Accéder au contenu principal

Mes indispensables : The Smiths - The Smiths (1984)

Après les Wild Swans, restons dans les années 80 avec l'un des groupes les plus importants de cette époque : les Smiths. Leur discographie complète devrait bientôt sortir dans un superbe coffret de luxe chez Rhino. Beaucoup trop cher, comme d'habitude dans ce genre de cas, mais quand on aime... Le premier album des Smiths, donc... Il y a toujours un côté touchant dans une première fois, un naturel et une innocence que l'on ne retrouve plus après. C'est encore l'effet que procure ce disque aujourd'hui. Bien sûr, tout n'est pas parfait, cela viendra plus tard avec "The Queen Is Dead", mais ce sont ici les défauts, les imperfections qui rendent l'ensemble charmant. De toute façon, un disque qui contient une chanson aussi belle que "This Charming Man" est forcément digne d'intérêt. Les paroles de Morrissey font référence au mal être vécu par nombre d'entre nous lors du difficile passage à l'âge adulte. Son talent d'écriture est déjà évident, bien au-dessus de la moyenne. En remarquable trousseur de mélodies (et non pas comme d'autres de domestiques...), Johnny Marr n'est pas en reste. Jamais dans le même rythme que le chanteur, il tricote à merveille un autre canevas avec sa six cordes. Mais, au final, les deux parviennent à s'accorder parfaitement. 
Pas franchement satisfaite de la production du disque, la formation de Manchester enregistrera pourtant une version bis de ce premier album, "Hatful Of Hollow", que beaucoup considèrent comme meilleure et qui est en plus agrémentée de quelques inédits pas dégueus comme "How Soon Is Now" ou "This Night Has Opened My Eyes". Mais, à l'image de l'adolescence, sujet de prédilection des Smiths, ce premier jet demeure pour moi plus émouvant. Hésitant et encore maladroit, il est porté par une grâce qui n'appartient qu'à cet âge-là. Depuis, Morrissey est devenu adulte et ce n'est pas agréable à entendre... 

Clip de "This Charming Man" :
"What Difference Does It Make ?" :


Commentaires

  1. Bizarre, moi et les Smiths...
    Si je reconnais leur place de groupe vital des années 8o, si la paire Morrissey-Marr a aligné les classiques de l'indie pop, j'avoue qu'en fait ils me fatiguent depuis et je ne prends guère de plaisir quand je les ré-entends par hasard.
    La faute à une presse indé qui les a trop encensés, à leur formule musicale qui doit tout aux Byrds ou surtout à la figure pénible d'un Morrissey antipathique - éloquent ses propos imbuvables que tu a mis en lien - alors que dans le même temps, Depeche Mode ou les Cocteau Twins de la même période figurent plus que jamais dans mes "indispensables"...
    À choisir, je préfère entendre leurs suiveurs, style les groupes Sarah Records (Field Mice, Another Sunny Day), plus fragiles et touchants à mes yeux.

    Mais ton papier a eu un indéniable "effet Madeleine de Proust", c'est sûr ;-)

    RépondreSupprimer
  2. De mon côté ça avait été le coup de foudre immédiat, à l'instant où j'ai entendu pour la voix de Morrissey pour la première fois. Mais je les ai sans doute beaucoup trop écoutés, disséqués, chéris à une époque et ces chansons - parfaites pourtant - ne me procurent plus la même émotion.
    Et vive Sarah, Postcard, Odd Box, Cloudberry, Slumberland et autres Weepop.

    RépondreSupprimer
  3. Bon j'ai fait mon bougon et mon malin la première fois que j'ai commenté ta rubrique, faut dire qu'il y avait longtemps que je ne les avais pas réécoutés...
    OK, je m'incline, sûr que ce premier Smiths (version Hatfull of Hollowque je connais mieux) est un des grands disques des années 80 (mon préféré d'eux) et difficile d'ignorer le groupe.
    Dur de résister à "This Charming Man", "William", "How Soon Is Now" ou "Heaven Knows I'm Miserable Now" celle-ci qui m'évoque tout de suite le programme de Bernard Lenoir, tellement celui-ci le passait souvent.
    Le Black a débranché, une page se tourne... Va falloir s'y faire mais à part un peu "Alternatives" de Laurence Pierre, quid du rock indé maintenant sur l'antenne d'Inter ? :(

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Baxter Dury - Prince of Tears

Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Depuis la terrible "Happy Soup", le chanteur est un habitué de mes tops de fin d'année. Ce "Prince of Tears" ou l'éternel sujet du comment se sortir par la musique d'un douloureux chagrin d'amour, devrait ne pas déroger à la règle. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court. Il s'y dégage cette habituelle impression de facilité, comme si ces mélodies allaient de soi. Un peu comme Gainsbourg, dont l'anglais n'a jamais été aussi proche, en son temps. Les arrangements font régulièrement penser à l'auteur de "Melody Nel…