Accéder au contenu principal

Carte blanche aux Chicros (Hold Your Horses+Dondolo) - La Flèche d'or - 24 avril 2010

Sur la foi de ma très belle découverte de la semaine dernière, j'avais décidé d'aller voir Dondolo en concert puisque celui-ci passait justement ce samedi, à la Flèche d'Or, à Paris, dans le cadre d'une carte blanche proposée au groupe parisien des Chicros. Drôle de soirée d'abord, puisque pendant près d'une heure, nous n'étions que quelques personnes, à peine une dizaine dans la salle, à attendre que les trois formations programmées s'y produisent. Drôle de sensation et pensée émue pour ces jeunes groupes qui allaient devoir ainsi jouer devant  une si faible audience. Pas facile en effet de débuter ou de percer dans ce monde très fermé car trop ouvert, du "tous-médias" où l'accès à la musique est si facile et bien souvent gratuit. 
Premier concert de la soirée donc et un public qui se densifie petit à petit : les parisiens de Hold Your Horses. Ils sont six sur scène : 2 guitares, une basse, une batterie (pour une fois, c'est une femme !), un violon/clavier, une trompette/clarinette. Leur influence : Arcade Fire, Clap Your Hands Say Yeah, Broken Social Scene (le chanteur a d'ailleurs des petits airs de Kevin Drew) et toute cette clique américano-canadienne émergente adepte d'un rock lyrique.  Et ma foi, c'est  une jolie surprise. Le nom du groupe est plutôt bien trouvé tellement leur musique ressemble à une joyeuse cavalcade. C'est frais, enlevé donc et supérieur à bien des premières parties de groupes pourtant nettement plus connus. Groupe indéniablement à suivre ...
Le très beau clip de "70 million" de Hold Your Horses :

Arrive ensuite Dondolo donc, la raison de mon déplacement, et une constatation s'impose d'emblée : je m'étais trompé dans ma chronique de mercredi dernier ou plutôt j'avais oublié une influence majeure : les Pixies. Et c'est d'autant plus criant en concert. Dès le premier morceau, on croirait presqu'à une réincarnation de Frank Black - en plus mince et avec des cheveux. Pour le reste, c'est la même volonté d'en découdre et de mouiller le polo,  la même hargne et le même enchaînement ultra-rapide des morceaux. Mais, après trois premiers titres qui dépotent, arrive la jolie triplette de chansons romantiques de son dernier disque et là, le public se met d'un coup à sourire béatement. On est subitement heureux d'être là, prêt à sortir nos briquets d'adolescents. Dondolo nous gratifie d'un bon concert, efficace, carré, avec ce zest d'humour juste comme il faut : une chanson à la dynamique typiquement "Pixienne" avec des paroles beuglées en russe ("La vraie vie des milliardaires") puis une dernière expressément écrite pour son chien ("Fluffy Angel"). Je maintiens donc mon enthousiasme pour le bonhomme et en viens à me demander pourquoi les programmateurs de festivals ne pensent pas plus souvent à lui. Dondolo devrait peut-être encore accentuer son côté "pince-sans-rire" et montrer davantage d'exubérance scénique, à la manière d'un Philippe Katerine par exemple, pour espérer faire parler de lui.
Sur ces considérations, viennent enfin les "organisateurs" de la soirée, ceux qui ont donc choisi la programmation : les Chicros. J'avoue que je ne les connaissais pas. Mais, dès la fin du premier morceau, la sanction tombe pas loin de nous : "Bof!". Oui, sans doute. Nous resterons quand même un peu plus longtemps que notre voisin, histoire de confirmer notre première impression. Oui, les Chicros jouent plutôt bien, mais leur musique ne décolle jamais : trop compliquée, trop lourde. A force de chercher des chemins déviants, d'essayer de brouiller les pistes, de traquer l'originalité, ils aboutissent malheureusement le plus souvent à une sorte de rock californien assez banal : Local Natives sans les mélodies aériennes et les jolies voix. Et c'est le look d'un des guitaristes qui pourrait ainsi résumer parfaitement la musique du groupe : une sorte de ZZ Top à béret. En tout cas, au vu des deux concerts précédents, on ne peut leur nier une qualité évidente : celle d'avoir au moins bon goût en matière de musique. Arcade Fire et les Pixies, on a connu pire comme choix. Il n'empêche qu'une fois n'est pas coutume, les invités ont tout simplement et clairement volé la vedette à leurs hôtes.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Baxter Dury - Prince of Tears

Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Depuis la terrible "Happy Soup", le chanteur est un habitué de mes tops de fin d'année. Ce "Prince of Tears" ou l'éternel sujet du comment se sortir par la musique d'un douloureux chagrin d'amour, devrait ne pas déroger à la règle. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court. Il s'y dégage cette habituelle impression de facilité, comme si ces mélodies allaient de soi. Un peu comme Gainsbourg, dont l'anglais n'a jamais été aussi proche, en son temps. Les arrangements font régulièrement penser à l'auteur de "Melody Nel…