29 janvier 2011

Cloud Nothings - Cloud Nothings

Disons les choses tout de suite : ce groupe n'a rien de foncièrement original, jusque dans son nom. Mais c'est pourtant typiquement le genre de trucs qui, dès la première écoute, donne irrésistiblement envie de dodeliner de la tête, surtout quand ça commence aussi fort que ce "Understand At All" débraillé. Bon, il faut quand même aussi prévenir les réfractaires à ce type de musique, ça ne fait pas vraiment de fioritures. C'est plutôt de la pop de petits branleurs, gentiment énervée, foutraque, mal peignée, qui n'essaie pas d'être spécialement jolie mais qui privilégie avant tout la mélodie. Des fois, ça marche (le début du disque surtout), d'autres fois, moins (la fin). L'avantage, c'est que les morceaux ne durant dans l'ensemble pas plus de 3 minutes, on n'a même pas le temps de s'ennuyer, ni de se lasser.
On pourra donc désormais rajouter Dylan Baldi, puisque c'est ce jeune homme de 19 ans originaire de Cleveland qui se cache derrière Cloud Nothings, à la longue liste des groupes de power-pop tendance lo-fi. On y retrouve notamment l'esprit d'anciens comme Pavement, Sebadoh et consorts, même si, du point de vue mélodique, c'est sans doute plus proche de formations anglaises comme les Stone Roses. En plus, le gamin a des faux airs de Lou Barlow...Que ceux qui aiment donc les choses soignées et bien rangées passent leur chemin...Pour les autres, un peu de coolitude (et de branchitude?) dans un monde parfois trop sérieux, ça  peut aussi faire du bien.

Clip de "Should Have" :

27 janvier 2011

Depuis la chambre

Aujourd'hui, je débute une nouvelle rubrique sur "La musique à papa" qui, je l'espère, va perdurer. En effet, dans la série "il n'est jamais trop tard pour bien faire", je vous propose de revenir sur les principaux disques sortis par un petit label. Un label dont on ne parle pour moi pas assez, et qui, en ces temps de communication à outrance et de consommation de masse semble toujours garder une ligne de conduite exemplaire, fonctionnant encore sur le coup de coeur, le coup de foudre (et tant pis pour le retour sur investissement ?). Un peu comme un blog finalement ;-) Une sorte de village d'irréductibles gaulois... Et pour une première, il s'agit de "Depuis la chambre", un label parisien créé par  un dénommé Glen Ropars et qui rassemble en son sein, quelques artistes français adeptes d'une pop (de "chambre"?) pas désagréable du tout, dans la lignée de Katerine, Dominique A ou encore Daniel Darc. Bref, du fortement recommandable. Le nom même du label provient du premier album de Laurent Barbin, un chanteur à l'univers mélancolique et littéraire assez marqué, pas très éloigné musicalement du dernier disque, "La musique", d'un autre Nantais, Dominique A. Ce n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler de la musique fantaisiste, mais les textes comme les arrangements sont particulièrement élégants et soignés, ce qui fait que son nom est sans aucun doute à retenir. A l'image d'un Arman Méliès, il lui reste encore à progresser la voix, un peu en retrait. N'est pas Bashung ou Bertrand Belin qui veut...
Autre nom présent sur le label, Martin Angor, lui, pratique une pop plus dansante, mais tout aussi sombre, proche de Taxi Girl notamment ("AK47" est une référence évidente à "Aussi belle qu'une balle"). Là encore, il y a de bien belles choses, même si ça ne tient pas forcément sur la longueur d'un album.
Enfin, dernier disque mentionné ici, celui de C++, alias Charlotte Gérant, sur lequel a d'ailleurs participé Angor, comme quoi, malgré le peu d'artistes encore signés, "Depuis la chambre" semble être déjà une grande famille. Le disque s'appelle "Orienté objet" et on pourrait donc croire à un truc d'informaticiens, un peu chiant, le genre de musique binaire faite de zéros et de uns. Mais non, c'est tout l'inverse, c'est plutôt carrément décalé, reprenant les choses là où Katerine les avaient arrêtées après  son pourtant excellent "Mes mauvaises fréquentations". Et en sus, il y a même quelques titres qui auraient  pu devenir des tubes comme ce "Comme dans les films" particulièrement efficace.
"Depuis la chambre" est donc un label prometteur dont j'attends désormais des nouvelles avec une certaine impatience, car il semble détenir le secret d'une pop magique, loin d'être si fréquente par chez nous.

Clip de "Les amoureuses" (Laurent Barbin) :

Clip de "Sombre Disco" (Martin Angor) :


25 janvier 2011

Mes indispensables : Echo And The Bunnymen - Ocean Rain (1984)

Comme Anna Calvi m'avait fait ressortir "Grace" de Jeff Buckley de mes étagères à CD, les Crocodiles français m'ont donné l'envie de me replonger dans Echo And The Bunnymen. Et de Echo And The Bunnymen, plus que de leurs débuts post-punk et cold-wave, je garderai surtout ce "Ocean Rain" de 1984. Tout d'abord, parce qu'il contient ce qui est unanimement  (et par McCulloch lui-même) considéré comme leur plus grande chanson : "The Killing Moon", superbe ballade romantique et ténébreuse. Mais aussi parce que le reste est de la même veine et constitue leur disque le plus ouvragé, le mieux orchestré, celui où ils semblent avoir réussi à trouver la formule magique, mariant à merveille la guitare cristalline de Will Sergeant et la voix profonde et magnétique de Ian McCulloch. D'ailleurs, après "Ocean Rain", le groupe sombrera rapidement, en publiant tout d'abord un disque particulièrement dispensable, malgré la présence de Ray Manzarek, ancien organiste des Doors, influence évidente et revendiquée du groupe. Ils perdront ensuite leur âme en la personne de leur chanteur charismatique, parti poursuivre une carrière solo dès 1988 mais aussi, et de manière nettement plus tragique,  leur batteur Pete de Freitas, qui décédera quelques temps après d'un accident de moto. C'en est trop pour le reste des membres qui finiront par jeter l'éponge en 1992.
Après l'intermède Electrafixion qui a vu McCulloch et Sergeant se réconcilier, le groupe se reforme pourtant en 1997, surfant sur le succès de la vague brit-pop. Malgré le fait que certains y ont vu un vrai retour en grâce, approchant par moments l'indépassable "Ocean Rain", je suis toujours resté scotché à ce dernier. Parce que le style était déjà bien affirmé et qu'il n'y avait de toute façon rien à ajouter. Je l'ai déjà dit, je ne suis pas de ceux qui suive la carrière d'un groupe de manière systématique, j'ai plutôt tendance à picorer, à droite, à gauche, et me lasser assez rapidement. La plupart des artistes ont d'ailleurs la fâcheuse habitude de tourner en rond, une fois qu'ils ont trouvé la formule idéale. Et dans le cas d'Echo And The Bunnymen, "Ocean Rain" correspond donc à cette formule, bien plus intemporelle et moins boursouflée (l'effet Liverpool ?) que celle de leurs homologues de l'époque, les Ecossais de Simple Minds (qui portent bien leur nom ?) ou même les Irlandais de U2, à qui on les associe malheureusement trop souvent.

Clip de "The Killing Moon" :

Clip de "Seven Seas" :

22 janvier 2011

Crocodiles - Generalized Suspicion Of Experts

Tiens, un petit disque français cette semaine. Enfin français, pas tout à fait, parce que le groupe en question chante évidemment en anglais, influences obligent. Et d'influences, on en entend beaucoup chez ces Crocodiles hexagonaux - à ne pas confondre au passage avec la formation américaine du même nom, dont le nouvel album est  aussi sorti dernièrement -, on pense évidemment à Echo and the Bunnymen, de part le nom en référence à un de leurs meilleurs disques, à Kraftwerk pour le costume porté sur la pochette, à Joy Division surtout, pour la musique tendance cold-wave, la voix et l'inspiration première et même aussi aux B52's sur quelques titres dont le pétillant "Channel 44", etc. Bref, des noms qui augurent du meilleur. Forcément. Et, en effet, ce "Generalized Suspicion Of Experts" est une agréable surprise : varié et percutant, sans baisse de régime.
Et force est même de constater que pour une fois, les nombreux modèles n'apparaissent pas trop pesants et permettent malgré tout à ces Strasbourgeois - de la même ville que leur label Herzfeld dont le catalogue commence à avoir fière allure - de développer un son d'une puissance particulièrement rare par chez nous. Alors, Interpol à la française ? Reste à vérifier, déjà, s'ils sont aussi impressionnants que ces derniers sur scène...
L'album est en écoute intégrale ici.

Clip de "The Dark Passenger" :

Clip de "Manhunt" :

18 janvier 2011

Mes indispensables : Jeff Buckley - Grace (1994)

Bon, après avoir beaucoup glosé sur les qualités et les défauts d'Anna Calvi - promis, je n'y reviendrai pas, même si je persiste et signe à dire que c'est un excellent disque - et sa soit-disant proximité avec la musique d'un certain Jeff Buckley, je me suis dit justement qu'il était temps de revenir sur le seul véritable album de ce dernier : "Grace". Album qui aura marqué toute une génération, mais dont quelques uns commencent à égratigner un peu le statut de chef d'oeuvre inattaquable. Pourtant, je viens de remarquer qu'il est encore difficile d'oser touché à l'idôle et de tenter les comparaisons (ah... les morts...) La faute à la télé-réalité aussi, qui a vu, quelques malheureux candidats essayer de reprendre LA fameuse chanson du maître, "Hallelujah", morceau qui n'est d'ailleurs pas de son fait mais comme tout le monde le sait, l'oeuvre de Leonard Cohen, autre expert ès émotions. Et ces émissions de télé de démontrer pour certains que Jeff Buckley n'était finalement, lui aussi, qu'un vulgaire chanteur de karaoké, aussi doué était-il, jamais aussi l'aise que dans les reprises, "Lilac Wine" et donc "Hallelujah" en tête et un compositeur assez besogneux, incapable de dépasser ses nombreuses influences.
Mais, comme pour beaucoup donc, Jeff Buckley, c'est une partie de mon adolescence, c'est lié à des souvenirs, et c'est aussi le regret de ne jamais avoir vu le monsieur sur scène, juste d'avoir été parcouru de frissons par médias interposés : un concert au Bataclan diffusé sur France Inter, une prestation mémorable sur Canal+. Bien sûr, aujourd'hui, en réécoutant "Grace", je ne ressens plus la même chose qu'à 18 ans, l'émotion n'est plus si présente, il y a quinze ans de recul. A l'époque, le disque m'avait fait un tel effet que je me sentais obligé d'en parler autour de moi, de crier partout la bonne nouvelle. J'avais l'impression d'être fort, de détenir un pouvoir que d'autres n'avaient pas : je connaissais Jeff Buckley. Quelque part, ce disque m'a donné un peu de confiance en moi : on est con quand on est jeune. Aujourd'hui encore, je me rends compte qu'il m'est impossible d'en dire du mal. Cela serait renier trop de choses, une part de moi-même peut-être. Oui, Jeff Buckley, c'est mon adolescence et il n'y a rien de pire que de briser les rêves d'un adolescent...

Clip de "Grace" :

"Hallelujah" en live sur Canal+ :

15 janvier 2011

Anna Calvi - Anna Calvi

Bon, l'attente n'aura pas été si longue, finalement. A peine la mi-janvier et j'ai déjà trouvé le premier grand disque de 2011. Elle s'appelle Anna Calvi et bientôt vous n'entendrez plus parler que d'elle, son nom sera sur toutes les lèvres. Car son premier album a indéniablement la force de l'évidence : cette anglaise-là a du talent à revendre, l'étoffe d'une grande et semble même capable de conquérir les charts et le grand public. Pas besoin de beaucoup d'écoutes pour s'en persuader. En plus, elle possède même le parrainage d'un certain Brian Eno, qui officie au piano sur le disque... Cette musique serait la rencontre idéale et improbable entre une PJ Harvey pour le style et la voix tantôt rêche, tantôt sensuelle, et un Jeff Buckley pour le goût du risque et de l'excès, "To Bring You My Love" et "Grace". Oui, à ce niveau-là ou presque, même si l'avenir nous dira si son disque résistera aussi bien à l'épreuve du temps. Des titres comme "Desire" ou "Blackout" sont en tout cas, de ces chansons qui, dès la première écoute accrochent immédiatement l'oreille. Tout y est bien en place et dégage une maturité assez exceptionnelle pour le premier essai d'une jeune femme de 22 ans. Décidément, après Patti Smith à Pleyel, un nouveau PJ Harvey justement qui s'annonce excellent et cette époustouflante révélation de Anna Calvi, digne successeuse des deux précédentes, la gente féminine pourrait rapidement faire main basse sur le rock 2011.
La chanteuse sera bientôt en tournée, en France, avec notamment une Black Session, dès lundi prochain, chez Bernard Lenoir. A ne pas manquer, car, paraît-il, elle est encore plus impressionnante sur scène.

13 janvier 2011

Just Kids de Patti Smith

Après Manchester, je poursuis ma nouvelle rubrique littéraire, avec la récente autobiographie de Patti Smith, sobrement intitulé "Just Kids". Celle-ci raconte sa bouleversante histoire d'amour avec le photographe Robert Mapplethorpe, surtout connu pour avoir pris le fameux cliché de la pochette de son mythique premier album "Horses". Elle rejouera d'ailleurs ce disque en intégralité, fin janvier à la Salle Pleyel, à Paris. "Just Kids" est une plongée en apnée dans le New-York arty des années 60-70. L'art y est en effet la chose la plus importante, peut-être encore plus que l'amour. Toute forme d'art est alors vénérée : la littérature (la Beat Generation, Baudelaire, et bien sûr Rimbaud), le cinéma (la Nouvelle Vague française), la peinture (Warhol), etc. Je m'arrêterai pour ma part à la musique, celle qui a marqué la relation de Patti et de Robert : rock'n'roll évidemment, mais pas que ça... En espérant que tout cela vous donne envie d'en savoir plus...

The Beatles - Strawberry Fields Forever

Je savourais ces petites gâteries, glissais une pièce de vingt-cinq cents dans la fente du juke-box et écoutais "Strawberry Fields" trois fois de suite. C'était mon rituel secret : les mots et la voix de John Lennon me donnaient de la force quand je fléchissais.

The Doors - The Crystal Ship

C'était l'été de la mort de John Coltrane. L'été de "Crystal Ship". [...] Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d'une rencontre a changé le cours de ma vie. C'est l'été où j'ai rencontré Robert Mapplethorpe.

The Byrds - So You Want To Be A Rock'n'roll Star

Un soir, il m'a apporté un disque des Byrds. "Cette chanson va être importante pour toi", m'a-t-il dit en descendant le diamant sur "So You Want to Be a Rock'N'Roll Star". Quelque chose dans cette chanson m'a enthousiasmée et troublée, mais je n'ai pu deviner son intention.

The Rolling Stones - Sympathy For The Devil 

Le jour de mon anniversaire, Robert est passé me voir tout seul. Il m'apportait un nouveau disque. Avec un clin d'oeil, il a mis le diamant sur la première face. "Sympathy For The Devil" a retenti. Nous avons tous les deux commencé à danser. "C'est ma chanson", a-t-il dit.

The Excellents - Coney Island Baby

Nous avons traversé la plage pour aller dire bonjour à l'océan, et je lui ai chanté la chanson "Coney Island Baby" des Excellents. Il a écrit nos noms dans le sable.

Tim Hardin - How Can You Hang On to a Dream ? 

J'ai plié nos vêtements. Celle que nous appelions notre chanson est arrivée : "How Can You Hang On to a Dream ?" Nous étions tous deux rêveurs, mais Robert était celui qui menait les choses à bien.

Kris Kristofferson - Me And Bobby McGee

J'étais assise par terre le jour où Kris Kristofferson lui chanta "Me And Bobby McGee", rejoint par Janis sur le refrain. J'étais présente en ces instants historiques, mais j'étais tellement jeune et absorbée par mes propres pensées que je me rendais à peine compte que c'en étaient.

Patti Smith - Because The Night

Un jour, en fin d'après-midi, nous marchions dans la 8ème Rue, lorsque nous avons entendu le son de "Because the Night" qui passait à tue-tête dans tous les magasins, l'un après l'autre.[...]Robert, souriant, marchait en rythme. [...] Mon succès était pour Robert l'objet d'une fierté sans mélange. Ce qu'il voulait pour lui-même, il le voulait pour nous deux.  "Patti, a-t-il fait d'une voix traînante, t'es devenue célèbre avant moi."

Patti Smith - Wild Leaves

Le matin, je me suis installée au bureau de notre chambre du Mayflower Hotel et lui ai écrit la chanson "Wild Leaves", mais je ne la lui ai pas donnée. J'avais beau essayer de lui écrire un texte immortel, le résultat semblait par trop mortel.

Patti Smith - People Have The Power

Quelques jours plus tard, Robert m'a photographiée vêtue d'un blouson aviateur de Fred pour la pochette du single que nous projetions de sortir, "People have The Power". En découvrant la photo, Fred a dit : "Je ne sais pas comment il s'y prend, mais toutes les photos qu'il fait de toi lui ressemblent, à lui".

"Jesus died for somebody's sins / But not mine"  (Patti Smith)

11 janvier 2011

Mes indispensables : Flotation Toy Warning - Bluffer's Guide To The Flight Desk (2004)

Ce disque est un secret bien gardé. C'est aujourd'hui encore le premier et unique album du groupe. Ils sont anglais, se nomment Flotation Toy Warning et ont été signés en France sur l'excellent label Bordelais Talitres. Depuis, pas beaucoup de nouvelles, hormis le fait que leur chanteur, Paul Carter, à l'impressionnante voix de ténor (oui, oui, c'est bien lui qui chante à la fin de "Losing Carolina"), a fait une apparition sur le très beau projet The Fizcarraldo Sessions. Pourtant, depuis le début de l'année, des rumeurs persistantes de deuxième album circulent sur le net, celui-ci devrait d'abord sortir au compte-goutte sous forme de singles puis en version intégrale d'ici à la fin 2011. "Bluffer's Guide To The Flight Desk" ne sera donc plus orphelin, sans suite, ce qui le rendait d'autant plus précieux... J'ai, pour ma part, déjà eu la chance de pouvoir mettre des visages derrière ce drôle de nom de groupe. Des visages et un joli souvenir aussi. C'était dans le cadre du festival Villette Sonique, à Paris, en 2005, et en plus, c'était gratuit ;) Les malheureux avaient joué en tout début d'après-midi devant un public particulièrement clairsemé (et c'est un doux euphémisme...) Mais leur disque avait déjà eu son petit effet sur moi et malgré la présence de The Fall (oui, quand même) le même jour, c'était bien eux que j'étais venu voir avant tout.
 Crédit photo : Marc Saurfelt
La photo ci-dessus provient d'ailleurs de ce fameux concert. Et loin de faire retomber la magie, leur prestation m'avait en plus fait découvrir un groupe éminemment sympathique, charmant. A la fin du set, j'avais même fait mon fan de base, en allant récupéré les baguettes du batteur. Mais, pour en revenir à la musique, puisque c'est aussi ça qui nous intéresse, leur style est à situer parmi la mouvance outre-Atlantique de groupes comme Polyphonic Spree, Mercury Rev, Flaming Lips et Grandaddy. De la pop symphonique donc, à effet immédiat, ultra-mélodique, et qui n'oublie pas d'être régulièrement chargée en émotions. Et tant pis si j'ai ébruité le secret - de toute façon, ça finira bien par se savoir - : "Bluffer's Guide To The Flight Desk" est un des plus grands disques pop de la dernière décennie. A un moment donné, il faut savoir partager les bons petits plats entre amis :)

Vidéo de "Happy 13" :

8 janvier 2011

Tennis - Cape Dory

Retour aux affaires courantes avec cette fois-ci un disque de 2011 et pourtant c'est peu dire que la rentrée est pour l'instant plutôt pauvre niveau sorties marquantes. En janvier 2009, on avait quand même eu droit à Animal Collective ou Antony and the Johnsons et en janvier 2010, c'était Arnaud Fleurent-Didier, Beach House ou encore Owen Pallett. Et pour 2011 ? Démarrage en douceur avec un tout nouveau groupe au drôle de nom : Tennis, adepte d'une sunshine pop pas vraiment de saison mais bien dans l'esprit d'un tas de nouvelles formations apparues ces derniers temps. On pense aux Morning Benders, à Avi Buffalo, à Beast Coast surtout. C'est mignon tout plein, truffé de "ohohoh" et de "shalalala" même si ce n'est pas franchement inoubliable non plus. On se croirait revenu dans les années 60, époque bénie de tous les girls groups, de Phil Spector et consorts, bref, de la pop dans tout ce qu'elle peut avoir de plus immédiat.
"Cape Dory" est ainsi court, direct et va droit à l'essentiel : seulement dix morceaux pour même pas trente minutes de musique. Un disque sympathique et sans doute idéal pour commencer l'année tranquillement, en pensant à la plage et au soleil (de Californie?). Oui, je sais, tout ça paraît déjà bien loin... Mais en ces temps de gastro, un peu de légèreté est aussi la bienvenue ;-)
Sinon, pour les intéressés, ils seront très très prochainement en concert en France, notamment à la Maroquinerie le 11 de ce mois.

Clip de "Cape Dory" :

4 janvier 2011

Mes indispensables : Love - Forever Changes (1967)

Tout d'abord, bonne et heureuse année 2011 à tous ! Et quoi de mieux pour commencer l'année qu'un peu d'amour avec les californiens de Love ! Et se dire comme Arthur Lee, à l'époque, que plus rien ne sera désormais pareil. "Forever Changes", comme un désir perpétuel d'ailleurs, de meilleur. Cela va forcément de pair avec les nouvelles résolutions de chaque début d'année, où passé le réveillon et les quelques verres de champagne ingurgités, on se retrouve bien souvent rempli de bonnes intentions. Et comme de bien entendu, ça ne dure pas... En attendant de le savoir, j'ai, de mon côté, un peu transformé "La musique à papa" pour rendre le site plus aéré et plus clair, j'espère. En espérant que la nouvelle maquette vous plaira... Celle-ci évoluera d'ailleurs peut-être encore dans les prochains jours ou prochaines semaines. Ce disque est en tout cas à cette image : une bonne résolution, un ovni, un truc sans lendemain. La rencontre irréelle et idéale entre le psychédélisme baroque d'un Syd Barrett et les mélodies délicatement arrangées d'un Ray Davies. A l'instar des Zombies et de leur "Odessey And Oracle", "Forever Changes" demeure une parfaite incongruité dans la discographie de Love. Deux réussites totales et particulièrement inattendues de la part de groupes talentueux certes, mais ne sortant jusqu'alors pas spécialement de la masse des formations pop/folk de l'époque.
Le guitariste Bryan McLean est peut-être l'auteur de la chanson la plus célèbre du groupe, la géniale et très hispanisante "Alone Again Or", mais c'est bien Arthur Lee, le leader noir (assez rare dans le milieu de la folk music) le responsable de la tonalité générale de l'album, de ce son si travaillé, avec tout de même l'aide de l'arrangeur David Angel. Totalement ignoré dans les sixties, ce n'est que bien plus tard que ce génie sera reconnu à sa juste valeur. Lee avouera peu de temps avant sa mort en 2006, qu'il avait voulu à l'époque enregistrer le disque définitif, car il pensait sa mort proche. Comme quoi, il faut aussi savoir faire fi des bonnes résolutions : les pensées les plus noires pouvant produire les plus beaux joyaux.