29 juillet 2010

Meursault - All Creatures Will Make Merry

Ils sont écossais, ont pris comme nom de groupe, le personnage de "L'étranger" d'Albert Camus (décidément ce livre a influencé beaucoup le milieu du rock), sont responsables de déjà deux albums dont ce dernier et magnifique "All Creatures Will Make Merry" et pour faire simple, font ce qu'on pourrait appeler du Arcade Fire (encore eux ! En plus, vous n'avez sans doute pas fini d'en entendre parler puisque leur tant attendu troisième album sort la semaine prochaine...) version lo-fi. Quelques blogueurs bien renseignés en ont déjà parlé (notamment  le défricheur mmarsupilami aux goûts très assurés et aussi l'indispensable Blogothèque). J'arrive donc un peu après la bagarre, comme on dit, le disque étant déjà sorti depuis fin mai. Mais étant donné qu'il n'est disponible chez nous qu'au format numérique et que le groupe en question n'est pas encore ce qu'on pourrait considérer comme très connu, loin s'en faut, il n'est pas encore trop tard pour bien faire. Car, je dois bien avouer, qu'on tient là un très bon disque, un de ces trucs qui filent régulièrement la chair de poule, avec une économie de moyens salutaire (c'est lo-fi, c'est normal), le tout sans lâcher une once de place à la facilité.
Derrière ces chansons à haute teneur émotionnelle, se cache le leader et chanteur de Meursault, Neil Pennycock, un grand chauve barbu à lunettes, responsable (exclusif ?) du songwriting. "All Creatures Will Make Merry" est donc un disque qui pourrait rapidement devenir un disque de chevet, un de ceux qu'on gardent jalousement pour soi et qu'on écoute religieusement une fois la nuit tombée, parce qu'on sait d'avance, que peu de gens goûteront et apprécieront comme il se doit cette musique, parce qu'elle n'est pas si facile d'accès - dans tous les sens du terme d'ailleurs - parce qu'elle requiert une attention toute particulière et une écoute trop distraite pourrait nous faire totalement passer à côté. En attendant le nouvel (et décevant ?) Arcade Fire, je vous conseille vivement d'aller faire un petit tour en Ecosse avec Meursault et de plonger dans ces eaux troubles-là. Vous allez voir, ça rafraîchit les idées...

27 juillet 2010

Mes indispensables : The Smiths - The Queen Is Dead (1986)

Comment parler des Smiths aujourd'hui ? Comment parler d'un groupe qui a squatté presqu'exclusivement ma chaîne hi-fi pendant une année entière, reléguant au placard tous mes autres disques - il faut dire qu'à l'époque, j'écoutais Genesis, Dire Straits ou encore Queen : god blessed Morrissey ! Je découvrais donc les Smiths, malheureusement sept ans après leur séparation, à la fin de mon adolescence. Les Mancuniens sont d'ailleurs souvent considérés comme une formation très liée à cette période de la vie, parlant à coeur ouvert à tous ces jeunes adultes en devenir, un peu timides, gauches, ne sachant pas comment faire, surtout avec les filles. "Shyness is nice" nous confiaient-ils justement sur l'éternel "Ask", comme une libération pour une toute une jeunesse en proie au mal être et éprouvant les pires difficultés à trouver sa place dans la société et dans la vie en général. Morrissey, ce romantique misanthrope, agissait alors comme un grand frère, sachant trouver les mots justes pour parler à tout un chacun et délivrer ainsi les clés pour ouvrir les portes restées jusque là désespérément closes : "Send me your pillow, the one that you dream on and I'll send you mine". Il nous avouait aussi que le beau gosse de la classe, celui que tout le monde enviait, n'avait pas forcément une vie meilleure que la nôtre ("If you're so very good-looking, why do you sleep alone tonight ?") à l'image du Alain Delon agonisant sur la fameuse pochette de "The Queen Is Dead".
Depuis la fin prématurée du groupe et une discographie en tous points exemplaires, Morrissey poursuit laborieusement une carrière en solo, qui connaîtra malgré tout quelques hauts ("Vauxhall And I" ou encore le plus sous-estimé "Southpaw Grammar"). Mais souvent mal entouré - n'est pas Johnny Marr qui veut - sa musique n'aura plus la légèreté et la fraîcheur d'antan. Les années ont donc passées, nous sommes devenus responsables, majeurs et vaccinés, avons aussi gagné en assurance (si, si, un peu quand même !) mais, à l'écoute de "The Queen Is Dead", le chef d'oeuvre incontestable des Smiths,  et de ses dix classiques instantanés, on s'aperçoit finalement que rien n'a foncièrement changé car c'est toujours cette même envie de replonger inlassablement la tête la première dans ce bain de jouvence qui prédomine. L'adolescence, cet âge des possibles : "I know it's over", peut-être, mais malgré tout, "There is a light that never goes out". Définitivement.

Clip de "There Is A Light That Never Goes Out" :

21 juillet 2010

Love Is All - Two Thousand And Ten Injuries

L'été, c'est souvent l'occasion d'écouter les disques à côté desquels on était un peu passé jusque là. Tout simplement parce que le rythme des sorties s'est considérablement diminué et qu'on a donc un peu plus de temps. Cet album, je l'avais pourtant déjà écouté, mais d'une oreille assez distraite, n'y trouvant qu'un énième groupe de plus dans la lignée des Architecture in Helsinki, The Go Team!, I'm From Barcelona (tiens des Suédois aussi), etc. A la réécoute, en ces temps de disette musicale, je dois avouer que ce "Two Thousand And Ten Injuries" est tout de même particulièrement efficace, à défaut d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice d'un genre déjà bien rabâché. On est donc dans le pur style fête foraine, avec ses manèges enchantés, son grand huit, et ses barbes à papa à profusion. La chanteuse, dont le chant peut, je le reconnais, parfois agacé, possède la voix de circonstance, tendance gamine de 10 ans à qui on aurait confisqué ses jouets.
12 titres, pas vraiment de baisse d'intensité, pour une durée avoisinant les trente minutes seulement - sans doute la durée idéale pour éviter les hauts-le-coeur et les crises de foie. En ce moment, la Suède est décidément la destination parfaite pour l'été : après les romans policiers faciles à lire, l'esprit léger, allongé sur le sable ou à défaut en sueur dans le métro, voici la pop premier degré qui donne des furieuses envies de bouger et qu'on oubliera sans doute assez vite une fois la saison terminée. Même si, à chaque fois, on espère qu'on en gardera quelques bons souvenirs...

Clip de "Kungen" :

19 juillet 2010

Mes indispensables : Hefner - The Fidelity Wars (1999)

Et oui, pas de vacances pour la musique à papa cet été avec encore aujourd'hui un nouvel "indispensable". Et une fois n'est pas coutume, ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un classique rock ultra-connu et reconnu puisqu'il s'agit de "The Fidelity Wars", deuxième album des trop sous-estimés Hefner. A l'époque, ma passion immodérée pour les Smiths puis Belle & Sebastian est terminée, il me faut donc trouver des nouveaux chouchous, le genre de groupe dont je dois absolument posséder tous les disques. Ce sera Hefner, un obscur groupe anglais, dont le leader Darren Hayman, avec son look de geak est le prototype idéal de l'anti-star. Pourtant, en quatre albums seulement (comme les Smiths, le Velvet Underground ou les Pixies, comme quoi ça doit être le chiffre idéal), son groupe a réussi à se créer un univers bien à lui, avec ses pochettes façon BD, ses chansons sous forme d'hymnes pour toutes les petites choses du quotidien (il y aura l'hymne pour les cigarettes, pour l'alcool, pour le café, pour La Poste, pour les choses que nous n'avons pas faites, etc), sa pop déglinguée qui doit autant aux Violent Femmes, aux Modern Lovers, qu'aux Smiths ou Belle & Sebastian justement, ses questions existentielles sur la vie, sur l'amour surtout ("How can she love me when she doesn't even love the cinema that I love.") Le tout sans se prendre le moins du monde au sérieux. Je me rappelle pour cela l'un de leur unique concert dans l'hexagone, à la Boule Noire, où le groupe, feignant l'amateurisme, se contentait de mettre principalement en avant sa bonne humeur et sa joie simple d'être là. Et tant pis si Darren oubliait les paroles en plein milieu des chansons, il n'était pas le dernier pour faire réagir et participer le public en improvisant par exemple des chorégraphies assez improbables. Pourquoi cet album plus que les trois autres ? Sans doute parce que c'est avec celui-là que j'ai découvert le groupe. Parce que j'aime toutes les chansons ou presque. Parce que c'est sans doute leur meilleur, tout simplement.
Au mois d'octobre prochain, on annonce un nouvel album de Hayman, qui sévit désormais en solo. Malheureusement, s'il a sans doute gagné en expérience et en richesse d'écriture (sa palette d'influences est plus variée), il a aussi indéniablement perdu ce qui faisait tout le sel de sa musique : ses mélodies enjouées et sa fraîcheur. Alors voilà, si Hefner ne sera jamais considéré comme un groupe important dans l'histoire du rock, il peut pourtant rapidement devenir indispensable à tous ceux, comme moi, qui ont au départ goûté un peu innocemment à leur musique. Car ces hymnes ont un fort potentiel addictif. Alors, Hefner, des amis pour la vie ?

Clip de "I Took Her Love For Granted" :

16 juillet 2010

Dominique A (+ Joy) - la plage du Glazart - 10 juillet 2010

C'est dans un drôle d'endroit que nous avions pris rendez-vous avec Dominique A (et oui, ça faisait longtemps, hein ?) ce samedi 10 juillet 2010, à Paris. Une plage coincée, porte de la Villette, à deux pas du périphérique ! La soirée avait commencé plutôt tranquillement, attablés près du bar - de la plage, donc - une bière à la main. Nous écoutions attentivement Joy, la première partie. Derrière ce nom (en hommage à  leur compatriote François Feldman ? - désolé, on a les références qu'on peut !) se cache un groupe belge dont le chanteur Marc Huyghens est une vieille connaissance puisqu'ex-leader des regrettés Venus. Le style est d'ailleurs assez proche de celui de son ancien groupe, sauf qu'il semble encore leur manquer ce qui faisait l'intérêt principal de cette musique : ce rock, qui sous couvert de belles mélodies torturées, cachait une sensibilité à fleur de peau (surtout sur l'excellent "Welcome to the modern dance hall"). Ici, pas vraiment d'accroche immédiate mais un premier album est encore à venir et il faudra sans doute leur laisser un peu de temps pour se faire une opinion plus précise.
Arrive ensuite Dominique A sous un ciel alors entièrement dégagé, après le temps plutôt menaçant de la fin d'après-midi. D'abord un peu impressionné de voir aussi distinctement les visages présents devant lui, il prendra petit à petit ses aises, nous délivrant comme de coutume une prestation de qualité, le tout dans une apparente décontraction estivale. Il est accompagné cette fois-ci de trois jeunes musiciens et notamment d'un guitariste (du groupe rennais Montgomery ?) qui a dû sérieusement écouter  Radiohead, car on croirait à une réincarnation de Jonny Greenwood : même coiffure, même attitude nonchalante,  même recherche sonore entre bidouillages de pédales d'effets et de claviers électroniques. Dominique A jouera presque l'intégralité de "La Musique" (je l'ai déjà dit, ce n'est pas mon préféré) et 2 titres de son dernier EP "Kick Peplum" (d'ailleurs, il va falloir que je me le procure, celui-là). Puis ce sera les habituels classiques "Le commerce de l'eau", "La peau" et "Le courage des oiseaux" toujours aussi parfaitement maîtrisés, agrémentés de quelques vieilleries plus rarement jouées comme "Le faussaire" ou son plus grand succès à ce jour "Le 22 bar" (s'est-il enfin réconcilié avec la chanson?). Le soleil commence à se coucher et c'est le moment que choisit le chanteur pour tirer sa révérence, en solitaire, après un deuxième rappel. Un concert de Dominique A est décidément toujours un agréable moment, un peu suspendu, hors du temps. Même si, s'agissant du bonhomme, je ne dois pas être très objectif...
Quelques (belles) photos du concert sont visibles ici et ici.
Et même une vidéo, pour le souvenir d'une belle soirée d'été :

14 juillet 2010

Soso -Tinfoil On The Windows

Cela commence toujours un peu de la même manière : par quelques bidouillages électroniques, puis viennent petit à petit quelques notes de guitare d'abord assez éparses puis plus resserrées. L'ambiance est plutôt post-rock, mais un post-rock tranquille, pas si éloigné finalement du bricolage d'un DM Stith par exemple. Ensuite, la voix de Soso se fait enfin entendre (les morceaux sont en général assez longs). Troy Gronsdahl, puisque c'est ce canadien seul qui se cache derrière ce drôle de pseudo, chante d'abord à la façon d'un rappeur avec un flot particulièrement lent (The Streets?). On pourrait aussi rapprocher cette façon de chanter (ou plutôt de parler) de celle d'un Tom Yorke sur le "Fitter Happier" du fameux "OK Computer". Mais les morceaux n'en restent souvent pas là et évoluent vers quelque chose de plus mélodique, de vraiment chanté et quelques fois, de profondément bouleversant. On pense alors à Mark Linkous ou Jason Lytle pour ses jeux de micros trafiquant la voix. Et quelques chansons finissent même à l'unisson, dans une sorte de communion proche de ce que peut faire Arcade Fire.
On tient donc là entre les mains, un disque étrange qui ne se laisse pas facilement aborder. Il faut bien souvent passer les premières minutes de chaque morceau pour y déceler une mélodie. Il faut faire l'effort de se laisser guider par notre hôte, car si sa musique est multiple, elle est toujours de bon goût et régulièrement passionnante. Pas vraiment un disque d'été donc, mais qui pourrait, mine de rien, tracer délicatement sa route jusqu'à l'hiver prochain. Pour finir, il faut savoir que cet album date en réalité de 2007 et qu'il n'était alors disponible qu'en import, c'est grâce au label clermontois Kütu Folk Records que ce disque sort enfin chez nous. Merci donc à eux pour cette belle découverte ;)

12 juillet 2010

Mes indispensables : Iggy Pop - Lust For Life (1977)

Au moment où ce cher Iggy passe actuellement en tournée chez nous avec ses compères de toujours, les Stooges, (ils étaient à Paris le 7 juillet et seront à Lyon le 14) je me suis dit comme ça, que je n'avais pas encore parlé de lui dans mes indispensables. Il était donc temps de réparer l'affront avec "Lust For Life", sans doute son meilleur disque solo, son plus accessible, son plus consensuel aussi, son plus "Bowie". Il faut dire que Bowie en 1977 est à son apogée : il alignera 2 chefs d'oeuvre pour son propre compte ("Low" et "Heroes") et participera aux deux meilleurs disques de l'iguane (celui-ci donc et le presque aussi indispensable "The Idiot"). Les puristes préféreront évidemment les trois albums d'Iggy avec les Stooges sortis à la fin des années 60, début des années 70, où le groupe inventait littéralement le punk avant l'heure. Mais je dois avoir des goûts plus "polis", puisque "Lust For Life" avec sa pochette un peu crispante où le chanteur a des faux airs de Jean-Louis Aubert est encore celui que j'écoute le plus régulièrement. Parce que la chanson titre évidemment (bande originale du film "Trainspotting"), parce que "The Passenger", sa formidable ligne de guitare et ses tous aussi fameux "lalalala..." (et accessoirement musique de pub), parce que la plupart des autres titres, et leur savant mélange entre l'univers pop-glam décadent de Bowie et celui plus rock, plus dur (plus crooner aussi?) de Pop. Les guitares et le son sont plus contrôlés (exit aussi les démonstrations techniques), les mélodies plus évidentes, ça braille moins aussi. Bref, c'est idéal pour connaître le "Success". Pourtant, il ne viendra pas vraiment. Mais aujourd'hui, Iggy Pop est tout de même considéré comme une légende du rock, membre éminent de la sainte trinité avec Reed et Bowie, qui marqua l'histoire de la musique dans les années 60/70.
Et des trois chanteurs, c'est peut-être celui qui a le mieux vieilli finalement, celui qui a le moins perdu de sa hargne (faut dire qu'il en avait plus que les autres à la base). Celui qui calcule le moins, celui qui est resté le plus fidèle à lui-même. (Bon, c'est vrai qu'il fait tout de même des pubs) Mais un concert d'Iggy Pop & The Stooges est rarement quelque chose de décevant et le gaillard dégage toujours une énergie redoutable sur scène. Comme quoi - qui l'aurait cru - le punk, ça peut aussi conserver son homme.

Clip de "Lust For Life" pour la bande originale du film "Trainspotting" :

"The Passenger" en live en 1977 :

7 juillet 2010

Beach Fossils - Beach Fossils

Après les faux cils d'une certaine Betty, voici les fossiles de la plage, un énième groupe d'indie-pop à tendance shoegaze (My Bloody Valentine, Jesus And Mary Chain et toute la clique) en provenance de Brooklyn. Et je vois déjà certains d'entre vous partir immédiatement en courant, parce que c'est vrai, il commence à y en avoir sérieusement marre de toute cette palanquée de groupes qui se ressemblent tous plus ou moins et qui recyclent sans vergogne le même filon. Mais ça serait sans doute injuste. En tout cas, il m'a juste suffit d'entendre quelques secondes du premier morceau "Sometimes" pour craquer. Une fois de plus ;) Car ce premier disque de Beach Fossils est d'une efficacité remarquable. Peut-être plus encore que celui de la semaine dernière - Wild Nothing. La pochette de l'album ressemble à s'y méprendre à celle de "Brotherhood" de New Order et l'influence ne s'arrête sans doute pas là, même si les synthés sont absents de cette musique. Beach Fossils, ce serait la rencontre du New Order des débuts avec Jesus And Marcy Chain. Plus qu'à Field Mice, c'est à Galaxie 500 que l'on pense aussi cette fois-ci. Et j'ai peut-être trouvé mes petits chouchous de l'année après The Pains Of Being Pure At Heart, l'année dernière.
En attendant de savoir si le disque tiendra aussi bien la distance sur la longueur et si passé l'été, j'aimerai encore m'y plonger dedans, je savoure l'instant présent. Cette musique est en tout cas idéale pour la ville. Dans le métro, dans la rue, au milieu de la foule, en faisant son footing. Une musique de solitude, pour s'isoler, à l'image d'une Scarlett Johansson seule dans un taxi japonais dans le superbe film "Lost In Translation" de Sofia Coppola. Une bien belle révélation qui malheureusement n'est encore disponible qu'en import chez nous.

En bonus, quelques photos d'un de leurs récents passages en concert ... à New-York évidemment ! A quand une visite par chez nous ?

5 juillet 2010

Mes indispensables : R.E.M. - Murmur (1983)

A l'heure où est rééditée petit à petit toute la longue discographie du groupe en coffret "deluxe" avec moult bonus, version live, etc - ils en sont au troisième album, "Fables Of Reconstruction" - il était sans doute temps dans ma rubrique d'indispensables de me pencher un peu sur leur carrière. Je veux parler bien sûr des respectables et respectés R.E.M. (ou Rapid Eye Movement). Pour moi, leur meilleur restera pourtant leur premier disque, "Murmur", malgré "Automatic For The People", qui est sans doute plus varié, plus orchestré, mais aussi plus "fade" (avec le recul, "Everybody hurts", c'est quand même pas génial, non ?) Oui, en 1983, R.E.M. est loin d'être le grand groupe qu'il est devenu, "Losing My Religion", ce n'est pas encore pour tout de suite. Il faut dire que l'époque ne se prête pas vraiment à ce genre de musique, ce folk rural à guitares un peu nerveuses. Peu avant eux, des groupes  comme les Feelies, Television, ou les Violent Femmes avaient bien essayé sans rencontrer beaucoup de succès. Non, en 1983, ce qui marche, c'est plutôt les synthés, la new wave et les mélodies faciles. Pas évident alors de se revendiquer d'un groupe pourtant aujourd'hui devenu culte et considéré comme un des plus grands de l'histoire du rock (le plus grand ?), à savoir le Velvet Underground (en témoigne leur reprise de "There she goes again").
"Murmur" est donc un disque qui a été réévalué à la hausse avec le recul. Passé un peu inaperçu à l'époque, il est aujourd'hui souvent cité parmi les meilleurs disques rock des années 80, eut égard à l'ensemble de la carrière presque sans fausse note du groupe emmené par le charismatique Michael Stipe. "Murmur" parce qu'il n'y a ici pas de baisse de régime tout au long des 12 morceaux ("Shaking Through" : quelle chanson!), parce que c'est toujours émouvant de voir un groupe aussi important à ces débuts, parce qu'il y a déjà tout ce qui fait la qualité d'une formation comme R.E.M., cette savante alchimie entre folk rural et instinctif et rock urbain et réfléchi. Une musique qui, alors peut plaire au plus grand nombre sans pour autant céder à la facilité dans l'écriture. Je l'ai déjà dit, mais un groupe comme The National peut aujourd'hui s'inscrire dans la même lignée que R.E.M., qui, pour sa part, a tout de même un peu perdu de sa superbe depuis quelques années. Car c'est la même intransigeance musicale, le même esprit de clan, le même chemin exigeant, tracé en dehors de toute mode. De véritables modèles à suivre, en quelque sorte...

"Radio Free Europe" :
"Talk About The Passion" :

2 juillet 2010

Dites 33


I am not Jesus though I have the same initials
I am the man who stays home and does the dishes.
And how was your day?
Is that woman still trying to do your head in?
A man told me to beware of 33.
He said,
"It was not an easy time for me"
but I'll get through
even though I've got no miracles to show you.

I'd like to make this water wine
but it's impossible.
I've got to get these dishes dry.

I'll read a story if it helps you sleep at night.
I've got some matches if you ever need a light.
Oh I am just a man
but I'm doing what I can to help you.

I'd like to make this water wine
but it's impossible.
I've got to get these dishes dry.

And I'm not worried that I will never touch the stars
cos stars belong up in heaven
and the earth is where we are.
Oh yeah.
And aren't you happy just to be alive?
Anything's possible.
You've got no cross to bear tonight.
No not tonight.
No not tonight.
I am not Jesus though I have the same initials.