair - Blind
L'androgyne Antony Hegarty se prend un peu pour Jimmy Sommerville sur ce tube très années 80 ...


4- Why? - Fatalist Palmistry
Des américains au nom étrange qui mélangent le rap et la pop dans un joli foutoir. Ici, c'est pop et ça me rappelle les (défunts?) Mull Historical Society.

Découvrez Why?!


5- Alain Bashung - Le Secret Des Banquises
Bashung, remplaçant ? Cette année, sans doute. Pas son meilleur disque, mais toujours bien supérieur au lot commun de la variété hexagonale.


6- Foals - Cassius
La hype anglaise de l'année. Pas de grande révolution, mais une certaine efficacité tout de même.


7- Gonzales - Working Together
Après l'excellent "Solo Piano" qui faisait comme son nom l'indique la part belle au piano, façon Erik Satie, Gonzo s'essaie maintenant à la musique soul des années 70. Simple et efficace.



8- Arman Méliès - Casino
Arman Méliès confirme si besoin était qu'il faudra désormais compter avec lui. Son nouveau "Casino" est encore plus soigné que les précédents, même si l'écriture paraît moins spontanée. Si seulement il avait la voix de Dominique A ...


9- The Last Shadow Puppets - The Age Of Understatement
Pas aussi inspiré qu'avec les Arctic Monkeys, Alex Turner fait plutôt ici dans le genre pop orchestrée. Moins percutant, même si ce "Age Of Understatement" est assez réussi.


10- The Notwist - Boneless
Revoilà les Radiohead allemands : de jolies mélodies pour une voix malheureusement un peu molassonne ...



11- Bon Iver - For Emma
Je sais, c'est facile, mais ce gars-là porte bien son nom. Sûr qu'on va passer un bon hiver à l'écoute de ce "For Emma"-là, bien au chaud.


12- The Futureheads - The Beginning Of The Twist
Les Jam font encore recette, la preuve !


13- Shearwater - Rooks
C'est beau comme le meilleur Talk Talk ...

Découvrez Shearwater!


14- My Brightest Diamond - Inside A Boy
La nouvelle Kate Bush ...


15- The Dodos - Fools

ça ressemble à du Arcade Fire mais fait à la maison, avec moins d'instruments.


16- The Walkmen - In The New Year
Morceau idéal pour fêter la nouvelle année : une voix à la Dylan, pour une mélodie entêtante et très sixties.


17- Okkervil River - Lost Coastlines
ça frappe dans les mains, ça fait "lalala", c'est imparable : du folk-rock de chambre qui ne dépareillerait pourtant pas dans un stade ...


18- The Uglysuit - ... And We Became Sunshine
Enthousiasmant en concert, ce groupe m'a un peu déçu sur disque. Leur pop y est malheureusement un peu trop "bridée".


19- TV On The Radio - DLZ
Le buzz de la nouvelle scène rock new-yorkaise : ça me convainc pas complètement hormis peut-être sur ce titre.

Découvrez TV on the Radio!



20- Deerhunter - Agoraphobia
Le nouveau plus grand groupe de rock ? En tout cas, leur album "Microcastle" semble avoir retenu le meilleur du rock de ses vingt dernières années. Bon, ce n'est pas encore très bien digéré, ça manque un peu de personnalité, mais cet "Agoraphobia" fait croire en de beaux lendemains.