30 septembre 2011

Laetitia Velma - Bruxelles, Madame Moustache - 24 septembre 2011

C'est un peu par hasard que nous nous sommes retrouvés maman et moi, en cette fin d'après-midi, à Bruxelles, dans ce bar au nom pour le moins étrange : Madame Moustache. Enfin, par hasard, pas complètement non plus, la preuve ici,  et même là-bas. Ce 24 septembre, la capitale belge fêtait la Wallonie, la partie du pays francophone. Pour cela, un grand show était organisé sur la Grand Place avec quelques personnalités locales : Axelle Red, Maurane, etc. Bref, pas le genre de musique dont nous raffolons. A la place, nous avons d'ailleurs préféré aller faire un tour à l'excellent théâtre de marionnettes Toone, qui revisitait le mythe de Dracula à la sauce bruxelloise : désopilant ! Mais, une poignée d'heures avant et avec un peu de retard, il y avait donc Laetitia Velma au chant et au clavier, accompagnée de Dominique A à la guitare. Malheureusement, hormis quelques badauds (ne supportant pas la chaleur presque estivale) ou fans invétérés, personne ne semblait être vraiment au courant de la chose. De plus, la sono était sommaire et la disposition de la scène au bout d'une sorte de couloir, étonnante. On ne les sentait pas forcément à l'aise dans leur bulle, derrière un décor qui ressemblait à un écran de télévision. Pas facile dans ces conditions de produire quelque chose de transcendant. Pas grave, nous n'en demandions pas tant. Seulement sentir devant nous, une femme, un homme, donner le meilleur d'eux-mêmes. Ecouter de la bonne musique, simplement, entre amis, une bonne bière (belge) à la main. Et sentir les morceaux du premier album de la chanteuse, joués à nu, sans artifice. Elle joua même quelques nouveaux titres, dont un, "She Can't Dance Anymore", en anglais. Malgré l'accent britannique qu'elle ne juge pas très bon, son avenir est peut-être, dans des morceaux comme ça, plus dansants, à l'image des récentes versions live du "Courage des oiseaux". Une sorte de "Fossette" modernisée, comme Dominique prévoit le faire en janvier prochain...

"Mon coeur" en Froggy's session en mars dernier

28 septembre 2011

Baxter Dury - Paris, Point Ephémère - 23 septembre 2011

(crédits photo : Robert Gil)
Retour aujourd'hui sur le dernier passage à Paris de Baxter Dury, dont le "Happy Soup" reste l'un des albums les plus réjouissants de 2011. Le concert avait lieu dans le cadre exigu du Point Ephémère, l'une des rares salles parisiennes où l'on peut toucher ou presque ses idoles tellement le public est proche de la scène. En première partie, nous avons droit au sympathique groupe français We Are Evergreen, responsable pour l'instant d'un seul EP paru il y a maintenant deux ans et qui enchaîne depuis les concerts, histoire de se faire la main et surtout de se faire remarquer pour enregistrer enfin un premier LP. Il le mérite car même si, l'absence de batterie se fait sentir par moments, ils se débrouillent plutôt pas mal en bidouillant leurs percussions. Ils font penser (souvent) à Vampire Weekend  pour la musique bien sûr, mais aussi pour le look de jeunes premiers, ainsi qu'à Animal Collective (parfois). Bref, c'est assez référencé, plutôt bien fichu, mais il leur manque encore le petit truc en plus qui ferait qu'on y croit vraiment. Un style bien à eux, sans doute. Le propre de beaucoup de groupes français chantant dans la langue de Shakespeare finalement.

Clip de "Vintage Car" :


Puis arrive la "star" de la soirée, le droopy du rock anglais, plutôt classe dans son costume trois pièces. En dandy détaché, il balance la sauce d'emblée, feignant de scruter la salle d'un air absent, avec un "Francesca's Party" du meilleur effet. Une heure durant, il alignera ainsi quasiment tous les titres de son récent "Happy Soup" ainsi que quelques (trop rares) morceaux des deux précédents. Le chanteur ponctuera le set de quelques répliques décalées et "pince-sans-rire" typiquement british, à l'image de ce que pourrait faire un Jarvis Cocker par exemple. Les musiciens qui l'accompagnent ont l'air jeunes, comme Madeleine Hart au clavier et aux (jolis) choeurs, voire très jeunes comme le bassiste qui semble à peine sorti du lycée. Mais pas autant pourtant qu'une de nos voisines qui n'avait, semble-t-il, pas encore atteint sa première dizaine. Nous savons, maman et moi, que ce n'est pas toujours facile de trouver des moyens de garde mais une salle de concert (rock) n'est assurément pas un endroit pour de jeunes enfants. Pendant ce temps-là, le fils de Ian Dury - à cause de mon tee-shirt, une voisine me demande si c'est le fils de Ian Curtis...- boucle sa prestation impeccable sans qu'on s'en aperçoive vraiment. Il n'y a qu'un unique rappel d'une seule chanson : "Cocaine Man", excellent titre de son précédent "Floorshow", dans la pure lignée (sans mauvais jeu de mots) du "Waiting For The Man" du Velvet Underground. Nous n'avons pas vu le temps passé. "You know what ? I'm happy (soup?)" comme dirait l'autre...

"Happy Soup" :

26 septembre 2011

Jacques Brel - Les Vieux (1963)

Aujourd'hui, nous sommes de passage à Bruxelles, le temps d'un week-end prolongé. Bruxelles, ville de... Jacques Brel évidemment. Celui que Scott Walker vénérait et dont il a maintes fois repris les chansons sur ses trois premiers disques solo. Celui que David Bowie, lui-même, voulait rencontrer (rencontre que Brel, selon la légende, aurait malheureusement décliné, arguant qu'il n'avait rien à dire à une "tantouze"). Parce que même si l'orchestration et surtout l'interprétation ont un peu vieilli, quelques titres comme "Les Vieux" demeurent immortels, car d'une sobriété salutaire. Brel y parlait de ses parents. Ses paroles touchent aujourd'hui comme hier, chacun pourra y reconnaître ses semblables ou soi-même (je vais peut-être arrêter le muscat le dimanche midi ;). En tout cas, avec Léo Ferré, on n'a jamais aussi bien parlé du temps qui passe dans la chanson française. Et l'accompagnement, rythmant la chanson à la manière du tic-tac de la pendule amène juste ce qu'il faut de légèreté au propos quelque peu plombant. Difficile de ne pas retenir une larme à chaque nouvelle écoute. C'est d'ailleurs la critique principale que lui font ses détracteurs, Brel nous prend en otage avec son côté tire-larmes. Mais franchement, le texte ci-dessous simplement lu peut procurer la même émotion. Les poèmes les plus beaux sont souvent les plus tristes.

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

23 septembre 2011

La fin des Inrocks ?

La fin des Inrocks ? Oh, c'est pas vrai ! Non, pas encore, c'était juste pour faire un jeu de mots navrant (La fin des Inrocks ? Oh...) Mais ça y est, le festival 2011 du magazine a désormais une affiche et une programmation quasi bouclée. Mais pourquoi je vous parle d'un coup des Inrockuptibles, qui n'ont assurément pas besoin de moi pour se faire entendre ? Parce qu'à l'instar de Bernard Lenoir et comme complément "papier" idéal, ils ont été pendant quelques années ma principale source de nouveautés musicales, dictant mes goûts. Oui, j'étais un suiveur, mais c'était avant internet et puis, il faut dire que je découvrais le rock indépendant. Je prenais donc tout ou presque sans faire de véritable tri. De toute façon, c'était toujours mieux que ce que les radios commerciales crachaient à longueur de journées et que les tubes du Top 50. Depuis, je vous rassure, j'ai quand même fait la part des choses, même s'il faut bien avouer que ce sont surtout les orientations du magazine qui ont évolué. Comme beaucoup, j'ai regretté le passage du mensuel à l'hebdomadaire, car le journal y a perdu un peu de son âme, étant du jour au lendemain obligé de parler (mal) d'autres sujets que de sa matière première : le rock. Du remplissage qui est devenu au fil des années du baclage, en témoigne les nombreux articles putassiers et jeunistes désormais écrits à la serpe. Seuls quelques vieux de la vieille, l'inamovible Jean-Daniel Beauvallet entre autres, gardent une belle plume. Les Inrocks Labs (anciennement CQFD) participent aussi à garder l'intérêt de la marque sur le net en faisant sortir régulièrement des artistes de talent (Syd Matters, Florent Marchet, Cascadeur, etc). Mais on est bien loin de l'esprit d'antan, de l'époque du festival des Inrocks en 1989 lorsque la même soirée se produisaient - excusez du peu - The Stone Roses, Felt et The La's. Cette année, on retrouve comme d'habitude tous les groupes "hype" du moment, que celle-ci soit méritée (Anna Calvi, Wu Lyf) ou moins (Sebastian, Morning Parade, Friendly Fires). On sait qu'il y aura moyen de s'enthousiasmer mais aussi de s'ennuyer. Le lot commun des festivals finalement... (ci-dessous quelques groupes programmés)

La Femme - Sur La Planche :
Cults - Abducted :

Other Lives - For 12 :

21 septembre 2011

Veronica Falls - Veronica Falls

Au début, j'ai confondu, je croyais à la reformation d'un énième "vieux" groupe des nineties, Veruca Salt - vous savez celles qui chantaient "Seether" et dont même Vincent Delerm parle dans une de ses chansons - mais que nenni, il s'agit bien de nouveauté. Des Londoniens, comme les Field Mice, dont ils paraissent à l'écoute de ce premier album éponyme, les (dignes?) héritiers. Oui, ce n'est pas ce qui manque en ce moment vous me direz. Après être passés par la case obligée de Capture Tracks (Craft Spells, Minks, Beach Fossils, Wild Nothing, ...oui, oui, je sais, c'est une maison de disques assez bien vue ici même :), ils sont maintenant signés sur le label Bella Union, celui de l'ancien membre des Cocteau Twins, Simon Raymonde, plutôt habitué à accueillir des folkeux en son sein (et donc moins apprécié sur ce blog).
Chacun des morceaux est en soi particulièrement efficace et l'album regorge donc de tubes indie potentiels. Par contre, l'écoute complète du disque donne l'impression de la répétition d'une seule et unique recette. Veronica Falls ne bouleversera pas le monde de la pop, mais démontre si besoin était qu'en la matière, les américains (new-yorkais) ne sont plus les seuls gardiens actuels du temple. Le vieux continent connaît aussi la chanson, le look et les attitudes (agaçantes?) qui vont avec. Les Pains of Being Pure at Heart n'ont qu'à bien se tenir. Non, mais...

Clip de "Beachy Head" :

Clip de "Bad Feeling" :

Clip de "Come On Over" :

19 septembre 2011

Modest Mouse - Float On (2004)

Il est des groupes comme ça dont on ne cherche pas vraiment à en savoir plus. De peur de briser la magie, peut-être. J'ai beau eu écouter un jour le disque, au titre pourtant prometteur, "Good News For People Who Love Bad News", dont est extrait cette chanson, rien n'y a fait. "Float On" est un morceau d'anthologie, enchanteur, qui se suffit à lui-même. Comme son nom l'indique, c'est typiquement le genre de trucs qui file la pêche, vous donne l'impression de léviter, vous fait sortir pendant un peu plus de trois minutes du réel - "En apesanteur" de Calogero parle pourtant du même sujet, mais je ne sais pas pourquoi la sensation n'est pas la même :) Un petit mot quand même sur ce groupe américain devenu culte outre-Atlantique, grâce notamment à Pitchfork, grand manitou du rock indépendant actuel, mais qui n'a pas réussi à trouver son public chez nous. Leurs albums "The Lonesome Crowded West" et "The Moon & Antartica" sont considérés là-bas comme des classiques. Johnny Marr, qui s'y connait en la matière (si, si), a même insisté pour participer au dernier disque en date du groupe. Après Field Mice, je me rends compte que je reste en tout cas dans la thématique "rongeur", peut-être l'effet Mickey - ben, oui, on était à Euro Disney avec Lulu vendredi dernier. Des artistes aux noms "modestes" pour des chansons qui restent. Comme quoi, petite souris mais effet boeuf...

I backed my car into a cop car, the other day.
Well he just drove off, sometimes life's ok.
I ran my mouth off a bit too much, oh what did I say.
Well you just laughed it off, it was all ok.

And we'll all float on, ok.
And we'll all float on, ok.
And we'll all float on, ok.
And we'll all float on any way, well.

A fake Jamaican took every last dime with a scam.
It was worth it just to learn some sleight-of-hand.
Bad news comes don't you worry even when it lands.
Good news will work its way to all them plans.
We both got fired on exactly the same day.
Well we'll float on good news is on the way.

And we'll all float on, ok.
And we'll all float on, ok.
And we'll all float on, ok.
And we'll all float on, alright.
Already we'll all float on.
No, don't you worry, we'll all float on.
Alright, already, we'll all float on.
Alright, don't worry, we'll all float on.

Alright already we'll all float on.
Alright already we'll all float on.
Alright don't worry even if things end up a bit too heavy.
We'll all float on...alright. Already we'll all float on.
Alright already we'll all float on, ok.
Don't worry we'll all float on.
Even if things get heavy, we'll all float on.

Alright already we'll all float on.
(Alright)
Don't you worry we'll all float on.
(Alright)
All float on....

16 septembre 2011

Miossec - Chansons Ordinaires

Cela faisait un moment que je n'avais pas écouté vraiment un nouveau disque de Miossec. Passée la première chanson, j'avais à chaque fois l'impression que le Brestois tournait en rond. Qu'après "Boire" et dans une moindre mesure "Baiser", l'essentiel était déjà dit. Comme un terrible aveu, ces "Chansons Ordinaires" commence par "Tout a déjà été dit, mais ça n'est pas grave, car personne n'écoute". Je me suis alors dit que le chanteur, à défaut d'avoir changé, faisait preuve d'une certaine clairvoyance. La suite n'a fait que confirmer cette première impression. En effet, on retrouve aussi malheureusement les tics de chant habituels, les mêmes thèmes rabâchés. Mais, à l'image de la pochette où Miossec prend la pose, blouson de cuir, bras ballants, regard de malfrat tout droit tiré d'un film de Melville, envie d'en découdre, c'est un retour à un rock plus dur. Pas un rock de papy à la Jojo, non un rock aux arrangements bien actuels, qu'il doit en grande partie au talent des membres de l'excellent groupe rennais Montgomery qui ont travaillé sur le disque, comme ils l'avaient fait avec l'ami Dominique A(eh, eh, ça faisait longtemps, hein?)  lors d'une récente tournée.
On peut donc s'attendre à une série de concerts bien pêchus (il sera pour les Parisiens au Casino de Paris du 20 au 23 septembre), histoire de démontrer qu'en matière de rock hexagonal, le Breton tient, malgré les années, toujours le haut du panier.

Clip de "Chanson pour les amis" (réalisé par Gustave de Kervern) :

Disque en écoute intégrale sur Deezer.

14 septembre 2011

Unknown Mortal Orchestra - Unknown Mortal Orchestra

La rentrée, période culturelle prolifique, est passée depuis une dizaine de jours déjà et les nouveautés musicales vraiment marquantes se font attendre. Il m'a même fallu redéballer des sorties "vieilles" de plusieurs mois, histoire de dénicher un son intéressant à vous proposer. La coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande vient dans le même temps de commencer et justement, le groupe du jour, une fois n'est pas coutume, est originaire de là-bas. Pas vraiment adeptes du haka et autres folklores locaux, les trois membres de Unknown Mortal Orchestra font du pop-folk à tendance psychédélique, très fortement inspiré des premiers Pink Floyd, ceux avec feu Syd Barrett ("Thought Ballune", "Boy Witch"). En disant ça, on pourrait s'attendre à de la musique mille fois rabâchée, et pourtant il n'en est rien. Il y a un "vrai" son ici, un peu sale avec des basses amples et rondes; en un mot comme en cent, ça groove ! 
Ce premier album éponyme commence d'ailleurs sous les meilleurs auspices avec l'excellent "Ffunny Ffrends" et son riff entêtant. Puis, chaque titre apporte son lot de variétés bienvenues allant de climats planants ("Jello And Juggernauts"), à la disco ("How Can U Love Me") en passant par du rock garage ("Nerve Damage") A défaut de convaincre totalement, Unknown Mortal Orchestra a au moins le mérite de l'originalité, une démarche exemplaire de brouilleurs de pistes.

Clip de "Little Blu House" :

12 septembre 2011

The Field Mice - Sensitive (1989)

Voici le "tube" d'un petit label qui a réussi à conquérir, au fil des années, un nombre croissant d'amoureux fous et éperdus. Pourtant, aucun des artistes signés sur Sarah Records n'a connu de réel succès. Les Field Mice sont peut être les plus populaires d'entre eux, c'est dire. Quelques vingt-cinq ans plus tard, le style du label, qui défendait envers et contre tout le 45 tours vinyle au moment de la démocratisation du CD, est devenu une marque immédiatement reconnaissable et on ne compte plus les nouveaux groupes s'inspirant de cette musique-là, de Pains Of Being Pure At Heart, en passant par Beach Fossils ou Wild Nothing. D'après l'excellent webzine popnews, un livre et un documentaire devraient sortir d'ici quelques mois pour les fans (et tous les autres?). Les rats des champs donc, une formation londonienne, qui, en l'espace de cinq ans, a été à l'origine de quelques unes des plus belles perles de pop romantique de l'histoire, faisant un pont idéal entre les Smiths et les Go-Betweens d'une part, et Belle & Sebastian d'autre part.
"Emma's House", "Canada", "When Morning Comes To Town", ce "Sensitive" et sa fabuleuse ligne de guitare finale, restent à jamais gravées dans le coeur de tous ceux qui, un jour, se sont laissés émouvoir par leur charme discret et délicat. C'était aussi cela, Sarah Records, des amis pour les moments de doute, les moments de tristesse ou de joie. Des amis pour la vie.

We all need to feel safe
then that's taken away
sometimes I want to return
return to before
the trouble began
that time of no fear

By showing you I'm
sensitive
you do risk
being crucified
crucified by
those you are unlike

My feelings are hurt so easily
that is the price that I I pay
the price that I do pay
to appreciate
the beauty they're killing
the beauty they're busy killing


If the sun going down
can make me cry
why should I
why should I
why should I not
like the way i am?

My feelings are hurt so easily
that is the price that I I pay
the price that I do pay
to appreciate
the beauty they're killing
the beauty they're busy killing
killing
killing
killing

9 septembre 2011

The Drums - Portamento

Ne nous racontons pas d'histoires, le nouvel album de The Drums n'a rien de révolutionnaire et ne figurera pas parmi les disques les plus marquants de l'année. Les américains sont pourtant de ces groupes qui jouent comme s'ils étaient seuls au monde, les premiers à faire cette musique, comme si les Smiths et New Order n'avaient jamais existé, avec un enthousiasme et un naturel confondants. Avec leurs allures de garçons de la plage modernes au look savamment négligé, ils pourraient en agacer plus d'un. Il n'en reste pas moins qu'avec un deuxième album en deux ans, The Drums avancent avec une frénésie assez rare dans le milieu. Espérons qu'ils ne s'épuiseront pas trop vite. En tout cas, "Portamento" fait déjà figure d'album de la maturité. Même s'il est moins foufou, plus varié et long en bouche que son prédécesseur, il contient lui aussi son lot de mélodies sautillantes, de tubes en puissance, comme le single "Money", nouvel hymne pour les radins ("I want to buy you something but I don't have any money...") à moins que cela ne s'adresse plutôt les chômeurs. 
Avec The Drums, on ne sait pas toujours très bien sur quel pied danser, s'ils font semblant ou nous prennent pour des cons ("I Need A Doctor"). Mais comme on aimerait bien être encore en vacances, on va faire comme eux, s'isoler, casque sur les oreilles et se dire que leur musique ne ressemble à rien d'autre. Sentiment dont on sait à l'avance qu'il sera éphémère... Comme l'été.

Clip de "Money" :


7 septembre 2011

The La's - There She Goes (1988)

A l'instar de My Bloody Valentine, les La's sont le groupe d'un seul album plutôt culte - bon, j'exagère un peu pour la formation de Kevin Shields qui en a sorti deux - et qui repointe le bout de son nez de temps en temps. On parle à chaque sortie d'un possible nouveau disque et le sujet devient depuis le temps (plus de vingt ans) une de ces arlésiennes que le rock aime tant. Sauf qu'à force d'attente, plus personne n'y croit vraiment et les années passant, même les fans les plus invétérés finissent par s'en foutre royalement. Pourtant, il y a quelques jours seulement, les La's ont refait leur apparition chez nous dans le cadre du festival Rock en Seine. Ceux qui y étaient n'en ont à priori pas gardé un souvenir impérissable... Mais revenons une paire de décennies en arrière, au moment où le groupe de Lee Mavers a défini les contours de ce qui deviendra trois années plus tard la brit-pop, cette mode toute british qui a fait revivre les fantômes du passé avec les guitares et l'aplomb de la jeunesse d'aujourd'hui. Leur unique album éponyme apparaît début 1990 et pourtant on croirait entendre quelque chose sorti au beau milieu des sixties. Le reste du disque est plus rêche, brut que le lumineux "There She Goes", qui y fait alors presque office d'incongruité. Mavers, mécontent du résultat, aurait tout de suite voulu le ré-enregistrer. Non seulement, il n'en a finalement rien été, mais en plus, on attend toujours une suite. Voyant leur leader incapable d'avancer, le groupe va vite se désagréger, et le bassiste John Power former les sympathiques Cast en pleine période brit-pop. On en restera donc là avec les La's. Mais aujourd'hui comme hier, "There She Goes" fait toujours figure de classique instantané.

there she goes
there she goes again
racing thru' my brain

and i just can't contain
this feelin' that remains

there she blows
there she blows again
pulsing thru' my vein

and i just can't contain
this feelin' that remains


there she goes, there she goes again
she calls my name, pulls my train
no-one else could heal my pain

and i just can't contain
this feelin' that remains

there she goes
there she goes again
chasing down my lane

and i just can't contain
this feelin' that remains

5 septembre 2011

Life de Keith Richards

Celui-là, je ne sais même pas quelle mouche m'a piqué de le lire : les Rolling Stones, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Le blues, les méga-shows dans les plus grands stades de la planète, le "plus grand groupe de rock au monde" et tout le tralala : très peu pour moi. Il y a un côté Johnny Hallyday derrière tout ce barnum et franchement, toutes ces communions (consensuelles) de masse ne m'attirent pas. C'est dommage, car contrairement à notre "idole nationale", je reconnais bien aux Stones, le fait d'avoir pondu quelques grands standards du rock : "Paint It Black" ou "She's Like A Rainbow" sont absolument irrésistibles. Alors, pourquoi cette envie soudaine de me plonger dans l'autobiographie de ce vieux singe, celui qui, à force de singeries, finit d'ailleurs par tomber (sur?) des arbres ? Par curiosité. Pour voir si la réalité était à la hauteur du mythe, même si comme dans toute autobiographie, il y a aussi une part de romance...
Si la première partie est évidemment très "sexe, drogue (surtout) et rock'n'roll", notamment son idylle avec le mannequin Anita Pallenberg, qu'il avait "piqué" à Brian Jones... Au passage, Richards et Jagger ont beau aujourd'hui minimisé l'influence de ce dernier au sein des Rolling Stones, je préfère la musique du groupe quand celui-ci y était encore ("Aftermath", "Their Satanic Majesties Request"), même si toutes les chansons sont pourtant créditées des deux stars. Pas beaucoup de mots sur la mort accidentelle (?) de Brian Jones donc. Et puis, le livre tombe petit à petit dans le people et l'anecdotique (une explication sur l'"indispensable" recette maison de la saucisse-purée suivie d'une autre toute aussi technique sur sa façon particulière d'accorder sa guitare sur seulement 5 cordes). On n'y apprend au final pas grand chose qu'on ne savait déjà : que Richards est bien (trop?) conscient d'avoir participé à vulgariser le blues noir américain pour les petits blancs, que mis à part l'amour de son instrument (de musique, j'entends), il n'est pas très porté sur tout ce qui relève du domaine artistique et qu'il n'est assurément pas un grand intellectuel. Sinon, il y a bien quelques mots pas très sympathiques pour son alter ego sir Jagger et puis, voilà... Comme quoi, la vie de rock-star n'est pas si passionnante qu'on pourrait le croire.

"Jumping Jack Flash" :

"Chaque fois que je joue ce thème, je sens le groupe décoller derrière moi. C'est super chargé en énergie : tu sautes sur le riff et il se joue tout seul..."

Bande-annonce du film "Sympathy For The Devil" de Jean-Luc Godard :

"Jusque-là, ses films étaient plutôt maîtrisés, presque hitchcockiens, mais c'était une année où on faisait tout et n'importe quoi, avec pas mal de n'importe quoi. Je veux dire que, bon, quel besoin Jean-Luc Godard avait-il de s'intéresser à la petite révolution hippie en cours chez les Anglais pour essayer de montrer que c'était quelque chose d'autre ? Mon explication, c'est que quelqu'un avait mis de l'acide dans son café et qu'il a passé cette année foireuse en surchauffe idéologique permanente." 

Le fameux concert d'Altamont :

"Meredith Hunter a été tué. Trois autres personnes sont mortes accidentellement. Lors d'un show de cette ampleur, le bilan peut être de quatre ou cinq morts piétinés ou étouffés. Pensez au Who et à leur concert de Cincinnati, parfaitement autorisé mais où onze spectateurs ont péri. Altamont, c'était la face obscure de la nature humaine, le voyage au coeur des ténèbres, un retour à l'âge de pierre en quelques heures à peine grâce à Sonny Barger et sa bande d'Angels."

Bande-annonce du film "Performance" de Nicolas Roeg :

"Il m'a fallu des lustres pour découvrir ce qui s'était passé entre Mick et Anita, et pourtant je le sentais. L'indice le plus criant, c'était que Mick ne manifestait rien de particulier. La bourgeoise rentre tard à la maison en se plaignant du tournage, de Donald, et blablabla, mais en même temps je la connais, la bourgeoise, et les fois où elle ne rentre pas du tout, je m'en vais de mon côté et je vois une autre copine."

Bande-annonce du documentaire sur "Exile On Main Street" :

"Lorsqu'on regarde le documentaire sur "Exile", on a l'impression d'une sorte de jam-session improvisée dans le bunker, qui dure tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose, tant qu'on n'arrive pas à faire une prise, comme si on attendait un signal venu d'en haut."

Bande-annonce de "Shine A light" de Martin Scorsese :

"Plus tard, toujours en 2006, Martin Scorsese a commencé à tourner un documentaire sur les Stones à partir de deux soirées au Beacon Theatre de New York, et c'est devenu "Shine A Light". Là, on a balancé du rock, du vrai."