29 novembre 2010

Mes indispensables : The Beatles - The Beatles (1968)

Si The Cure est un groupe générationnel, les Beatles, eux, concernent assurément tout le monde, petits et grands, jeunes ou vieux. Et oui, je me décide à parler enfin de ceux qui sont considérés de manière quasi-unanime comme le plus grand groupe pop de l'histoire. Les Fab Four sont les Mozart du genre et en dire du mal revient aujourd'hui à commettre un crime de lèse-majesté. Pourtant, il faut bien reconnaître avec le recul que leurs débuts n'ont pas été bien folichons. N'en déplaisent aux afficionados ultimes, les mièvres "I Wanna Hold Your Hand" ou "Love Me Do" n'ont pas très bien vieilli. Et quoiqu'on en dise, Lennon et McCartney n'ont jamais été de grands musiciens. Mais il est tout de même difficile de nier le fait que le duo de mélodistes hors pair est responsable de quelques uns des plus beaux joyaux pop. Et ce gargantuesque "White Album", plus que tout autre de leur disque, est un exceptionnel condensé de leur savoir-faire. Chacune des chansons ou presque a influencé des générations de musiciens, certains ayant même bâti des carrières entières à partir d'une seule. Il faut dire que beaucoup de styles y sont abordés. La première galette de ce double-album est la plus classique dans la forme, bien dans l'esprit de ce qu'ils avaient pu faire avant. Mais McCartney y est à son apogée : "Martha My Dear", "Blackbird" ou "I Will" sont autant de merveilles de délicatesse. Lennon, goguenard, n'est pas en reste avec par exemple l'incroyable "Happiness is a warm gun".
Le deuxième disque plus rock et limite expérimental ("Revolution 9") est un peu déroutant pour les fans de la première heure mais ravit ceux qui trouvaient jusque là, la musique des Beatles bien peignée et trop propre sur elle. "Helter Skelter" ou "Everybody's got something to hide except me and my monkey" sont des chansons qui influenceront plus tard bien des groupes punk. Bref, plus de quarante ans après, ce double album conserve une incroyable pertinence et demeure un de ces rares disques capables de plaire au plus grand nombre, peu importe le genre de musique que l'on a l'habitude d'écouter. Rien que pour ça, je m'incline : oui, les Beatles ont sans doute une réputation méritée. Même si, désormais, quand on parle d'eux, ce n'est presqu'uniquement en terme de business et de droits d'auteurs. Comme avec la récente possibilité d'acquisition de leur discographie complète à partir de la plate-forme de téléchargement d'Apple, iTunes. Je vous laisse donc le soin d'aller écouter ce fameux "White album" là-bas ou de le remettre illico sur votre platine CD ou vinyle (Comment ? Vous ne l'avez pas encore ?), parce que malheureusement, il n'est pas disponible en écoute gratuite sur le net. A l'heure d'internet, si ce n'est pas savoir contrôler son image... Ou alors, il ne vous reste plus qu'à attendre une cinquantaine d'années, que leurs oeuvres soient passées définitivement dans le domaine public. Comme Mozart...

Live de "Revolution 1" : 

"Helter Skelter" en studio :

"Happiness is a warm gun" :

1 commentaire:

  1. Heu, je trouve que le "sans doute" dans "Les Beatles ont sans doute une réputation méritée" est de trop, si je peux me permettre. Sinon, un sommet, c'est vrai, très folk aussi ;-) et le double blanc est dans le trio de mes albums préférés (avec Rubber Soul et Revolver)
    D'ailleurs, c'est marrant que tu parles du double blanc à cette période de l'année car, personnellement cet album est liée à la fin d'année (album luxueux varié en atmosphère parfait pour adoucir l'hiver) et je le ressors régulièrement vers Noël ;-

    Et je trouve que c'est l'album avec Abbey
    Road, autre sommet) où l'on voit la suprématie musicale, à mon avis, de Macca (j'adore Rocky Raccon et Honey Pie) véritable orfèvre pop de haute volée, sans oublier leur génie de producteur George Martin, sans qui l'histoire des Fab n'aurait pas été la même...
    La comparaison avec Mozart est bienvenue, j'y rajouterai un peu de Bach, Haydn, Cole Porter et Gershwin et ce sera parfait...

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