Accéder au contenu principal

Mes indispensables : Radiohead - Amnesiac (2001)

Après les Talking Heads, voici un autre groupe à avoir (le privilège de?) trois disques classés parmi les indispensables de papa : Radiohead, évidemment. Ceux-ci sont malheureusement redescendus de leur piédestal avec leur dernier et décevant "The King Of Limbs". Si ce disque est considéré par certains, après deux albums plus accessibles, comme un salutaire retour à l'expérimentation et à la prise de risques des petits gars d'Oxford, l'inspiration semble pour une fois tourner un peu à vide et les chansons en rond. Ce qui était loin d'être le cas avec "Amnesiac", deuxième volet du virage à 90° effectué par le groupe, suite au succès commercial et critique unanime de "OK Computer". Comme son prédécesseur, cet album ressemble à une sorte de fuite en avant. Les anglais ne paraissent plus contrôler tous les effets produits par leur musique et laissent leurs idées vagabonder au fil des morceaux. Au risque de dérouter leurs fans, ils tournent définitivement le dos à la pop et subissent dans le même temps l'influence grandissante de l'électro mais aussi du jazz.
Plus encore que son jumeau "Kid A" sorti l'année d'avant,  "Amnesiac" est un disque qui se mérite, mais qui une fois qu'on s'en est imprégné, vous hante et vous transporte littéralement. Il contient notamment quelques unes des plus belles chansons de Radiohead : "You And Whose Army", "Knives Out" ou encore le sublime morceau final "Life In A Glasshouse". La troupe de Thom Yorke n'a alors plus d'équivalent et fait ce que bon lui semble. Coldplay est pourtant arrivé entre temps mais cherche à copier tout en étant bien loin d'égaler la puissance émotionnelle de "The Bends". Trois albums de retard : un gouffre. La différence entre une mode passagère et une oeuvre construite pour durer, entre un aimable groupe pop-rock de bande FM et une formation que même les jazzmen les plus renommés citent et reprennent. Définitivement unique. 

Clip de "Pyramid Song" :

Clip de "I Might Be Wrong" :
Clip de "Knives Out" :


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…