Accéder au contenu principal

Top albums 1999


ça y est, nous y voilà, les années 90 ! Dans mon objectif démesuré de balayer dans l'ordre décroissant chaque année musicale à travers seulement 10 disques, me voici arrivé au siècle précédent. Que se passait-il à ce moment-là ? Si les belges se taillaient la part du lion, avec les excellents Deus et Venus, dans la bataille du meilleur pays rock en dehors de l'indétrônable axe américano-britannique. Dominique A, toujours lui, permettait presque à lui seul à la France de conserver la face avec un disque qui fera date, sept ans après la mythique "Fossette". En ce qui concerne maintenant, le duel des deux côtés de l'Atlantique, match nul ou presque. La pop américaine est à son zénith depuis un bail avec les meilleurs disques respectifs des groupes ludiques et loufoques Magnetic Fields et Flaming Lips. Mes chouchous Hefner et la classe retrouvée de XTC permettent à l'Angleterre de pavoiser aussi. Puis, on notera le jazz-folk au ralenti de Spain, plus lumineux encore que sur leur mythique premier "The Blue Moods Of" et la pop plus ouvragée que jamais du trop mésestimé canadien au visage d'éternel poupin, Ron Sexsmith. Enfin, l'étonnante découverte des américains de Pinback qui inventait un son à nul autre pareil.

10- Venus - Welcome To The Modern Dance Hall
Les belges en cette année 1999 nous battaient à plat de couture sur le terrain du rock accidenté et aventureux. Les nouveaux venus de Venus prouvaient si besoin était que leur pays d'origine n'avait de plat que le nom.



9- The Magnetic Fields - 69 Love Songs
Je l'ai déjà dit, je triche un peu ici, puisque je n'ai découvert que très récemment la musique des Magnetic Fields. Mais comment résister à un tel déluge de chansons d'amour (69 évidemment) qui balaie un spectre d'influences et de styles aussi large ? De plus, la qualité reste constante tout au long de ce triple album rempli à ras bord : rare. 


8- Spain - She Haunts My Dreams
Leur premier album nous avait envouté par sa lenteur et son atmosphère ouateuse, presque à l'opposé du pays du nom duquel ils se sont affublés. La musique de Spain est de celle qui s'écoute à la maison, bien au chaud sous la couette. Ce "She Haunts My Dreams" à peine plus énergique élargit subtilement leur palette, sans coup férir. Et le rêve de se poursuivre...


7- XTC - Apple Venus Vol. 1
Voilà un groupe dont je pourrais être un grand fan, parce qu'à l'instar de beaucoup de mes formations préférées, leur pop n'est jamais directe, mais aime prendre des détours et des chemins de traverse. Le problème, c'est qu'elle a souvent tendance à trop privilégié la forme sur le fond, l'enrobage et la texture sonore sur le goût sucré des mélodies. Sauf sur ce "Apple Venus Vol.1" aux charmes beatlesiens presque immédiats. 

6- Pinback - This is a Pinback CD
Pinback est l'exemple parfait du groupe sous-évalué (et dont les derniers disques décevants ne risquent pas d'inverser la tendance) Celui-ci, leur premier, fut pourtant vécu par certains comme une véritable claque, inventant ce son si caractéristique fait d'empilement de voix et de guitares qui est leur marque de fabrique. Des américains qui appellent leurs morceaux du nom de villes françaises ("Lyon", "Versailles", etc) n'auraient pourtant pas dû passer inaperçus. 


5- Dominique A - Remué
Ce classement référence bien sûr mes disques préférés de 1999, mais pas forcément tel qu'il aurait été à l'époque. Oui, à ce moment-là, "Remué" ne m'avait pas spécialement touché. Puis le temps faisant son oeuvre, je reconnais aujourd'hui qu'il fait partie des meilleurs albums de son auteur. Parce qu'il possède un style unique, il représente avec "La Fossette", le dyptique intemporel de Dominique A.
  
4- Ron Sexsmith - Whereabouts
Le troubadour canadien à la voix rappelant celle de McCartney signe avec "Whereabouts" son meilleur disque. On se dit que sa musique a déjà été entendue des milliers de fois et pourtant, une telle qualité d'écriture reste l'apanage de très peu de songwriters. Sexsmith fait indéniablement partie de la trempe des plus grands.


3- Deus - The Ideal Crash
Des flamands essaient de rivaliser avec l'indépassable "OK Computer" de Radiohead. Cela pourrait sembler présomptueux. "The Ideal Crash" est le titre idoine. D'un parti pris casse-gueule, ils en tirent un des meilleurs disques rock de la décennie. 



2- Hefner - The Fidelity Wars
Je sais que beaucoup ne connaissent pas ce groupe briton et que ceux qui ont eu la chance de l'écouter n'en gardent pas forcément de souvenirs émus, mais Hefner est une de mes madeleines. De celles dont je ne me lasse pas. "The Fidelity Wars" est la plus savoureuse d'entre toutes.


1- The Flaming Lips - The Soft Bulletin
Là aussi, les habitués de ce blog connaissent mon amour pour les Flaming Lips. Il n'étonnera donc personne que "The Soft Bulletin" se retrouve à cette place. Les Beach Boys des années 90 et au-delà.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

Baxter Dury - Prince of Tears

Revoilà Baxter, fils de, et petit prince d'une pop douce-amère aux intonations cockney. Dès les premières notes de "Miami", on reconnait son style si caractéristique, son côté dandy cynique et passablement misanthrope. Dury est adepte de l'humour British : cacher sous une apparente nonchalance (et sans doute quelques verres d'alcool) une profonde mélancolie. Depuis la terrible "Happy Soup", le chanteur est un habitué de mes tops de fin d'année. Ce "Prince of Tears" ou l'éternel sujet du comment se sortir par la musique d'un douloureux chagrin d'amour, devrait ne pas déroger à la règle. Ce disque n'a finalement qu'un seul défaut, celui d'être trop court. Il s'y dégage cette habituelle impression de facilité, comme si ces mélodies allaient de soi. Un peu comme Gainsbourg, dont l'anglais n'a jamais été aussi proche, en son temps. Les arrangements font régulièrement penser à l'auteur de "Melody Nel…