Accéder au contenu principal

Soso -Tinfoil On The Windows

Cela commence toujours un peu de la même manière : par quelques bidouillages électroniques, puis viennent petit à petit quelques notes de guitare d'abord assez éparses puis plus resserrées. L'ambiance est plutôt post-rock, mais un post-rock tranquille, pas si éloigné finalement du bricolage d'un DM Stith par exemple. Ensuite, la voix de Soso se fait enfin entendre (les morceaux sont en général assez longs). Troy Gronsdahl, puisque c'est ce canadien seul qui se cache derrière ce drôle de pseudo, chante d'abord à la façon d'un rappeur avec un flot particulièrement lent (The Streets?). On pourrait aussi rapprocher cette façon de chanter (ou plutôt de parler) de celle d'un Tom Yorke sur le "Fitter Happier" du fameux "OK Computer". Mais les morceaux n'en restent souvent pas là et évoluent vers quelque chose de plus mélodique, de vraiment chanté et quelques fois, de profondément bouleversant. On pense alors à Mark Linkous ou Jason Lytle pour ses jeux de micros trafiquant la voix. Et quelques chansons finissent même à l'unisson, dans une sorte de communion proche de ce que peut faire Arcade Fire.
On tient donc là entre les mains, un disque étrange qui ne se laisse pas facilement aborder. Il faut bien souvent passer les premières minutes de chaque morceau pour y déceler une mélodie. Il faut faire l'effort de se laisser guider par notre hôte, car si sa musique est multiple, elle est toujours de bon goût et régulièrement passionnante. Pas vraiment un disque d'été donc, mais qui pourrait, mine de rien, tracer délicatement sa route jusqu'à l'hiver prochain. Pour finir, il faut savoir que cet album date en réalité de 2007 et qu'il n'était alors disponible qu'en import, c'est grâce au label clermontois Kütu Folk Records que ce disque sort enfin chez nous. Merci donc à eux pour cette belle découverte ;)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,…

Top albums 2018

10. Montero - Performer
Chez Montero, la musique est avant tout un hobby. Le monsieur est d'abord dessinateur. Du coup, il publie un disque que lorsqu'il en a envie et que le résultat lui convient. "Performer" est donc un album d'amateur, sans prétention, dans l'esprit d'un Ariel Pink. C'est souvent ce genre d'attitude qui est à l'origine des plus belles œuvres. 
9. The Good, the Bad and the Queen - Merrie Land
Depuis plusieurs années, il est difficile de suivre Damon Albarn dans toutes ses pérégrinations, alternant le très bon et le moins. Si les derniers Gorillaz ne m'ont pas tellement convaincu, le retour de son super groupe, The Good, The Bad and The Queen est une belle réussite. Il y revient à ses premiers amours de la pop anglaise, comme à l'époque bénie de "Parklife", y ajoutant une maturité et une vision plus désabusée de la société britannique. Le Brexit est passé par là et s'il est à l'origine d'aussi bea…

The Walkmen - In The New Year (2008)

A chaque fois, je me demande quelle chanson conviendrait le mieux pour débuter l'année. Chaque année, c'est pourtant la même qui revient comme une évidence. Parce qu'elle a tout : l'efficacité, l'immédiateté et le thème adéquat (et accessoirement un très joli clip). "It's gonna be a good year", voilà ce qu'on souhaite tous. "I'm just like you. I never hear the bad news.", voilà ce qu'on essaie tous, ne garder que le meilleur. The Walkmen fait partie de ces éternels groupes de seconde zone, parce qu'ils n'ont pas eu le bon timing, le renouveau rock initié par les Strokes, les White Stripes ou Interpol était déjà en perte de vitesse au moment où les "marcheurs" ont débarqué vers 2004 avec leur "tube" "The Rat". Même lorsque leur musique est utilisée comme bande son d'une série à succès ("Heaven" pour le dernier épisode de "How I Met Your Mother"), The Walkmen reste cett…