6 septembre 2010

Mes indispensables : Björk - Homogenic (1997)

Pour moi, Björk est une chanteuse qui restera sans doute toujours liée aux années 90. Parce qu'elle y a publiée ses trois meilleurs disques, la formidable trilogie "Debut"/"Post"/"Homogenic". Parce que depuis, je trouve qu'elle s'est fourvoyée dans une musique électronique chiante, prise de tête et prétentieuse. Oui, l'islandaise a chopé le melon, après un tel succès planétaire, une telle reconnaissance du public et de la critique qui la plaçait alors tout en haut des artistes novatrices, celles qui font bouger les choses, qui dérangent et qu'en même temps, tout le monde peut comprendre. Le film "Dancer in the Dark" du danois Lars Von Trier a d'ailleurs fini, en 2000, de la consacrer. Elle y joue le rôle principal, aux côtés de Catherine Deneuve, excusez du peu, elle en compose aussi la bande originale, avec notamment un superbe duo avec Tom Yorke. Le film obtient la palme d'or et elle, le prix d'interprétation féminine à Cannes. C'en est sans doute trop pour elle (et pour nous ?) : Björk par-ci, Björk par-là. Elle pète les plombs, fait la une de la presse people. On la voit notamment s'attaquer à un photographe (paparazzi?) dans un aéroport. Ses concerts deviennent totalement mégalos et surtout hors de prix pour la plupart des fans.
Aujourd'hui, cette célébrité paraissait pourtant difficile à prévoir, surtout à la réécoute de son précédent groupe The Sugarcubes et de leur titre le plus connu "Birthday". Trop arty, branché, élitiste, pas très accessible. Elle a refait une apparition dernièrement avec les Dirty Projectors, adeptes eux aussi du mélange des genres et dont la démarche musicale n'est pas très éloignée de celle de l'islandaise. Ils ont sorti un EP en commun dont les recettes doivent revenir à une association oeuvrant dans le domaine de la préservation de notre environnement. Mais revenons à nos moutons et à ce qui nous intéresse ici, "Homogenic", l'album de la maturité, celui où elle parvient brillamment à réconcilier les cordes avec la musique électronique. La fusion réussie entre l'ancien et le moderne, portée par au moins deux morceaux d'anthologie : "Joga" et "Bachelorette". A ce sujet, je me souviens encore aujourd'hui, de son passage dans l'émission "Nulle part ailleurs", et de son interprétation live des deux chansons en question (c'est visible ici et l'interview qui va avec est  ). Un de ses rares moments où la télévision arrive à nous faire croire que nous, téléspectateurs, sommes aussi là et pas à la maison, assis confortablement sur notre canapé, mais assistons réellement à l'événement. Avant ça, je restais assez hermétique à sa musique, au personnage si particulier. Après ça, tout s'est ouvert, comme par magie. Dix minutes seulement. Pour toujours.

Clip de "Hunter" :

Clip de "Joga" :

Clip de "Bachelorette" :

Clip de "All Is Full Of Love" :

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