11 janvier 2010

Mes indispensables : Pavement - Slanted And Enchanted (1992)


Voilà le groupe dont tout le monde parle en ce moment dans le landernau de l'indie-rock, car s'il y a un groupe d'indie-rock ultime, c'est bien celui-là. Ceux qui ont érigé la culture "indé" en mode de vie et en mode d'écriture. Je parle bien sûr de Pavement, groupe culte des années 90, responsables de cinq albums impeccables entre 1992 et 1999 et qui est en train de faire son grand retour - par besoin d'argent ? Ils seront en mai prochain au Zénith de Paris et sortiront un best-of au mois de mars - d'ailleurs, ils ont organisé un petit jeu sympathique consistant à faire deviner par les fans le tracklisting exact dudit best of avec la clé le disque en question à gagner. Pour les joueurs et aussi les connaisseurs, c'est ici. Un best of, c'est toujours un bon moyen de découvrir un artiste, n'empêche s'il fallait choisir un disque de Pavement, ça serait inévitablement, le premier : "Slanted And Enchanted". Pourtant, ce n'est pas avec celui-là que j'ai découvert le groupe, mais le suivant, "Crooked Rain, Crooked Rain". Pourtant, ce disque a longtemps été celui que j'aimais le moins dans leur discographie, le plus brouillon, le moins évidemment pop. Et puis, petit à petit, insidieusement, "Slanted And Enchanted" a fait son chemin, révélant ses trésors mélodiques sous le magma sonore et la production cheap - à moins que ça ne soit réellement fait exprès. Pour "Summer Babe", "Trigger Cut", "In A Mouth A Desert", "Zurich Is Stained", ma préférée, légère comme une bulle de savon, "Two States" et son riff emprunté à The Fall - évidente inspiration du groupe - et bien sûr "Here", la plus limpide et ce  magnifique début de chanson : "I was dressed for success, but success it never comes, and i'm the only one who laughs at your jokes when they are so bad, and your jokes are always bad, but they're not as bad as this ...". Confession dès l'entame de leur carrière que ce groupe n'a pas d'ambition. Pourtant, près de vingt ans après, on en parle encore aujourd'hui et Pavement est devenu une référence en matière de rock indépendant. Et cette phrase pourrait ressembler d'ailleurs à s'y méprendre à la devise du genre.

Après ce disque, en tout cas, ce ne sera finalement plus pareil, l'aspect "étudiants qui ne savent pas bien jouer de leurs instruments" aura déjà disparu. Le groupe fera pourtant toujours de la musique en dilettante, mais je trouve - c'est un avis personnel - perdra un peu de cet instinct naturel de ne pas vouloir être "here", de ne pas vouloir déranger, cette absence de calcul. Avec "Crooked Rain, Crooked Rain" et les disques suivants, je soupçonne déjà Pavement d'être dans la démonstration, mine de rien. C'est pourquoi "Slanted And Enchanted" est touchant et reste en plus avec le temps leur disque le plus anguleux, le plus revêche, celui donc qui demande le plus d'attention. Un grand disque de pop qui s'ignore - les mélodies cachées sous le bruit, un peu comme My Bloody Valentine ou Sonic Youth - par un grand groupe de rock ... qui s'ignore ... encore.

4 commentaires:

  1. J'ai été un énorme fan du groupe. Je continue à penser que c'est un groupe culte qui a grandement contribué (avec Sonic Youth, Pixies, Dinosaur Jr, entre autres...) au renouveau du rock américain.
    Avec le temps, je m'aperçois que l'album que je réécoute le plus souvent est "Wowee Zowee" alors qu'à sa sortie, il m'avait déçu. Leur reformation ne m'excite pas plus que ça. Je n'en attends rien de neuf.

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  2. Oui, "Wowee Zowee" est aussi excellent, même si je le trouve moins constant.
    Quant à leur reformation, je partage ton avis. J'espère comme pour les Pixies qu'ils se contenteront de concerts et ne referont pas d'albums.
    Pour nous laisser avec nos beaux souvenirs ...

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  3. Grand respect pour eux, dans la mesure où ils sont à l'origine de la musique que j'aime, à part égale avec le VU. Néanmoins, je n'ai jamais beaucoup écouté ce Slanted and Enchanted ni leurs autres albums. J'aime leur démarche, le coté claudiquant, la coloration des morceaux, cette impression de fraîcheur, mais je trouve les compos parfois aussi cheap que l'enregistrement... En tout cas, leur reformation n'apparait pas à n'importe quel moment. Hasard de l'histoire, symptôme d'une époque ou calcul délibéré, Pavement se reforme au moment même où l'Amérique fourmille d'une activité indie-rock qui lui doit beaucoup et qui semble bien partie pour exploser dans les années à venir.

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  4. grand disque, grand groupe (ma préférence reste néanmoins pour l'imprononçable "wowee zowee")

    en plus, sympa le lien sur le concours de tracklist pour la compil à venir
    ;-)

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