Accéder au contenu principal

Troy Von Balthazar - ... Is With The Demon

Il existe quelques cas de songwriters qui comme ça, multiplient les jolis disques et continuent malgré tout de subir une injuste indifférence. Troy Von Balthazar fait évidemment partie de ceux là. Son nouvel album, "...Is With The Demon", est très beau, très émouvant. Sa musique pourrait se situer quelque part entre celle du regretté Mark Linkous, le chanteur de Sparklehorse et celle de Bradford Cox, mais dans sa version solo, c'est-à-dire Atlas Sound. Et à force d'attendre monts et merveilles de nouveaux groupes "à la mode" dont les productions s'avèrent forcément décevantes, on en oublierait les fidèles amis. Non pas que je suive la carrière du leader de Chokebore depuis si longtemps, mais force est d'avouer qu'il est coutumier des disques de qualité.
Et plus encore que le déjà excellent "How To Live On Nothing", ce nouvel album charme par la voix suave, par le jeu de guitare boisé, par cette atmosphère chaude et rassurante. En même temps, on devine que le propos ne l'est pas autant. Que la noirceur est plutôt de mise. Et qu'importe si les morceaux se suivent et se ressemblent. On ne reproche pas aux meilleurs songwriters d'écrire toujours la même chanson. Etant donné que c'est justement celle qu'on rêve d'entendre... Encore et encore.

Album en écoute sur Deezer.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

O - à terre !

En voyant la liste des catégories pour les prochaines Victoires de la musique, je me suis dit tout de suite qu'il en manquait au moins une. Quid de la pop française ? Alors que celle-ci s'est rarement portée aussi bien ? Mais ce n'est plus à prouver que ces cérémonies restent au final très consensuelles, se contentant de valider les goûts de l'époque sans voir plus loin, et rechercher l'intemporel. Pourquoi passer ainsi sous silence la bonne santé de la pop d'ici en ignorant si ouvertement le talent de Chevalrex, Thousand, Barbara Carlotti ou Olivier Marguerit alias O ? Ce dernier est d'ailleurs peut-être le lien entre tous, car bien souvent caché derrière tous les derniers disques de pop français qui comptent. Il a aussi officié au sein des indispensables Syd Matters dont on attend toujours une suite au chef d'oeuvre "Brotherocean".  O revient donc avec un deuxième album, encore plus réussi que le premier - le déjà remarqué et remarquable &q…

Snapped Ankles - Stunning Luxury

Les anglais de Snapped Ankles sont de retour avec toujours leur discours sur le retour à l'état de nature, d'où leur étrange déguisement de monstres plantes, en référence au dessin animé Jayce et les conquérants de la lumière ? Ils seraient pourtant devenus des agents infiltrés pour empêcher des promoteurs immobiliers - d'où la nouveauté de la cravate - de détruire la nature en promettant aux futurs acquéreurs un luxe étourdissant ("Stunning Luxury"). Même lorsque le "système" semble avoir gagné - fini de jouer avec les arbres, comme sur leur premier disque "Come Play The Trees" - on peut toujours essayer de le détruire de l'intérieur. Le post punk est un mouvement qui est régulièrement associé à la critique de la société de consommation. Les Snapped Ankles ne seraient donc que les descendants d'une longue filiation.  Car le style musical ne change pas non plus, sorte de mariage entre Gang of Four, Can ou The Fall, avec une pointe de …

Fontaines D.C. - Dogrel

"My childhood was small but I'm gonna be big." clament-ils dès le premier morceau "Big". Voilà en résumé ce qui est en train de se passer avec les jeunes irlandais de Fontaines D.C (Fontaines en référence au personnage du chanteur dans "Le Parrain" de Coppola, D.C. pour leur ville, Dublin City). Toute proportion gardée quand même. On ne compte pas encore les vues de leurs différents singles en millions sur Youtube, mais pour ce style de musique - le rock au sens large, le post-punk en particulier - c'est déjà énorme. Alors, bien sûr, ça ne révolutionne rien, mais on sait que de toute façon, la révolution n'est pas un critère de réussite commerciale. "Dogrel" est donc leur premier album et il contient toutes les chansons entendues jusque là, comme une compilation.  On a beau essayer de trouver une faiblesse, des lourdeurs, des facilités, les Dublinois tiennent admirablement bien la distance. Ils agrémentent leur rock de quelques sono…