26 février 2010

Je vais au cinéma

Samedi soir, ça ne vous a sans doute pas échappé, c'est la cérémonie des Césars. Alors bien sûr, ce genre de grand-messe télévisuelle, c'est souvent long, chiant et aussi un peu vain, mais cela permet quand même parfois à quelques films (injustement ?) oubliés de refaire parler d'eux et de glaner de nouveaux spectateurs en salle. Car n'est-ce finalement pas là l'essentiel d'une telle cérémonie : donner envie d'aller au cinéma ? Comme tous les ans, on pourra aussi reprocher le manque de comédies au générique, celles-ci étant au mieux cantonnées aux césars de moindre importance : meilleurs costumes, meilleurs décors, etc. Comme si - et là, je fais un peu mon Dany Boon - il n'y avait pas de bons acteurs / films / réalisateurs de comédies ... Dommage, car "je trouve par exemple que "OSS 117 : Rio ne répond plus..." est un vrai film de cinéma avec de la mise en scène, des dialogues, etc. Bref, un univers. (Quant à dire que le film en question est mon film français préféré de 2009 ...) Sinon, mes pronostics pour la soirée ? Je vois bien "Un prophète" de Jacques Audiard rafler l'essentiel des récompenses. Pour ceux que ça intéresse, la liste complète des nominés est visible ici. Bon week-end à tous et bon cinéma. (Au passage, j'ai été voir récemment le dernier film des frères Coen, qui, une fois de plus, est excellent ...)

24 février 2010

The Irrepressibles - Mirror Mirror

Alors, ceux-là, on va forcément les comparer à Antony and The Johnsons. Impossible en effet de ne pas faire le rapprochement quand il s'agit de voix androgyne (féminine?), de musique baroque, théâtrale et romantique où le kitsch et l'outrance ne sont jamais très loin. Même qualités, même défauts donc, et évidemment, il y aura les "pour" et les "contre". Car, il ne faut pas se le cacher "Mirror, Mirror", le premier album des anglais de The Irrepressibles va diviser, c'est inévitable. Jami McDermott, leur chanteur,  à l'instar d'un Antony Hegarty, aime d'ailleurs aussi s'afficher dans des tenues assez équivoques. Pourtant, je trouve que cette musique n'est pas si grandiloquente à l'écoute. Bien sûr, il y a des titres comme "My Friend Joe" ou "Splish! Splash! Sploo!" qui ne sont pas à une excentricité près, assez proches de l'esprit du film culte "The Rocky Horror Picture Show" par exemple. Mais d'autres morceaux comme "Forget The Past", "In This Shirt" ou "Nuclear Skies" sont de facture plus classique et pourraient même emporter l'adhésion générale, par leur côté plus carré et maîtrisé. Et puis, il y a  aussi "The Tide", chanson la plus émouvante du lot et son envolée finale de cordes du plus bel effet.
Un album d'entre-deux donc, pas complètement putassier, comme le style pourrait l'y amener, pas complètement barré non plus, et souvent plus (trop?) en retenue qu'il n'y paraît. C'est aussi d'ailleurs une des raisons pour lesquels ce disque devrait diviser : il ne choisit pas son camp. Mais une fois de plus, comme j'aime y revenir, cela a fait pencher la balance en sa faveur. A voir aussi , par curiosité, ce que peut donner cette jolie troupe sur scène (ils étaient au dernier festival des Inrocks mais n'ont pour l'instant pas de nouvelles dates prévues en France) ...

Clip de "In This Shirt" :

Album en écoute intrégale sur Deezer

23 février 2010

General Bye Bye - Alphabet

Retour de la découverte de la semaine après 15 jours de repos. Ils s'appellent General Bye Bye, sont au nombre de 4 : 3 français (parisiens) et une allemande, un premier EP de 4 titres est déjà sorti et disponible en téléchargement gratuit ici (avec tout plein d'autres infos sur le groupe et notamment les dates de concerts). Un premier album devrait suivre le 19 mai prochain chez Greed Recording (distribution Anticraft). Leur musique ? Une sorte de pop à grosses guitares claires tourbillonnantes matinée d'électronique. Bien sûr, c'est en anglais, bien sûr, l'accent n'est pas parfait, ça donne même l'impression parfois de faire un peu "amateur" et puis finalement, on s'y laisse prendre car leur musique n'est pas si évidente qu'elle pourrait laisser paraître. Comme, en extrait, ce "Alphabet" pas si bête.

22 février 2010

Mes indispensables : The National - Alligator (2005)

Dans mes indispensables, cette semaine, j'ai envie de vous parler d'un des meilleurs groupes de rock actuel dont d'ailleurs, le prochain disque devrait sortir d'ici peu (pour le mois de mai ?) et qui sera aussi bientôt en tournée, notamment en première partie des revenants Pavement au Zénith de Paris. The National est pourtant un de ces groupes dont la musique, à priori, peut sembler assez simple et inoffensive mais qui finit par s'imposer sur la longueur, un peu à l'image de REM, par exemple. A l'aise aussi bien dans les ballades romantiques que dans des choses plus rock et hargneuses. The National est le groupe typique d'outsiders, d'éternels seconds qui, d'ailleurs, s'il n'a toujours pas sorti son "Losing My Religion", a au moins déjà son "Automatic For The People" et c'est sans doute cet "Alligator" en tout point remarquable. 

Ce disque, comme je l'ai dit plus-haut, c'est le genre de trucs qui, sans crier gare, s'impose sur la longueur, parce que même si cela peut sembler, au premier abord, un peu trop carré, "propret" et sans surprise diront les mauvaises langues, on y trouve suffisamment de belles mélodies, de guitares tranchantes, de rage rentrée ou de voix douce et chaleureuse, que l'émotion finit par poindre, irrémédiablement. "Alligator" est un album refuge, un cocon douillet et rassurant pour tout fan de rock indé qui se respecte, une compilation de chansons à la fois évidentes et complexes. The National réalise en effet l'exploit assez rare, celui de contenter les partisans du "trop peu", adeptes de la sobriété et de la chanson folk la plus épurée qui soit et les partisans du "beaucoup trop", adeptes d'un rock bourrin à souhait, "va-t'en-guerre", tous crocs dehors. REM donc, mais avec un chanteur encore meilleur ou Coldplay avec plus de personnalité. "Alligator" est sans conteste un des plus grands disques rock de la dernière décennie. Et puis, il va vraiment falloir que je me décide un jour à aller les voir en concert ... Si seulement, ils pouvaient revenir à la Route du Rock, à Saint-Malo cet été. Par ailleurs, la quasi intégralité des concerts de la collection hiver du festival est visible ici.

Clip de "Abel" :

Clip de "Lit Up" :

19 février 2010

Regarde un peu la France

En ce moment, pour ceux qui ne le savent pas encore, ce sont les Jeux Olympiques d'hiver et cette année, c'est à Vancouver, au Canada, qu'ils se déroulent. Tous les jours, les médias nous annoncent donc (plus ou moins) fièrement le nombre de médailles récoltées par nos athlètes. J'ai bien dit "nos", car la France est un pays qui, le temps de telles épreuves sportives, est évidemment à l'unisson derrière les siens, une espèce de grande famille unie envers et contre tout. Car, la France, "il faut l'aimer ou la quitter" nous dirait notre président. Et aimer la France implique obligatoirement aimer les Français (et aussi leur président ?). Tous les Français. Dorin, Jay, Anthonioz, Ramoin, Lamy Chappuis, Brunet, tous ces jeunes gens qu'on starifie un jour et qu'on oublie deux semaines après. Le triomphe de l'éphémère, en quelque sorte. Oui, pendant 15 jours, toute la France aimera son pays et ses habitants.

17 février 2010

Fool's Gold - Fool's Gold

Encore un disque qui est déjà sorti depuis belle lurette diront certains. Et pourtant, il est seulement annoncé pour le 8 mars prochain en France sur leur MySpace. Bizarre quand on sait que l'album est déjà disponible chez la plupart des disquaires. En tout cas, voici venu un nouveau groupe originaire de Los Angeles après les excellents Edward Sharpe & The Magnetic Zeros et Local Natives dont j'ai déjà dit le plus grand bien par ici. Ils se nomment Fool's Gold, du nom d'un titre culte des anglais Stone Roses, et pourtant c'est du côté de l'Afrique qu'il faut chercher les références évidentes du groupe. Alors, bien sûr les comparaisons avec les Vampire Weekend vont fleurir ici ou là, mais leur musique est quand même bien différente. Si les Vampire Weekend font avant tout de la pop, les Fool's Gold font avant tout de la musique africaine et chantent même en hébreu. Ces derniers pourront quand même plaire aux fans des premiers et les consoler de leur dernier "Contra" pas vraiment bien rempli - oui, je sais, ce jeu de mot est facile et déjà fait des milliers de fois sur d'autres blogs. Surtout que ce premier album commence on ne peut mieux  : "Surprise Hotel" est un méchant tube en puissance, le genre de trucs qui vous fait danser instantanément malgré vous, déjà un des meilleurs singles de l'année.
Après, bien sûr, ça ne peut que retomber, même si la plupart des titres sont assez plaisants et suffisamment répétitifs pour rester aussi bien ancrés dans votre ciboulot. Au final, un vrai bon mélange d'esprit rock et de musique africaine, dans la lignée du meilleur Rachid Taha par exemple. Une troupe à voir sur scène donc, cet été évidemment, "Surprise Hotel" pourrait y devenir le tube de la saison. En attendant, les Fool's Gold permettent de nous réchauffer un peu, pendant les longues soirées d'hiver et c'est déjà pas si mal ...

Clip de "Surprise Hotel" :

15 février 2010

Mes indispensables : Dominique A - La Mémoire Neuve (1995)

Bon, oui, je sais, j'en ai déjà parlé ici. Mais tant pis, ça commençait déjà à faire longtemps que je ne vous avais pas bassiner avec Dominique A. Et puis, cela aurait été pour moi inconcevable de faire une liste de disques indispensables sans en parler ... Et puis, il y a bientôt les Victoires de la Musique, le 6 mars prochain, au zénith de Paris, présenté par l'inénarrable Nagui et dont Dominique justement fait partie de la liste des nominés dans la catégorie "Album rock de l'année" en compagnie, s'il vous plaît, de BB Brunes, Indochine et Izia (vous savez, la fille de Jacques Higelin, véritable bête de scène mais adepte d'un rock bourrin à souhait). Si, avec de tels concurrents,  ce n'est pas Dominique A qui l'emporte ... Non, je ne fais rien, parce que j'ai comme l'impression que cela pourrait être le cas ;-) Enfin, bon, peu importe, si Biolay pouvait au moins raffler quelques victoires, ça serait déjà pas si mal. Pour ceux que ça intéresse, la liste des nominés (pardon des nommés) est disponible ici. Dominique et les Victoires, c'est déjà une longue histoire commencée en ... 1995 justement, à l'époque de ce disque "La Mémoire Neuve" pour une prestation en duo avec Françoiz Breut (sa femme d'alors avec laquelle il a eu un fils, Youri - ça y est, "la musique à papa" se transforme en blog people ...) remarquable et remarquée. Il avait pour l'occasion changé les paroles (fustigeant le concept même de ce genre de grand-messe télévisuelle) de son presque tube "Le twenty-two bar", chanson qu'il semble malheureusement un peu renier depuis. Vous trouverez la vidéo idoine ci-dessous : ne sont-ils pas d'ailleurs mignons tous les deux ?

 
Pour en revenir maintenant à cette "Mémoire Neuve", j'ai déjà presque tout dit dessus dans mon précédent post. Ce disque, c'est mon disque de pop française définitif. Celui qui permet de me dire que nous ne sommes pas toujours les enfants pauvres en la matière, de nos cousins britanniques. Celui qui quoiqu'il s'inspire justement de cette pop d'outre-Manche, ne la copie pas ouvertement et n'en reste pas moins indéniablement français. Pas sûr, en effet, que l'album puisse un jour rencontrer un quelconque succès en dehors de nos frontières, surtout dans les pays anglo-saxons. Un disque qui n'a malheureusement pas eu beaucoup de successeurs aussi dignes depuis, dans notre paysage national, hormis peut-être ceux du Monsieur justement. Un disque qui demeure donc d'autant plus indispensable aujourd'hui. CFQD.

12 février 2010

"Il neige, c'est tout ce qu'il sait faire"

Il neige, enfin, pas forcément en ce moment même où vous lisez cette petite bafouille, mais il faut bien avouer que c'est devenu ces temps-ci l'un des sujets préférés de la plupart des médias (à croire que je ne dois pas fréquenter les "bons"). Comme ci cela avait un caractère foncièrement exceptionnel. Oui, il neige, nous sommes en hiver. Et alors, me direz-vous ? Et alors, le réchauffement climatique, il est passé où celui-là ? Il est un peu aux abonnés, comme qui dirait. Une fois de plus. En attendant, ça permet aux Français moyens de continuer de se plaindre. On se plaint du mauvais temps, du beau temps aussi (ben, oui, trop de chaleur, c'est pas bien non plus), on se plaint tout le temps, par tous les temps, en fait. La vie est décidément trop injuste ... Et si finalement, pendant quelques minutes, on faisait un break et on arrêtait un temps soit peu de faire les "pignous" (comprenne qui pourra ;-), même si je sais qu'il y aussi beaucoup d'autres raisons de ne pas accepter tout de ce qui nous entoure (désolé, mais je n'ai pas le temps de les énumérer ici). Oui, arrêtons-nous et soyons le temps de quelques chansons, stoïques, des sortes d'ascètes que rien ne pourraient perturber, ni même les horribles Simon et Les Modanais. Et apprécions seulement ce joli tapis blanc. Le beau est peut-être parfois l'ennemi du bien, mais ce n'est pas une raison pour le négliger. Nous avons tous besoin de beau. Beau week-end à tous.

10 février 2010

These New Puritans - Hidden

Là-dessus, je ne vais sans doute pas faire l'unanimité des indie-rockeurs, comme avec Owen Pallett ou Beach House. Mais tant pis. En plus, le disque est déjà sorti depuis près d'un mois. Mais tant pis aussi. C'est quand même mon disque de la semaine. En fait, celui-là, je l'ai dans un coin de mon cerveau depuis un bon moment. Pourtant, il y avait toujours cette petite voix intérieure qui me disait : "tu ne vas pas écouter ça, c'est de la musique horriblement pompeuse et prétentieuse, une espèce de bouillie sonore électronique qui tente pitoyablement de mélanger un peu tous les styles : du punk-rock, de l'électro-indus', mais aussi du hip-hop, du R'n'B (bouh, la honte!), de la musique classique et autres sons en tout genre." Et puis, de l'autre côté, il y avait cette envie bizarre mais instinctive d'y revenir. Encore et encore. Parce que "Hidden" ne ressemble à rien de connu. Parce que c'est un ovni et que même si certains titres me font mal au crâne et me fiche un peu les jetons ("Drum Courts" en particulier) encore aujourd'hui. D'autres se sont imposés inévitablement  par leur richesse et parce que tout simplement ça "claque" : "Three Thousand", "Attack Music", "White Chords", "5". Ce disque est une purge. Un univers à part entière. Le genre de trucs qui laisse forcément un paquet de monde sur le bord de la route.
These New Puritans n'aime pas la tiédeur et forcément ça se paie en bien (les critiques dithyrambiques du NME et des Inrocks) ou en mal (l'assassinat en règle de Magic!). Après, on peut ne pas apprécier le côté branleur arrogant bien anglais des frangins Barnett, mais force est de constater que les gaillards prennent des risques. L'avenir nous dira s'ils ont eu raison ou pas. En attendant, ils seront à la Cigale le 18 février prochain, en première partie de The XX et de leur new-wave plus mainstream et douce.

Clip de "We Want War" :

8 février 2010

Mes indispensables : Galaxie 500 - On Fire (1989)


A l'heure où tout le monde écoute le dernier album de Beach House (non, pas vous ?), à juste titre il faut pourtant bien l'avouer, il serait quand même de bon ton de ne pas perdre de vue les nombreuses influences du  groupe, et notamment les un peu trop méconnus Galaxie 500. Ils ont officié à la fin des années 80, début des années 90 et sont au moins responsables d'un excellent disque (même si les deux autres sont pas mal non plus), leur deuxième : "On Fire". Et si je parle subitement de ce groupe, c'est aussi parce que, à l'instar des Feelies l'année dernière, leurs albums vont bientôt resortir dans des versions remasterisées avec bonus et tutti quanti. Galaxie 500, c'était donc la douceur mélodique de Beach House ou de Mercury Rev alliée aux guitares un peu saturées des Feelies ou du Velvet, le tout avec un son parfois proche de My Bloody Valentine, époque shoegaze oblige. Bref, ce groupe avait tout pour réussir ... en 2010. Malheureusement, ils sont donc apparus trop tôt et c'est en réécoutant ce disque, l'autre jour, que je me suis dit que leur musique avait plutôt bien vieillie par rapport à celle de la plupart de leurs contemporains. Mais la vie est ainsi faite que l'on passe souvent à côté des bonnes choses dans l'instant pour les redécouvrir réellement quelques années après. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Leur leader, formidable guitariste, Dean Wareham, avait en effet poursuivi une carrière tout aussi exemplaire au sein des presque aussi bons Luna dans le courant des années 90, pour enfin disparaître aujourd'hui tout à fait, dans l'anonymat le plus complet ...
Tout ça pour dire que non, les années 80 n'étaient pas des années aussi pourries musicalement parlant, malgré ce que certains voudraient bien vous faire croire et cette série d'indispensables en ait le meilleur exemple. (et ce n'est bien sûr pas terminé!) Mais trêve de bavardage, je vous laisse en compagnie de quelques extraits de ce petit trésor qui je l'espère connaîtra bientôt une plus large diffusion qu'il mériterait amplement. De là à souhaiter maintenant la reformation du groupe ...

Vidéo de "Blue Thunder" :

Vidéo de "When Will You Come Home" :

5 février 2010

... fait plaisir à maman

Non, ce n'est pas encore la fête des mères, ni même la Saint-Valentin d'ailleurs. Patience, les amoureux, plus qu'une semaine à tenir ! Non, mais qu'importe ! Aujourd'hui, comme j'ai parlé des pères il y a deux semaines, je parlerais donc des mères. Puisque comme chacun sait, la nature veut qu'on a tous un père et une mère. Et que c'est quand même souvent celles-ci qui font le plus gros du boulot avant et après ;-) Et bizarrement, si on ne compte plus le nombre de chansons qui parlent d'amour (d'ailleurs existe-t-il vraiment des chansons qui n'en parlent pas ?), les chansons qui parlent de grossesse, de maternité, voire de filiation ne sont pas si courantes. Beaucoup moins glamour et pas très rock'n'roll tout ça, en fait. Morrissey le disait d'ailleurs si bien en 1986 : "Some girls are bigger than others" et rien que pour que ça, certaines refusent de devenir maman. C'est dommage ... Là-dessus, je vous laisse méditer sur le monologue devenu culte de Françoise Lebrun à la fin du film "La maman et la putain" de Jean Eustache, monologue qui avait été mis en musique par le groupe rock français Diabologum au milieu des années 90 :
"... On m'a désirée parce que j'avais un gros cul qui peut être éventuellement désirable. J'ai de très jolis seins qui sont très désirables. Ma bouche n'est pas mal non plus. Quand mes yeux sont maquillés ils sont pas mal non plus.
Et beaucoup d'hommes m'ont désirée comme ça, tu sais, dans le vide. Et on m'a souvent baisée dans le vide. Je ne dramatise pas, Marie, tu sais. Je ne suis pas saoule.
Et qu'est-ce que tu crois, tu crois que je m'appesantis sur mon sort merdique. Absolument pas.
On me baisait comme une pute. Mais tu sais, je crois qu'un jour un homme viendra et m'aimera et me fera un enfant, parce qu'il m'aimera. Et l'amour n'est valable que quand on a envie de faire un enfant ensemble.
Si on a envie de faire un enfant, on sent qu'on aime. Un couple qui n'a pas envie de faire un enfant n'est pas un couple, c'est une merde, c'est n'importe quoi, c'est une poussière... les super-couples libres...
Tu baises d'un côté chérie, je baise de l'autre. On est super-heureux ensemble. On se retrouve. Comme on est bien. Mais c'est pas un reproche que je fais, au contraire..."

3 février 2010

Beach House - Teen Dream

Bon, là-dessus, je triche un peu parce que le disque en question n'est pas sorti cette semaine. Mais, de toute façon, il me sera bien difficile de trouver un "bon" disque à chaque fois. En plus, il arrive que certaines semaines, les "bonnes" sorties se bousculent. Comme cela a été le cas la semaine dernière. Pas évident de sortir la même semaine qu'un Owen Pallett par exemple ! Mais le troisième et dernier album du duo franco-américain Beach House mérite aussi qu'on en parle. Même si je ne suis pas le seul et même si c'est presque toute la blogosphère qui s'enflamme pour ce "Teen Dream". Mais il faut reconnaître qu'avec ce nouvel album Victoria Legrand, la nièce de, et son compère Alex Scally frappent assez fort : plus mélodique, plus léger, plus travaillé aussi, plus homogène, plus constant, plus évident (plus fade aussi diront certaines mauvaises langues) que leurs anciens disques. Tout d'abord, "Teen Dream" commence très très bien, en alignant d'entrée de jeu sans doute ses quatre meilleurs morceaux. Après, il y a bien une baisse de régime en milieu de parcours sur deux titres un peu plus faibles : "Lover Of Mine" et "Better Times", avant de repartir de plus belle sur trois très beaux titres et de clôturer sur un "Take Care" de circonstance.
Oui, évidemment que les Beach House ont bien pris soin de nous avec ce "Teen Dream" et leur "dream-pop" mélancolique qui nous ramène presqu'aux plus belles heures du "Deserter's Songs" de Mercury Rev - la voix androgyne de Victoria n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de Jonathan Donahue.

Clip de "Silver Soul" :

2 février 2010

Mondrian - Love, a collision

Non, Mondrian n'est pas uniquement le nom d'un célèbre peintre non figuratif (adepte des formes géométriques et des couleurs unies), c'est aussi celui d'un excellent groupe parisien de pop "made in France" dont la musique sort allégrement des chemins balisés. Allez donc jeter une oreille, voire les deux, c'est mieux sur leur MySpace ici, on y trouve suffisamment de bonnes chansons et de jolis clips pour y rester un bon petit moment. Comme il a fallu m'en choisir une dans le lot, ce sera donc ce "Love, a collision", pour son côté ritournelle à la française tendance Yann Tiersen ou François and the Atlas Mountains : rafraîchissant ! Quatre concerts sont déjà programmés à Paris dans les deux mois à venir ...

1 février 2010

Mes indispensables : Kraftwerk - The Man Machine (1978)

C'est injuste. L'année dernière, tout le monde n'a eu d'yeux (ou plutôt d'oreilles) que pour la sortie en version haute définition de toute la discothèque des Beatles. Et tout le monde ou presque a oublié dans le même temps celle des allemands de Kraftwerk, qui pourraient  sans doute être considérés justement comme les Beatles de l'électro. Oui, les deux groupes peuvent être rapprochés malgré leur différence de style : même influence considérable, même musique à priori basique, sobre, mais mélodiquement ultra-efficace. Mais succès populaire bien moindre, donc. Malheureusement. Pourtant, ce " The Man Machine" de 1978 fonctionne encore très bien aujourd'hui et n'en demeure pas moins comme une véritable usine à tubes. Et c'est d'ailleurs là tout le talent de ce groupe hors norme. Car, s'il est un genre musical qui a beaucoup évolué dans ces dernières décennies, c'est bien la musique électronique. Et c'est normal, puisque les instruments qui ont servis à sa fabrication, les ordinateurs ont aussi énormément évolué.

Mais ce qui fait donc que cette musique a malgré tout réussi à passer les années, c'est bizarrement son minimalisme, sa quasi absence d'effets. La mélodie y est presque à nue. Sans artifice. (ce qui est sans doute très "allemand" comme manière de procéder) Toutes les chansons sont ici mémorables, en particulier leur presque tube "The Model". Toutes les chansons font aussi référence aux machines, aux robots et nous parlent déjà de déshumanisation de la société, près de 20 ans avant le "Ok Computer" de qui vous savez. Vous avez dit "visionnaires" ?

Vidéo de "The Model" :