Accéder au contenu principal

Mes indispensables : Yeah Yeah Yeahs - Fever To Tell (2003)

Quand paraît en 2003, le premier disque des Yeah Yeah Yeahs, celui-ci fait l'effet d'une bombe, une locomotive lancée à toute vapeur, incontrôlable. Le groupe a déjà acquis une réputation scénique dévastatrice, renforcée par leur chanteuse, la charismatique Karen O. Les 6 premiers titres de ce "Fever To Tell" sont assénés pied au plancher, sans aucune retenue, dans une fureur toute communicative. La guitare, tel un hachoir, tranche dans la barbaque, avec une précision somme toute impressionnante. La batterie, n'est pas en reste et tape à bon escient, c'est-à-dire, un peu partout, un peu tout le temps. Et que dire donc, de la sauvageonne de service, qui s'habille comme une égérie punk de Vivienne Westwood et éructe à tout va des paroles particulièrement crues. C'est ce qu'on appelle du rock'n'roll premier degré, qui fait du bien par où ça passe. On pense bien sûr au son de la mythique scène de Detroit de la fin des années 60, des Stooges et du MC5. Passé ce déluge initial et deux morceaux un peu en retrait ("Cold Night", "No No No"), les Yeah Yeah Yeahs s'assagissent le temps de trois derniers titres où ils démontrent que même jouées tranquilles, leurs chansons tiennent assurément la route. "Maps" est un tube en puissance. 
C'est dans cette direction qu'ils continueront d'ailleurs leur carrière, au grand dam des fans hystériques de la première heure. Partant du principe honorable de ne jamais refaire deux fois le même disque, ils s'engouffrent malheureusement sur le terrain d'une pop-rock plutôt banal. Banal, ce n'est pourtant pas le premier mot qui nous vient à l'esprit, lorsqu'on vient d'assister à une prestation scénique de l'allumée Karen O et de sa bande. Au delà de l'attitude, du show et des fringues savamment étudiés que certains pourront lui reprocher, elle dégage quelque chose de brut, une énergie qui elle, semble toute naturelle. Si depuis ce "Fever To Tell", les disques des Yeah Yeah Yeahs sont devenus plus adultes, leur musique a conservé en concert cette rage  adolescente. Rock'n'roll will never die...

Clip de "Date With The Night" :

Clip de "Pin" :

Clip de "Y Control" :

Clip de "Maps" :

"Rich" en live :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Top albums 2017

Vous l'attendiez tous - si, si, ne dites pas le contraire - mon top albums 2017 ! Ce ne fut une fois de plus pas chose aisée, même aux toutes premières places, car aucun disque ne se dégageait facilement du lot. Pas de grande révélation pour moi cette année, on retrouve donc dans ce classement, des habitués. La principale déception, même si toute relative car l'album est quand même très bon, reste le retour de LCD Soundsystem. Le groupe devait normalement écraser la concurrence, il n'en fut rien. Leur musique est devenue plus réfléchie et moins dansante. Moins marquante donc pour moi. Sinon, dans ceux qui sont restés à la porte de ce top 10 et qui n'ont pas démérité, il y a Babx, Destroyer, Alex Cameron, Xiu Xiu ou Feist. Mais trève de discours, voici donc, en toute subjectivité, mes 10 disques préférés de l'année écoulée.

10. Snapped Ankles - Come Play The Trees
Les anglais de Snapped Ankles pratiquent une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'élect…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Montero - Performer

"Performer" est le deuxième album de Bjenny Montero, australien d'une quarantaine d'années, plus connu dans le milieu du rock indépendant pour ses talents de dessinateur que ceux de chanteur ou musicien. Il a notamment travaillé pour des artistes comme Mac Demarco - dont il a aussi fait la première partie - Ariel Pink ou Pond, soit pour les pochettes de disques soit pour des tee-shirts. Le gars avait même presque tiré un trait sur sa carrière musicale, d'une part parce qu'il avoue préférer le dessin, d'autre part parce qu'il sait qu'il ne rencontrera jamais le succès dans ce domaine. Dis comme ça, on ne peut s'empêcher d'avoir un peu d'affection pour le bonhomme, sorte de loser revendiqué, un brin fantaisiste et jemenfoutiste.
Surtout que "Performer" est un excellent disque de soft-rock, quelque part entre MGMT pour le côté mélodique et psychédélique et Ariel Pink pour le côté kitsch assumé et bricolé et l'inspiration ne…