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Arlt, Chris Cohen, Mac Demarco - Paris, Point Ephémère - 2 décembre 2012


Suite de notre week-end de concerts parisiens au Point Ephémère - la salle était fermée dernièrement pendant une semaine en raison d'une agression ayant eu lieu juste à côté -. Etaient réunis le même soir trois des groupes marquants de cette année, tous responsables de très bons disques : Arlt, Chris Cohen et Mac Demarco. Trois ambiances et trois styles sensiblement différents. On commence donc par les petits français de Arlt. Ils sont seulement trois sur scène et surtout n'ont que deux instruments : une guitare et... une autre guitare. Les versions des chansons ressemblent fortement à celles du disque, leur deuxième "Feu, La Figure" : même économie de moyens, même mise en avant des paroles, des jeux sur les mots, des bruits de bouche, même enrobage sonore de Mocke, le guitariste de Holden. Ce dernier vient d'ailleurs en aide à Sing-Sing, le chanteur aux faux airs de Jean-Pierre Darroussin, pour accorder sa guitare. Après, on adhère ou pas. Maman trouve ça creux, que le couple de chanteurs chante mal et qu'ils sont moches. Je trouve au contraire qu'ils proposent quelque chose de nouveau, que leur musique d'apparence austère a juste ce côté suffisamment fantaisiste dans les textes pour rendre l'ensemble plus léger. Bref, belle confirmation pour ma part.

Chris Cohen continue dans la même lignée, à savoir une réécriture très appliquée de son disque, le superbe "Overgrown Path". Les titres de son album prennent tout de même une connotation plus rock en live, sans doute en raison de l'omniprésence de la batterie - Chris Cohen est batteur -. Pourtant, celle-ci n'est jamais envahissante, elle rajoute juste ce qu'il faut de peps à ces jolies mélodies. Tout cela est joué de manière très soignée, sans fioritures. On regrette quand même l'absence totale d'interactivité avec le public, hormis le passage comique et non intentionnel du micro qui ne veut pas rester accroché à son pied. Pas facile de le tenir quand on a les deux mains prises avec son instrument.

La tchatche, ce n'est au contraire,  pas ce qui manque à Mac Demarco qui félicitera au passage - et de manière ironique ? - le coté très professionnel de son prédécesseur. On aurait pourtant dû s'y attendre avec la pochette de "2" comme avec la musique de ce canadien. On ne pensait pas avoir affaire à un tel showman. L'attitude cool n'est pas feinte. On sent une vraie générosité, un réel plaisir d'être là. Et puis, mine de rien, une profonde maîtrise. Derrière le grand n'importe quoi, se cachent aussi des musiciens de talent. Le bassiste avec son bonnet de Stroumph plaisante allègrement avec l'assistance pendant que Mac part chercher une autre guitare. Il faut dire que le groupe enchaîne à vive allure les cannettes de bières. Cela explique aussi sans doute pourquoi ils gardent tous ce sourire béat scotché au visage. On serait bien partis avec eux faire une virée nocturne dans les rues de la capitale après le show, comme le chanteur nous le proposait. Cela n'aurait assurément pas manqué de piquant. Mais nos vies ne sont pas les mêmes. Une telle insouciance, par les temps qui courent, ça fait un bien fou. Ces canadiens-là ne respectent rien.

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