30 décembre 2010

Manchester Music City 1976-1996 (2ème partie)

Suite et fin de l'histoire du rock à Manchester avec la période couvrant les années 1986 à 1996. Libre à vous maintenant d'acheter et de lire le livre de John Robb - si ce n'est déjà fait - et/ou de continuer les recherches sur le net. Pour ma part, Manchester, c'est déjà beaucoup d'indispensables ici : Joy Division, The Smiths, James, The Fall, The Stone Roses et dernièrement Magazine et Morrissey. On se donne désormais rendez-vous, l'année prochaine, ici-même, j'espère, avec bientôt un nouveau look pour "La musique à papa", histoire de repartir sur de bonnes bases. D'ici là, bon réveillon à tous ...

T-Coy - Carino (1987)

L'Haçienda a vite eu son morceau house "officiel" : "Carino" de T-Coy. C'était Mick Pickering et Simon Topping qui l'avaient enregistré, et c'est peut-être le premier disque de house britannique à avoir fait parler de lui. (Tim Lawrence, auteur) 

A Guy Called Gerald - Voodoo Ray (1988)

Un mec comme Gerald n'a pas attendu 1987 pour voir la lumière, et même si ça s'appelle "house", on entend clairement l'influence de l'électro et du jazz-funk dans "Voodoo Ray". C'est un morceau hybride, c'est pour ça qu'il est totalement unique. (Tim Lawrence, auteur)

James - Sit Down (1989)

C'était génial de voir le public s'asseoir quand on chantait "Sit Down". (Tim Booth, chanteur de James)

Happy Mondays - Hallelujah (1989)

Quand on a fait "Hallelujah", Shaun a demandé que trente personnes chantent dans ses écouteurs en même temps que lui. Il voulait sentir la présence de ses potes dans le studio. (John Pennington, ingénieur du son)

The Stone Roses - Fool's Gold (1989)

Jusqu'à "Fool's Gold", on se payait soixante livres par semaine. Après la sortie du single, on est passé à cent livres. (Ian Brown, chanteur des Stone Roses)

808 State - Pacific (1989)

Au Thunderdome, je passais souvent la cassette de "Pacific" pour terminer la soirée. Vu la réaction qu'elle provoquait dans la salle, on s'est dit qu'on allait en faire un vinyle. (Andrew Barker, 808 State)

Inspiral Carpets - This Is How It Feels (1990)

Tout a basculé en février 1990, avec la sortie de "This Is How It Feels". On s'est classé dan le top vingt et on a fait notre premier Top of the Pops. (Graham Lambert, guitariste des Inspiral Carpets)

The Charlatans - The Only One I Know (1990)

Quand on est allé en Amérique, tout le monde disait qu'il y aurait un match Charlatans/Jesus Jones pour la première place des charts. C'était soit "The Only One I Know", soit "Right Here Right Now", et, crois-le ou non, les deux chansons se ressemblaient pas mal. C'est eux qui ont gagné. (Tim Burgess, chanteur des Charlatans)

World Of Twist - The Storm (1990)

C'est un groupe incompris. Ils auraient dû avoir plus de temps et moins de pression sur leurs épaules. Tony Ogden serait encore en vie si on leur avait laissé le temps de faire leur deuxième album. (John Pennington, ingénieur du son)

Oasis - Supersonic (1994)
 
A l'époque, j'arrivais à écrire des trucs comme "Supersonic" en un rien de temps[...] Cette chanson, elle vient de nulle part[...]C'était la meilleure chanson que j'avais jamais entendue. (Noël Gallagher, Oasis)

27 décembre 2010

Mes indispensables : Morrissey - Vauxhall And I (1994)

Manchester encore et toujours avec ... Morrissey, l'unique. Et cette fois-ci, tout seul, sans ses Smiths. Avec ce disque en particulier, mais aussi quelques autres ("Viva Hate", "You're Arsenal" ou "Southpaw Grammar"), il nous avait montré, tout au moins au début de sa carrière solo, qu'il pouvait très bien faire aussi bien sans. La qualité d'écriture est en effet toujours là, plus lumineuse que jamais ("Now My Heart Is Full"); même si, le Moz reste cet éternel cynique ("A world war was announced days ago, but they didn't know, the lazy sunbathers..."), et misanthrope ("Don't feel so ashamed to have friends"). Sur le dernier titre, le formidable "Speedway", il nous offre même un poignant aveu de sincérité et d'intégrité ("In my own strange way, I've  always been true to you"). Car le monsieur, en privé, semble en accord total avec le personnage public. Vivant la plupart du temps, en reclus, chez lui, il ne sort, d'après la légende, que très peu dehors, pour s'enquérir du destin du monde extérieur. D'où, peut-être, ses quelques malheureuses déclarations récentes dans la presse, qui ont beaucoup fait parler outre-Manche, cette dernière n'ayant pas hésité à le taxer d'extrêmiste, voire de raciste. Le problème, c'est que Morrissey, n'aime personne, sans doute jusqu'à lui-même. Je me rappelle à ce sujet, d'un concert à l'Olympia, il y a quelques années, où le chanteur allait régulièrement jusqu'à se moquer de son propre public, de ses fans. Comme si, aller à l'affrontement, même avec ceux qui l'aiment, était pour lui, une manière comme une autre d'exister.
En tout cas, on peut aimer ou pas le personnage, difficile de nier pour les fans, que depuis quelques années, il n'est plus musicalement que l'ombre de lui-même, se transformant petit à petit en espèce de vieux crooner ringard sur le retour. Et si ses textes sont encore très incisifs, les musiciens qui l'entourent sont bien souvent juste d'aimables tâcherons de festival, en regard du Johnny Marr de la grande époque. Alors "The More You Ignore Me, The Closer I Get" ? Oui, sans doute, car moins on écoute ses derniers disques, plus on a envie, finalement, de revenir au meilleur de son inspiration, correspondant, en gros, à tout ce qu'il a fait jusqu'à ce magnifique et définitif "Vauxhall And I". Et s'il avait déjà tout dit à ce moment-là...

Clip de "The More You Ignore Me, The Close" I Get" :

23 décembre 2010

Manchester Music City 1976-1996 (1ère partie)

Chose promise, chose dûe, je vous parle donc aujourd'hui du livre du journaliste anglais John Robb sur la musique en provenance de la mythique ville de Manchester. L'ouvrage couvre la période allant de 1976, c'est-à-dire les débuts du punk et des Buzzcocks à 1996 et la fin de la britpop et d'Oasis. Il est présenté sous forme de documentaire écrit, laissant presqu'exclusivement la parole aux principaux protagonistes de l'histoire. Rempli d'anecdotes en tous genres, il est quand même surtout conseillé aux amateurs de cette musique. Pour savoir si vous l'êtes, voici quelques extraits ci-dessous pour vous en donner un bref aperçu. On commence d'abord par une première salve sur les groupes de 1976 à 1986. A suivre donc et en attendant ... Joyeux Noël à tous !

Buzzcocks - Boredom (1977)

Quand on a écrit "Boredom", on a eu l'impression d'aborder un thème - et ça collait parfaitement avec l'idiome. (Howard Devoto, chanteur des Buzzcocks et de Magazine)

Slaughter And The Dogs - Cranked Up Really High (1977)

Martin Hannett a fait un super boulot de production. [...]C'est Wayne qui a écrit les paroles - je les trouve super. C'est évidemment une référence à la cocaïne - peut-être un fantasme (rires). (Mick Rossi, guitariste des Slaughter And The Dogs)

Ed Banger And The Nosebleeds - Ain't Been To No Music School (1977)

Quand Vini était encore dans le groupe, ils avaient sorti un single, "Ain't Been To No Music School". [...] Sur la pochette, Vini porte l'uniforme de l'école. [...] Depuis des années, tout le monde détestait le porter, et, d'un coup, tout le monde s'est mis à essayer de retrouver le blazer de son grand frère. (Johnny Marr, guitariste des Smiths)

Joy Division - Transmission (1979)

Je me souviens d'un concert au Mayflower. On jouait "Transmission" pour la première fois. C'est une chanson très simple mais très efficace. Le public s'est arrêté de danser - tout le monde s'est mis à nous regarder, complètement stupéfait. ça m'a donné des frissons dans le dos. Je me suis dit : "Putain, on tient quelque chose, là!" (Peter Hook, bassiste de Joy Division et de New Order)

Section 25 - Girls don't count (1980)

J'aimais beaucoup Section 25. Leur premier album est génial. "Girls don't count" est une super chanson. (John Savage, journaliste et auteur)

A Certain Ratio - Shack Up (1980)

On a repris "Shack Up" après que Simon ait acheté le single chez Track Records. [...] Il a joué le morceau en me disant : "Ecoute! Tu vas voir comme c'est simple!". En cinq minutes, on s'est rendu compte qu'on pouvait jouer du funk. (Martin Moscrop, guitariste de A Certain Ratio)

The Fall - Container Drivers (1980)

C'est à cette époque que The Fall est devenu mon groupe préféré. Il l'est resté très longtemps. [...] "Grotesque" est devenu mon disque préféré de tous les temps. A cette époque, ils étaient intouchables. Il y a cette Peel session où ils jouent une version géniale de "Container Drivers". (Tim Burgess, chanteur des Charlatans)

The Durutti Column - Never Know (1981)

J'ai vu Durutti Column, c'était fantastique. Quand j'ai rencontré Vini Reilly des années plus tard, j'avais des étoiles dans les yeux. (Tim Burgess, chanteur des Charlatans)

New Order - Blue Monday (1983)

Tout le monde sait que "Blue Monday" est un grand single et qu'il s'est énormément vendu. (Tony Wilson)

The Smiths - Hand In Glove (1983)

On a fait un saut de géant avec "Hand in Glove" (Johnny Marr, guitariste des Smiths)

20 décembre 2010

Mes indispensables : Magazine - Real Life (1978)

Parfois, il faut savoir être patient, attendre le bon moment. Magazine est un groupe que j'avais déjà écouté à de multiples reprises - parce que les Buzzcocks, parce Barry Adamson, le bassiste, futur membre des Bad Seeds - mais qui ne m'avait jusqu'à présent pas laissé de souvenirs mémorables. Et puis, sur la foi d'un excellent livre sur le rock "made in Manchester", dont je vous parlerai plus en détail très bientôt, et aussi grâce au titre même d'un blog musical tenu par un expert ès rock, aux goûts assurés et souvent très pointus, je me suis persuadé qu'il fallait que je retente l'aventure. Au moins une fois de plus. "Shot By Both Sides", on ne saurait si bien dire. Alors, le coeur ou la raison ? Finalement, ça sera les deux, mon capitaine. Sans doute que cela devait être le bon moment. Celui de se rendre enfin compte que cette musique est unique, assez inclassable, surtout leur premier album, "Real Life" - après ils auront un son "post-punk" plus en phase avec leur époque - étonnant mélange entre le punk - les restes de l'aventure de Devoto au sein des Buzzcocks - et le glam-rock - l'amour du même leader pour Bowie et Roxy Music, d'ailleurs, son maquillage scénique le fait étrangement ressemblé à Brian Eno - le tout mâtiné de quelques claviers apportés par la new-wave naissante. Bref, avec de telles influences, cette musique ne pouvait pourtant que me plaire et me transporter ? 
C'est désormais chose faite avec ces neuf chansons seulement, mais où chacune possède sont petit univers à soi, n'empruntant presque jamais les sentiers balisés du couplet/pont/refrain pour proposer des bifurcations avec de nombreux changements de rythmes et de mélodies. Ceci contribue forcément à donner au disque une plus longue durée de vie. C'est bien simple, depuis quelques semaines, ce "Real Life" ne me quitte plus. Preuve que, dans toute relation, il faut aussi savoir attendre le bon moment, celui-ci n'en est alors que d'autant plus précieux. Et puis, les magazines, c'est bien souvent ce qu'on lit en salle d'attente, non ? En tout cas, après cette énième consultation, me voilà définitivement guéri.

"Shot By Both Sides" :

"The Light Pours Out Of me" :

17 décembre 2010

Top chansons 2010

Dernier top pour cette année, celui des meilleures chansons. 20 sélectionnées, comme l'année dernière, chiffre idéal pour se faire une petite compilation et se l'écouter en boucle pendant les fêtes, histoire de se remémorer les moments qui nous ont marqués en 2010. Pas de blabla supplémentaire donc, tout a déjà été dit ou presque sur ces disques, ces artistes, pour cela suivez les liens. Pour les deux petits nouveaux, The Drums et Two Door Cinema Club dont je n'avais pas encore parlé, j'ai rajouté les clips. Si je n'ai pas accroché à leurs albums respectifs, un peu basiques il faut bien l'avouer, ces deux titres-là sont quand même des tubes en puissance...

20. Katerine - La Banane
19. Two Door Cinema Club - Undercover Martyn

18. Wild Nothing - O Lilac
17. The Drums - Let's Go Surfing

16. Dondolo - I Wanna Discover You
15. These New Puritans - Attack Music
14. Parenthetical Girls - Young Throats
13. Xiu Xiu - Dear God, I Hate Myself
12. Lawrence Arabia - Apple Pie Bed
11. Micah P. Hinson - She's Building Up Castles In Her Heart
10. Avi Buffalo - What's In It For ?
  9. Fool's Gold - Surprise Hotel
  8. Syd Matters - Hi Life
  7. Deerhunter - Memory Boy
  6. Beach House - Silver Soul
  5. LCD Soundsystem - Dance Yrself Clean
  4. Bertrand Belin - Hypernuit
  3. The Morning Benders - Excuses
  2. Beach Fossils - Golden Age
  1. Archie Bronson Outfit - Shark's Tooth

15 décembre 2010

Mes indispensables : Grizzly Bear - Veckatimest (2009)

Cela fait déjà un an et je les avais presqu'oublié ceux-là : Grizzly Bear et leur "Veckatimest", album de l'année 2009, ici-même. Il faut dire que je ne l'ai pas beaucoup réécouté depuis, ce disque. Alors, je me suis dit pourquoi ne pas justement profiter de l'occasion d'un nouveau bilan de fin d'année pour le resortir des étagères ? Et ainsi le juger par rapport aux  disques sortis les douze derniers mois et vérifier s'il mérite toujours bien son statut. S'il pourrait devenir un de ces indispensables. Un de ces disques qui sont toujours aussi bons après des dixaines, voire des centaines d'écoute. A peine enclenché, ça commence très fort avec un "Southern Point" digne du meilleur Robert Wyatt : des arrangements jazzy, une voix de velours et une mélodie qui tourbillonne, virevolte et reste jusqu'à la fin inaccessible. La suite est à l'avenant : "Two Weeks" est presqu'un tube - les publicitaires ne s'y sont pas trompés - "All we ask" fait se hérisser les poils, "While You Wait For The Others" et ses choeurs enchevêtrés fichent la chaire de poule, jusqu'à "Foreground", limpide et d'une beauté confondante. Et me revient alors à l'esprit leur magnifique prestation de l'été 2009 à Saint-Malo, où le quatuor avait su recréer live cette incroyable alchimie. Plus d'un an après, celle-ci fonctionne encore : comme un ami qu'on n'aurait pas revu depuis un moment et avec qui on se rend compte qu'on a toujours beaucoup en commun. Beaucoup à partager. Des souvenirs aussi, donc.
D'habitude, quand on s'aperçoit que rien n'a foncièrement changé, l'inquiétude voire la déprime nous guettent. C'est synonyme que notre vie stagne, d'une certaine monotonie. Mais bizarrement, cela peut aussi avoir des vertus réconfortantes : savoir que nous disposons de points de repère inaltérables. L'idéal pour continuer d'avancer...

Clip de "Two Weeks" :

Clip de "Ready, Able" :

Clip de "While You Wait For The Others" :

13 décembre 2010

Top des blogueurs

Voilà, nous y sommes : le top des blogueurs 2010 ! Et pour la première fois, papa en a fait partie et est donc à 1/60ème responsable de ce truc. La page officielle est visible ici. De mon côté, je vous propose juste un peu de musique, puisque c'est quand même le but de la chose, et histoire de démontrer aussi si besoin était que les blogueurs ont plutôt bon goût, non ?

20) The Radio Dept - Clinging To A Scheme
19) Syd Matters - Brotherocean
18) Deerhunter - Halcyon Digest
17) Pantha du Prince - Black Noise
16) Joanna Newsom - Have One On Me
15) Mount Kimbie - Crooks & Lovers
14) MGMT - Congratulations
13) Zola Jesus - Stridulum
12) Gil Scott Heron - I'm New Here
11) LCD Soundsystem - This is Happening
10) Sufjan Stevens - The Age of Adz
09) Flying Lotus - Cosmogramma
08) Caribou - Swim
07) Owen Pallett - Heartland
06) Janelle Monae - The ArchAndroid
05) The Black Keys - Brothers
04) Beach House - Teen Dream
03) Four Tet - There is Love in You
02) Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky
01) Gonjasufi - A Sufi and a Killer

8 décembre 2010

Top concerts 2010


Oui, je sais, je ne fais pas les choses dans l'ordre. Il aurait sans doute été plus judicieux pour le suspense (puisque c'est avant tout ce qui intéresse...) de finir l'année avec le classement de mes albums préférés. Et donc de faire par exemple précéder celui-ci par mes concerts marquants de 2010. Et bien non, pas de ça ici, puisque cette semaine, ce sont donc de mes principales expériences live dont il va s'agir. Suivra ensuite, comme l'année dernière, une sélection des meilleures chansons...
Bon, avouons-le tout net, je n'assiste pas non plus à énormément de concerts dans l'année. La liste complète est disponible . Je sais, c'est faible, surtout pour quelqu'un qui tient un blog de musique. Mais il y a autre chose que la musique dans la vie, non ? Si, si, quand même...
Enfin voilà, peu de concerts, mais de la qualité, particulièrement cette année avec au moins ces 5 excellentes prestations dont 3 dans la seule et inoubliable journée du 15 août dernier à Saint-Malo :

5. Archie Bronson Outfit
La confirmation de l'année. Avec "Coconut", les anglais ont franchi un nouveau palier et affirmé leur son. Ce groupe est une véritable machine de guerre qui dézingue tout sur son passage. Surtout sur scène. Des "Magnetic Warriors" en quelque sorte ;)

4. The National
C'est la première fois que je voyais les New-Yorkais en concert et... ce fut une grosse claque, malgré une production discographique que je trouve en retrait à partir de "Boxer". Le meilleur groupe de rock du monde d'après Bernard Lenoir a en tout cas été fidèle sur la scène du Fort Saint-Père à sa réputation : carré, carré carré (et Matt Berninger alcoolique?) et cette émotion qui pointe... irrésistiblement dans les coins.


3. of Montreal
En 2010, la formation de Kevin Barnes s'est quelque peu assagie sur disque avec "False Priest", surtout après le bouillonnant et quelque peu migraineux "Skeletal Lamping". Mais sur scène, que nenni, c'est toujours aussi dansant, décalé, jouissif, foufou. of Montreal ira même jusqu'à faire un rappel entièrement composé de morceaux de "Thriller" de qui vous savez. Mais ces types-là peuvent tout se permettre.

2. LCD Soundsystem
Alors, c'est définitivement terminé LCD Soundsystem ? Qui y croit vraiment quand on sait que James Murphy nous avait déjà fait le coup après "Sound Of Silver" ? Mais au cas où l'incroyable se produirait quand même, j'ai fini par aller les voir et bien m'en a pris : ils sont incontestablement la meilleure machine à danser actuelle.


1. The Flaming Lips
En matière de groupe barge, ils détiennent sans doute la palme. Pas de nouveau disque cette année pour les Lips mais il faut dire qu'on n'a toujours pas réussi à digérer entièrement "Embryonic". Et puis un méga-show burlesque en clôture de la vingtième Route du Rock de Saint-Malo, comme pour dire que le rock, c'est aussi ça : du grand n'importe quoi... Avec Wayne Coyne, il risque en tout cas de garder toute sa jeunesse et sa fraîcheur, pas demain la veille que le loustic osera se prendre au sérieux et c'est tant mieux. Et si l'année prochaine, on faisait aussi le voyage pour aller écouter l'intégralité de leur chef d'oeuvre "The Soft Bulletin" à Londres ? Avec en bonus, la formidable "Do You Realize ?", une des plus belles chansons du monde...

6 décembre 2010

Mes indispensables : Mercury Rev - Deserter's Songs (1998)

On commence à nouveau à réentendre parler de Mercury Rev. Car le groupe sera bientôt en concert, chez nous, pour rejouer dans son intégralité leur chef d'oeuvre : "Deserter's Songs". Les places viennent d'être mises en vente, donc avis aux amateurs... et entre autres à ceux qui ont apprécié le dernier disque de Beach House, car il est indéniable que les premiers ont grandement influencé les seconds jusqu'à la voix androgyne de Victoria Legrand qui n'est pas sans rappeler celle de Jonathan Donahue. "Deserters' Songs" donc, comme un virage à 90° degré dans la carrière du groupe, qui, jusque là faisait du rock psychédélique mâtiné de guitares lourdes et bavardes. La raison de ce changement est sans doute le départ du leader de la formation, David Baker, mais surtout la production subitement ouvragée et lumineuse de Dave Fridman (la fameuse scie musicale ?), le bassiste du groupe, qui dès lors, sera aux manettes de quantité de disques d'exception, des Flamings Lips (qui joueront "The Soft Bulletin" à Londres en juillet 2011) à Sparklehorse, en passant plus récemment par Clap Your Hands Say Yeah ou MGMT. Ce "Deserter's Songs", rencontre improbable entre Neil Young et Syd Barrett, contient quelques merveilles comme "Goddess On A Hiway" ou "Holes". 
La suite de la carrière de Mercury Rev n'est depuis qu'un lent déclin (surtout après le départ de Fridman) vers une musique grandiloquente et indigeste. Reste donc cet album et le souvenir d'un concert magique à l'Elysée Montmartre pendant lequel Donahue conservera tout du long un sourire béat (et niais?) skotché au visage. Comme nous. L'effet de la drogue ou de la musique ? Peu importe... Pour moi, je ne garderai que la deuxième option ;) Cette musique est au passage idéale en ces périodes de grand froid et de fêtes de fin d'année qui arrivent. Un morceau comme "Endlessly" ne rappelle-t-il d'ailleurs pas une célèbre chanson de Noël ? A écouter en décorant son sapin donc, des boules et des guirlandes plein les mirettes...

Clip de "Goddess On A Hiway" :

Clip de "Opus 40" :

3 décembre 2010

2 décembre 2010

Top albums 2010

Vous l'attendiez tous (si, si, avouez-le!), le voilà déjà : le bilan de l'année 2010! Et oui, dès le début décembre...Tout ça, c'est de la faute de Benjamin et de son top des blogueurs (nous devions rendre notre copie pour le 1er à 10h) dont je vous reparlerai en temps voulu et auquel j'ai donc participé pour la première fois. Parce que j'ai dû réfléchir un peu plus tôt que d'habitude à un classement personnel de mes albums préférés de 2010. Pas moins de cinquante chroniques ont déjà été écrites ici depuis le 1er janvier, dont 4 résultant de choix de lecteurs. Assez pour me faire une opinion précise et en sélectionner seulement 10 qui resteront sans doute plus que les autres. Une sélection assez hétérogène, où j'espère vous trouverez votre bonheur...

10. Florent Marchet - Courchevel
Ce chanteur est assurément quelqu'un d'intègre. S'il a appelé cette fois-ci, son nouvel album, "Courchevel", c'est tout simplement, parce qu'à l'image de la célèbre station, sa musique est devenue plus grand-public, plus accessible dans la forme : les mélodies sont plus évidentes, tout en gardant son côté exigeant dans le fond : des textes assez sombres. C'est toujours aussi travaillé, mais cela paraît pour une fois plus instinctif, plus immédiat : de la variété française de qualité.

9. Beach Fossils - Beach Fossils
Dès les premières notes de guitare de "Sometimes", comme qui dirait, ça sonne. Irrésistiblement. Un son ultra-référencé dans la droite lignée du Velvet Underground et de tous ces nombreux descendants. Dix titres identiques ou presque, appliquant le même schéma. Mais à chaque fois que je remets le disque sur la platine, c'est le même résultat : je me fais avoir, ça fonctionne. Mes chouchous de l'année après The Pains Of Being Pure At Heart, en 2009...

8. Owen Pallett - Heartland
Le petit génie pop du violon canadien se décide enfin à se montrer sous son vrai nom (auparavant il se faisait appeler Final Fantasy) et c'est peu dire que sur ce "Heartland", il met la patée à Andrew Bird et vient jouer dans la même catégorie que Sufjan Stevens. Il remplace même ce dernier, auteur d'un album grandiloquent et un brin mégalo. Ici, rien de tel, malgré les arrangements tarrabiscotés et l'orchestre classique, l'ensemble reste très ouvragé.


7. Arnaud Fleurent-Didier - La Reproduction
Arnaud Fleurent-Didier est un ovni dans la chanson française. C'est le seul ou presque à s'inspirer de la variété française des années 70, de Polnareff à Sheller, connotée un peu ringarde (à cause d'Obispo ?) Mais il y incorpore en plus des textes très personnels. Sur sur ce deuxième album "La Reproduction", il s'intéresse de près au sujet épineux de la famille. Il n'en faut pas plus pour toucher un jeune papa ;-)


6. Bertrand Belin - Hypernuit
Bertrand Belin réussit l'exploit sur son magnifique nouvel album, de réunir l'exigence musicale d'un Bashung, le talent mélodique d'un JP Nataf, ou encore la poésie d'un Manset. Avec de telles influences et une écriture onirique, somme toute bien à lui, "Hypernuit" s'impose sans difficulté comme le meilleur disque de chanson française de l'année.

5. Archie Bronson Outfit - Coconut
Ces anglais sont en train de devenir l'un des groupes rock actuels les plus excitants. Parce qu'ils font un rock brut qui envoie du bois, surtout en concert. Parce qu'ils ne font jamais deux fois le même album. Leur dernier, "Coconut", fait cotôyer le blues le plus crade avec des rythmiques disco et des percussions tribales africaines. Parce qu'enfin, ils ne se prennent pas au sérieux, en témoigne leurs clips délirants (et excellents), ainsi que les robes boubou qu'il arborent sur scène.


4. LCD Soundsystem - This Is Happening
Où James Murphy a une fois de plus annoncé la fin de son groupe, où LCD Soundsystem est toujours une incroyable machine à danser sur scène (et sur disque), où "This Is Happening", troisième album, est au moins aussi jouissif que les deux premiers, avec un éventail d'influences peut-être encore plus large : le Velvet Underground ("Drunk Girls"), Bowie ("All I Want") ou les Talking Heads ("Home"). Bref, parfait. La routine, quoi !

3. Beach House - Teen Dream
Je connaissais pas bien ce groupe avant cet album. Je les avais écouté d'une oreille distraite et je trouvais leur musique assez inoffensive. Ce "Teen Dream" m'a pourtant fait au premier abord, un effet similaire. Puis, au fil des écoutes, il s'est imposé presque sans faire exprès. J'y revenais malgré moi. Parce que ces chansons ont quelque chose de serein, réconfortant, agréable. Idéales en ces périodes de grand froid (et en toute période difficile).Victoria Legrand, la nièce de, chante "I'll take care of you..." . On ne saurait mieux dire.

2. MGMT - Congratulations
Ceux-là, j'étais presque persuadé qu'il feraient long feu. Parce que leur précédent "Oracular Spectacular" était loin d'être parfait et hormis ses deux-trois tubes, il avait fini par me lasser. Passée la hype, on aurait donc vu le talent réel de ces deux-là. Sauf que ce deuxième disque est bien plus qu'une confirmation, c'est une renaissance. Les chansons de ce "Congratulations", qui porte bien son nom, sont cette fois de celles qui resteront. Contre toute attente, MGMT est en train de devenir un des groupes pop-rock les plus importants de l'époque.

1. Syd Matters - Brotherocean
Mon album de l'année est donc un album de... folk. Mais de folk français, élevé à l'école Radiohead. Mon histoire avec Syd Matters ? Cela me rappelle ces filles que l'on rencontre comme ça au hasard d'une soirée et auxquelles on n'attache d'abord pas vraiment d'importance. Pas qu'elles soient moches, loin de là, mais on les trouve un peu ...chiantes, manquant de fantaisie. Et puis, un jour, c'est la révélation. On ne comprend pas vraiment pourquoi : est-ce nous qui avons changé ou est-ce elles ? En tout cas, "Brotherocean" a résonné comme une évidence. Comme s'il n'y avait rien eu avant. Et tant pis, s'il n'y a rien après... "A moment in time ", comme disent les anglais.

29 novembre 2010

Mes indispensables : The Beatles - The Beatles (1968)

Si The Cure est un groupe générationnel, les Beatles, eux, concernent assurément tout le monde, petits et grands, jeunes ou vieux. Et oui, je me décide à parler enfin de ceux qui sont considérés de manière quasi-unanime comme le plus grand groupe pop de l'histoire. Les Fab Four sont les Mozart du genre et en dire du mal revient aujourd'hui à commettre un crime de lèse-majesté. Pourtant, il faut bien reconnaître avec le recul que leurs débuts n'ont pas été bien folichons. N'en déplaisent aux afficionados ultimes, les mièvres "I Wanna Hold Your Hand" ou "Love Me Do" n'ont pas très bien vieilli. Et quoiqu'on en dise, Lennon et McCartney n'ont jamais été de grands musiciens. Mais il est tout de même difficile de nier le fait que le duo de mélodistes hors pair est responsable de quelques uns des plus beaux joyaux pop. Et ce gargantuesque "White Album", plus que tout autre de leur disque, est un exceptionnel condensé de leur savoir-faire. Chacune des chansons ou presque a influencé des générations de musiciens, certains ayant même bâti des carrières entières à partir d'une seule. Il faut dire que beaucoup de styles y sont abordés. La première galette de ce double-album est la plus classique dans la forme, bien dans l'esprit de ce qu'ils avaient pu faire avant. Mais McCartney y est à son apogée : "Martha My Dear", "Blackbird" ou "I Will" sont autant de merveilles de délicatesse. Lennon, goguenard, n'est pas en reste avec par exemple l'incroyable "Happiness is a warm gun".
Le deuxième disque plus rock et limite expérimental ("Revolution 9") est un peu déroutant pour les fans de la première heure mais ravit ceux qui trouvaient jusque là, la musique des Beatles bien peignée et trop propre sur elle. "Helter Skelter" ou "Everybody's got something to hide except me and my monkey" sont des chansons qui influenceront plus tard bien des groupes punk. Bref, plus de quarante ans après, ce double album conserve une incroyable pertinence et demeure un de ces rares disques capables de plaire au plus grand nombre, peu importe le genre de musique que l'on a l'habitude d'écouter. Rien que pour ça, je m'incline : oui, les Beatles ont sans doute une réputation méritée. Même si, désormais, quand on parle d'eux, ce n'est presqu'uniquement en terme de business et de droits d'auteurs. Comme avec la récente possibilité d'acquisition de leur discographie complète à partir de la plate-forme de téléchargement d'Apple, iTunes. Je vous laisse donc le soin d'aller écouter ce fameux "White album" là-bas ou de le remettre illico sur votre platine CD ou vinyle (Comment ? Vous ne l'avez pas encore ?), parce que malheureusement, il n'est pas disponible en écoute gratuite sur le net. A l'heure d'internet, si ce n'est pas savoir contrôler son image... Ou alors, il ne vous reste plus qu'à attendre une cinquantaine d'années, que leurs oeuvres soient passées définitivement dans le domaine public. Comme Mozart...

Live de "Revolution 1" : 

"Helter Skelter" en studio :

"Happiness is a warm gun" :

25 novembre 2010

The Delano Orchestra, Josh Ritter, Musée Mécanique & Herzfeld Orchestra

Chose promise, chose dûe, avec un peu de retard. Cette semaine, ce n'est pas un, mais plusieurs disques de la semaine. Et choisis par vos soins. Enfin, par le soin des quelques lecteurs (merci à eux) de ce blog qui ont bien voulu me faire part de leurs disques préférés de l'année 2010.

On commence par le choix de Louis : The Delano Orchestra, le collectif clermontois avec leur deuxième album "Now That You Are Free My Beloved Love". Tiens, donc des artistes signés sur Kutu Folk Records, comme c'est curieux de sa part :) C'est comme leur premier disque, toujours très inspiré par les guitares de Sonic Youth ou plus récemment par celles de Deerhunter. Le problème, c'est que même s'ils varient régulièrement la tension de leurs morceaux, il leur manque des mélodies vraiment marquantes pour qu'on puisse y revenir sans hésiter.
A écouter en intégralité sur Deezer.
Ensuite, Josh Ritter, avec "So Runs The World Away", choix d'Erwan. C'est un énième chanteur de folk américain, qui fait du ... folk donc, tout ce qu'il y a de plus classique, dans la droite lignée des glorieux ancêtres de Dylan à Springsteen en passant par Van Morrison. Il le fait plutôt bien, même si passés trois morceaux - sans doute les meilleurs du disque -, j'avoue que cela a franchement tendance à m'ennuyer. Bon, je ne suis pas un adepte du genre donc sûrement pas très objectif. Et puis les quelques relents de country finissent d'aggraver définitivement son cas. Désolé, mais l'americana, très peu pour moi...
On continue avec "Hold This Ghost" de Musée Mécanique, proposé par Blake et JP. Là, encore, c'est du folk made in USA, à croire décidément que je n'attire que les folkeux ;). C'est, je trouve, plus léger, plus proche d'un Elliott Smith par exemple, mais alors exclusivement en mode mineur : beau, mélancolique, mais pas un arrangement plus haut que l'autre, une voix constamment en retrait qui n'en fait pas assez et un ensemble qui s'avère à la longue particulièrement monocorde. Dommage, je décroche. L'humilité, c'est bien, mais un peu de prise de risque et un poil de charisme, ça ne fait pas de mal aussi.
On finit avec (le meilleur ?) un disque que je ne connaissais pas. C'est la proposition de Benoît, ils s'appellent Herzfeld Orchestra, et contrairement aux deux autres albums mentionnés ci-dessus, ce n'est plus vraiment folk (ouf!) ou plus seulement. C'est même assez varié, ce qui fait qu'on s'y ennuie forcément moins. Ils sont français et leur album est assez inclassable. On pense à Belle & Sebastian ("The Axe"), Troy Von Balthazar ("At The Schmolzy"), Deerhunter ("Queen"), etc. C'est souvent bien fait, mais sans doute pas autant que leurs nombreuses influences. Manque la petite étincelle, la touche personnelle...
A écouter en intégralité sur Deezer ici-même.

22 novembre 2010

Mes indispensables : The Cure - Seventeen Seconds (1980)

Les gens de ma génération ont tous ou presque une histoire à raconter sur les Cure. Parce que c'est l'un des rares groupes de cette époque à avoir connu à la fois le succès commercial et critique. Même si certains diront que leur meilleure période s'arrêtent dès 1985 - et j'aurais d'ailleurs tendance à partager cet avis, tant pis pour "Disintegration" dont une nouvelle réédition vient de sortir, trop pompeux (pompier?) - c'est-à-dire à partir du moment où ils connaîtront une vraie reconnaissance internationale avec les toujours excellents classiques que sont "In Between Days" et "Close To Me". Car, avant cela, le groupe de Robert Smith aura surtout des fans "underground" d'abord punk puis progressivement gothique, au fur et à mesure que leur musique deviendra sombre et même carrément désespérée ("It doesn't matter if we all die" dira Smith au tout début du mythique disque "Pornography"). Cette mutation en machine commerciale s'opérera d'ailleurs en même temps que le changement de look du chanteur avec longs cheveux hirsutes, maquillages grossiers et énormes baskets pas lassées aux pieds.
Si, ce que j'aime avant tout chez ce groupe, ce sont les singles, souvent mémorables, surtout jusqu'en 1985 donc où la liste est très longue, il y a pourtant un disque qui m'a marqué : "Seventeen Seconds". Pour cette musique au ralenti. Pour ce son unique - même si de plus en plus recopié, dernièrement par The XX - : les guitares cristallines, la basse sourde, la batterie synthétique typiquement new-wave et la voix de Smith qui chante des paroles romantiques et mélancoliques qui toucheront toute une génération. C'est peut-être là le tournant de la carrière du groupe. Là, où ils ont défini leur style et trouver leur but, donnant au passage un sens à leur nom : guérir les maux. Ce qui est le but de toute musique importante.

Clip de "Play For Today" :

Clip de "A Forest" :

19 novembre 2010

Florent Marchet - Black session - 15 novembre 2010

Florent Marchet est un artiste qui se cherche, en témoigne son nouveau look de beauf réac' (très tendance paraît-il) avec petite moustache, pull jacquard, cravate, pantalon de toile trop court et grosses chaussettes rouges. La musique de son dernier album "Courchevel" est à cette image : elle a des envies d'excentricité, d'ouverture sur la forme, tout en restant un poil austère (rien à voir avec l'auteur de "Moon Palace") sur le fond. Auparavant, c'est tout son univers qui était froid, rude, comme cette campagne française désaffectée dont il s'était fait le chantre ("Gargilesse", "Rio Baril"). Aujourd'hui, le son s'est donc quelque peu arrondi, laissant envisager un  possible succès commercial. De villages isolés, il est aussi passé aux stations de sports d'hiver ("Courchevel") ou stations balnéaires ("Narbonne Plage") voire même aux aéroports ("Roissy"). De la solitude à la foule. (de l'ombre à la lumière ?) Alors, oui, les fans de la première heure pourront rester sur leur faim, même si le changement n'est pas encore radical. Il s'effectue dans la douceur, car les textes sont toujours aussi sombres, seul l'enrobage est plus sucré. Mais Marchet se trouve donc maintenant dans une position inconfortable d'entre-deux : plus assez marginal pour plaire aux fans de musique exigeante, pas encore assez évident pour plaire au plus grand nombre. En concert, chez Lenoir, lundi dernier, il laissait d'ailleurs cette impression-là, navigant entre un brutal "Notre Jeunesse", très Dominique A dans le style, jusque dans le jeu de scène particulièrement physique et heurté et un "Courchevel" plus amical avec ses choeurs façon "yéyé". Mais l'hôte d'un soir a su malgré tout satisfaire ses invités qui en ont redemandé, allant - chose assez rare pour le public plutôt calme et apathique des black sessions - jusqu'à la standing-ovation.
Clip de "Rio Baril" :

Car le chanteur ne manque assurément pas de charisme et d'humour - noir, bien souvent - et aime rien tant qu'à plaisanter avec l'assistance. Si, un jour, la chanson ne marchait plus pour lui, on imagine très bien une reconversion dans le milieu du cinéma ou du théâtre. Un artiste talentueux et sympathique dont on est curieux de savoir quelle trajectoire sa carrière va désormais suivre. Et s'il n'a pas encore envie de se désavouer en chantant des bleuettes mielleuses (comme il le dit dans "La famille Kinder"), espérons qu'il ne finira pas tout de suite dans "La charrette"...

17 novembre 2010

Les Marquises - Lost, Lost, Lost

C'est une musique de fin du monde. Une musique sans paysage, ou plutôt une musique de paysage dévasté, ravagé. Une musique de résignation, d'après la tempête. Elle serait la bande son idéale pour une adaptation de "La Route" de Cormac McCarthy. Quand il ne reste plus rien à quoi se raccrocher. Quand il ne reste plus personne. Quand il ne reste plus aucun espoir. (Le capitaine Flam ?) On a alors besoin de trouver un refuge, envie de partir sur une île déserte. Fuir le monde. S'en aller loin de tout. Les Marquises ? Oui, pourquoi pas. C'est une idée qui en vaut d'autres. C'est l'île chère au grand Jacques. Un îlot de beauté, mais qu'il faut savoir aborder, car cette terre ne se laisse pas facilement domestiquer. Oui, nous sommes des naufragés, "lost, lost, lost" pour le continent et les mélodies faciles d'accès. Ce disque court - seulement six morceaux - fait cet effet-là. Il se mérite. Ce voyage nous est proposé par Jean-Sébastien Nouveau, Jordan Geiger et Jonathan Grandcollot. Tous trois ont déjà fait leur preuve ailleurs, chez Shearwater ou Hospital Ships par exemple. Ils ont voulu mélanger leurs univers respectifs en proposant ce "Lost, Lost, Lost" - paru sur Lost Recordings : dis donc, si avec ça, on n'est pas perdu! - qui ne s'apparente à rien de franchement connu. Ce disque n'est pas fait pour ceux qui aiment le confort, la facilité et le lot commun. Pour y rentrer, il faut savoir se délester du superflu et sortir des sentiers balisés : pas de couplet, ni de refrain, peu de paroles, une palette de couleurs plutôt sobres et sombres. Une musique qui peut rebuter au premier abord, mais qui n'en est que plus intéressante. Reste maintenant à savoir si on voudra refaire souvent le voyage...

Clip de "Only Ghosts" :

Clip de "The Carnival Of Lights" :


Déjà le 46ème disque de la semaine sélectionné par mes soins pour 2010 et une envie soudaine de faire une pause et de vous demander à vous, chers lecteurs, les disques que vous avez le plus appréciés cette année. Suis-je passé à côté de quelques merveilles ? L'heure du bilan va bientôt arriver et pourquoi pas pour les prochaines semaines vous parler de vos disques à vous, vos découvertes personnelles qui n'ont pas déjà été chroniquées ici même. Un peu à l'image des marathons d'écoute de chez "Tombouctou sans mariachis" (j'espère qu'il n'y a pas de copyright ;), je vous serai gré de ne me donner qu'un seul titre d'album par personne, je ne suis pas une machine tout de même! J'essaierai alors mercredi prochain, d'écrire une petite bafouille sur chacun des disques proposés dans les commentaires. Merci d'avance.

15 novembre 2010

Mes indispensables : The Jam - Setting Sons (1979)

Oui, je sais, j'en ai déjà parlé ici de celui-là, mais quand on aime, comme on dit, on ne compte pas. Et puis, c'était le week-end du 11 novembre, c'est-à-dire week-end prolongé de 4 jours (et oui, je sais, j'ai de la chance...) et forcément pas beaucoup de temps pour écrire... Après les Kinks, la semaine dernière, au tour d'un autre groupe typiquement british, The Jam. Le succès des deux formations s'est malheureusement surtout limité au Royaume-Uni. Trop lettrée et moins instinctive que celle de leurs alter egos de l'époque, que cela soit celle des Beatles ou des Sex Pistols, leur musique n'a pas pu rencontrer un public plus large. C'est dommage et c'est en plus bien souvent les suiveurs qui ont su récolter les fruits de leur labeur. Car, que seraient Madness ou encore plus récemment Blur sans les Kinks ? Que seraient les Smiths ou Oasis sans The Jam ? En parlant d'Oasis, c'est d'ailleurs les frères Gallagher qui ont participé à relancer un tant soit peu la carrière de Paul Weller, en affichant publiquement leur admiration pour le bonhomme.
Depuis 1995, l'ex-leader de The Jam est donc de nouveau (un peu) sur le devant de la scène (son dernier disque "Wake Up The Nation" est même sorti cette année), même s'il ne s'était jamais arrêté, notamment avec The Style Council. Mais pendant une quinzaine d'années, c'est peu dire que ses albums n'intéressaient plus personne ou presque. Il faut dire que, comme la plupart des artistes, il aura connu une période de gloire, d'apogée artistique, assez éphémère. Celle-ci correspondant dans son cas aux années 78 à 80 (en gros, de "Down In The Tube Station At Midnight" à "That's Entertainment"), pendant lesquelles The Jam alignaient à débit très soutenu les brûlots pop/punk aux paroles contestataires et aux rythmiques savamment millimétrées (Bruce Foxton, quel bassiste !). Avant, The Jam se cherchaient encore dans une espèce resucée punk des Rolling Stones, après ils tourneront plus "soul" et seront entre autres à l'origine de groupes comme les Pale Fountains. "Setting Sons", concept-album autour de l'histoire de trois frères et sorti en 1979, restera comme le sommet de leur carrière.

12 novembre 2010

LCD Soundsystem, The Bewitched Hands, Jamaica, Is Tropical - Le Zénith - 8 novembre 2010

A l'avenir, il faudrait que je pense à ne plus aller voir de concerts au Zénith de Paris. Car c'est régulièrement un supplice pour les oreilles. Surtout si, comme maman et moi, vous avez oublié de prendre des bouchons. Le son est trop fort, les basses vibrent, ça résonne, c'est parfois proche de l'insupportable. Mais nous étions déjà passés à plusieurs reprises à côté de LCD Soundsystem cette année, d'abord au Bataclan, puis à Rock en Seine. Impossible pour moi de rater le groupe une fois de plus. Mais avant cela, il y avait trois autres formations de programmer pour la soirée, vu que c'était dans le cadre d'un festival, celui des Inrocks (de moins en moins défricheurs, de plus en plus raccoleurs, à l'image des jeunes excités vendant leurs boissons et leurs sandwichs au milieu de la salle). Les hostilités ont donc commencé assez tôt. Dès 19h, arrivaient sur la grande scène, les jeunes anglais de Is Tropical, cachés derrière leurs traditionnels foulards de cambrioleurs. Je vous avais déjà parlé d'eux ici, et j'attendais donc avec une certaine impatience leur prestation. Et ma foi, j'ai été déçu : flagrant manque de charisme et de présence scénique, musique assez prétentieuse, son brouillon mais forcément pas aidé en cela par l'accoustique désastreuse du site. Il semble toutefois y avoir un potentiel qui demanderait à être d'abord confirmé sur disque - ils n'ont pas encore sorti d'albums. Parce que pour être bon sur scène, il faut au minimum avoir de bonnes chansons. C'est ce qu'ont à priori oublié de faire les pénibles français de Jamaica, même si leur son était nettement meilleur. Ils nous ont balancé quarante interminables minutes durant une espèce de pop-rock pour bandes FM sans grande originalité. La voix du chanteur est faiblarde et son accent anglais tendance "one again" est digne d'un collégien débutant. Par contre, il se débrouille mieux à la guitare mais a une fâcheuse tendance à vouloir démontrer à tout prix sa technicité en pratiquant quelques solos particulièrement casse-bonbons. Et puis que dire du volume sonore honteusement amplifié ? Bref, depuis quand invite-t-on sur la scène du Zénith de Paris de modestes groupes de rock dignes d'un bal de village du 14 juillet, aussi sympathiques soient-ils ? Si au moins, ils avaient fait une reprise de "Smoke On The Water" ou de "La bombe humaine", on aurait pu rigoler cinq minutes... Mais même pas, allez, zou, ouste, on oublie, on n'a rien vu. On passe donc rapidement aux charmants Bewitched Hands et à leur pop-folk mélodique. C'est indéniablement plus sympathique, plus frais, plus supportable, même si ça ne sort pas vraiment du lot, surtout en comparaison des groupes anglo-saxons du même genre. Et puis, une fois de plus, le Zénith semblait une, voire plusieurs tailles de trop pour eux. Un groupe qui sera peut-être à revoir dans un contexte plus intimiste, une fois aussi que leur musique aura gagné en maturité et en personnalité.

Et alors qu'on était déjà en train de se demander ce qu'on était venu faire dans cette galère, James Murphy et sa bande entrent en scène et assènent d'emblée le génial "Dance Yrself Clean" et d'un coup, d'un seul, tout s'éclaire. On est monté de plusieurs divisions. La soirée commence enfin. LCD Soundsystem est bien la machine à danser qu'on nous promettait. Malgré le Zénith. Malgré le son trop fort. Malgré le public jusque là passif ou plutôt abruti par les décibels. Nos oreilles sont meurtries, mais tant pis, nos yeux brillent et les tubes s'enchaînent : "Drunk Girls", "Daft Punk Is Playing In My House", "All My Friends", "Tribulations", "Yeah!", tous aussi bons les uns que les autres. Il n'y aura pas de temps mort. Il faut dire que festival oblige, le temps est limité. Pas de rappel donc et à peine une heure et quart de concert. C'est forcément trop peu dans un tel contexte. Ce groupe est  l'un des meilleurs sur scène actuellement, nous avons pu en témoigner. James Murphy est bien un type incroyable.
Quelques photos de la soirée sont visibles ici, des compte-rendus  et .