5 décembre 2011

The Clash - London Calling (1979)

Décidément, tout le monde aime The Clash. Les "vieux" rockers, ceux qui ont connu les débuts pour qui ils représentaient comme une seconde jeunesse. Les contemporains du groupe, ceux qui étaient alors dans leur période de rébellion adolescente et ont vécu le mouvement punk de l'intérieur. Les plus jeunes enfin, parce qu'ils restent aujourd'hui encore l'un des derniers groupes ayant proclamé de manière aussi évidente la résistance à toute forme d'autorité ("I Fought The Law"). En ces périodes d'indignation, leur musique comme leur message restent une balise, un relais qu'on se transmet et se partage entre générations. Julie Delpy, cette actrice touche-à-touche qui a brillamment réussi son passage derrière la caméra ("Two Days In Paris", "La Comtesse"), vient de se lancer dans un biopic du leader charismatique du groupe, Joe Strummer, mort trop jeune. Elle, que je me souviens avoir vu en première partie de Television au Bataclan, est donc aussi fan des Clash. J'attend avec impatience ce que cette artiste intègre va bien pouvoir faire du sujet. Intégrité voilà d'ailleurs le maître mot lorsqu'il s'agit de parler de la célèbre formation de punk anglais. Du déjanté Lester Bangs au plus rangé Antoine de Caunes, ils disent tous la même chose. Pourtant, j'ai un peu honte de l'avouer mais je préfère ceux auxquels on les associe souvent, les deux constituant les extrêmes du punk britannique de la fin des années 70 : les Sex Pistols. Dans les disques des Clash, il n'y a pas la même folie, tout paraît avec le recul trop maîtrisé. Oui, je sais, je vais sans doute irriter quelques inconditionnels qui ont eu la chance de les voir sur scène. D'un côté, un groupe formé de toute pièce qui chie sur tout et ne prend rien au sérieux. De l'autre, un groupe pour qui la musique est primordiale et dont le message est raccord avec l'état d'esprit. Malheureusement, les Clash sont devenus trop consensuels, il suffit d'un reportage sur la capitale britannique, pour qu'on nous serve leur fameux "London Calling". Malgré tout, grâce à celui-là et quelques autres titres, je garde moi aussi un faible pour The Clash. Inusable..

London calling to the faraway towns
Now war is declared, and battle come down
London calling to the underworld
Come out of the cupboard, you boys and girls
London calling, now don't look to us
Phoney Beatlemania has bitten the dust
London calling, see we ain't got no swing
'Cept for the ring of that truncheon thing

[Chorus 1:]
The ice age is coming, the sun's zooming in
Meltdown expected, the wheat is growing thin
Engines stop running, but I have no fear
'Cause London is drowning, and I live by the river

London calling to the imitation zone
Forget it, brother, you can go it alone
London calling to the zombies of death
Quit holding out, and draw another breath
London calling, and I don't wanna shout
But while we were talking, I saw you nodding out
London calling, see we ain't got no high
Except for that one with the yellowy eyes

[Chorus 2: x2]
The ice age is coming, the sun's zooming in
Engines stop running, the wheat is growing thin
A nuclear error, but I have no fear
'Cause London is drowning, and I live by the river



Now get this

London calling, yes, I was there, too
An' you know what they said? Well, some of it was true!
London calling at the top of the dial
After all this, won't you give me a smile?
London calling

I never felt so much alike [fading] alike alike alike

2 commentaires:

  1. Indigné ? OUI, je le suis... mais à cause de ton billet ! Ainsi, les Clash seraient "devenus" (comment ça ? il n'existent plus depuis 85 et ne sont pas prêts de se reformer...) "trop consensuels" (sic) sous prétexte que :
    - (1) l'on utiliser[ait] trop leurs titres dans des reportages TV (ô sacrilège ! Et Joe Strummer ne dit rien ? Diantre... Alors que Johnny Rotten LUI, a donné son accord pour que les Pistols deviennent une marque de PARFUM en 2010... Je me rappelle encore le slogan, ridicule : "Réveille le rebelle qui est en toi" ^^)
    - (2) "tout le monde [les] aimer[ait]" aujourd'hui (m'ouais... perso, je préférerais que l'on continuât à écouter vraiment leurs albums -et pas QUE certains de leurs "tubes" galvaudés*- ; je dis ça à l'attention "des plus jeunes") Et après tout, si le succès du groupe perdure, n'est-ce pas dû simplement plutôt à la qualité de leur discographie quasi-intemporelle ? On ne peut pas en dire autant d'autres groupes punk anglais (dont les disques sont eux beaucoup plus datés...)

    Ce qui m'irrite aussi, cher Vincent, c'est que tu sembles limiter le "message" des Clash simplement à une forme "d'indignation, de résistance à toute forme d'autorité". C'est méconnaître l'engagement SOCIAL et le sens POLITIQUE des textes de Strummer (raison pour laquelle par ex. Stephen Daldry a utilisé "London Calling" dans la B.O. de "Billy Elliot") Moi, c'est par l'intermédiaire (entre autres) de Billy BRAGG que je suis venu aux Clash "the greatest rebel rock band of all time" dixit celui-ci. L'apport fondamental des Clash, c'est encore B. Bragg qui en parle le mieux et je terminerai en citant sa célèbre formule : "S'il n'y avait eu les Clash, le punk aurait été simplement une raillerie, une épingle de sûreté et une paire de pantalon de servage." ;-)

    *Should I stay, or should I go ? Ok, je sors...

    P.S. : quant à Julie Delpy, c'est normal (étant née en 69) qu'elle soit fan des Clash. Espérons qu'elle réussisse son biopic (en évitant le contre-exemple de Oliver Stone avec les Doors...)

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  2. "S'il n'y avait eu les Clash, le punk aurait été simplement une raillerie, une épingle de sûreté et une paire de pantalon de servage."
    Et alors ?
    C'est aussi le message que je voulais faire passer par ce modeste billet...

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