26 février 2009

Dominique A (7/8) : L'Horizon


Dernier disque studio en date de Dominique A, "L'Horizon" est un de mes préférés. Car je trouve que c'est un formidable concentré du meilleur de ce dont ce chanteur est capable. Il y a dans cet album des presque tubes comme "Dans Un Camion" ou "La Pleureuse" aux mélodies évidentes, des chansons plus amples aux rythmes entêtants comme "L'Horizon" et son merveilleux roulement de vagues final ou le non moins excellent "Adieu, Alma" qui clôture le disque de la plus belle des manières ou des titres plus mélancoliques aux textes bouleversants comme "Music-Hall" ou "Rue des marais". Avec "L'Horizon", il réussit même le tour de force de réconcilier le meilleur de "La Mémoire Neuve" avec le meilleur de "Tout sera comme avant", c'est-à-dire les mélodies pop avec les arrangements soignés de cordes. S'en suivront la parution de livres de et sur Dominique, de nouvelles collaborations avec des artistes confirmés comme Birkin ou Bashung, des comédiennes qui se lancent dans la chanson comme Jeanne Balibar, etc. Bref, ce chanteur devient petit à petit reconnu dans le petit milieu artistique et c'est plutôt une bonne nouvelle. Quand il faut mettre un peu de cette noble tristesse dans la musique, dans les vies, de celle qui font avancer, on peut faire appel à lui. Et oui, Dominique, tu es ma pleureuse.
La vidéo de "Dans un camion" :



Au cœur de la marrade
Je serai ta pleureuse
Quand ça rigolera
Je geindrai à coeur joie ;
Dans l’arène gauloise
Où le pathos agace
Ceux qui craignent de voir
Leur propre peine en face :
Je serai ta pleureuse.

En plombeur de ces dames
Ou en consolateur
Si tu y trouves ton compte
J’inonderai ton cœur ;
Et que le beau Danube
Se transforme en la Meuse
Et je suis ta pleureuse
Oui, je suis ta pleureuse
Pour toujours ta pleureuse.

Il reste hélas en moi
De ce sourire en coin
Qui de l’époque me fait
Être aussi un larbin ;
Mais secoue-moi un peu
Que reviennent impérieuses
Mes armes de pleureuse
Oui, je suis ta pleureuse
A jamais ta pleureuse.
(La Pleureuse - Dominique A - L'Horizon - 2006)

25 février 2009

I've got a date with Karen ...

J'ai enfin réservé des places pour mon premier concert de l'année 2009 ! Et oui seulement maintenant. Il faut dire que cette année, ce n'est pas facile d'organiser des sorties depuis l'arrivée de bébé, ça sera donc finalement au Bataclan, le 30 avril prochain : les Yeah Yeah Yeahs. Rock'n'Roll !

24 février 2009

Grand Duchy - Petits Fours

S'il y a quelqu'un dont tout le monde se contrefout actuellement, c'est bien de Frank Black, à l'inverse d'un Morrissey par exemple, autre grande figure rock des années 80. Pourtant, je trouve que sur son dernier disque, l'américain s'en sort nettement mieux que l'anglais. En effet, Frank Black abandonne (momentanément?) ici le gros rock qui tâche et revient à ses premières amours, celles de son groupe culte : les Pixies. Son nouveau groupe s'appelle Grand Duchy et il est formé uniquement de sa femme et lui. Un groupe familial en quelque sorte. Et si les chansons n'ont évidemment pas la percution, l'éclat et la fougue de celles de son ancienne formation, elles demeurent d'honnêtes chansons rock. Des Pixies en fin de course en quelque sorte, des Pixies en train de passer à l'âge adulte. Ce qui pourtant ne correspond pas à cette musique, éternellement adolescente. Mais par rapport à ce qui peut s'écouter ici et là, des titres comme "Fort Wayne", "The Long Song" ou "Ermesinde" sont loin d'être ridicules. Bien sûr, il y a quelques emprunts à Frank Black lui-même : l'intro de "Break The Angels" est un copier/coller de celle de "Gigantic", mais comme le dit l'adage, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. En bref, il y a parmi ces "Petits Fours" de savoureuses petites amuses bouches.(MySpace)

6/10

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23 février 2009

Glasvegas - Daddy's gone

Pour continuer dans ma mini-période rock pompier, voici un clip extrait de l'album de Glasvegas : "Daddy's Gone". Efficace.

Glasvegas - Glasvegas

Glasvegas, j'ai commencé à les écouter lorsque j'ai vu que leur chanson "Geraldine" était considérée par le NME comme une des meilleures de 2008. Et en écoutant le morceau en question, j'étais resté clairement sur ma faim : plutôt basique comme musique. Alors, ensuite, quand leur premier album est sorti en début d'année, je n'ai pas vraiment voulu m'y intéresser plus que ça. Jusqu'à ce que Dominique A (ah, ce Dominique !!!) en dise du bien sur son site à cette adresse : ici. Ben, oui, d'habitude, le nantais a plutôt bon goût, alors je me suis dit pourquoi pas : je vais réécouter ce groupe. Et puis ... Et puis, franchement, sans être vraiment renversante, je ne peux dénier que leur musique est d'une redoutable efficacité. Un peu comme si Bono reprenait du Jesus And Mary Chain en se faisant la tête de Joe Strummer. De la musique de stade donc, avec plein de refrains en "oh-oh-oh" chantés à tue-tête. Même si on n'aime pas, c'est quand même difficile de ne pas garder toute la journée ces chansons en tête. Bon, c'est vrai je n'aime pas spécialement U2, que je trouve infiniment surcôté, sans doute le groupe de rock préféré des gens qui n'aiment pas le rock, à l'instar de Coldplay par exemple. Mais Glasvegas, c'est quand même mieux que U2, ou plutôt c'est aussi bien que le meilleur U2. A part peut-être les trois derniers morceaux facilement dispensables. (Site officiel)

7/10

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20 février 2009

Dominique A (6/8) : Tout sera comme avant


Suite de ma saga sur Dominique A avec l'avant-dernier album : "Tout sera comme avant", avant bien sûr la sortie de "La Musique" prévue pour début avril 2009. En 2004, Dominique A est tombé sous le charme de l'album "L'Imprudence" de Bashung et décide d'embaucher les musiciens qui y ont participé. Les arrangements y sont somptueux, plus travaillés que jamais. L'ensemble, bien sûr, est toujours aussi triste, mélancolique, en témoigne des titres comme "Elle ne parle qu'à des gens qui ne sont pas là", "Dans les hommes", "Revenir au monde", j'en passe et des meilleurs. Il y a ici une vraie épure, une sobriété désarmante. Chaque note, chaque mot semblent avoir été profondément réfléchis. C'est vrai que cela manque sans doute de spontanéité, mais cela n'a jamais été le propre de la musique de Dominique A. Il a un rapport très intime avec la musique, une grande sensibilité. On peut alors rester à la porte de son univers, recherchant plus de chaleur, une musique plus physique, moins intellectuelle. Mais si on partage cette vision si intérieure de la musique, alors ses disques pourront paraître comme des refuges, des remparts contre le monde extérieur. Et ça sert aussi un peu à ça, la musique, nous emporter ailleurs, nous rendre la vie meilleure.

19 février 2009

Dent May - Meet Me In The Garden

Suite à ma récente chronique, voici maintenant le clip du premier single du fabuleux Dent May et son ukulélé. So kitsch, so good ...

Dent May - The Good Feeling Music Of Dent May And His Magnificient Ukulele

Dent May est un drôle d'énergumène. Il a été découvert par les membres d'Animal Collective et signé sur leur label : Paw Tracks. Et pourtant, sa musique n'a rien à voir avec celle des expérimentations sonores dudit collectif. Elle se rapprocherait plus de l'easy-listening. Elle peut donc sembler ringarde pour certains, et pourtant. Et pourtant, il y a derrière la facilité mélodique, un véritable univers. Fait de ukulélé. Mais pas à la manière des pitoyables pitreries d'un Julien Doré par exemple. Ici, il y a une vraie classe, une vraie voix, un vrai humour. En témoigne les titres décalés "God Loves You, Michael Chang" ou "I'm an alcoholic". Avec son physique de Jarvis Cocker américain, Dent May est assurément une des révélations de ce début d'année. Bien sûr, tout dans ce disque n'est pas parfait mais il s'y dégage une telle fraîcheur et une telle naïveté qu'il rend immédiatemment heureux. Un peu à la manière d'un Adam Green, mais sans le côté bobo un peu cynique. Vivement les beaux jours avec Dent May et son ukulélé ! (Site officiel)

8/10


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18 février 2009

Alela Diane - To Be Still

Voilà la nouvelle chanteuse folk à la mode : Alela Diane. Il faut dire qu'elle a un beau brin de voix dans la lignée d'une Joni Mitchell par exemple. Malheureusement, comme pour le premier album, j'ai un peu de mal à accrocher complètement à sa musique que je trouve trop lisse. Mais j'avoue que la belle a du talent à revendre et que ses mélodies sont assez jolies et bien ficelées. Sur ce deuxième essai, elle adopte aussi ce qui fit le succès de ses compères les Fleet Foxes : les choeurs célestes. C'est assez beau, très beau même parfois, comme ce "Age Old Blue", comme son sobre et soyeux jeu de guitare mais je suis assez réfractaire à ces quelques relents de musique celtique qui traînent parfois au détour d'un morceau. Alela ne cache pourtant pas son amour pour la musique d'un Neil Young. Et je comprends alors pourquoi je n'arrive pas à adhérer totalement à sa belle musique. Je vais peut-être faire grincer quelques dents, mais les disques de Neil Young m'ont toujours laissé sur ma faim, m'ont toujours lassé finalement. Belle sans doute mais trop lisse, trop prévisible, qui fait qu'une fois écoutée, cette musique donne l'impression qu'on en connaît par coeur déjà chaque recoin : elle manque de mystère. Pas facile alors d'y revenir. Trop classiquement folk sans doute. (Site officiel)

7/10

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16 février 2009

Morrissey - Years Of Refusal

Revoici Morrissey et je dois dire que je ne suis plus vraiment ce qu'il peut faire depuis belle lurette, ou plutôt je suis seulement d'une oreille distraite. J'avoue aussi que ce nouveau "Years Of Refusal" ne me fait ni chaud ni froid. Je le trouve bourrin, à mille lieux de ce que le Moz pouvait faire du temps de la grande époque, celle des Smiths ou de son chef d'oeuvre solo "Vauxhall And I" paru en 1994 : une éternité. Et pourtant, j'avoue aussi avoir été un grand fan des Smiths, connaissant par coeur tous leurs morceaux, même ceux sortis uniquement sur les faces B de singles. Cela me fait donc d'autant plus mal aujourd'hui de brûler une de mes idoles. Mais franchement, ça fait des années que les musiciens qui entourent ce cher Momo ne sont pas à la hauteur de son talent : difficile sans doute de retrouver l'équivalent d'un Johnny Marr. Et pourtant, Morrissey chante toujours aussi bien, écrit toujours aussi bien, même si, comme tout un chacun, il a un peu tendance à se répéter après plus 25 ans de carrière. Mais ce "Years Of Refusal", j'ai quand même beaucoup de mal à adhérer : ça manque singulièrement de finesse ... Dans le même style, "Your Arsenal" et même "Southpaw Grammar" étaient nettement supérieurs. Mais je suis sans doute plus exigeant avec lui, car comme dit le dicton, qui aime (a aimé ?) bien, châtie bien. "Nobody wants my love" proclame-t-il sur le single "I'm throwing my arms around Paris" : Terrible constat ? (site officiel)

4/10

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13 février 2009

The Pains Of Being Pure At Heart - Everything With You

Et pour continuer avec ce nouveau groupe américain, voici le clip de leur premier single, bien dans l'esprit des Jesus And Mary Chain.

The Pains Of Being Pure At Heart - The Pains Of Being Pure At Heart

Voilà le retour des Field Mice, obscur groupe pop du début des années 90, qui avait glané à l'époque sa poignée de fans inconditionnels et dont les disques sont malheureusement aujourd'hui quasiment introuvables. Leur musique était ce qu'on pourrait appeler de la noisy-pop à guitares claires, quelque part entre les Smiths et Jesus And Mary Chain. Et ben, non, ce groupe n'est pas Field Mice, mais juste sa réincarnation. Il s'agit d'américains, ils ont un nom à coucher dehors : The Pains Of Being Pure At Heart et c'est peut-être déjà une des révélations de l'année. Alors, bien sûr, c'est un retour à cette pop de la fin des années 80, début des années 90, rien de bien nouveau donc. Mais leur premier album éponyme contient suffisamment de titres efficaces pour tenir la route et rester un moment accroché à la platine. "The Tenure Itch" fait même penser à du R.E.M. période "Murmur", c'est-à-dire à son meilleur. Encore une fois, c'est le site pop-rock indie américain Pitchfork, (qui a décidément très bon goût ou plutôt les mêmes goûts que moi ;-) qui m'a fait découvrir ce très bon nouveau groupe. Allez, je me lâche, ça vaut bien trois casques, rien que pour les beaux souvenirs et parce que c'est bien fait ... (Site officiel)

8/10


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12 février 2009

Dominique A (5/8) : Auguri


En 2001, Dominique A revient avec "Auguri", à plus de simplicité et à des mélodies plus évidentes, en témoigne les deux superbes chansons que sont "Pour La Peau" et "Le Commerce de l'eau", sans doute deux de ses meilleures. Ce disque marque toutefois une nouvelle pause dans sa carrière. Après le tourmenté "Remué", Dominique revient à un disque plus accessible avec même deux reprises : une surprenante de Dalida ("Les enfants du Pirée") et une autre d'un groupe plus obscur : Polyphonic Size ("Je t'ai toujours aimé"). L'écriture est donc plus simple, plus évidente qu'auparavant, se rapprochant parfois de celle de "La Mémoire Neuve". Il poursuivra plus tard vers d'autres expérimentations sonores proches de ce que peut faire un Bashung par exemple. Mais avec ce chanteur-là, il n'y a pas deux disques pareils, chaque album a son propre univers. Pour la première fois peut-être, il glisse même un peu d'humour dans ses textes, comme sur le cynique "Les chanteurs sont mes amis", histoire de bien montrer que dans la chanson française, dix ans après ses débuts, il se sent encore un peu seul ... Pourtant, beaucoup de jeunes artistes commencent à se réclamer de lui. Donc, voilà, 5ème disque et toujours pas une seule ombre au tableau ...

La vidéo de "Je t'ai toujours aimé" :



Ses yeux brûlent,
Imagine deux soleils levant
Elle les pose sur moi maintenant
Mais tout autour, ça se bouscule
Pour la pousser à les poser
Sur d'autres visages accueillants
Tout sourire les soleils brûlants.

Des hommes taillés pour l'été,
Comme s'ils hibernaient avant :
Ils sortent, ils cherchent le soleil
Et en voient deux en la croisant :
Je suis seul à les retenir
Petit rempart contre un volcan.

Ses yeux brûlent,
Imagine deux soleils levant
Elle les pose sur moi maintenant
Mais... mais tout autour ça se bouscule.

Aujourd'hui, je suis noir de peau.
Tant elle m'a regardé
Ça aurait pu me rendre beau
Mais là vraiment je suis grillé.
Et tous les soleils à venir
Ne pourront que me refroidir.

Ses yeux brûlent
Imagines deux soleils levant.
Pourquoi moi qui suis minuscule
Dois je subir d'être son amant ?
Qu'elle arrête ou je m'émascule.
Je n'en peux plus tant ses yeux
Brûlent.
(Ses Yeux Brûlent - Dominique Ané - Auguri - 2001)

11 février 2009

Emmy The Great - First Love

Voici une artiste qui indique tout de suite la couleur avec son nom : Emmy The Great. Et pourtant. Et pourtant, sa musique est à l'inverse de ce nom un peu pompeux : elle est plutôt délicate. En fait, Emmy est une copine de Lightspeed Champion et avec lui, elle partage ce goût pour les petites mélodies de chambre. Anglaise, d'origine hong-kongaise, la jolie Emmy, capable de jolies chansons à l'image de "We Almost Had A Baby" ou de "Everything Reminds Me Of You", ennuie quand même un peu sur la longueur d'un album. Il faut dire qu'elle n'a pas la voix d'une Alela Diane par exemple, c'est donc plus plus difficile pour elle de jouer sur l'émotion immédiate. Et puis trop de douceur finit souvent par distraire l'auditeur. Donc, au final, une nouvelle chanteuse folk de plus, qui ne se démarque pas vraiment par son originalité, n'en déplaise à une bloggueuse qui se reconnaîtra ;-) (site officiel)

5/10

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10 février 2009

Andrew Bird - Fitz And The Dizzyspells (live)

En attendant un éventuel clip, voici un live de l'excellent premier single extrait du dernier disque d'Andrew Bird "Noble Beast". C'est un enregistrement de l'émission américaine de David Letterman. Here is "Fitz And Dizzyspells" :


9 février 2009

A Camp - Colonia

Voici le nouvel album de la chanteuse des défunts Cardigans, vous vous souvenez sans doute de ce gentil groupe de pop suédoise qui a eu son petit succès à la fin des années 90 ? En plus, Nina Persson est plutôt mignonne, ce qui ne gâche rien. Son nouveau groupe s'appelle A Camp et c'est déjà leur deuxième album. Je dois avouer que je suis complètement passé à côté du premier. Et, à l'écoute de "Colonia", je me dis que ce n'est pas bien grave. Je vais sans doute être méchant avec ce disque et il n'en mérite pas tant, car c'est un disque gentil. Et que fait-on généralement des disques gentils ? Généralement, on ne les écoute pas. On n'en parle pas. D'ailleurs, c'est ce que j'aurais dû faire : ne pas en parler. Cette musique ressemble à du Carpenters, pour situer le côté kitsch ... voire à du Abba, référence absolue de la pop chantilly suédoise. En France, on avait Stone et Charden. Bref, ce n'est pas mauvais, c'est juste mièvre et gnangnan ... (site officiel)

4/10

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8 février 2009

Telepathe - Dance Mother

Elles sont deux, elles sont toutes jeunes, elles sont produites par le producteur à la mode : David Sitek, l'homme aux manettes de TV On The Radio. Elles nous viennent de New-York et c'est donc forcément, "LE groupe du moment". Pourtant, comme pour TVOTR, je ne suis pas franchement convaincu. Il y a quelques titres pas mal comme "I Can't Stand It", mais leur musique demeure assez fade, froide, remplie de sons synthétiques en provenance des années 80 et de choeurs lointains façon My Bloody Valentine. D'ailleurs, la musique du premier morceau "So Fine" me fait un peu penser à du Eurythmics période "Sweet Dreams". C'est aussi un peu dans la lignée de Bat For Lashes, mais en moins bien. Bref, je trouve ça assez chiant finalement : pas assez mélodique, pas assez dansant non plus. Une espèce de musique hybride de studio, intello, un peu fabriquée qui aurait oublié d'être renversante. Un phénomène de mode qui ne passera sans doute pas l'hiver. (Site officiel)

5/10

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6 février 2009

The Wave Pictures - Just Like A Drummer

Le clip date de l'année dernière, comme l'album, mais décidément, the Wave Pictures sont une véritable bouffée d'air dans la grisaille de la pop anglaise actuelle. En témoigne donc ce clip frais et léger ...

Andrew Bird - Noble Beast

Voici le nouvel album d'un des meilleurs songwriters américains actuels. Avec "Noble Beast", Andrew Bird prouve une fois encore qu'il est un expert pour trousser de jolies mélodies pop matinées de violon. Sa voix est toujours aussi douce - assez proche parfois d'un Tom Yorke un peu moins torturé - comme sa musique. Les premières chansons du disque sont d'ailleurs excellentes, Andrew y siffle dans la plupart. Puis, au fil des morceaux, on commence à s'ennuyer un peu. C'est toujours pareil avec cet oiseau-là, il est capable du meilleur mais a tout de même tendance à faire du remplissage sur la longueur d'un album. Reste que sa musique est toujours aussi élégante et sobre, agréable à l'oreille, une musique indémodable. L'écoute de ce "Noble Beast" peut même constituer une très belle découverte pour les novices. Quant aux fidèles, ils resteront sans doute un peu sur leur faim. Car on attend toujours le chef d'oeuvre d'Andrew Bird .. Si seulement tous les morceaux pouvaient être du niveau de "Fitz And The Dizzyspells" par exemple .. Il est actuellement en tournée aux US avec le suédois de Loney Dear : qui se ressemble s'assemble. Et c'est d'ailleurs dommage qu'ils n'aient pas prévu encore de se produire aussi à 2 en France. Mais sait-on jamais ? Affaire à suivre... (Site officiel)
7/10


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5 février 2009

Dominique A (4/8) : Remué


Après le succès d'estime de "La Mémoire Neuve", en bonne tête dure de nantais qui se respecte, Dominique A décide de sortir des sentiers battus et publie son album le plus austère : "Remué". Ici, pas de tubes potentiels, encore moins de titres gais ou enlevés : tout est sombre, mélancolique, noir. Les guitares se font sales, distordues, comme sur le tendu "Comment certains vivent" qui deviendra d'ailleurs le titre de son site internet officiel. Mais les mélodies sont toujours tourbillonnantes comme les très beaux "Encore" ou "Exit" et sa magnifique ritournelle de violon. C'est le deuxième album "monolithe" après "La Fossette", c'est un "bloc" homogène, avec une seule et même tonalité, le genre d'album qu'on aime ou rejette entièrement. Pas de juste milieu possible. Et c'est ce que veut signifier Dominique A avec ce disque : il hait la normalité, le milieu de la route, sa carrière se construira en marge. Même si "Remué" n'est pas mon album préféré de Dominique A, il demeure encore aujourd'hui une porte de sortie salutaire, loin de la variété française qui inonde les ondes radio et les télévisions. Un disque qui porte bien son nom, un disque qui remue de part ses textes et sa musique profondément emprunts de mélancolie ...



Mon amour, la grisaille est passée
Quelque chose a dû la chasser
Elle avait pourtant recouvert
Tout
Elle s'était déposée
Comme de la poussière, partout

Mon amour, tu as vu comme moi
Ces rues noires de monde, cet état
Dans lequel sont les gens
Pour une fois
On ne leur avait jamais vu
Ce visage enfin détendu

Mon amour, je me suis emballé
Ça n'est pas tout à fait passé
Les rues noires de monde se sont vidées
Oh comme tu es déçue
Tu sens la grisaille revenue

Elle n'a pourtant pas recouvert
Tout
Comme elle le faisait hier
Et si nous sommes bien inspirés
Nous devrions en profiter
(Exit - Dominique A - "Remué" 1999)

1 février 2009

The Wave Pictures - Instant Coffee Baby

Voici un vrai groupe de pop-rock indé comme l'Angleterre n'en fait malheureusement plus beaucoup. "Instant Coffee Baby" est déjà leur deuxième disque mais il faut dire qu'en France, on est un peu à la traîne : paru en 2008, cet album ne sort que maintenant chez nous. Et c'est une vraie réussite dans la lignée des sublimes défunts Hefner (groupe anglais trop méconnu de la fin des années 90 dont le chanteur Darren Hayman continue malgré tout une carrière solo dans l'ombre). Il y a aussi chez les Wave Pictures, un petit côté Violent Femmes, (voire Modern Lovers) notamment sur le premier et formidable titre "Leave The Scene Behind". Rien de bien révolutionnaire donc d'un point de vue musical : c'est juste de la pop dans tout ce qu'elle peut avoir de plus addictif. Car, comme pour Hefner, une fois qu'on y a goûté, on y revient inlassablement. Merci en tout cas à la Blogothèque et à Magic! pour cette très belle découverte ... (Site officiel)

8/10

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