31 mai 2010

Mes indispensables : Arcade Fire - Funeral (2004)

Demain, devrait sortir le nouveau single d'Arcade Fire, événement religieusement attendu par toute une communauté de rockeurs qui, comme moi, est tombé sous le charme du combo montréalais. On peut dire que le groupe a su, depuis 2004, date de parution de ce premier disque, chef d'oeuvre rock incontestable des années 2000, gravir un à un les échelons du succès. J'ai eu pour ma part la chance de les découvrir en concert, dès leur première venue en France, au Nouveau Casino, à Paris. J'en garde encore aujourd'hui un souvenir inoubliable. C'est la première fois que je voyais sur scène un groupe dégageant une telle énergie communicative, frappant sur tout ce qui bouge, capable de telles envolées lyriques à vous faire hérisser les poils des bras (pour la barbe, c'est plus dur, et puis, à l'époque, je n'étais pas encore barbu). Désormais, Arcade Fire n'est pas loin de remplir les stades et leur succès va grandissant, c'est dire avec quelle circonspection et angoisse leur troisième album est donc attendu comme le messie.  Forcément, avec la reconnaissance, les détracteurs sont apparus plus nombreux. Ceux qui n'ont jamais compris l'engouement critique puis populaire autour du groupe. Ceux qui n'apprécient pas le couple Wim Butler / Régine Chassaigne, qu'on dit un peu imbus de leur personne, se prenant trop au sérieux. Chacun a sans doute ses raisons, mais pour eux, la musique n'est pas quelque chose que l'on prend à la légère.
Chaque disque doit apporter quelque chose de plus, de différent du précédent. Chaque concert doit être vécu comme un moment unique, devant laisser à chacun un souvenir impérissable. Arcade Fire a décidé de bâtir une véritable oeuvre, de marquer profondément son époque. Cette démarche a évidemment de quoi en agacer certains, taxant facilement le groupe de mégalomanie. Pour ma part, ils ne m'ont toujours pas déçu, après deux albums en tout point remarquables, et surtout donc, ce premier (même s'il y a eu auparavant un premier maxi plus dispensable), dont l'influence s'avère chaque jour de plus en plus considérable. Même si Arcade Fire n'ont sans doute rien inventé, ils ont popularisé un genre - le rock lyrique et héroïque - et engendré un nombre toujours croissant de suiveurs plus ou moins inspirés. "Funeral", comme son nom l'indique, est une tuerie et dès le premier titre, tout est dit. "Neighborhood #1" est la quintessence du son du groupe, formidable montée en puissance où les instruments et la voix se répondent de plus en plus violemment pour finir dans une orgie renversante. La suite du disque est à l'avenant, c'est-à-dire parfaite.

Clip de "Neighborhood #1 (Tunnels)" :

Clip de "Rebellions (Lies)" :

26 mai 2010

Faustine Seilman - Whispers & Shouts

Dans la famille des folkeux français mélancoliques qui chantent dans la langue de Shakespeare, je voudrais la petite soeur des déjà célébrés  et reconnus Sébastien Schuller et Syd Matters. Elle s'appelle Faustine Seilman et comme son nom ne l'indique pas vraiment, la belle a en effet des origines françaises et vit d'ailleurs par chez nous. Son compagnon, Vincent Dupas, est chanteur et guitariste du groupe nantais My Name Is Nobody, groupe auquel Faustine participe aussi. Nantes, d'ailleurs, résonne en écho à la musique d'un autre artiste local - tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas mentionné son nom :) -, Dominique A, à laquelle ce "Whispers & Shouts" fait par moments indéniablement penser. A l'album "L'horizon" notamment, et on imagine alors très bien Faustine, chanter sur scène, agitant inconsciemment les mains, telle une Françoise Breut, comme pour mieux marquer les mélodies tourbillonnantes de ces chansons qui, comme des vagues, nous emportent puis nous laissent ensuite choir seul, sur la plage de nos illusions (putain, c'est beau, ce que je dis!). Comme Dominique, on ressent ici l'inspiration d'une certaine Barbara, pour le piano, pour la voix aussi, un peu théâtrale parfois, paradoxalement surtout lorsqu'elle chante en anglais. Le seul titre en français "Laissez-nous là" est pourtant le morceau plus immédiatement émouvant du disque.

Mais il y a d'autres chansons marquantes sur ce disque, qui a l'avantage de ne pas se contenter d'une seule et unique direction, qui est souvent l'apanage de ce genre d'univers profondément mélancolique. "Never-ending Song", par exemple, est un titre plus enjoué, presque pop. "The Sheperd" commence doucement pour s'emballer et finir dans une belle envolée lyrique. Chaque morceau ou presque possède ainsi son propre charme, ce qui fait que l'on sait déjà que "Whispers & Shouts" est un disque qui nous suivra, mine de rien, un bon bout de temps.
<a href="http://collectif-effervescence.bandcamp.com/album/whispers-shouts">'One Way Trip' by collectif-effervescence</a>

24 mai 2010

Mes indispensables : The Go-Betweens - 16 Lovers Lane (1988)

Il y a plus de quatre ans disparaissait un des héros de la pop australienne, Grant McLennan, parti aussi discrètement, que la musique de son groupe, The Go-Betweens, pourtant souvent comparé à des Smiths de l'hémisphère Sud. Mais il faut dire que le monsieur, comme son alter-ego Robert Foster, co-auteur des chansons du groupe, n'a jamais eu le charisme d'un Morrissey, sa musique n'avait pas non plus le côté crâneur propre à la plupart des formations d'outre-Manche. Les Go-Betweens ont toujours cultivé un goût immodéré pour la discrétion et le charme romantique des grands timides. Ils portaient d'ailleurs très bien leur nom et représentaient pour beaucoup d'adolescents de l'époque des entremetteurs, à l'image d'un Cyrano, dictant les mots d'amour à Christian pour séduire sa bien aimée Roxane. Oui, leur musique ne parlait que de ça, d'amour et comme des Smiths, à leur manière, permettait à toute une jeunesse complexée de se sentir moins seule et de trouver enfin les mots pour dire ce qu'elle avait sur le coeur. Leur meilleur disque reste à ce jour leur dernier, "16 Lovers Lane", enfin le dernier de la première période du groupe, car, après plus de dix ans de séparation, pendant lesquels Foster et McLennan avaient continué à oeuvrer chacun de leur côté, ils avaient décidé de se reformer le temps de quelques disques toujours aussi fortement recommandables.
"16 Lovers Lane" contient dix chansons d'amour donc  ("Love Goes On", "Love  Is A Sign"), pures, mélodieuses, taillées dans le bois tendre. Des chansons qui n'ont pas d'époque, parce qu'elles étaient déjà belles hier, qu'elles sont toujours belles aujourd'hui et le seront encore demain. On n'en fait plus beaucoup, on n'en a d'ailleurs jamais connu énormément, de tels héros, modestes, qui traversent ainsi la vie sans faire de bruit et qui peuvent pourtant marquer de manière aussi indélébile les âmes. Un "Quiet Heart", ce McLennan, sans aucun doute. Un vrai artisan dans le sens noble du terme. "Was There Anything I Could Do ?" nous demandait-t-il alors ? Merci, "I'm allright" a-t-on aujourd'hui envie de lui répondre.

Clip de "Was There Anything I Could Do ?" :

21 mai 2010

It's always better on holiday !

Ce n'est pas encore l'été, mais nous avons décidé de prendre, maman et moi, de l'avance en anticipant le départ massif habituel prévu les mois de juillet et d'août. Oui, nous partons donc en vacances avec notre petite Lulu pour deux semaines de repos bien mérité. Mais rassurez-vous (oui, avouez-le, vous étiez inquiets :), "La musique à papa" ne s'arrêtera pas pour autant, puisque je vous ai tout de même prévu les habituelles et indétrônables rubriques "Mes indispensables" et "Le disque de la semaine". Par contre, je ne répondrai pas au mails, ni aux commentaires, ni aux sollicitations en tout genre (si, si, même nous, humbles blogueurs, sommes quelques fois sollicités, notamment pour donner notre avis sur des chaînes hi-fi...) Et pour fêter dignement ce départ, rien de telle qu'une petite compilation de célèbres chansons dédiées aux vacances.
A tout seigneur, tout honneur, commençons donc par le pire, le plus insupportable, le genre de trucs que même les plus affligeantes émissions de variété n'osent pas repasser à la télé, pourtant en plein revival années 80. Parce que quand même, c'est un peu la honte. Oui, rappelez-vous, David et Jonathan et leur improbable succès "Est-ce que tu viens pour les vacances ?". Une seule chose s'impose aujourd'hui (avons-nous d'autres choix ?) : il vaut mieux en rire. Et c'est nettement plus facile avec le clip :
Celui-là a eu encore plus de succès et reste sans doute une des plus fiables raisons de critiquer aussi la musique de nos parents quand ceux-ci se lamentent en nous disant qu'il n'y a plus aujourd'hui de bonne variété française. Et Claude François alors ? C'était du caviar peut-être ? Une bonne truffe et encore ...

D'autres chanteurs nous racontent leurs souvenirs de vacances, de manière joyeuse et façon "Guerre des boutons" chez Pierre Perret :
Chez ce rabat-joie de Jonasz, les vacances, c'était nettement plus glauque :
Quant à Polnareff, il nous parle "d'avion qui descend du ciel" dans "Holidays", avion qu'il prendra d'ailleurs à cette époque-là pour s'exiler aux Etats-Unis pour cause d'ennuis financiers. Il perdra là-bas progressivement toute inspiration et aussi toute crédibilité artistique. Il est revenu dernièrement en France pour quelques concerts et une tournée triomphale. L'effet Sarkozy, sans doute.
Chez les anglais des Sex Pistols, on ne veut pas spécialement de vacances. Mais d'ailleurs, que veulent-ils au juste, ces méchants et jamais contents ?

Le mot de la fin revient aux Franz Ferdinand qui dans leur chanson "Jacqueline" affirment en guise de résumé que : 
"It's always better on holiday
So much better on holiday
That's why we only work when
We need the money"
Tellement vrai, n'est-ce pas ? Sur ce, bon week-end à tous !

19 mai 2010

LCD Soundsystem - This Is Happening

Alors, troisième et dernier disque de James Murphy alias LCD Soundsystem ? En tout cas, le bonhomme nous refait le même coup qu'après "Sound Of Silver". Non, on ne l'y reprendra plus cette fois-ci, c'est bel et bien terminé ! Les mauvaises langues diront d'ailleurs que ce n'est pas bien grave tant ses trois albums sont presque des copier-coller de la même et unique recette : un savant mélange de punk et d'électro. Et ils auront sans doute raison. Il n'empêche, une fois de plus, je dois avouer que je me suis laissé avoir. Dès le tonitruant premier morceau "Dance Yrself Clean", qui commence calmement pour éclater littéralement après plus de trois minutes, c'est déjà l'extase ou presque. Impossible en tout cas de rester en place. La suite sera pourtant en dents de scie, alternant les titres ultra efficaces comme le single "Drunk Girls" dont la rythmique est au passage pompée sur celle de "White Light / White Heat" du Velvet, "All I Want" et son riff irrésistible façon "Heroes" de Bowie, ou encore "You Wanted A Hit" dans la pure lignée du groupe et d'un titre comme "All My Friends", et les morceaux trop longs et un peu ennuyeux à l'image de "Pow Wow" ou "Somebody's Calling Me". Oui, comme à chaque fois, LCD Soundsystem est capable de véritables fulgurances post-modernes, condensés impeccables de ses multiples influences, très orientées tout de même vers la période berlinoise de la divine paire Bowie/Eno, avec aussi cette fois-ci une petite orientation vers l'Afrique des Talking Heads ("Home").
Non, une fois de plus, je n'arrive pas à adhérer entièrement à son disque et c'est dommage, car une compilation des meilleurs titres de ses trois albums constituerait assurément un des chefs d'oeuvre musicaux de ces dernières années. "This Is Happening" reste malgré tout un excellent disque et l'annonce de la fin du groupe une très mauvaise nouvelle pour nos oreilles et nos guiboles.

Clip de "Drunk Girls" :

17 mai 2010

Mes indispensables : Neutral Milk Hotel - In The Aeroplane Over The Sea (1998)

Retour cette semaine, aux classiques faisant l'unanimité - enfin, comme on dit, surtout de ceux qui savent - avec "In The Aeroplane Over The Sea" de Neutral Milk Hotel. Oui, tous ceux qui ont écouté un jour ce disque en sont immédiatement tombés amoureux, il ne peut pas en être autrement - si, si, pour les veinards qui ont la chance de ne pas connaître, faites donc l'essai ;). La preuve : malgré son succès encore assez confidentiel, ce disque est régulièrement cité parmi les meilleurs disques des années 90 (4ème chez Pitchfork, qui a eu au moins pour moi le mérite de me faire découvrir cette merveille) voire même de tous les temps (64ème sur le site communautaire Rate your music, qui comme son nom l'indique permet de noter la musique, toute sorte de musique). En 1998, Neutral Milk Hotel publie donc ce qui sera son deuxième et déjà dernier disque dans un anonymat quasi général - surtout chez nous -, même des fans hardcore de rock indépendant, ceux qui cherchent à tout prix, traquent le moindre truc complètement inconnu au bataillon. Bien sûr, Jeff Mangum, leur leader a déjà sévi dans The Olivia Tremor Control, mais rien n'indiquait alors le chef d'oeuvre à venir. Car ce disque, "In The Aeroplane Over The Sea" est devenu au fil du temps un modèle et une référence absolue pour toute une génération de groupes de rock de Arcade Fire à Franz Ferdinand en passant par Of Montreal. Tous, sans exception, revendiquent la filiation, pourtant pas toujours évidente et ont depuis contribué à réévaluer l'album.
Car, de mémoire d'indie-rockeur, on n'avait encore jamais entendu un truc pareil, en 1998, un tel folk détraqué, brinqueballant, mais régulièrement bouleversant, où se côtoient aussi naturellement guitare saturée, accordéon, trompette, violon et voix éraillée. Une vraie fanfare déglinguée pour un disque que Mangum a voulu conceptuel, autour de la vie d'Anne Frank, dont le journal l'a très profondément marqué. Depuis, l'homme est aux abonnés absents, faisant de brèves apparitions en concert de temps en temps, toujours avec ses mêmes chansons, éternelles, incapable de trouver une suite valable, comme s'il n'avait désormais plus rien de mieux à dire. Mais effectivement, comment surpasser un truc aussi parfait que le titre éponyme "In The Aeroplane Over The Sea", qui arrive à chaque nouvelle écoute à me ficher une incroyable chaire de poule ?

What a beautiful face
I have found in this place
That is circling all round the sun
What a beautiful dream
That could flash on the screen
In a blink of an eye and be gone from me
Soft and sweet
Let me hold it close and keep it here with me, me

And one day we will die
And our ashes will fly from the aeroplane over the sea
But for now we are young
Let us lay in the sun
And count every beautiful thing we can see
Love to be
In the arms of all I'm keeping here with me, me

What a curious life we have found here tonight
There is music that sounds from the street
There are lights in the clouds
Anna's ghost all around
Hear her voice as it's rolling and ringing through me
Soft and sweet
How the notes all bend and reach above the trees, trees

Now how I remember you
How I would push my fingers through
Your mouth to make those muscles move
That made your voice so smooth and sweet
Now we keep where we don't know
All secrets sleep in winter clothes
With one you loved so long ago
Now he don't even know his name

What a beautiful face
I have found in this place
That is circling all round' the sun
And when we meet on a cloud
I'll be laughing out loud
I'll be laughing with everyone I see
Can't believe how strange it is to be anything at all
In The Aeroplane Over The Sea (Neutral Milk Hotel - 1998) 

12 mai 2010

The National - High Violet

Cette semaine, je ne suis pas très original puisque tout le monde parle de ce nouvel album de The National, groupe qui est en train de connaître enfin une reconnaissance beaucoup plus large que le simple cercle restreint des amateurs de rock indépendant. Mais que les fans se rassurent, il n'y a pas encore de tubes véritables dans ce nouveau "High Violet", juste une collection de chansons pop-rock particulièrement classieuse et sans fausse note. Pourtant, après plusieurs écoutes, j'étais prêt à faire mon rabat-joie et aller à l'encontre des critiques élogieuses que vous avez déjà pu lire à droite et à gauche et que vous lirez encore après celle-ci. Oui, je pensais ne même pas parler de ce disque, puisque, comme vous avez pu le remarquer, je ne chronique désormais dans "La musique à papa" que des albums qui me plaisent. C'était sans compter sur le caractère addictif de ces chansons-là, une fois de plus de très haute tenue. Oui, il serait presque malhonnête de ne pas reconnaître la qualité intrinsèque des morceaux et le soin quasi-méticuleux apporté au fait que tout sonne juste et à sa place : de la voix de Berninger jusqu'au plus subtil arrangement de cordes ou aux délicats choeurs des prestigieux invités (Sufjan Stevens et Bon Iver, rien que ça!).
The National est incontestablement un des meilleurs groupes de rock actuel et le prouve une fois de plus, même si, il n'y a pas de véritables surprises à attendre de ce "High Violet" pour qui connaît déjà leur univers. C'est juste la suite logique - musique plus travaillée mais peut-être un poil moins instinctive - d'une carrière en tout point exemplaire.
PS : The National seront aussi visibles en live à partir du 15 mai prochain, filmés par le célèbre D.A. Pennebaker  ("Don't look back" et "Ziggy Stardust And The Spiders From Mars") pendant un mois à cette adresse-.

Clip de "Bloodbuzz Ohio" :

11 mai 2010

Reno Project - My Little Cookie EP

Kézako ? De l'électro acid pop ? Qu'est-ce donc ? Et bien, c'est Reno Project, le projet solo d'un dénommé Reno Pijselman. "My Little Cookie" est son premier EP. Et en plus, c'est très bon. Pour toutes les infos, c'est ici. Et tout ça marque le retour des découvertes de la semaine après une très (trop ?) longue absence. Si après tout ça, vous n'avez pas envie de manger de cookies ! (oui, je sais, c'est facile ...)

<a href="http://renoproject.bandcamp.com/album/my-little-cookie-ep">My Little Cookie by Reno Project</a>

10 mai 2010

Mes indispensables : James - Stutter (1986)

On continue les disques plus confidentiels, avec cette fois-ci, James, groupe de Manchester qui a connu son petit succès au tout début des années 90, avec notamment leur simili-tube "Sit Down" et qui a, depuis, disparu de la circulation, même s'il continue malgré tout à sortir des albums assez régulièrement. Leur dernier en date s'appelle "The Night Before" et n'intéresse plus vraiment personne. Mais revenons 25 ans en arrière - et oui, ça ne nous rajeunit pas tout ça ;-) - à l'époque où la bande de Tim Booth se formait et publiait ce premier disque "Stutter". Un album qui n'a toujours pas perdu depuis son étrange pouvoir de fascination. Parce qu'après, James, ce n'est déjà plus pareil, hormis peut-être sur le suivant et presqu'aussi excellent "Strip-mine". James, au début des années 90 se voulait U2 et Tim Booth Bono. Le groupe cherchait à remplir les stades et sa musique de fragile, sensible, bizarre et torturée est devenue pompière, lisse et sans originalité. Même "Sit Down", le titre de la première heure ou presque, sera réécrit pour la circonstance et sévèrement gonflée aux amphétamines. Mais James s'est brûlé  les ailes et a perdu quelque peu son âme.
Mais en 1986, Tim Booth, c'est encore le pendant folk de Morrissey, l'inspiration plus américaine, Television en premier lieu, cela s'entend surtout sur un titre comme "Why So Close". Avec le recul, on se rend d'ailleurs mieux compte de la particularité de ce groupe, car "Stutter" demeure toujours aujourd'hui une curiosité, un disque assez hors norme. Personne depuis pour reprendre le flambeau de cette pop romantique aux mélodies tordues et agitées. Tant pis si la production paraît désormais sans doute un peu datée, c'est aussi ce qui fait le charme de l'album, contrairement à leurs disques suivants mieux produits (entre autres par Brian Eno) mais finalement plus banals, n'en déplaise aux fans qui préféreront à "Stutter", des disques un peu ampoulés comme "Seven" ou "Laid". Mais oui, les années 80, c'était bien quand même et Manchester était alors le centre du monde.

7 mai 2010

Les enfants du pire ?

Nouveau sujet d'actualité cette semaine : la Grèce évidemment (désolé pour la photo ci-dessus, mais c'est une chronique honteuse oui ou non) ! Je ne reviendrai pas sur la dette du pays et de son hypothétique écartement de la zone euro, ce n'est pas le propos de ce blog au cas où certains ne l'auraient pas encore compris. Non, parlons plutôt de musique et une des premières choses qui nous vient naturellement à l'esprit quand on parle de musique grecque, c'est bien sûr de la célèbre danse du sirtaki, créée pour le film "Zorba le Grec", dont la bande originale est l'oeuvre du compositeur hellénique Mikis Thedorakis :
Autre musique ou plutôt chanson grecque très connue "Les enfants du Pirée", dont la première version a été interprétée par la grande artiste locale Melina Mercouri, une fois encore pour un film, "Jamais le dimanche" de Jules Dassin (son mari et accessoirement père de Joe) :
Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
De nombreuses autres versions verront le jour, notamment celle de Dalida, la plus connue, mais aussi Mikado ou encore Dominique A :
La Grèce, c'est aussi le groupe Aphrodite's Child qui connût un grand succès à la fin des années 60 et dont deux des membres poursuivront aussi une belle carrière en solo : Demis Roussos et Vangelis.


Mais la Grèce, ce n'est pas que des barbus hippies ventripotents, c'est aussi des grandes nanas à lunettes. Ben oui, nana, Nana Mouskouri bien sûr :)


Pour finir, rétablissons aussi la vérité sur quelques interrogations bien connues :
- Non, George Moustaki n'est pas d'origine grecque mais égyptienne, malgré sa gueule de "pâtre grec". Barbu oui, mais trop maigre sans doute ;)


- Oui, George Michael s'appelle bien en réalité Georgios Panayótou et avec un tel nom, il lui aurait été bien difficile de cacher ses origines grecques et encore plus son homosexualité - oui, les clichés ont la dent dure. Mais il est né à Londres et de nationalité britannique.


- Même chose pour la célèbre cantatrice Maria Callas, de son vrai nom Sophie Cecilia Kalos, née aux Etats-Unis. Elle prendra finalement la nationalité grecque suite à sa relation avec son compatriote, le milliardaire Onassis - comme quoi, il fut un temps où les grecs avaient de l'argent ...

Sur ce, bon week-end à tous !

5 mai 2010

Cibelle - Las Vénus Resort Palace Hotel

Si on m'avait dit en commençant ce blog, qu'un jour j'allais parler du disque d'une ex-mannequin brésilienne, je n'y aurais franchement pas cru. Pourquoi ? Tout simplement parce que mannequin ne rime souvent pas très bien avec musicien et aussi parce que le Brésil, hormis pour le football, je n'y connais pas grand chose. Et c'est d'ailleurs peut-être un peu pour cette raison que je vais vous parler du nouvel album de Cibelle, car il n'évoque pas tant que ça la musique latino-américaine. Non, ce "Las Vénus Resort Palace Hotel" est plutôt un disque "melting-pot" qui brasse beaucoup de styles musicaux, à l'image de ce que peuvent faire des Pink Martini par exemple. La belle a déjà travaillé avec un dénommé Devendra Banhart, ce qui explique le côté pop/folk et le fait que son univers peut aussi plaire aux adeptes du genre. Mais les vrais amateurs de world music trouveront sans doute cette musique paradoxalement trop consensuelle et préféreront des choses moins évidentes et plus pointues. N'ayant pour ma part que peu de connaissances et donc d'à priori en la matière, j'avoue avoir accroché assez rapidement.
Ce disque se veut comme un voyage, une histoire avec une introduction ("Welcome") et une conclusion ("Bye Bye"). Cibelle a beau y parler d'apocalypse et de fin du monde, sa musique n'en demeure pas moins, la plupart du temps, douce et légère. Oui, c'est le mois de mai et comme beaucoup, j'ai déjà des envies de vacances et de soleil et forcément, il en est question ("Underneath The Mango Tree") lorsqu'il s'agit d'une artiste brésilienne. "Las Vénus Resort Palace Hotel" est pourtant un album foutraque comme sa pochette, bariolé comme les nouvelles tenues très kitsch de Cibelle, dans lequel vous trouverez forcément votre bonheur et qui, entre un Archie Bronson Outfit ou un These New Puritans, repose plutôt agréablement les oreilles. Le genre de disque à écouter tranquillement, en sirotant une pina colada au bord de la piscine ...

Clip de "Man From Mars" :

Clip de "Lightworks" :

Album en écoute intégrale sur Deezer

3 mai 2010

Mes indispensables : The Czars - The Ugly People Vs. The Beautiful People (2001)

Après vous avoir parlé avec maman de pas mal de classiques rock incontournables - incontestables et incontestés ? -  il était peut-être temps de passer à des disques nettement plus confidentiels mais tout aussi "indispensables" (ben oui, ça existe). La semaine dernière est sorti le premier disque solo de John Grant, ex-chanteur des Czars, groupe discret fondé au milieu des années 90 dans un anonymat quasi-total mais responsable d'au moins un chef d'oeuvre, ce magnifique "The Ugly People Vs. The Beautiful People", un de ces disques qu'on emporterait jalousement avec nous sur une île déserte, tout simplement parce que cette musique est belle, sans âge et indémodable. C'est Midlake, groupe folk "à la mode" qui, en participant à son nouvel album, vient de relancer la carrière de Grant, puisque celle-ci s'était brusquement arrêtée, faute de succès, l'année dernière avec la fin de son groupe. On pourrait évidemment trouver de nombreux points communs entre la musique des deux formations, sauf que c'est la bande de Tim Smith qui a récolté les lauriers avec son "The Trials Of Van Occupanther", régulièrement cité parmi les meilleurs disques de 2006. Dommage car je trouve personnellement que ce "The Ugly People Vs. The Beautiful People" le surpasse en tous points.
Les cinq premiers titres de ce disque sont autant de merveilles, belles à pleurer. La voix de Grant y est douce, voluptueuse, les mélodies fluides, aériennes, les arrangements discrets, subtils. "Killjoy", par exemple, est le genre de chanson éternelle, légère comme une bulle de savon, qui sonne comme une évidence, tellement tout s'enchaîne et s'entremêle naturellement. La jolie voix de Paula Frazer, chanteuse chez les amis de Tarnation, vient prêter ici main forte, comme si, tant de beauté ne suffisait déjà pas amplement. Après de tels sommets, l'intensité retombe forcément un peu en milieu de parcours mais conserve tout de même des hauteurs rarement atteintes par des groupes folk depuis. On pourra sans doute reprocher à cette musique d'être presque trop facilement accessible, presque trop simple, limpide. Pourtant, au fil des années et avec le recul, on se rend compte qu'elle fait indéniablement partie de celles qui restent, qui nous suivent et qui comptent envers et contre tout. Une très savoureuse madeleine à déguster sans modération.

1 mai 2010

These New Puritans - Point Ephémère - 29 avril 2010

Désolé pour hier, pas de chronique honteuse, pas le temps en fait, trop de concerts et donc de compte-rendus à produire ici. Dernier en date pour cette semaine et pas des moindres : These New Puritans, responsables d'un deuxième album "Hidden" particulièrement atypique et accessoirement un de mes principaux coups de coeur musicaux de ce début d'année. Je ne connaissais pas encore la salle du Point Ephémère et j'avoue avoir été un peu surpris par la petitesse du lieu, surtout en pensant à la musique assez violente du groupe programmé. En tout cas, nous nous pointons là-bas, à l'heure indiquée sur le billet, c'est-à-dire à 20h. Malheureusement, comme il n'y a pas de première partie (était-ce prévu ?), nous patientons une bonne heure avant le début des hostilités. Car d'hostilités, il est plus que jamais question. Finies les petites douceurs (et mièvreries?) de mardi soir, ici, il n'y a pas de place pour la galéjade. D'entrée de jeu, These New Puritans impose son rythme guerrier : c'est d'ailleurs le terrifiant "We Want War" qui ouvre le bal. Le décor est aussi rapidement planté : 2 bassons à gauche de la scène, un synthé jouée par une fille au look de Morticia, une batterie placée pour une fois très en avant, et les deux frangins Barnett, l'un derrière tout un tas de machines et de percussions (et de chaînes) qui tentera de reproduire - quelque fois assez artificiellement, il faut bien l'avouer - le son si travaillé de leur dernier disque et enfin l'autre, guitariste et chanteur façon hip-hop,  psalmodiant ces textes affublé d'une cotte de maille de circonstance. On pense aux templiers. Alors, prêt pour la croisade ? Parce que l'heure qui va suivre va être physique, tendue, brutale, flippante, étouffante, éreintante. Une fille fait d'ailleurs rapidement un malaise au premier rang. Comme sur disque, la musique de These New Puritans ne laisse pas indifférent, mais ceux qui sont là le savent déjà, s'y sont préparés et sont sans doute même venus pour ça. Le groupe enchaîne (c'est le cas de le dire) tous les morceaux de son dernier album mais très peu du précédent. Après un court rappel, il termine par le titre le plus calme, "5", qui est aussi le dernier de "Hidden",  comme pour essayer de marquer en douceur la fin du combat. On en ressort tout de même sonné, en nage. Le bruit des percussions, omniprésentes, résonnera encore un bon moment dans nos têtes. Dehors, le temps est plus lourd que jamais, ça sent l'orage ...

Clip de "Attack Music" :