30 juin 2010

Wild Nothing - Gemini

Tiens, ça faisait un petit moment, mine de rien, que je n'étais pas tombé d'accord avec Pitchfork, le célèbre webzine américain de rock indépendant. (Enfin, non, je plaisante, en fait pas si longtemps que ça : LCD Soundsystem ?) Mais il faut dire que Wild Nothing est typiquement le genre de groupes auquel j'adhère instinctivement, souvent au détriment de tout jugement objectif. En effet, après The Pains Of Being Pure At Heart l'année dernière, voici un nouveau groupe qui fait ce qu'on appelle communément de la twee pop (ou "Oui-Oui pop", c'est selon). A croire que ce style de musique - décidément à la mode - est devenue ma  madeleine personnelle. Même si, parfois, j'ai tout de même le sentiment de me faire avoir. Par exemple, ici, ce n'est pas toujours très bien fait, les ficelles sont souvent assez grossières, les mélodies pas toujours transcendantes ("Confirmation", "The Witching Hour"), la production un peu "cheap" par moments ("Drifter", "Bored Games"), mais il y a malgré tout quelques titres excellents ("Summer Holiday", "O Lilac") qui m'incitent à y revenir encore et encore.
Derrière Wild Nothing, se cache en réalité un jeune homme, Jack Tatum, d'à peine plus de vingt ans. Et on pardonnera donc plus facilement les excès de facilité, le bricolage, la naïveté dans l'écriture. Tout ça mérite sans doute d'être plus peaufiné, au risque, car c'est le propre de cette musique, d'y perdre une certaine candeur naturelle qui en fait tout le charme. Un bon disque de saison en somme, léger, souvent entêtant mais... au plaisir inexorablement éphémère.

"Summer Holiday" :

29 juin 2010

Concours : 2 places pour Villagers à la Maroquinerie

Aujourd'hui, j'ai 2 places à faire gagner pour le concert de Villagers à la Maroquinerie. Attention, le concert a lieu ce soir même, mardi 29 juin 2010 et il y aura aussi The Middle East et Pearly Gate Music au programme. Pour ceux qui ne connaissent pas, il y en a une qui en parle très bien ici.
Comment ça marche ? C'est très simple, c'est le premier ou la première à m'envoyer un mail à : lamusiqueapapa@gmail.com.

PS : L'heureuse gagnante nous parle du concert en question ici.

28 juin 2010

Mes indispensables : Interpol - Turn On The Bright Lights (2002)

Lorsque surgissent en 2002, les New-Yorkais d'Interpol, peu de jeunes groupes s'intéressent alors à cette new-wave du début des années 80, noire, froide et tendue, celle de Joy Division, des Cure ou des Chameleons. "Turn On The Bright Lights" marque en effet un tournant, car, depuis, on ne compte plus le nombre de formations s'inspirant de cette musique, des sympathiques Editors aux pénibles Killers en passant par les anecdotiques White Lies. Mais aussi parce que le premier disque d'Interpol est tout simplement une claque, un savant mélange de tourbillons de guitares cristallines ("Obstacle 1", "PDA") et de ténébreuses balades romantiques ("NYC", "The New"). A l'instar de celle d'un Ian Curtis ou d'un Ian McCulloch, la voix du chanteur Paul Banks est étonnante d'intensité de maturité pour un jeune de son âge. Et puis, il faut aussi dire que sur scène, le groupe prend encore une toute autre ampleur, faisant jusqu'à craindre le très expérimenté Robert Smith - qui en a pourtant vu d'autres - de passer après eux. (Interpol faisait à cette époque la première partie des Cure). Cette année, ils feront d'ailleurs celle de U2, au Stade de France, rien de moins, preuve que le son "Interpol" sait se faire entendre !
En tout cas, un changement de style s'annonce peut-être pour 2010. Après trois albums, il faut dire que le groupe était un peu en perte de vitesse. En effet, la nouvelle recrue, David Pajo, plus habitué à un rock expérimental, torturé et lo-fi, devrait amener plus d'originalité dans le son devenu presque trop lisse du groupe.  De plus, les récentes expériences de quelques membres en solo devraient aussi apporter ce petit souffle nouveau dont ils ont bien besoin. Un nouveau disque est prévu pour le 13 septembre prochain et un single est déjà sorti et visible ici. C'est l'avenir du groupe qui se joue là. En attendant, huit ans après, il est toujours aussi difficile de résister au brillant "Turn On The Bright Lights" (et à un degré moindre au suivant "Antics") qui restera sans aucun doute comme un des classiques du rock des années 2000.
Clip de "PDA" :
Clip de "Obstacle 1" :

25 juin 2010

Tu dis ça parce que t'es en colère !

Non, je ne ferai pas comme tout le monde. Je n'irai pas moi non plus de mon couplet sur notre pitoyable équipe de France de football. Non, mais malgré tout,  la petite saillie pleine de délicatesse d'Anelka (rappelant au passage le tout aussi célèbre "Casse-toi, pauvre con" d'un autre Nicolas, qui celle-là n'a pas eu l'honneur de faire la couverture d'un quelconque journal, il me semble...) envers son sélectionneur m'a donné l'idée de faire justement une sélection de chansons sur le thème "tu t'es vu quand t'as la haine ?" Bon, il faut quand même avouer que le choix en la matière n'est pas forcément pléthorique, à part pour le rap. Mais dans ce cas précis, c'est assez logique vu que c'est quand même un peu leur fond de commerce.
C'est même d'une évidence criante chez nos rappeurs de NTM par exemple. Le nom du groupe, la mâchoire de pitbull d'un des chanteurs, les textes virulents, tout participe au fait qu'il faut avant tout ici montrer sa rage, mordre les mollets du système. N'empêche parfois, et l'actualité ne cesse de nous le montrer, on irait bien dans leur sens en se demandant vraiment "Qu'est-ce qu'on attend ?"

Autres nerveux mais dans un registre plus rock, là aussi leur nom annonce la couleur. On peut en rire, pourtant leur musique ne nous incite pas forcément à le faire. Il s'agit bien sûr des teigneux Rage Against The Machine et de leur cultissime "Killing In The Name".
Rien de tel quand on n'a pas envie de faire ce qu'on nous demande ... histoire de laisser place à l'adolescent rebelle qui est encore en nous (si si, un peu).
Le rock français a aussi connu ses anarchistes avec les célèbres Trust et leur incontournable "Antisocial". Si à l'époque, le titre a pu un tant soit peu enflammer la jeunesse insoumise d'ici, aujourd'hui, il aurait plutôt tendance à nous faire doucement sourire. Il faut dire qu'avec le temps, la chanson ayant été vidée de son fiel contestataire, elle fait juste désormais partie de ces "classiques" rock passés innocemment dans tous les mariages de France et de Navarre entre "ça, c'est vraiment toi" et "l'aventurier". Un bon voisin, ce Bernie finalement (oui, je sais, c'est facile...)

Côté variété, il y a aussi quelques "habitués" des coups de gueule et en la matière, il y en a un qui en connaît un rayon. Autant de coups de gueule, autant de gueules différentes d'ailleurs. Comme si cela avait plus de poids pour faire passer un "message". Il a commencé sa carrière par "N'importe quoi". Il nous avait bien prévenu, on aurait dû s'en douter. Malgré tout, il y a quelques chansons comme ça, qui valent tout de même leur pesant de cacahouètes et "Presse qui roule" ... et qui "casse les couilles" en est une. Oui, je parle bien sûr de Florent Pagny.
"Occupez-vous de vos fesses et laissez-nous chanter". C'était si aimablement dit qu'on l'a laissé chanter justement et depuis c'est pas peu dire qu'il nous les casse un peu, les roustons.
Il y a aussi bien sûr ce chtiti parisien de Renaud - qui draine sur la vidéo suivante sa nouvelle coiffure de playmobil - avec son "Marche à l'ombre" et ses paroles gentiment désuètes. On imagine mal aujourd'hui un Anelka ou un Ribéry parler de cette façon à son entraîneur...
Et qui se souvient encore de Jean Schultheis ? Si finalement, c'était pas ça, la véritable subversion ? Un look improbable de prof de philo à lunette triple foyer avec coiffure façon Jackson Five pour un titre qui, mine de rien, envoie balader tout son monde. Ben, oui, "Va te faire voir", d'abord !

Enfin, il y a ceux qui font mine de, genre je suis en colère, mais en fait, c'est pour de faux. Et pour illustrer tout cela, difficile de passer sous silence le "Fuck you" de la petite peste de Lily Allen, qui en faisant chanter nos enfants, nous ainsi oblige à leur traduire les paroles qui comme la mélodie ne peuvent être que légères.
On s'offusque, on s'offusque, mais finalement, si Lily Allen, ce n'était ni plus ni moins que la nouvelle Lio  (même vulgarité assumée ?) ... Souvenez-vous de ça :

Sur ce, bon week-end à tous (bande de nases) !

23 juin 2010

Harlem - Hippies

A l'instar de The Strange Boys, voici un nouveau groupe de garage-rock américain dont c'est le deuxième album et qui pourrait bien faire parler de lui. En effet, ce "Hippies" contient son lot non négligeable de chansons toutes simples aux riffs particulièrement efficaces - même si sans doute mille fois entendus - et aux mélodies immédiatement sifflables sous la douche. Plus qu'aux années soixante, c'est à la décennie suivante que l'on pense plus facilement ici lorsqu'on veut évoquer les influences de Harlem : les Ramones ("Number One", "Be Your Baby") surtout pour le côté surf-rock et les paroles simplistes. C'est donc du rock basique qui va droit au but. Vite écouté, vite oublié, vous me direz ? Pas si sûr, car il faut avouer qu'ils ont tout de même un certain talent pour le recyclage des bonnes vieilles recettes et que chaque nouvelle chanson possède un petit truc qui fait qu'elle est différente de la précédente. Les années 70 oui, mais aussi les Pixies, Nirvana, Weezer, Pavement, j'en passe et des meilleurs. Et puis la durée assez courte des morceaux (3 minutes grand maximum) participe aussi au fait qu'on ne s'en lasse pas si facilement.

En bref, un disque d'été sûrement, qui envoie le bois, pas prise de tête pour un sou, les neurones en vacances, prêt à siffloter n'importe quoi, faire des stupides "ouhouhouh" tous en choeur une bière à la main et à remuer du popotin au moindre gratouillis de guitare. Un groupe de festival idéal donc, et à défaut de réécouter encore leur musique l'automne prochain, il nous restera au moins les souvenirs de quelques bons moments. Ce qui, dans le fond, n'est déjà pas si mal...

Clip de "Gay Human Bones" :

22 juin 2010

La musique à Karaocake

Aujourd'hui, petite pause en compagnie de Camille Chambon, voix de Karaocake, qui vient de sortir un excellent premier album. Où il est principalement question d'elle, de son rapport aux disques et à la musique en générale, histoire de lever le voile sur les influences du groupe et de glaner ici et là quelques artistes/albums à découvrir ou redécouvrir.


Parents
Mes parents écoutaient beaucoup les Beatles, Nina Simone. A 13 ans ils m'ont offert la compilation bleue des Beatles. Je leur suis très reconnaissante !

Enfance
Petite, j'adorais les chansons qu'on apprenait à l'école : les comptines et plus tard la musique qu'on apprenait en cours de solfège. D'ailleurs, j'ai retrouvé une cassette que j'avais enregistré sur mon super lecteur cassette portable Fischer Price (je m'étais enregistrée toute seule, je rechantais toutes les chansons que j'apprenais à l'école primaire - j'étais très enthousiaste sur ces enregistrements)
Premiers émois musicaux : j'ai beaucoup écouté Elsa ado, même si à ma décharge, je dois dire que c'était ma soeur qui était plus fan que moi. Mais quand même. Ah et aussi j'adorais un vinyle d'Yves Duteuil avec le morceau "Le petit pont de bois" que j'ai écouté en boucle à une période.


Premier disque
Je ne m'en souviens pas malheureusement. Mais j'avais un mange-disque rouge et j'ai eu vite mes premiers 45 tours. Le tout premier c'était une erreur d'ailleurs. Ma tante avait mal compris ce que je voulais comme cadeau et m'a offert "Coeur de Loup" de Philippe Lafontaine, que je ne connaissais pas du tout.

Adolescence
Ado j'écoutais beaucoup les Beatles, ensuite Nirvana, ensuite grosse période où j'écoutais Beck - ca a vraiment fonctionné par phases. Ce qui m'a amenée vers K records, et puis aussi Smog, Cat Power... Vers 17/18 ans j'ai commencé à acheter beaucoup de disques, j'écoutais beaucoup plus de musique post-rock, electronica, expérimentale. et j'ai découvert mon groupe préféré : Hood !

Influences
Je me sens vraiment influencée par mes amis musiciens en fait ! Donc Domotic (Stéphane qui joue dans Karaocake et a produit le disque), François Virot, l'énergie de Clara Clara, ... Evidemment Broadcast est une grosse influence aussi pour les trois membres de Karaocake. Lispector aussi, qui m'a offert le casio MT-100 que j'utilise pour Karaocake.
Pendant des années j'ai participé à des émissions sur Radio Campus (d'abord Dijon ensuite Paris) et à l'époque donc j'étais bien au courant de l'actualité musicale. Mais c'était avant que je me mette à faire ma propre musique. Ces dernières années, je suis dans une démarche très différente, enfin je ne suis plus à l'affût de ce qui sort. Mais je découvre toujours de la musique  : simplement, la démarche est différente : je m'intéresse plus à la musique des années soixante par exemple - c'est bien sûr aussi lié à l'influence que peuvent exercer les amis (et les garçons de Karaocake) qui permet aussi aux goûts de se développer...

Rows and Stitches
On est partis enregistrer la majorité de l'album dans une maison en pleine forêt, chez les parents de Tom (troisième membre de Karaocake) et là j'ai surtout écouté la nature ! les grillons (on laissait volontairement la porte de la grange ouverte pendant l'enregistrement, on a fait pas mal de prises de voix avec les grillons au loin...). Donc voilà, je ne me souviens pas d'avoir écouté une musique en particulier à ce moment là. Tom adore ESP Continent, donc j'imagine qu'il a dû passer le disque pas mal de fois.  

Medication
Je crois que Medication est une chanson très importante pour moi, par son histoire, ses paroles. Et puis aussi sa "vie" en concert. Lors de ma petite tournée sur la côte ouest des Etats Unis il y a deux ans, j'ai croisé Eli Moore du groupe Lake (K records) lors d'un concert à Olympia (Washington) qui m'a proposée de l'enregistrer à la fin de notre tournée. Donc avec Role Mach et OK Vancouver OK (des supers musiciens de Vancouver avec qui je tournais) on est allés sur Whidbey Island là où vit Eli et on a enregistré une première version de cette chanson un soir tard. Tout le monde chantait, c'était vraiment super touchant pour moi de voir des gens avoir envie de participer à cette chanson. On n'a pas gardé cette version sur le disque parce qu'elle n'a jamais vraiment été terminée, mais ce n'est pas là l'important ! C'était un très beau moment.

Indispensable
Hood a joué un rôle tellement important pour moi que je dirais "Rustic Houses Forlorn Valleys." 

Playlist actuelle
En ce moment, j'écoute en boucle Flight of the Concords. Je suis très fan ! J'aime tous leurs morceaux ! Et la série sur HBO !
Et sinon dans un registre très différent (mais géographiquement pas éloigné puisque il s'agit d'une australienne) j'écoute les 3 morceaux disponibles sur internet de Sister Irene O'Connor, que m'ont fait découvrir Tom et Stéphane (via le super forum du groupe Broadcast). Une nonne qui a fait de la musique incroyable
dans les années 70

Découverte
J'adore Robe et Manteau, le groupe de Charles Virot (de Clara Clara). Des tubes en puissance en français ! http://www.myspace.com/robeetmanteau 

Ecouter de la musique : où, quand, comment ?
Dans ma chambre au calme, en tricotant. 

Scène
Au mois d'août nous irons donc à la Route du Rock et le 22 août retour à Paris pour un concert au Nouveau Casino en première partie d'Au Revoir Simone.Ensuite une tournée est en train de se monter début novembre et des dates ici et là sont en train de s'organiser (Tours en décembre, etc....)
En concert nous sommes donc tous les trois : Stéphane à la basse et guitare, Tom au synthé/sampler/rythmiques et moi au synthé.
J'ai hâte de jouer les morceaux dans des lieux très différents. C'est ce que j'ai beaucoup aimé lors de mes petites tournées très DIY : jouer dans une maison, dans une galerie, dans un jardin, un jour dans un restaurant de Tacos à Las Vegas et le lendemain dans une cour chez des Mormons dans l'Utah par exemple. Le décalage permanent est assez dérangeant et stimulant ! 
 
 

21 juin 2010

Mes indispensables : dEUS - The Ideal Crash (1999)

La semaine dernière, entre deux (mauvais) matchs de l'équipe de France de foot, vous en avez sans doute entendu parler : des élections législatives belges bien sûr et de la victoire du parti nationaliste flamand. Et tous les médias se sont alors mis à gloser sur l'éventualité d'une scission du pays en deux avec d'un côté la Flandre donc et de l'autre la Wallonie - qui pourrait par voie de conséquence devenir une nouvelle région française. Si la chose paraît quand même assez improbable, elle ne suffirait pas encore à naturaliser français, Deus - ils sont originaires d'Anvers - groupe qui fût à la fin des années 90, le meilleur groupe de rock non anglo-saxon du monde. Oui, en 1999, avec "The Ideal Crash" surtout, Deus se frottait à l'ogre Radiohead et répondait de belle manière au classique "Ok Computer" des britons sur le terrain du rock tendu, aventureux et un poil cérébral. C'est alors déjà le troisième album du groupe, mais le premier à être aussi homogène, car l'oeuvre presque entière de leur leader, le charismatique Tom Barman. Les fans de la première heure regretteront peut-être le départ du bouillonnant et barré Stef Kamil Carlens, qui ira fondé Zita Swoon. Celui-ci amenait le côté un peu foutraque présent sur "Worst Case Scenario" et surtout l'excellent "In a bar, under the sea", mais c'est bien Barman qui était déjà responsable de l'édifice qui faisait que la maison Deus arrivait malgré toutes les influences (à aller chercher quand même essentiellement du côté d'un Captain Beefheart aux origines hollandaises, comme quoi  il y a bien une culture néerlandophone !) à tenir debout.
"The Ideal Crash" correspond donc comme son nom ne l'indique pas du tout, à ce qu'on a coutume d'appeler l'album de la maturité artistique. Barman signe quelques singles imparables comme la formidable doublette "The Ideal Crash" / "Instant Street", sommets évidents d'un disque complexe qui regorge pourtant de bifurcations, de changement de rythmes, de constructions alambiquées. Après eux, de nombreux nouveaux groupes rock belges (Girls in Hawaï, Ghinzu, Venus, etc) émergeront sans toutefois atteindre cet Everest. Mais même Deus n'arrive toujours pas depuis à donner une suite digne de ce nom à ce disque. Malgré tout, grâce à eux, la Belgique a tout de même réussi à montrer à la face du monde qu'elle était capable de faire du rock aussi goûtu, à la fois amer et rafraîchissant, que sa bière. Et ce n'est pas rien ;)

Clip de "Instant Street" :

Clip de "The Ideal Crash" :

18 juin 2010

Le blog de Betty

Bonjour à tous ! C'est maman qui s'adresse à vous ce matin pour aborder un sujet plutôt féminin, puisqu'il s'agit de mode. L'idée m'est venue en tombant, un peu par hasard, sur le blog d'une jeune femme dont le prénom est mon pseudo : "le blog de Betty". Et vraiment, je peux vous dire que c'est de la haute voltige ! En effet, il m'a rarement été donné d'observer autant de fatuité et de nombrilisme sur un site... Au fil des pages, on découvre toutes sortes de photos de la dénommée Betty et ses acolytes, tantôt dans des soirées branchées, tantôt dans son appartement cosy des beaux quartiers de Paris, le tout dans des tenues toutes plus "fashion" et stylées les unes que les autres. Des chaussures dernier cri au sac Chanel pris en gros plan, des pyramides de macarons au DJ tendance du moment, tout y passe ! Dans tous les cas, ça se la pète grave... Il n'y a qu'à visionner les photos de sa dernière soirée pour mesurer le phénomène. Un de ses potes a même piqué l'uniforme de schoolboy du guitariste d'AC/DC, vous le croyez ça ? Aussi, dans l'un de ses derniers posts, Betty évoque une soirée foot chez elle. Et chez Betty, on ne regarde pas la Coupe du Monde en caleçon en sirotant une mousse... On s'amène en costume et on boit de l'Orangina, s'il vous plaît ! N'est-ce pas là le comble de la sophistication ?
Bref, devant un tel déballage de branchitude et de prétention, je n'ai pas pu m'empêcher de l'ouvrir et de laisser sur son blog un commentaire de ma façon. Figurez-vous que le lendemain matin, je ne parvenais plus à accéder au site et j'ai découvert après-coup que mon commentaire avait été supprimé. Quelle ouverture d'esprit, mademoiselle Betty, et quelle répartie ! Pas étonnant que vous n'ayez que des commentaires platement élogieux du style : "Tes faux cils sont trop déments !" ou encore "Quand je serai grande je serai comme toi, Betty: classe, chic, bloggeuse et clubbeuse". Du coup, j'ai eu envie de vous faire un peu de publicité... D'ailleurs, vous n'en avez pas vraiment besoin, puisque votre blog accueille quotidiennement près de 40 000 visiteurs, ou plutôt "visiteuses", la plupart pré-pubères. Même des journaux "sérieux" comme l'Express se sont fait l'écho de votre succès. Une telle renommée a bien entendu de quoi nous laisser songeurs, Papa et moi... Mais bon, même si la mode et le glamour semblent faire davantage recette, nous préférons persister dans la musique. D'ailleurs, les sacs Chanel et les costumes Ralph Lauren ne sont décidément pas dans nos moyens...
Quoi qu'il en soit, j'invite nos (quelques) lecteurs à aller faire un tour sur ce magnifique blog, ils ne seront pas déçus ! Peut-être oseront-ils même y laisser un commentaire, au risque de se faire jeter... Sur ce, bon week-end à tous !

16 juin 2010

Micah P. Hinson - Micah P. Hinson And The Pioneer Saboteurs

C'est une constante : quand on revient de vacances, on a forcément un peu le bourdon, besoin de réconfort, envie d'écouter des trucs un peu tristos finalement. Pas vraiment l'état d'esprit pour la Compagnie Créole, quoi ! Et quand il s'agit de douce mélancolie et de valses déchirantes, rien de tel qu'un Micah P. Hinson, qui, justement, passait par là avec un nouveau disque. Et c'est toujours un régal d'écouter sa musique, car ce type est sans aucun doute l'un des plus talentueux songwriters américains actuels, un de ceux qui pondent régulièrement des chansons bouleversantes. Sur ce nouvel album, il y en a encore quelques unes et notamment "She's building up castles in her heart" - déjà, rien que le titre ...- dont je n'arrive pas à me détacher, qui me transporte à chaque fois, que je me repasse inlassablement sur mon baladeur MP3 dans le métro, en fermant les yeux, aux bords des larmes - je dois être un garçon un peu sensible. Sur ce "Pioneer Saboteurs", Hinson chante toujours de sa voix grave un peu éraillée, à la manière d'un Johnny Cash, comme s'il avait cinquante piges - alors qu'il n'en a pas trente ! Il faut dire que le gaillard a déjà connu plusieurs vies : SDF et drogué notoire entre autres. La musique l'a depuis remis sur les rails.
La principale différence ici avec ses précédents disques est sans doute la plus grande présence de la guitare électrique, notamment sur le dernier morceau "The Returning" où plus de la moitié de la chanson est composée de déflagrations sonores particulièrement bruyantes, un peu à l'image de ce qu'a pu faire un Neil Young sur la bande originale du film "Dead Man" de Jim Jarmusch. Il y a aussi, peut-être, une meilleure utilisation des cordes. Et puis, pour avoir déjà vu Micah P. Hinson sur une scène, je peux vous dire que ce n'est pas le genre de chanteur à tricher, à en garder sous la pédale. Non, il chante toujours comme si sa vie en dépendait et c'est la plupart du temps magnifique.

14 juin 2010

Mes indispensables : Roxy Music - Roxy Music (1972)

A la fin du mois d'août seront présents au festival Rock en Seine, à Saint-Cloud, des revenants. On ne compte plus le nombre de groupes à ressortir ainsi du placard, mais il faut avouer que c'est souvent une occasion agréable pour remettre de vieux classiques dans le tiroir à CD de la chaîne hi-fi, surtout lorsqu'il s'agit de formations aussi cultes que Roxy Music. Je n'attends pourtant pas spécialement la prestation de Bryan Ferry et ses ex-acolytes, - d'ailleurs, je ne pense même pas y assister de peur d'être franchement déçu - mais réécouter ce disque, leur premier surtout, est encore et toujours un plaisir. Les fans et les autres auront sans doute beau arguer que leur meilleur, c'est le suivant "For Your Pleasure", celui avec Amanda Lear sur la pochette, c'est pourtant bien "Roxy Music" mon préféré, et de loin. Parce qu'il était plus brouillon, plus instinctif, moins réfléchi et qu'il contenait aussi un des plus grands singles de cette période glam-rock "Virginia Plain". Roxy Music et Ferry n'étaient pas encore sûrs de leur talent et expérimentaient à tout-va, mélangeant allégrement les genres : de la pop à la soul en passant par le jazz , le rock progressif, voire même un certain esprit punk dans le fait de balancer la sauce de la sorte et de faire partir ainsi les influences dans tous les sens. Un disque sexy en diable. Brian Eno est alors aux commandes aux claviers et même s'il n'est pas mentionné directement parmi les compositeurs, il est indéniable au vu de sa future discographie solo que le bonhomme a eu une influence au niveau du son du disque. La suite de la carrière de Roxy Music sera après le départ d'Eno moins intéressante, plus facile, plus commerciale, tendant régulièrement vers le kitsch et le mauvais goût, un peu à l'image de ces femmes posant sur les pochettes de leurs disques.
Ferry, à la carrière en dents de scie, alternera aussi en solo, le bon et surtout le moins bon, et gâchera souvent sa formidable voix dans quelques balades sirupeuses du plus mauvais effet. Mais pour un crooner, quel qu'il soit, surtout quand il n'est pas bien entouré, ce n'est pas toujours évident d'éviter de tomber dans l'auto-parodie. "Bitters end", le dernier morceau de "Roxy Music" est à ce titre, l'exemple éclatant d'une chanson toujours à la limite de l'excès de guimauve mais qui ne tombe jamais dans le ridicule, malgré les choeurs tendance "choubidou". C'est une des raisons pour lesquelles ce disque passe pour moi aussi bien l'épreuve du temps et demeure un classique incontournable. Preuve est faite que l'excentricité et la fantaisie - visibles ici jusque dans les tenues du groupe - peuvent aussi aboutir à des oeuvres intemporelles.

"Ladytron" :

"Virginia Plain" :

11 juin 2010

Tous ensembleus

Aujourd'hui, ça ne vous a sûrement pas échappé, c'est le début de la Coupe du Monde de football avec notamment la France qui affronte l'Uruguay, l'occasion forcément pour moi d'une chronique honteuse. Alors avis aux amateurs de foot bien sûr, mais aussi pourquoi pas aux autres.
A tout seigneur, tout honneur, commençons d'abord par notre icône nationale, j'ai nommé Johnny Vacances (d'ailleurs, il devrait en prendre plus souvent des vacances, ça nous en ferait, à nous). Qui ose encore se rappeler aujourd'hui de ce tristement pathétique "Tous ensemble", chanson alors expressément écrite pour encourager l'équipe de France en 2002 ? On se souvient du résultat sportif désastreux qui s'en suivit, de là à y voir une quelconque coïncidence.

Mais rassurons-nous, quand il s'agit de supporter son équipe, les anglais ne s'en sortent pas beaucoup mieux, même en faisant appel à des pointures comme New Order qui, en total manque d'inspiration, nous offrira, à l'occasion de la Coupe du Monde 1990, le très piètre et particulièrement dispensable "World in Motion" :

Heureusement pour eux, le popeux Ian Broudie et sa clique des Lightning Seeds s'en tireront mieux pour l'euro 1996 avec leur rengaine "Football's coming home" :

Les clubs ont aussi eu droit à leur hymne. En 1976, toute la France s'enflammait devant les matches de l'équipe de Saint-Etienne et tous les hommes de cette génération se souviennent forcément de cette chanson du moustachu, un peu oublié aujourd'hui, Jacques Monty (rien à voir avec les Monty Python, la célèbre troupe de comiques britanniques, encore que ...) :

Quelques années plus tard, Mickey 3D se rappellera encore de l'épopée verte et notamment de l'attaquant néerlandais qui évoluait dans le club pendant ces années-là :

Parfois, il y a tout de même des coups de boule qui se perdent, et ce n'est pas Zidane qui me contredira sur cette affaire, avec l'hommage appuyé dont il est lui-même l'objet, de la part du très consensuel et pourtant régulièrement insupportable Pascal Obispo.

Chez Manu Chao et sa Mano Negra, aux inspirations plus sud-américaines, c'est évidemment à la star de là-bas, Diego Maradona, que l'on fait référence :

Enfin, chez les écossais de Glasvegas, c'est fleurs pour les filles et maillots de foot pour les garçons. Idéal pour la paix des ménages pendant un mois ? Pas si sûr ...

Sur ce, bon week-end (de foot ou pas) à tous !

9 juin 2010

Karaocake - Rows & Stitches

Oui, je ne suis pas le seul à vous parler de ce groupe cette semaine, puisqu'une fois de plus, un disque issu du label Clapping Music, trouve pas mal d'échos sur la toile, en témoigne déjà les chroniques positives chez le Panda et la (célèbre?) société de liste de lecture. Il faut dire que le label en question est plutôt du genre actif sur le net et sait indéniablement bien se faire entendre - les initiés comprendront ;) Je n'avais, pour ma part, jusqu'ici pas vraiment accroché aux groupes signés chez eux. Non pas que la musique était mauvaise, loin de là, mais ce n'était tout simplement pas mon truc. Avec Karaocake, nouvelle signature de Clapping Music, c'est donc différent. On croirait pourtant entendre un énième groupe à la mode en provenance de la dynamique scène new-yorkaise, sauf que pour une fois, ils viennent bien de chez nous. Oui, et en plus, ça supporte facilement la comparaison avec ce que les américains peuvent nous sortir de plus réussi. A ceux, par exemple, que la musique de  formations telles que Au Revoir Simone ennuient profondément, je conseille vivement l'écoute de ce "Rows & Stitches", plus varié, plus mélancolique, plus profond, et paradoxalement plus mélodique aussi. 
L'un des principaux avantages de ce disque est qu'il ne soit d'ailleurs pas monotone, malgré le parti pris "électro-pop romantique et atmosphérique", style qui a souvent tendance à tourner en rond, même chez des très bons groupes comme Beach House. Des chansons comme "Bodies And Mind", "It Doesn't Take A Whole Week", "Change Of Plans" ou "Eeeeerie" proposent des sonorités et des climats assez différents tout en étant particulièrement homogènes dans la forme. En ce moment, la France est décidément un véritable terroir d'outsiders en tous genres, qui pourraient bien, contre toute attente, créer la surprise. Mais de là, à ce qu'on vous rembourse aussi votre chaîne hi-fi ...(enfin, je dis ça, mais moi, je m'en fous, je n'ai pas payé la mienne !)
Clip de "It Doesn't Take A Whole Week" :

7 juin 2010

Mes indispensables : Belle And Sebastian - If You're Feeling Sinister (1996)

Vrai retour aux affaires cette semaine donc, après quinze jours de vacances méritées (si, si). Même si je vous avais quand même concocté quelques chroniques, histoire de garder quelque peu le rythme. Et forcément pour un retour en douceur, rien de plus simple que de vous parler aujourd'hui d'un de mes disques fétiches, un de ceux dont ma platine a le plus "souffert". Un album qui a marqué ma jeunesse, mes années à la fac, un peu solitaires. A l'époque, je venais simplement de découvrir les Smiths, groupe dont j'ai usé alors jusqu'à la moelle la moindre face B, le moindre inédit. Parce qu'il n'existait pour moi rien d'autre au monde,  mais j'en reparlerai évidemment plus longuement dans de futures chroniques. Bien sûr, en 1997, les Smiths ne sévissaient plus depuis belle lurette, et il me fallait donc une fois épuisée toute leur discographie, passer à autre chose, trouver un remplaçant en quelque sorte. Et ce fût donc ces écossais au nom naïf et enfantin, et qui faisait stupidement rigoler les gens qui me posait alors la question de savoir qui était mon groupe préféré du moment. En plus, les pochettes des singles comme des albums des Belle And Sebastian étaient belles, un peu dans l'esprit de celles des Smiths d'ailleurs, et puis surtout il n'y avait pas encore un seul titre faible dans toute leur production, du premier disque "Tigermilk" sorti en catimi en 1996 et réédité après celui-ci "If You're Feeling Sinister" jusqu'à "The Boy With The Arab Strap" en 1998. Période faste du groupe et trois années bénies des dieux, où j'attendais alors avec une impatience toujours renouvelée chaque nouvelle chanson signée Stuart Murdoch. Après leur troisième album, je suis petit à petit passé à autre chose, parce que ce n'était déjà plus pareil,  parce qu'on a rarement fait un couple pop plus charmant que Murdoch et Campbell, parce que ce n'était plus si touchant - un nouvel album est, au passage, prévu dans les mois à venir.
"If You're Feeling Sinister" donc, parce que c'est le plus évident, celui qui m'a fait découvrir le groupe aussi, celui que j'écoute encore le plus souvent aujourd'hui. Parce que ce disque porte indéniablement bien son nom. Parce que c'est un refuge paisible où il fait encore bon se lover quand plus rien ne va, et tant pis pour les fans de rock dur et teigneux, ils ne savent pas ce qu'ils ratent. Parce que la vie est aussi faite de petites douceurs et que de tous temps, il serait bien idiot de se refuser ce genre de plaisirs simples et immédiats. "Get Me Away From Here, I'm Dying", comme une invitation au voyage, le temps de trois minutes, quand le monde d'ici-bas n'est plus satisfaisant.

Clip de "Dylan In The Movie" :

2 juin 2010

Avi Buffalo - Avi Buffalo

Voici assurément un disque de saison : la pochette comme la pop mélodique de ces jeunes Californiens fait en effet agréablement penser à l'été, à la mer, au surf, à la plage et aux (courtes ?) amourettes de vacances. Avi Buffalo, à l'instar de The Morning Benders, Local Natives ou Fool's Gold font partie de cette nouvelle scène en provenance de la côte ouest américaine. Là-bas, tout y est plus cool, plus détaché qu'à l'Est, pas frimeur pour un sou, un peu dilettante,  du genre talentueux mais sans faire exprès. Leur premier single "What's It In For ?" est d'ailleurs typiquement le genre de chansons qu'on retient comme ça,  mine de rien et qu'on se surprend à fredonner sans y prêter attention. Et tout le premier disque du groupe est du même accabit : une musique sympathique, légère, qui ne paie à priori pas de mine, mais qui a un savoureux goût de "reviens-y". Surtout parce qu'elle s'avère finalement plus complexe que prévu. On pense bien sûr aux Beach Boys, mais des Beach Boys qui auraient écouté Pavement : le top de la coolitude, quoi !
Après, tout n'est pas encore parfait et il y a parfois des moments plus faibles, des trucs et ficelles un peu faciles, mais ils sont encore jeunes et ont une importante marge de progression. Et puis grâce à la fraîcheur de leur musique et à quelques titres bien sentis, Avi Buffalo arrive à emporter malgré tout l'adhésion.

Clip de "What's It In For ?" :