26 décembre 2011

Top Chansons 2011

Après les albums, voici les chansons qui ont le plus squatté mes oreilles cette année !

20- Herman Dune - Tell Me Something I Don't Know

Une peluche bleue rigolote (inspiré du célèbre Georges mon Yéti?) et une mélodie qui reste tout de suite gravée dans la tête, il n'en faut pas plus pour réussir un joli tube de pop/folk.

Album encensé un peu partout ailleurs, "The English Riviera" s'est avéré ici rapidement décevant et sans saveur. Restent ce "Corinne" qui n'aurait pas fait tâche sur leur excellent "Nights Out" et un très bon souvenir de concert à Edimbourg.


18 - The Do - Too Insistent

Deuxième album de The Do et deuxième tube avec ce "Too Insistent". Ou comment allier l'évidence d'une mélodie fédératrice et les arrangements plus alambiqués d'un groupe pas si mainstream qu'on voudrait nous faire croire.

17 - The Drums - Money
Les américains conservent leur statut de machine à faire danser, avec un côté beaucoup plus Smiths, ce qui n'est pas pour me déplaire. Leur "Money" est en tout cas l'hymne de tout ceux qui ont vidé leur portefeuille à l'occasion de Noël et qui risquent de se retrouver marris pour commencer la nouvelle année.


16 - Veronica Falls - Bad Feeling

Une des plus rafraîchissantes découvertes indie pop de l'année. Les mélodies pop, les textes un poil anxieux ("I've got a bad feeling and it's not going away"), le look vintage : tout est déjà bien en place.


15 - (Please) Don't Blame Mexico - The Protocol

Ce sympathique groupe est l'une des rares preuves qu'en France aussi, on sait faire de jolies mélodies pop survitaminées qui n'ont rien à envier aux anglo-saxons. Rien que pour ce beau "Protocol", merci à eux.

Sorte de Libertines américains qui se prendraient moins au sérieux et qui seraient plus influencés par le blues que par le pop, les Black Lips sont aussi capables de quelques morceaux particulièrement efficaces. Pour ce "Family Tree", il vaut mieux se contenter de la musique. Car, à regarder leur infâme clip, surtout en période de fêtes, gare à l'indigestion...

13- Unknown Mortal Orchestra - Ffunny Ffrends

En 2011, la Nouvelle Zélande n'a pas seulement gagné la Coupe du monde de rugby (à l'arrachée), elle a aussi sorti quelques chanteurs et groupes particulièrement atypiques comme Mockasin évidemment mais aussi ces Unknown Mortal Orchestra qui hésitent entre Pink Floyd et MGMT. En tout cas, avec "Ffunny Ffrends", ils trouvent le riff imparable.

12- Wild Beasts - Lion's Share

Oui, les Wild Beasts sont un des groupes britanniques les plus intéressants du moment. Malheureusement, je trouve que leurs albums manquent toujours d'un je-ne-sais quoi. Plus de "Lion's Share" par exemple ?
Les guitares claires sont de retour. Real Estate s'impose aisément comme les chefs de file d'un nouveau mouvement amorcé de l'autre côté de l'Atlantique. Leurs mélodies ne sentent jamais le travail et la sueur, comme si elles coulaient naturellement de leurs guitares.



10 - Youth Lagoon - Montana

Un petit gamin talentueux reprend le flambeau du brilliant "Teen Dream" des Beach House. Ce "Montana" aux accents "dream pop" convoque en plus les grands espaces américains et tutoie les étoiles.



Un américain d'origine taïwanaise et accessoirement bourré de tatouages nous sort une musique bien à lui remplie de samples de celle des autres. Ici, à partir d'un gimmick de piano pompé d'une très belle chanson de Françoise Hardy ("Voilà"), il réussit l'exploit d'en faire une ballade lascive très personnelle.

8- Connan Mockasin - Forever Dolphin Love
Il faut être un peu cinglé pour sortir un tel single de plus de dix minutes dans laquelle la mélodie principale ne commence qu'à la moitié. Notre époque manque de plus en plus de têtes brûlées comme Connan Mockasin. Cinglant.



7- Baxter Dury - Claire

Baxter Dury a la classe. Pas besoin d'en rajouter. Une écoute suffit et ce n'est pas Claire qui dira le contraire.




6- Cascadeur - Walker
Ce cascadeur se cache derrière un casque (normal) à la Daft Punk. Mais loin de la musique électronique de stade, la sienne est toute en finesse et en retenue. S'il confirme ce brilliant premier essai et l'excellent "Walker", on est prêt à le suivre un bon bout de chemin.


5- Iceage - New Brigade

Une chanson à écouter pour se donner la pêche : influence post-punk, guitares qui taillent au scalpel, jeunesse rebelle et l'envie irrépressible de suivre ces garnements de danois dans leur volonté de tout casser.


4- François and the Atlas Mountains - Les Plus Beaux

Une chanson à écouter pour se donner la pêche : mélodie légère, textes qui militent pour "la grève des journées normales" et l'envie irrésistible de suivre ces talentueux français dans leur credo esthétique et positif.

3- WU LYF - We Bros

WU LYF ? Effet de mode et feu de paille ? Peut-être. La version édulcorée de leur manifeste "We Bros" sortie en single pourrait les voir basculer rapidement du mauvais côté. Surtout qu'à entendre le chanteur, le groupe aurait envie de poursuivre dans la voie de leur piètre reprise scénique de "Wicked Game" du ténébreux Chris Isaak. En attendant, on écoutera jusqu'à plus soif, bras dessus bras dessous, cet hymne fraternel.

2- John Maus - Believer

Difficile dès la première écoute de ne pas croire dans ce "Believer" du maboule Maus. Un phare au milieu de la tempête, voilà l'effet que provoque cette mélodie évidente cachée derrière un décorum kitsch et déroutant.


1- Future Islands - Before The Bridge
Après l'écoute anticipée de ce single, j'attendais comme le messie le nouvel album de ces américains. Malheureusement, la déception fut grande. Mais comment pouvait-il en être autrement après une telle claque ? Heureusement, ce qu'il y a de bien avec les tops, c'est qu'après le premier, on ne redescend pas, c'est fini. Bon réveillon à tous et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures musicales.

21 décembre 2011

Top Albums 2011

Puisque c'est la mode du moment, je cède moi aussi, une fois de plus, à la tentation de publier mon top albums de l'année. Comme les années précédentes, il n'y aura que 10 disques pour 10 univers différents à découvrir ou redécouvrir. 

10 - Michel Cloup (duo) - Notre Silence
Le chanteur de Diabologum a connu la triste expérience du deuil. Il publie sur le sujet, un album solo exigeant, poignant, tout en colère rentrée, la guitare plus affûtée que jamais, avec le minimum d'effets. Une très bonne nouvelle pour le rock par ici. Pour le rock en général.


9- Connan Mockasin - Forever Dolphin Love

Un drôle d'elfe néo-zélandais débarque avec un univers décalé à nul autre pareil et semble inventer la pop du troisième millénaire. Planant à souhait.



8- Atlas Sound - Parallax
Bradford Cox est décidément très fort pour produire des albums à double détente, de ceux qui paraissent à première écoute anodins et qui deviennent au fil du temps les plus addictifs. "Parallax" est le disque idéal de l'hiver, pour se lover bien au chaud sous la couette. Cotonneux à souhait.


7 - My Brightest Diamond - All Things Will Unwind
En voilà une (avec la française Camille) à qui la maternité sied très bien, le nouvel album de My Brightest Diamond est encore plus réussi que les précédents, gagnant en mélodies divines. Preuve est faite que les gens heureux ont aussi quelque chose à raconter.


6 - Crystal Stilts - In Love With Oblivion
Ces américains n'ont toujours pas compris que le revival Joy Division était passé de mode. Interpol et autres Editors ont déjà lassé. Mais les Crystal Stilts ont quelque chose en plus : un psychédélisme noir qui n'est pas sans rappeler les meilleures heures des Doors, et surtout une guitare supérieure...


5- PJ Harvey - Let England Shake
Avec "Let England Shake", PJ Harvey signe son disque le plus consensuel depuis un bail ("Stories From The City, Stories From The Sea"). Donc, dans une veine classique et avec une unanimité quasi générale, l'un des grands albums rock de l'année.



4- John Maus - We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves
Un américain complètement allumé (surtout sur scène) joue une musique ovni, savant mélange de kitsch italo-disco, de new wave gothique, le tout saupoudré d'une voix rappelant parfois celle des chanteurs chevelus de heavy metal. Brillant et déroutant.



3- The Leisure Society - Into The Murky Water
Les anglais sont toujours premiers au monde concernant la pop. The Leisure Society remplace au pied levé avec ce précieux "Into The Murky Water", qui Belle & Sebastian en manque d'inspiration, qui Sufjan Stevens en pleine crise mégalomaniaque. Léger, modeste et magnifiques arrangements qui vont avec.


2- WU LYF - Go Tell Fire To The Mountain
Manchester revient en force sur la carte du rock avec les garnements anglais de WU LYF. Passés leur pseudo message politique de rébellion et leurs attitudes de petites frappes, reste une musique allumée et emballante. Pour crier à tue-tête sous les étoiles.


1- Baxter Dury - Happy Soup
L'un des meilleurs songwriters anglais de sa génération est de retour après plusieurs années d'absence. Son "Happy Soup" est une formidable mixture remplie de mélodies pop à la cool, imparables, dans l'esprit du légendaire "Sunday Morning" du Velvet Underground. Le nouvel album du dandy à l'accent cockney et accessoirement "fils de" est mon disque de 2011.

19 décembre 2011

Philippe Manoeuvre présente Rock français - de Johnny à BB Brunes - 123 albums essentiels

Mais qu'est-ce que le rock français ? "Le rock français, c'est un peu comme le vin anglais..." s'amusait un certain John Lennon. Et, à regarder de plus près cet ouvrage et son sous-titre "ravageur" : "de Johnny à BB Brunes", on sent d'avance que ça va être difficile de lui donner tort. A entendre parler son célèbre géniteur, le caricatural Philippe Manoeuvre, le terme "rock français" pourrait même amener l'auditeur/lecteur à se moquer, d'emblée. OK, le rock n'est sans doute pas quelque chose à prendre trop au sérieux, mais là, franchement, il y a des limites. On voudrait le ridiculiser, on ne s'y prendrait pas autrement. D'autant que le livre passe scandaleusement à côté de certains artistes essentiels - 123 albums pourtant ! - de chez nous : Brigitte Fontaine, Dominique A ou Diabologum, pour ne citer que ceux qui me viennent rapidement en tête. Même les choix de disques parmi les incontournables sont assez étonnants : pas de "Fantaisie Militaire" pour Bashung, pas de "Melody Nelson" pour Gainsbourg, pas de "La Question" pour Françoise Hardy. Les textes sont bien sûr l'oeuvre de la bande de Rock'n'Folk chère à Manoeuvre, pas des plus inspirés et inspirants, une espèce de triste réunion d'anciens combattants, réac', adeptes du "c'était mieux avant". Mais avant, ils étaient jeunes tout simplement, leur (bon?) goût est dans le meilleur des cas resté bloqué à la période punk. Ils se contentent ensuite d'aligner les principaux disques "commerciaux" de Louise Attaque en passant par Noir Désir ou Daft Punk. Bref, ce n'est assurément pas le genre de bouquins à mettre entre les mains de vrais connaisseurs. Trop limité. Pas assez de trouvailles. Malgré tout, ça ne fait pas de mal de se replonger dans la période de la fin des années 70 - début des années 80, celle du regretté Jacno, du toujours sémillant Daniel Darc et des mythiques rennais de Marquis de Sade. Une certaine idée du rock made in France naissait là, qui, à défaut de sortir complètement du pesant modèle anglo-saxon, trouvait enfin un style...

Bijou - Les Papillons Noirs

C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'on a fini de considérer la chanson française comme de la variété, parce que Bijou reprenait Dutronc, travaillait avec Gainsbourg... Je ne sais plus si je les ai vus en concert. A des fêtes genre L'Huma, je pense. Mais j'aimais beaucoup leurs disques. En plus, il y avait un côté on est des durs, mais en même temps une touche fleur bleue, voire un côté altruiste.  (Vincent Ravalec)

Marquis de Sade - Walls

L'importance donnée aux guitares renoue avec une pulsion rock qui fut déterminante : Franck Darcel adorait Television, Philippe Pascal fut encouragé dans sa volonté de faire de la musique par le premier disque de Patti Smith, et, avant de se confectionner un répertoire sur mesure, ils reprenaient sur scène des morceaux des Stones et des Who. (H.M.)

Elli et Jacno - Main dans la main

A la parution de "Tout va sauter", Philippe Lacoche ne s'y trompe pas, affirmant dans Best : "Ce disque est sûrement l'une des meilleures productions discographiques françaises de l'année." On ne lui donne pas tort. Le réécouter aujourd'hui fait voler en éclats pas mal d'idées reçues.[...] C'est peut-être le disque que Phil et Ronnie Spector auraient enregistré s'ils s'étaient rencontrés dans les années 1980." (Pierre Mikailoff)

Taxi Girl - Les armées de la nuit

Daniel : "On était contre les hippies, mais il y a eu un même schéma, en plus condensé, plus nihiliste. Résumé de Mirwais : "Taxi Girl, c'est huit ans de malheur." Marqués par "Seppuku", rituel idéal pour s'éventrer l'âme avec un album. (Benoit Sabatier)

Kas Product - Never Come Back

La voix dévoile sa facette jazzy qui contraste avec l'aspect clinique des machines. La fusion entre ces deux réalités est totale sur "Never Come Back" : pulsion névrotique, riff synthétique, soupirs, douceurs vocales au bord de la crise de nerfs, évidence du refrain, montée progressive mais retenue au bord de l'explosion, comme une frustration savamment entretenue. Un tube électro-rock avant l'heure. (H.M.)

Dogs - Too Much For The Neighbourhood

Sans doute aurait-il fallu qu'un DJ ouvre les oreilles, le monde du rock en aurait été changé car, pour ceux qui savaient voir et entendre, Dominique était une star : il était beau, il composait des thèmes magiques, il avait des sons de guitare fascinants (poudreux, romantiques et fulgurants), et une voix fragile à briser le coeur. (Bruno Le Trividic)

Orchestre Rouge - Soon Come Violence

Le choix de Martin Hannett à la production allait de soi mais accentue l'optique torturée : fasciné par le post-punk anglais, Hakola excelle dans l'expression d'un malaise latent et exubérant que ne manque pas de souligner celui qui oeuvra auparavant avec Joy Division. (H.M.)

Oui Oui - La Ville

Sans le savoir, c'est toute une génération de couche-tard qui découvrent sur M6, grâce au clip coloré "La Ville", signé par le futur réalisateur de "La Science des rêves" Michel Gondry, accessoirement petit-fils de l'inventeur du Clavioline, ancêtre du synthétiseur popularisé par Jean-Jacques Perrey. (Jean-Emmanuel Deluxe)

12 décembre 2011

The Left Banke - Walk Away Renée (1966)

C'est bientôt les fêtes et rien de telle qu'une petite sucrerie pop pour se mettre en bouche et se préparer à la crise de foie. The Left Banke est de ces groupes ignorés des années 60, qui, redécouverts sur le tard, font l'objet d'une réhabilitation tout azimut. Michael Brown, leader de cette formation américaine était à la fois un admirateur de Bach et des Beatles, s'en suit ce qui constitue l'une des plus belles réussites de rencontre entre la pop et la musique classique : The Left Banke. Malheureusement, en raison de désaccords internes ayant provoqué de multiples remaniements, leur carrière sera très courte : de 1965 à 1969. Brown formera bien aux débuts de années 1970, Montage, avec la même réussite artistique. Mais une fois de plus, le succès ne sera pas vraiment au rendez-vous et mise à part la formidable paire de singles des débuts de Left Banke, "Walk Away Renée / Pretty Ballerina" qui est aussi le titre de leur premier album, le compositeur ne sera pas reconnu à l'époque à sa juste mesure. Heureusement, le temps a rattrapé l'affaire, comme je l'ai dit plus haut, et de nombreux artistes actuels, en tête desquels The Divine Comedy, font aujourd'hui référence à cette musique-là. The Left Banke mérite assurément sa place au panthéon de la pop des années 60, au niveau des formations mythiques du genre : Beatles, Beach Boys, Kinks ou Zombies. A redécouvrir (ou découvrir d'urgence) entre le foie gras et la bûche : incontournable.

And when I see the sign that
points one way
The lot we used to pass by
every day

(Chorus):
Just walk away Renee,
You won't see me follow you back home
The empty sidewalks on my
block are not the same
You're not to blame

From deep inside the tears that
I'm forced to cry
From deep inside the pain I
I chose to hide

(Chorus)
Now as the rain beats down
upon my weary eyes
For me it cries



(Chorus)

Your name and mine inside
a heart upon a wall
Still finds a way to haunt me,
though they're so small

(Chorus)

8 décembre 2011

Let the music play !


Voici donc l'heure des (règlements de?) comptes ! Merci à tous pour vos messages d'encouragement et vos listes... mais plus de 50 disques à écouter en une semaine, ce n'est pas humain... Heureusement, je connaissais déjà la plupart d'entre eux et si je n'en avais pas parlé sur ce blog, c'est parce que j'avais mes raisons : la musique ne m'avait pas vraiment emballé. Difficile de dire un mot sur chacun d'entre eux, on y serait encore demain. J'ai donc préféré n'en sélectionner seulement que 10. Histoire de ne se fâcher avec personne et de parler uniquement des trucs qui m'ont plu ;)

La plupart du temps, la jolie pop mélodique et orchestrée nous vient de Grande-Bretagne, influence Beatlesienne oblige. Gruff Rhys, le chanteur du groupe gallois Super Fury Animals, n'échappe pas à la règle en nous livrant un "Hotel Shampoo" frais, plaisant et souvent entêtant :
Le folk, je trouve ça parfois (souvent?) trop académique et ennuyeux et puis quelques fois, ça me touche vraiment comme avec le très beau Piers Faccini. 
Les Smith Westerns ou le miracle d'une pop-rock pour tout venant qui évite presque toujours les écueils inhérents au genre : l'effet pompier. Le meilleur de la brit-pop des années 90 revisité par de jeunes américains.
On pourrait fuir le rock héroïque tendance Arcade Fire, genre largement rabâché depuis quelques temps. Pourtant, à chaque année, son disque de référence. Pour 2011, ça pourrait être le "Buffalo" des presque vétérans néo-zélandais de The Phoenix Foundation.

On pourrait faire le même reproche à Annie Clark alias St Vincent qu'à ses amis de Grizzly Bear, c'est-à-dire de manquer de spontanéité, de faire de la musique trop travaillée. Pourtant sur son dernier disque, elle parvient par moments à sortir de ce carcan et à proposer une musique plus limpide comme sur "Cruel".
Sans révolutionner son modèle savamment construit au fil des années, Beirut met un peu d'électronique dans ses trompettes et ça donne souvent de jolies choses, comme ce "Santa Fe" :

"Soyons les plus beaux" nous conseillent les petits frenchies de François And The Atlas Mountains sur le brillant morceau d'ouverture de "E Volo Love". Mais leur pop chamarrée se montre rapidement trop timide et en retenue pour pouvoir suivre à la lettre cet ambitieux précepte.

Autres français, les Herman Düne, ont sorti eux aussi un grand single pop : "Tell Me Something I Don't Know" doté en sus d'un clip gentiment décalé. Malheureusement, le reste n'est pas à la hauteur.

Dans la catégorie des bons groupes prônant le revival du Slowcore (Galaxie 500, American Music Club, Red House Painters, Low, etc), il faudra rajouter The War On Drugs avec leur "Slave Ambient" :

Pour finir, je tenais quand même à dire un petit mot sur Girls, le groupe préféré de MAGIC! En effet, le magazine vient de les sacrer disque de l'année pour la deuxième fois en autant d'albums. Pour ma part, hormis quelques titres, comme ce sympathique "Honey Bunny", ces petits branleurs me laissent assez indifférent...

5 décembre 2011

The Clash - London Calling (1979)

Décidément, tout le monde aime The Clash. Les "vieux" rockers, ceux qui ont connu les débuts pour qui ils représentaient comme une seconde jeunesse. Les contemporains du groupe, ceux qui étaient alors dans leur période de rébellion adolescente et ont vécu le mouvement punk de l'intérieur. Les plus jeunes enfin, parce qu'ils restent aujourd'hui encore l'un des derniers groupes ayant proclamé de manière aussi évidente la résistance à toute forme d'autorité ("I Fought The Law"). En ces périodes d'indignation, leur musique comme leur message restent une balise, un relais qu'on se transmet et se partage entre générations. Julie Delpy, cette actrice touche-à-touche qui a brillamment réussi son passage derrière la caméra ("Two Days In Paris", "La Comtesse"), vient de se lancer dans un biopic du leader charismatique du groupe, Joe Strummer, mort trop jeune. Elle, que je me souviens avoir vu en première partie de Television au Bataclan, est donc aussi fan des Clash. J'attend avec impatience ce que cette artiste intègre va bien pouvoir faire du sujet. Intégrité voilà d'ailleurs le maître mot lorsqu'il s'agit de parler de la célèbre formation de punk anglais. Du déjanté Lester Bangs au plus rangé Antoine de Caunes, ils disent tous la même chose. Pourtant, j'ai un peu honte de l'avouer mais je préfère ceux auxquels on les associe souvent, les deux constituant les extrêmes du punk britannique de la fin des années 70 : les Sex Pistols. Dans les disques des Clash, il n'y a pas la même folie, tout paraît avec le recul trop maîtrisé. Oui, je sais, je vais sans doute irriter quelques inconditionnels qui ont eu la chance de les voir sur scène. D'un côté, un groupe formé de toute pièce qui chie sur tout et ne prend rien au sérieux. De l'autre, un groupe pour qui la musique est primordiale et dont le message est raccord avec l'état d'esprit. Malheureusement, les Clash sont devenus trop consensuels, il suffit d'un reportage sur la capitale britannique, pour qu'on nous serve leur fameux "London Calling". Malgré tout, grâce à celui-là et quelques autres titres, je garde moi aussi un faible pour The Clash. Inusable..

London calling to the faraway towns
Now war is declared, and battle come down
London calling to the underworld
Come out of the cupboard, you boys and girls
London calling, now don't look to us
Phoney Beatlemania has bitten the dust
London calling, see we ain't got no swing
'Cept for the ring of that truncheon thing

[Chorus 1:]
The ice age is coming, the sun's zooming in
Meltdown expected, the wheat is growing thin
Engines stop running, but I have no fear
'Cause London is drowning, and I live by the river

London calling to the imitation zone
Forget it, brother, you can go it alone
London calling to the zombies of death
Quit holding out, and draw another breath
London calling, and I don't wanna shout
But while we were talking, I saw you nodding out
London calling, see we ain't got no high
Except for that one with the yellowy eyes

[Chorus 2: x2]
The ice age is coming, the sun's zooming in
Engines stop running, the wheat is growing thin
A nuclear error, but I have no fear
'Cause London is drowning, and I live by the river



Now get this

London calling, yes, I was there, too
An' you know what they said? Well, some of it was true!
London calling at the top of the dial
After all this, won't you give me a smile?
London calling

I never felt so much alike [fading] alike alike alike

2 décembre 2011

John Maus (+ Gary War) - Paris, La Maroquinerie - 29 novembre 2011


C'est sans doute le dernier concert de l'année auquel nous assistons et le moins que l'on puisse dire, c'est que la soirée fut... atypique. Maman, particulièrement distraite, donne le bras à un inconnu en descendant du métro, à Gambetta. Pas assez prompt, je me retrouve à courir derrière elle, pour lui expliquer le malentendu. Un homme comprend ce qui se passe et nous sourit. Arrivés devant la Maroquinerie peu après 20h, nous ne rencontrons quasiment personne. Dans la salle, peu de monde encore, les gens viennent s'asseoir progressivement dans la petite arène située devant la scène. La sono passe en boucle une musique pour danseurs de rock acrobatique. On imagine alors les bananes, les jupes plissées et les petites socquettes. On s'est peut-être trompé : et si la Maroquinerie accueillait ce soir l'enregistrement du "Plus grand cabaret du monde" de l'insupportable Patrick Sébastien ? En regardant autour de nous, les fringues et le look du public ne collent pourtant pas. La tension est palpable. Certains, nerveux, secouent inconsciemment, qui leurs pieds, qui leur tête, sur le rythme de la musique. Après plus d'une dizaine d'écoutes successives du même morceau, on se demande si c'est par goût ou si c'est seulement pour tenter de canaliser une énergie qui pourrait les amener à faire des bêtises. Puis, un gars finit par arriver derrière les platines et la table de mixage. Quelques uns, nous en premier, lui jettent des regards suppliants : est-il possible de passer à autre chose ? Rapidement, nous constatons que lui-même ne semble pas avoir la maîtrise de la musique diffusée dans la salle. Nous n'attendons donc plus qu'une chose, que le concert commence au plus vite. N'importe quelle musique fera l'affaire pourvu que l'autre se taise.  La scène est nue ou presque, quelques machines sont posées par terre, il y a aussi une guitare, un micro et c'est tout. Arrive enfin, Gary War, la première partie. Le type a plutôt le look de chanteur de hard rock avec sa longue tignasse. Il défera rapidement ses cheveux pour se cacher derrière. La musique est en grande partie enregistrée et à part quelques riffs de guitare et le chant, rien n'est joué directement devant nous. Rien à dire sur l'originalité de la chose, mais le son très brouillon finit par lasser. La voix est même à peine audible, cachée sous les effets et les couches de guitare. De temps en temps, un jet de postillon et de cheveux vient casser la routine de ce magma sonore. Déroutant et assez épuisant. Le chanteur partira même sans prévenir personne sur ce qui ne semblait pas être la fin d'un morceau, laissant le responsable des lumières et le public médusés.

Après une petite pause - normal, vu le peu de matériel sur scène - c'est au tour de John Maus. Et là, c'est d'abord la stupéfaction. Le gars est aussi tout seul sur scène. Il n'a même pas de guitare comme son précédent acolyte. Mais il a l'air terriblement furax - à cause de la musique diffusée par la sono ?. A la manière des rugbymen néo-zélandais et leur haka, Maus hurle, se tire les cheveux, se tape sur la tête, sur les genoux. La première réaction du public est de sourire nerveusement devant la folie de l'énergumène. Tout cela ressemble à une blague, une sorte d'improbable karaoké version punk. Pas d'effet de lumière, pas de mise en scène, juste un chanteur complètement survolté et le mot est faible. En comparaison, une prestation de Of Montreal paraîtrait presque fade, c'est peu dire. Au bout de quelques minutes, on s'habitue, car les chansons excellentes pour la plupart emportent l'adhésion. Un concert de John Maus est une expérience surréaliste, et à défaut d'avoir été vraiment emballé, c'est une expérience à vivre, un grand défouloir. Subjuguant.

30 novembre 2011

A vos disques, prêts ? écoutez !


Dans un mois, l'année 2011 touchera déjà à sa fin et avec elle appaîtront les cortèges de bilans et de tops. Je ne dérogerais une fois de plus pas à la règle en vous proposant les miens. En attendant, comme l'année précédente, après avoir chroniqué plus de 50 disques ici-même, je vous laisse le soin, à votre tour, de me soumettre un ou plusieurs albums qui ont marqué votre année musicale et qui ne seraient pas présents dans la liste ci-dessous. J'essaierai de tous les écouter et de vous faire ensuite un rapide topo de ce que j'en pense lors d'un futur post. Parce que la musique et un blog, c'est avant tout une histoire d'échanges... Alors, à vos disques...

Tennis - Cape Dory
Anna Calvi - Anna Calvi
Crocodiles - General Suspicion Of Experts
Cloud Nothings - Cloud Nothings
PJ Harvey - Let England Shake
(Please) Don't Blame Mexico - Concorde
Radiohead - The King Of Limbs
Banjo Or Freakout - Banjo Or Freakout
Yuck - Yuck
Ducktails - Ducktails III : Arcade Dynamics
The Kills - Blood Pressures
Laetitia Velma - Les Eaux Profondes
Cascadeur - The Human Octopus
Minks - By The Hedge
The Feelies - Here Before
Dirty Beaches - Badlands
Crystal Stilts - In Love With Oblivion
The Leisure Society - Into The Murky Water
Wild Beasts - Smother
Girls Names - Dead To Me
Cat's Eyes - Cat's Eyes
Secret Cities - Strange Hearts
John Maus - We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves
WU LYF - Go Tell Fire To The Mountain
Black Lips - Arabia Mountain
Craft Spells - Idle Labor
Nat Baldwin - People Changes
Times New Viking - Dancer Equired
Michel Cloup (Duo) - Notre Silence
The Victorian English Gentlemens Club - Bag of Meat
The Wild Swans - The Coldest Winter For A Hundred Years
Baxter Dury - Happy Soup
Alex Beaupain - Les Bien-Aimés (B.O.F.)
The Drums - Portamento
Unknown Mortal Orchestra - Unknown Mortal Orchestra
Miossec - Chansons Ordinaires
Veronica Falls - Veronica Falls
Hanni El Khatib - Will The Guns Come Out
Connan Mockasin - Forever Dolphin Love
Future Islands - On The Water
Maison Neuve - Joan
Real Estate - Days
Camille - Ilo Veyou
Yann Tiersen - Skyline
Bertrand Betsch - Le temps qu'il faut
Iceage - New Brigade
Atlas Sound - Parallax
The Notes - Wishing Well
My Brightest Diamond - All Things Will Unwind
Youth Lagoon - The Year Of Hibernation

28 novembre 2011

Kate Bush - Cloudbusting (1985)

Je me rappelle bien la fois où j'ai eu la révélation concernant cette chanson et cette artiste. C'était un de ces après-midi où l'on se traîne, où l'on n'a pas envie de travailler, les révisions pour les partiels de fac attendront. Sur MTV (oui, j'ai un peu honte mais je regardais cette chaîne à l'époque, c'était malheureusement une des seules façons d'écouter de la musique à moindre frais car mes parents étaient abonnés au câble), Brett Anderson, était l'invité vedette et choisissait les clips diffusés. Oui, le chanteur de Suede - mon groupe préféré du moment - aimait Kate Bush, chanteuse que je prenais alors pour vaguement commerciale et connotée "variété", sympathique mais sans grande originalité. Tout le monde peut se tromper et ce "Cloudbusting" que j'avais déjà entendu mais qui avait dû rentrer par une oreille et sortir presque immédiatement par l'autre, sonna comme la revanche personnelle de l'anglaise. Kate Bush avait indéniablement quelque chose de plus, une touche personnelle, qui fait d'elle aujourd'hui, la référence incontournable de toute une nouvelle scène de chanteuses à voix et à l'univers un brin mystique. Elle fut lancée par le célèbre membre des Pink Floyd, David Gilmour. Même si sa carrière, à quelques exceptions près, est exemplaire, son meilleur album reste pour moi encore son premier, "The Kick Inside". Elle vient dernièrement de faire paraître un très beau disque hivernal, "50 Words For Snow" et prouve que loin d'être distancée par la concurrence, elle continue à imposer sa marque, en dehors de toute mode. La marque d'une grande.

I still dream of Orgonon.
I wake up cryin'.
You're making rain,
And you're just in reach,
When you and sleep escape me.

You're like my yo-yo
That glowed in the dark.
What made it special
Made it dangerous,
So I bury it
And forget.

But every time it rains,
You're here in my head,
Like the sun coming out--
Ooh, I just know that something good is gonna happen.
And I don't know when,
But just saying it could even make it happen.

On top of the world,
Looking over the edge,
You could see them coming.
You looked too small
In their big, black car,
To be a threat to the men in power.


I hid my yo-yo
In the garden.
I can't hide you
From the government.
Oh, God, Daddy--
I won't forget.

'Cause every time it rains,
You're here in my head,
Like the sun coming out--
Ooh, I just know that something good is gonna happen.
And I don't know when,
But just saying it could even make it happen.

It's you and me, Daddy.

It's you and me... Daddy---

It's you and me... Daddy---

E-yeah yeah yeah yeah yo-ohhhhhhhhhh

And every time it rains
You're here in my head
Like the sun coming out.
Your son's coming out.
Ooh, I just know that something good is gonna happen.
And I don't know when,
But just saying it could even make it happen.

Ooo-ohh, just saying it could even make it happen.

I'm Cloudbusting Daddy.

Your son's coming out.
Your son's coming out.

25 novembre 2011

Youth Lagoon - The Year Of Hibernation

Il paraît que le "Treasure" des Cocteau Twins est l'album préféré de ce "gamin" de seulement 22 ans caché sous le pseudo de Youth Lagoon. La filiation n'est pourtant pas évidente à l'écoute de ce premier disque, même si "The Year Of Hibernation" possède en commun avec son auguste aîné une même volonté d'envelopper l'auditeur dans un cocon rassurant. La voix y est nettement plus en retrait que celle de Liz Fraser, elle semble uniquement là pour aider les douces mélodies à venir imprégner notre inconscient. Et de ce côté là, le petit Trevor Powers semble en connaître un rayon, car les morceaux se suivent et l'effet produit par chacun est presque immédiat. Pitchfork ne s'y est pas trompé, Youth Lagoon est bien une des grandes découvertes US de l'année rayon rock indépendant.
"The Year Of Hibernation" pourrait être l'équivalent du "Teen Dream" de Beach House pour 2011. L'album de "dream pop" de l'année, idéal pour la période hivernale qui s'annonce. Avec lui, on restera donc enfermé chez soi, tranquillement blotti sous la couette, rêvant à des jours meilleurs, des étoiles plein les yeux. Cette musique est brillante, ce Trevor possède un drôle de pouvoir hypnotique.

Clip de "Montana" : 


23 novembre 2011

My Brightest Diamond - All Things Will Unwind

Entre les Dandy Warhols lundi et My Brightest Diamond aujourd'hui, le grand écart. Le pompiérisme et la délicatesse. Shara Worden, qui se cache derrière cet éclatant pseudo, est connue pour avoir travaillé avec la crème de la pop américaine : Bon Iver, Sufjan Stevens ou The National. Si son ami Sufjan Stevens, avec lequel elle a commencé en tant que choeur, semble bifurquer vers une certaine grandiloquence sur son dernier "The Age Of Adz", il n'en est rien la concernant, avec ce "All Things Will Unwind" plus raffiné et majestueux que jamais. Son style est toujours aussi inclassable, sa voix inimitable, et si je devais parmi la nouvelle génération élire un digne successeur de Kate Bush - qui vient justement de sortir un nouveau disque tout en finesse -, Shara Worden arriverait en tête sans contestation possible. Car il y a de la fantaisie, du rythme, de l'émotion, des chansons à tiroirs, et peut-être encore plus que sur ses deux premiers disques, de jolies mélodies.
Bref, c'est bien simple, plus je l'écoute, plus ce disque m'emballe. Je ne pourrais malheureusement pas aller vérifier de suite la pertinence de son répertoire sur scène, puisque mardi prochain, alors que My Brigthtest Diamond se produira au Café de la Danse, nous serons avec maman dans un autre endroit pour une musique toute différente. Quant à savoir si "All Things Will Unwind" se trouvera bien placé dans mon bilan 2011 qui se profile d'ici quelques semaines...

Clip de "High Low Middle" :
Clip de "We Added It Up" :

Clip de "Be Brave" :


21 novembre 2011

The Dandy Warhols - Get Off (2000)

Ils avaient pourtant le nom parfait, l'alliance du raffinement des dandys à l'aspect plus déjanté d'un Warhol. Leurs premiers albums jusqu'à "Thirteen Tales From Urban Bohemia" étaient d'ailleurs plutôt prometteurs, quoique déjà un peu pompeux. "Get Off", single extrait du dernier album susnommé, ressemble à un de ces classiques rock immédiats façon cavalcade de western (cf. le clip). Depuis, le groupe s'est perdu (à moins que cela soit juste moi qui ne les ai pas suivis), se rapprochant régulièrement d'un rock FM balourd et sans intérêt. Un nouveau disque est tout de même annoncé pour le début d'année prochaine, mais leur carrière ne semble plus intéresser grand monde par chez nous - ils font partie de ces groupes américains ayant plus de succès sur le vieux continent que chez eux. The Dandy Warhols est devenu au fil du temps une formation que les fans de rock indépendant adorent détester. Parce que leur musique ne correspond pas à cet idéal d'intégrisme et de sobriété. Au contraire, leur dégaine de petites frappes et leur rock à l'avenant en rajoutent même dans le sentiment d'un manque cruel de simplicité. Il restera donc "Get Off", l'un des rares modèles de concision et d'efficacité de toute leur discographie. Qui n'a jamais eu envie un jour de tout envoyer "get off" ?

Yeah, like it or not
Like a ball and a chain.
All I wanna do is get off,
And feel it for a minute, babe.

Hot diggity dog,
I love God all the same.
But all I wanna do is get off
And feel it, feel it, feel it, babe.

Baby, come on, yeah.
If you have a hard time getting there
Maybe, you're gone.
If you find, find yourself against yourself.

Yeah maybe I thought
What I thought I would say.
That all I wanna do is get off
And feel it for a minute
Like a real big thing, again.

I already forgot
Why I thought I was sane
When all I wanna do is get off
And feel it, feel it, feel it babe.

Baby, come on, yeah.
If you have a hard time getting there,
Maybe you're gone.
If you find, find yourself against yourself.



Hey, come on, yeah.
If you have a hard time getting there,
Maybe you're gone
If you find, find yourself against yourself.

And like it or not,
Like a ball and a chain
All I wanna do is get off
And feel for a minute
Like a real big thing, again.

I already forgot
Why I thought I was sane
But all I wanna do is get off
And feel it, feel it, feel it, babe.

Baby, come on, yeah.
If you have a hard time getting there,
Maybe you're gone.
If you find, find yourself against yourself.

Hey, come on, yeah.
If you have a hard time getting there,
Maybe you're gone
If you find, you find yourself against yourself.

18 novembre 2011

The Notes - Wishing Well

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d'un nouveau petit groupe s'inspirant de la musique du label feu Sarah Records. Voici donc des anglais pour une fois : The Notes. "Wishing Well" est sorti fin 2010 là-bas et courant 2011 chez nous, mais alors en catimini. Depuis, un deuxième disque est même disponible en téléchargement gratuit (et légal) directement sur leur site, ça serait dommage de se priver. Pourtant, mis à part les toujours bien renseignés Popnews, personne pour vraiment mentionner leur nom. A croire que ce genre de musique a fini par lasser tout son monde, hormis quelques irréductibles comme moi. Car on ne peut pas dire que les trois gentils The Notes font du neuf. La guitare est quand même intéressante, avec des sonorités pas si linéaires que le style pourrait le laisser entendre. La voix de la chanteuse est, par contre, nettement plutôt commune. Mais il y a cette concision des chansons, durant à peine 2 minutes pour la plupart, qui empêche à l'ensemble de se mordre la queue.
Au final, c'est frais, mélodique et ça respire l'amateurisme à pleins poumons. Tant qu'il y aura encore des groupes comme ça, qui joueront sans arrière pensée, je continuerai à croire à cette musique-là.

Clip de "Awake" : 

Clip de "Lighthouse" :


16 novembre 2011

Atlas Sound - Parallax

Les albums et les années se suivent et se ressemblent pour cette grande gigue de Bradford Cox. Une fois en groupe et plus rock avec Deerhunter, une autre fois en solo et plus intimiste avec Atlas Sound. Et à chaque nouvelle sortie, le même constat, il manque toujours un "je-ne-sais-quoi" qui me ferait complètement accroché. "Parallax" contient comme d'habitude son lot de belles chansons accrocheuses ("Mona Lisa", "Lightworks"), mais je trouve que depuis l'excellent "Microcastle" de 2008, Cox a trop ramolli sa musique, lui donnant plus de liant mais lui faisant aussi perdre un peu de surprise et de folie. A l'instar du précédent Deerhunter, le nouveau Atlas Sound gagne en unité mais aussi d'une certaine façon en ennui. Il faut attendre la deuxième partie de "Parallax" et les titres plus longs pour sortir de l'écriture en roue libre. "Angel Is Broken" et "Terra Incognita" sont à leur manière distincte deux morceaux qui résument parfaitement le talent de Cox : le chaud et le froid d'un indie rock de plus en plus cotonneux.
Mais ces réserves ne sont certes pas suffisantes pour ne pas être persuadé que le grand album de ce songwriter, un des plus doués et des plus prolifiques du moment, reste encore à avenir.

14 novembre 2011

Alain Bashung - La Nuit Je Mens (1998)

Alain Bashung est mort depuis plus de deux ans et pourtant, il bouge encore. Un nouvel album vient même de sortir. Un hommage à son "maître", Serge Gainsbourg, pour un des ses meilleurs disques, "L'homme à la tête de chou" revisité. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble au début des années 80 sur "Play Blessures". L'album pas désagréable en soi n'apporte pas grand chose au statut de ces deux artistes majeurs de la chanson française. Il permet juste de donner envie de réécouter la discographie des deux protagonistes. Celle de Bashung a pris une autre dimension avec "La Nuit Je Mens" - c'est aussi sur le tournage du clip qu'il rencontrera sa dernière femme, Chloé Mons -, en 1998. "Fantaisie Militaire" lui a donné une reconnaissance unanime - plusieurs Victoires de la musique - de la profession comme du grand public. Il faut dire que le disque a de quoi impressionner, mélangeant les textes sombres (obscurs?) et universels de son acolyte Jean Fauque et la musique plus ouverte que jamais de Bashung. Pour l'aider, l'artiste a convoqué quantité de musiciens renommés : Les Valentins, Adrian Utley guitariste de Portishead, Rodolphe Burger, etc. Un des nombreux talents de Bashung aura été de très bien savoir s'entourer, particulièrement à la fin de sa carrière. "La Nuit Je Mens", même si j'aurais aussi pu citer "Aucun Express", l'autre morceau de bravoure du disque, est une formidable plongée dans l'inconscient, avec des paroles aux interprétations multiples. Une chanson de rêves, fantasmée, dont l'écho résonnera longtemps encore. Dans nos nuits, Alain Bashung est toujours présent...

On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fait l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
A la station balnéaire
tu t'es pas fait prier
J'etais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais
Histoire d'eau

[Refrain] :
La nuit je mens
Je prends des trains
a travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.

J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
J'ai fait la saison
dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
d'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre a chercher a te plaire
dresseur de loulous
Dynamiteur d'aqueducs

[Refrain]



J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.

la nuit je mens...

10 novembre 2011

Festival Les Inrocks - E.M.A., Dum Dum Girls, Le Prince Miiaou, Anna Calvi - Paris, Olympia - 7 novembre 2011

Lundi dernier, nous faisions, maman et moi, la clôture du festival des Inrocks 2011 à l'Olympia. Cette dernière était placée sous le signe de la gente féminine puisque l'intégralité des chanteurs de la soirée étaient des chanteuses. E.M.A., première du nom, débuta précédée d'une réputation plutôt flatteuse. Son premier album sorti cette année est encensé un peu partout, Pitchfork en tête. Pourtant, on se demande rapidement pourquoi. Pour frimer et se pavaner sur scène il y a du monde, mais pour ce qui est des chansons, elles sont comme aux abonnés absents. L'attitude provocante d'une Courtney Love mélangée au génie bruitiste des (regrettés?) Sonic Youth, voilà ce que la belle Erika M. Anderson essaie de faire. En pure perte. Au final beaucoup de bruit pour rien et le sentiment désagréable d'être témoin d'une de ces escroqueries que le monde du rock est encore capable d'engendrer.
(Crédits : Pierre Le Bruchec)
Deuxièmes à entrer sur scène, les petites punkettes de Dum Dum Girls, toutes habillées de leurs traditionnels collants résilles, de leur robes mini-mini et coiffées de leur habituelle frange. Et franchement, si le look est très travaillé, leur comportement sobre - la bassiste, qui se dandine mollement, est même carrément amorphe - et leur rock ensoleillé font plutôt plaisir à voir et à entendre. Elles enchaînent à cent à l'heure des titres oscillants entre Blondie et les Ramones. Et comme leur set se termine par une percutante reprise de "There Is A Light That Never Goes Out" des Smiths, on se dit que ces nanas-là, à défaut de révolutionner quoi que ce soit, disposent d'un atout charme indéniable.
La suite est française et se cache derrière un étonnant pseudo : Le Prince Miiaou. Déjà auteurs de trois disques intéressants sans être pour autant toujours passionnants, j'attendais avec curiosité leur performance. Elle fut malheureusement à l'image de leurs albums, en demi-teinte. Prétentieuse sur le fond - beaucoup d'effets inutiles - comme sur la forme - quid des lunettes de ski et des flûtes en plastique lancées dans le public sans qu'on sache très bien pourquoi. On peut évidemment mettre ce comportement froid et distant sur le compte du stress d'un premier Olympia. Malheureusement, si au final il est difficile de nier l'évidente recherche, nous n'avons pas été vraiment convaincus. Cette musique n'est pas assez directe.

Les groupes défilent comme les heures et toujours pas d'Eva en vue, ni de sa bande de potes. Il faut dire que le public paraît un poil plus âgé que mercredi dernier. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'arrive sur scène, histoire de me contredire, la "surprise du chef", - comme Rover la fois précédente - Théodore, Paul et Gabriel. Avec un nom pareil, on s'imagine trois mecs, genre curés, venant nous chanter la messe. Mais que nenni, ils sont quatre dont 3 filles et surtout très très jeunes. Voyant arriver les adolescentes avec leur guitare en bandoulière et le gars en costume trois pièces derrière sa batterie - mais oui, mon fils, tu vas mettre ta cravate ce soir, tu fais l'Olympia quand même -, on a d'abord envie de rire. On croit à une blague. Ils sont pistonnés, c'est évident. Puis immédiatement, l'opinion est inverse. On se trouve cons d'avoir eu une telle réaction et on se prend d'affection pour eux. Parce que leur musique folk tient la route et que la chanteuse possède une voix intéressante. Voilà ce qui manquait au Prince Miiaou, un peu de cette fraîcheur-là.
Puis arrive enfin la reine de la soirée. Bon, avant de parler de sa prestation proprement dite, je dois quand même avouer que je me suis lassé de son disque sorti en début d'année, finalement trop emphatique à mon goût. C'est donc avec une certaine circonspection que j'abordais ce concert, même si des amis bien intentionnés m'en avaient dit le plus grand bien. Et franchement, dès les premières secondes, plus de doute possible, cette fille dégage quelque chose hors du commun. Sans en rajouter dans les effets et dans l'attitude, sa voix, son jeu de guitare parlent pour elle. Elle n'a besoin de rien d'autre. Malheureusement, c'est le moment que choisit une partie du public pour se faire la belle (sans mauvais jeu de mots). La chanteuse le remarquera mais loin de se laisser démonter, elle continuera sa prestation de haute volée. Tous les titres de son disque prennent en live une autre dimension. Elle joue aussi quelques reprises dont une superbe version du "Wolf Like Me" de TV On The Radio et le "Jezebel" d'Edith Piaf. Bref, qu'on aime ou pas sa musique - qui est quoiqu'on en dise tout sauf tiède - comment ne pas être subjugué par le potentiel de l'anglaise au look mi-gaucho (les cavaliers argentins, rien à voir avec François Hollande), mi-danseuse de flamenco ? Beau feu d'artifice final d'une soirée qui jusque là manquait d'un peu de chaleur !

7 novembre 2011

Tom Waits - Jockey Full Of Bourbon (1985)

Tom Waits sort un nouvel album ("Bad As Me") et c'est toute la critique qui s'enflamme, ne retrouvant probablement pas dans la jeune garde autant d'audace. Il faut dire que l'année 2011 qui se termine déjà bientôt n'a peut-être pas apporté son lot habituel de nouvelles têtes prometteuses. Alors on reste camper sur des valeurs refuges. C'est aussi cela la crise. Tom Waits, c'est l'Amérique rêvée, celle des grands espaces, aux allures de cirque, celle qui garde un côté typique avec des influences (blues, country, folk, etc) bien de là-bas, tout en étant suffisamment tordue pour fasciner ailleurs (cette voix caverneuse...). Une Amérique des bas fonds, les deux pieds ancrés dans la terre, mais avec la tête dans les étoiles. Des étoiles dûes à l'alcool bien souvent, comme en témoigne ce majestueux "Jockey Full Of Bourbon" extrait de ce qui est sans doute son meilleur disque "Rain Dogs". Pour la première fois, Waits y faisait appel au talent du guitariste Marc Ribot et c'est une réussite, les univers des deux bonhommes se complètent à merveille. Jim Jarmusch utilisera quelques temps plus tard la chanson pour son film "Down By Law", errance de paumés dans l'Amérique profonde. Là encore, l'association des images et de la musique, emprunte de poésie, est parfaite et procure une douce et enivrante sensation d'évasion. Quoiqu'il fasse - il est aussi acteur à ses heures perdues chez l'ami Jarmusch notamment ou l'inoubliable Renfield du "Dracula" de Coppola -, le monsieur garde une intégrité et une exigence exemplaires. Assurément un modèle artistique à suivre...

Edna Million in a drop dead suit
Dutch pink on a downtown train
Two dollar pistol but the gun won't shoot
I'm in the corner on the pouring rain
Sixteen men on a deadman's chest
And I've been drinking from a broken cup
Two pairs of pants and a mohair vest
I'm full of bourbon; I can't stand up.

Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone
Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone

Schiffer broke a bottle on Morgan's head
And I've been stepping on the devil's tail
Across the stripes of a full moon's head
Through the bars of a Cuban jail
Bloody fingers on a purple knife
Flamingo drinking from a cocktail glass
I'm on the lawn with someone else's wife
Admire the view from up on top of the mast

Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone
Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone

Extrait de "Down By Law" de Jim Jarmusch :

Yellow sheets on a Hong Kong bed
Stazybo horn and a Singerland ride
To the carnival is what she said
A hundred dollars makes it dark inside.
Edna Million in a drop dead suit
Dutch pink on a downtown train
Two dollar pistol but the gun won't shoot
I'm in the corner on the pouring rain

Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone
Hey little bird, fly away home
Your house is on fire; your children are alone

4 novembre 2011

Festival Les Inrocks - Owlle, Concrete Knives, La Femme & WU LYF - Paris, La Cigale - 2 novembre 2011

Retour sur le pied de guerre en ce mercredi soir pour le début des hostilités du festival des Inrocks 2011. Comme à son habitude, la programmation est assez éclectique mais fait la part belle pour cette soirée à la musique de chez nous. Dès 19h, arrive la grande bringue un peu flippante d'Owlle - le nom ne se prononce pas bien, trop de consonnes - qui ondule timidement derrière son synthé. Elle sera rapidement accompagnée d'un collègue batteur. La plupart des sons joués sont déjà pré-enregistrés. La voix n'est pas désagréable, mais les chansons sont plutôt banales, dans la lignée de ce qui se pratique déjà pas mal outre-Manche, en tête desquelles on retrouve les filles de Bat For Lashes ou Florence and The Machine. Owlle nous chante des "ouhouh" et des "ahahaha" à tour de bras comme pour masquer un sérieux manque de mélodies marquantes. Bref, on s'ennuie un peu, quand même.
On enchaîne ensuite avec Concrete Knives, des Caennais - la précédente était parisienne - et l'esprit est d'un coup nettement plus festif - à rapprocher de leurs voisins normands des Bewitched Hands, vus et entendus dans le cadre du même festival l'année précédente. Le groupe déploie une énergie scénique assez redoutable et sait faire partager son enthousiasme. La chanteuse savamment habillée et coiffée à la mode sixties jure un peu avec le reste du groupe dont les fringues ne semblent pas être la préoccupation principale. Elle, affublée d'un élégant pantalon qui lui fait une jolie taille de guêpe, virevoltera telle une abeille tout le temps du set, n'hésitant pas même à se jeter dans les bras du public. Si une fois encore, les chansons ne sont au final pas toujours transcendantes, Concrete Knives est au moins parvenu à faire bouger l'assistance. Grâce à eux, la soirée a réellement commencé...

Entre les deux concerts, une jeune femme vient s'asseoir par terre à côté de moi. - et oui, c'est que ça fatigue de rester plusieurs heures debout. Elle se prend la tête dans les mains, mais bifurque rapidement les yeux vers son téléphone portable. Puis un de ses copains (son petit ami?) tente de la consoler : "Arrête de te vénère pour de la merde, Eva! Arrête de te vénère pour de la merde, Eva!..." A la manière d'une vieille rengaine, il répète cette même phrase au moins une dizaine de fois. Le gars a une choucroute savamment décoiffée sur la tête, sans doute par l'action de quelques précautionneux passages de mains dans les cheveux, des petites baskets, le jean slim de rigueur, un blouson de cuir un poil trop court juste comme il faut et un tee-shirt largement échancré laissant apercevoir un torse déjà bien poilu. Malheureusement pour lui, la dénommée Eva, pas vraiment convaincue par son argumentation (et sa dégaine?) finit par partir au bout de quelques minutes de monologue. Le gars, à peine vexé, rejoint alors ses potes, reconnaissables au fait qu'ils sont attifés comme lui mais de façon juste un peu moins marquée. Preuve qu'il semble être le leader de la bande. En tout cas, il trouvera la juste conclusion à l'affaire : "Eva, elle se vénère vraiment pour de la merde!"
Mais laissons Eva à son énervement, car c'est au retour des Biarrots de La Femme de débarquer, tous affublés d'une perruque blanche façon village des damnés. Cette fois-ci, même si les influences sont évidentes et à aller chercher du côté de la new-wave made in France, celle de Jacno et de Taxi Girl, la musique du groupe dégage quelque chose qui va au-delà du simple copier/coller d'une recette existante. La Femme a une vraie personnalité, en témoigne leur tube "Sur La Planche" dont le thème est bien raccord avec leur région. Le son est parfois un peu criard, mais l'ambiance ne baisse pas pour autant d'un iota. La soirée est encore montée d'un cran.

Puis arrive la "surprise" de la soirée, Rover, improbable croisement entre Antony Hegarty et Jeff Buckley, pour le physique et aussi pour la musique. Il arrive seul avec sa guitare et se met juste devant le rideau derrière lequel on imagine les "stars" mancuniennes de la soirée se préparer. Il y a évidemment du potentiel derrière ce physique et cette voix atypiques. Comme pour les deux précédents groupes, on attendra avec impatience la sortie d'un premier véritable LP pour se faire une idée plus précise. Mais l'année 2012 pourrait s'annoncer radieuse pour la musique française... 

Enfin, les petits branleurs de WU LYF font leur apparition et fidèles à ce que je pouvais en attendre, leur musique semble faite expressément pour la scène. Leur rock est épique, flamboyant, braillard - on plaint les cordes vocales du chanteur -, sale. Ils n'ont pas besoin d'en rajouter, leur son remplit tout de suite l'espace. Le sol de la Cigale se met immédiatement à tanguer. Une heure durant, nous serons ainsi ballotés au gré des pérégrinations du groupe de Manchester et de son leader, Ellery Roberts - beau gosse et conscient de l'être - quelque fois assez pathétique dans ses pseudos messages politiques et philosophiques : "Life's a bitch and then you die". Il y aura bien quelques temps moins forts comme la dispensable reprise de "Wicked Game" de Chris Isaak, presque à l'exact opposé de leur univers. Mais tout se terminera dans un grand élan de fraternité, avec ce qui est pour moi, la meilleure chanson du groupe, le réjouissant "We Bros"...
C'est donc avec le sourire que les gens quittent petit à petit la salle. Le groupe La Femme fait des pieds et des mains pour vendre ses tee-shirts. Je regagne tranquillement mes pénates, plutôt content de ma soirée. Et dire qu'Eva a raté ça...

2 novembre 2011

Iceage - New Brigade

Les Danois sont souvent plus extrêmes que leurs homologues Suédois, que cela soit dans la douceur, comme avec la belle Agnès Obel ou inversement dans la terreur avec désormais les petits morveux de Iceage. Comme si étant moins nombreux, ils cherchaient à compenser en faisant outrancièrement parler d'eux (n'est-ce pas monsieur Lars Von Trier ?). Cette nouvelle formation est en tout cas à des années-lumière du gentil film d'animation du même nom. Leur musique guerrière n'est pas vraiment adaptée aux enfants, même si les membres de Iceage sont à peine majeurs. Les guitares, telles des tronçonneuses, ne font pas dans la dentelle. Mais, pour une fois, les références bien apprises, The Fall ou Wire, n'ont pas été recrachées telles quelles. Il y a une vraie recherche dans la construction des morceaux, ils ont une façon bien à eux de passer les mélodies au hachoir.
A l'instar de Wu Lyf, le même esprit de rébellion est mis en avant. Comme si une révolution ne demandait qu'à se déclencher. Plus connus pour leur goût de l'ordre, on ne savait pas que les pays nordiques avaient aussi quelque chose à nous apprendre dans le désir de chaos. Indignés de tous pays, levez-vous donc au son de "New Brigade" !

Clip de "New Brigade" :

Clip de "You're Blessed" :