29 avril 2013

Florian Mona - Les Héroïnes

Je sais ce que certains vont dire : encore un nouveau chanteur français qui fait dans le revival new-wave ! Que ceux qui n'ont pas aimé Lescop ou Aline passent leur chemin ! Pas si sûr, plus pop que le premier et plus synthétique que les seconds, la musique de Florian Mona pourrait rencontrer un autre public. Les influences sont pourtant les mêmes : Daho, Darc ou Jacno, références hexagonales du genre. Comme Robi, une autre découverte 2013 - même si c'est déjà le deuxième disque de Mona -, il vénère un certain Dominique A qu'il a d'ailleurs contacté pour une future collaboration. A croire que la récente Victoire de la musique reçue par ce dernier a débridée toute la chanson d'ici, car pour elle, je me répète, 2013 constitue déjà une sacrée année et c'est loin d'être finie ! Les musiciens comme le producteur (Dominique Brusson) font partie de cette même clique qui accompagne Dominique A depuis quelques temps déjà.
On pense aussi à Biolay pour cette manière de chanter nonchalante, ces textes un rien racoleurs, aux thèmes sexuels omniprésents et non dissimulés. "Les Héroines" est déjà l'oeuvre d'un chanteur sûr de son fait, dragueur à la cool. Sur quelques chansons bien senties (le single "Le Large", "Petite conne") on lui donne raison. De toute façon, il est Rennais, il peut tout se permettre...

Clip de "Le Large" :

Teaser de l'album :

23 avril 2013

Orange Juice - Falling And Laughing (1980)

Quand les nouveautés ne vous emballent pas particulièrement, rien ne vaut de se replonger dans quelques délicieuses vieilleries. Ce jus d'orange d'origine écossaise était du pur, pulpeux, onctueux, réussissant avec le recul à faire le lien improbable entre les Talking Heads et les Smiths. Le groupe qui n'a jamais côtoyé de succès digne de ce nom se séparera après 4 albums en 1985. Son chanteur, Edwyn Collins rencontrera bien une renommé internationale dix ans plus tard avec l'unique tube "A Girl Like You", ce ne fut pas suffisant à repositionner son ancien groupe dans les formations qui ont compté. Et ce n'est pas son nouvel album solo paru récemment qui viendra changer la donne. Les écossais ont souvent été les laissés pour compte de l'histoire du rock, même si on reconnaît depuis peu l'influence majeure de groupes comme Cocteau Twins ou Jesus And Mary Chain. Difficile à l'écoute de "Falling And Laughing" de ne pas penser aux Smiths. J'aurais pu aussi bien sélectionner d'autres titres, notamment parmi les nombreux singles, tous excellents, parus avant le premier LP, "You Can't Hide Your Love Forever", sans doute leur meilleur, "Blue Boy" ou "Poor Old Soul" par exemple. "Falling And Laughing" reste leur baptême du feu, le morceau qui marque la naissance de l'indie pop, disent même certains initiés. Les disques de Orange Juice étaient tous réédités à l'occasion du récent Record Store Day, pas sûr que cela soit ceux qui se sont le plus arrachés. L'Ecosse a toujours été plus célèbre pour son whisky que pour son jus d'orange, pour sa pluie (la fameuse douche) et sa grisaille que pour sa lumière. Les clichés ont la dent dure.

You may think me very naive
Taken as true
I only see what I want to see

Avoid eye contact at all costs
What can I do
To see your fine teeth smiling at me

You might say
That we should build a city of tears
All I'm saying
Is I'm alone and consequently
Only my tears satisfy the real need of my heart
I resist

You say that there's a thousand like you
Maybe that's true
I fell or you and nobody else
So I'm standing here so lonely
What can i do
But learn to laugh at myself

You might say
That we should build a city of tears
All I'm saying
Is I'm alone and consequently
Only my tears satisfy the real need of my heart
I resist

Fall falling falling again
Cos I want to take the pleasure with the pa-in
Fall falling - falling again
Cos I wan to take
The pleasure with the pain pain pain pain pain pain pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-in
Falling and laughing
Falling and laughing
Falling and laughing
Falling and laugh - ing

20 avril 2013

Cet été, vous êtes plutôt festival ?

Je profite du nombre décroissant de nouveautés intéressantes - si, si, faut dire que je n'arrive toujours pas à me défaire du dernier Flaming Lips mais le mois de mai devrait être nettement plus passionnant avec une palanquée de sorties de premier choix, on en reparle très bientôt - pour faire un petit point sur les disques essentiels des derniers mois. Je ne vais pas déjà vous dévoiler mes préférences, il faudra attendre le mois de décembre prochain, et puis, de toute façon, la liste est visible . Ce flashback est très utile à l'heure du choix difficile du ou des festivals d'été à aller voir. Je pense bien sûr à la Route du Rock, mais qui, comme une année sur deux, ne m'emballe pour l'instant pas plus que ça. Pourtant, le premier nom - Nick Cave & The Bad Seeds - annonçait un déplacement très probable, mais depuis, c'est une accumulation de groupes pas mal, sans plus. Les deux mastodontes que sont les Vieilles Charrues et les Eurockéennes viennent d'annoncer leur programmation complète, mais le résultat est trop éclectique pour moi. Je dois être bégueule mais j'ai encore dû mal à me mélanger à des fans de Rammstein ou de Jamiroquai, sans parler du Main Square festival à Arras (Greenday, Indochine) ou des Solidays (David Guetta, c'est juste pas possible). Rock en Seine, dont quelques noms ont déjà été annoncés (la programmation complète c'est jeudi prochain) devrait se retrouver une fois de plus dans cette catégorie des grosses machines qui ratissent (trop) large. Bref, pas de vrais grands festivals de rock indé en France qui rassemblent tout son petit monde, quoiqu'il arrive. Le récent Midi Festival, c'est sympa, mais trop petit, même si l'endroit doit être agréable l'été. Le tout nouveau HOG HOG ("Heart of Glass", "Heart Of Gold" du nom de deux classiques du rock) pourrait aussi attiré même s'il arrive plus tard dans la saison et est situé dans un de ces recoins de la France habituellement considéré comme des déserts culturels. Le fait de vouloir importer le concept de "ATP festival" avec ambiance colonie de vacances et festivaliers logés dans des bungalows pourrait pourtant faire son chemin. Non, les meilleurs festivals du genre sont avant l'été. Il y a le célèbre Primavera qui a lieu fin mai à Barcelone, dupliqué aussi depuis l'année dernière à Porto, dont je me dis à chaque fois, qu'il faudrait que je fasse le déplacement parce qu'il n'y manque rien et que même si ça coûte un bras, ça peut presque constituer tous les concerts d'une seule et même année.
L'équivalent suisse du Kilbi est loin de constituer un faire valoir. Le Field Day - comme son nom l'indique, un jour seulement - à Londres aussi dont on parle moins mais avec une affiche particulièrement savoureuse. En France, il y a This Is Not A Love Song Festival qui réunit pour une première édition une affiche assez incroyable. Enfin, toujours fin mai, à Paris cette fois, il y a Villette Sonique qui s'est imposé depuis quelques années comme un festival pointu, proposant des groupes ou artistes assez peu visibles ailleurs. Ces festivals, surtout le catalan, sont pour beaucoup de groupes américains l'occasion de profiter pour faire leur tournée européenne. Mais histoire de ne pas faire comme tout amateur moyen de rock indé, j'ai décidé de faire le trajet inverse à ce moment-là. (Et oui, je serai à New-York...). Tant pis pour les venues de Deerhunter ou des fabuleux Flaming Lips à Paris. J'espère donc trouver mon compte dans la deuxième salve de festivals qui se produira fin octobre-début novembre. Il y aura la version parisienne du festival de Pitchfork, mais aussi celui des Inrocks - où je pressens déjà la venue des anciens de Suede - et même pourquoi pas le plus méconnu Soy Festival Nantais qui promet déjà avec un magnifique premier nom : Yo La Tengo. Et vous, festival ou pas cet été et si oui, lequel ?

13 avril 2013

Purling Hiss - Water On Mars

En déplaise aux réfractaires aux nouvelles technologies et autres réseaux sociaux virtuels, il fait parfois bon traîner sur Twitter. On peut y dégoter de bien belles découvertes. Ce trio originaire de Philadelphie en fait assurément partie. Pourtant, leur récent "Water On Mars" commence avec une "Lolita" brute de décoffrage, à la façon de Nirvana, et les fidèles lecteurs (oui, oui, il y en a) savent que je ne porte pas spécialement le groupe de Kurt Cobain dans mon coeur. Mais dès le deuxième morceau, on est happé. "Mercury Retrograde" est un miracle de pop song, comme sait si bien les torcher un Lou Barlow à son meilleur. Oui, on est passé à du Sebadoh voire du Dinosaur Jr, sans les guitares démonstratives de J. Mascis. La suite est loin d'être si parfaite, on dénote encore quelques passages en force ("Face Down"), mais elle contient son lot non négligeable de petits moments qui font gentiment dodeliner de la tête. "The Harrowing Wind" renvoie au Pavement de "Cut Your Hair". Le titre éponyme est très bon trip noisy, sale et psychédélique. "Mary Bumble Bee", titre final, est une petite douceur que n'aurait pas renié un Velvet Underground, période "Loaded".
Merci donc à @starsk_y, et même si "Water On Mars" n'est pas le disque de l'année comme il aurait voulu nous faire croire, il remplit aisément son contrat d'excellent album de rock lo-fi. Les Purling Hiss n'ont rien trouvé de nouveau sur Mars, seulement de l'eau, ce qui est encore le meilleur remède pour étancher la soif, non ?

Clip de "Mercury Retrograde" :

Quelques extraits sont en écoute sur le site de leur label ici même.

11 avril 2013

Top Albums 1992


Et oui, je suis adepte du grand écart musical : peu de gens plaçeraient aux deux premières places de ses albums préférés de 1992, Pavement et les Innocents. Car la manière d'aborder la musique diffère complètement entre la guitare voluptueuse d'un JP Nataf et celle plus téméraire du non moins indispensable Stephen Malkmus. L'un privilégie plutôt une pop soignée, perfectionniste, agréable à l'oreille. L'autre est plutôt du genre à faire semblant de bâcler l'affaire, bazardant ses jolies mélodies sous un magma sonore flirtant avec l'amateurisme. L'un est rapidement devenu le porte-drapeau du rock indépendant américain des années 90, la coolitude comme paravent; l'autre, taxé d'être trop mainstream au sein des Innocents, devient petit à petit lui aussi une référence dans son domaine, celui de la chanson française haut de gamme. Le reste de mon classement ? Denim, le nouveau groupe du légendaire Lawrence, chanteur des défunts Felt, qui nous embarquait dans une pop plus enjouée et premier degré mais pas moins savoureuse. REM, fort du succès international de "Losing My Religion", plantait ce qui reste pour beaucoup leur chef d'oeuvre. Un aimable groupe de pop irlandais, produit par Edwyn Collins, balançait un charmant disque sous haute influence Smiths, le cynisme en moins. De son côté, Morrissey, malgré des guitares nettement moins digestes et un appétit assumé pour la gonflette (cf. la pochette de "Your Arsenal"), montrait qu'il en avait encore sous la pédale et un titre comme "The National Front Disco" portait déjà à polémique. Pulp s'avançait lentement mais sûrement vers le succès, abandonnant un poil le minimalisme des débuts. Un nouveau venu chez nous, empoignait le genre, avec un premier disque,  "La Fossette", devenu mythique, et une chanson, "Le courage des oiseaux", comme un hymne au temps qui passe. Alors que l'australien Nick Cave continuait à enchaîner les disques exemplaires, une petite cousine anglaise, PJ Harvey, pointait son petit minois. Pour être sec, son rock l'était. Déjà impressionnante dans son absence de compromissions.

10- Morrissey - Your Arsenal
"Your Arsenal" n'est pas le meilleur disque solo de l'ex-chanteur des Smiths. Il faut passer les deux premiers titres un peu pompeux et lourdingues, mais la suite contient son lot de chansons marquantes, qui auraient encore gagné avec la guitare de Marr. A noter, la production de Mick Ronson, l'ex-acolyte de Bowie au sein des Spiders From Mars. Comme quoi, entre Bowie et Morrissey, c'est une longue histoire...

9- Nick Cave & The Bad Seeds - Henry's Dream
Et si "Henry's Dream" était le meilleur disque de Nick Cave et des mauvaises graines ? Ce n'est pourtant pas l'avis de leurs auteurs. Déçus par la production, ils enchaîneront rapidement avec un album live des mêmes chansons. Car, peu importe leur mise en forme, la réussite de ce disque est bien là : de grandes chansons.


8- PJ Harvey - Dry
Sur ce premier disque, l'anglaise Polly Jean Harvey semble avoir mis toute une vie de rage et de frustration. L'écoute de l'album fait l'effet d'une essoreuse dont on ne ressort pas indemne. "Dry" à la colère plus naturelle et moins forcée que le suivant "Rid Of me" garde aujourd'hui encore toute sa crudité et son audace.


7- Pulp - Separations
"Separations" d'avec le Pulp des années 80 ? Oui, on y est presque. La formation du charismatique Jarvis Cocker franchit un palier avec le single "My Legendary Girlfriend". Finies les chansons neurasthéniques des débuts, Pulp changeait doucement de braquet. Et cet entre-deux se révélait tout aussi passionnant.


6- The Frank & Walters - Trains, Boats and Planes
Un disque qui fait toujours aussi plaisir aujourd'hui qu'hier. Une pop pourtant datée, mais qui fait tant défaut à notre époque. Simple, efficace, directe, aux paroles et thèmes universels.




5- REM - Automatic For the People
L'histoire d'un groupe respecté de folk-rock indépendant qui, par l'effet d'un tube interplanétaire ("Losing My Religion") va se retrouver propulsé comme petits maîtres du genre. C'est justifié à l'écoute de cet "Automatic For The People", une de leurs plus évidentes réussites, malgré quelques facilités ("Everybody Hurts").


4- Dominique A - La Fossette
La chanson de chez nous ronronnnait depuis des années quand est apparu cet ovni. Le premier disque de Dominique A, trouvait un ton nouveau, marriant Barbara à Young Marble Giants. Pendant un moment, on n'a pas su quoi en faire. Puis, on s'est rendu compte qu'il avait libéré une partie de la musique d'ici. Aujourd'hui, Dominique A n'est désormais plus le seul à avancer. Même s'il garde encore sur la concurrence un avantage certain que les dernières Victoires de la musique sont enfin venus entériner.

3- Denim - Back In Denim
La musique de Lawrence, comme celle de son successeur désigné et premier fan déclaré, l'américain Christopher Owens, peut être facilement taxée par ses détracteurs comme simpliste, voire kitsch. C'est ce qui fait son charme immédiat diront les admirateurs. Surtout quand les mélodies sont aussi imparables que sur ce "Back In Denim".


2- Les Innocents - Fous à lier
Où l'on me reprochera sans doute ce choix très "grand public". Reste que comme je l'ai déjà dit, c'est sans doute l'un des seuls disques que j'écoutais adolescent et que j'écoute encore avec le même plaisir aujourd'hui. Une pop "made in France" qui ne regarde pour une fois pas du côté de l'Angleterre ni de l'Amérique, mais invente son univers bien à elle. Rare.


1- Pavement - Slanted and enchanted
Comme pour le "Loveless" de My Bloody Valentine, il faut se repasser plusieurs fois ce premier disque de Pavement pour en apprécier toutes les richesses, y entendre les jolies mélodies sous l'impétueux canevas sonore. Pas si brouillon qu'il en a l'air et un style qui fera école. La preuve avec l'hommage récent du webzine "A découvrir absolument" à ce classique rock des années 90.

9 avril 2013

Hefner - The Day That Thatcher Dies (2000)

Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, comme dirait l'autre. Pourtant, beaucoup de nos voisins d'outre-Manche y ont un jour pensé, et les petits gars d'Hefner, qui reprenaient par là le refrain enfantin "Ding dong, the witch is dead" extrait du Magicien d'Oz, en premier. Je veux parler bien sûr de la mort de la fameuse "dame de fer", Margaret Thatcher qui aura bâillonné toute une génération de rebelles en herbe. La fin du punk n'est-elle pas intervenue au moment de son accession au poste de premier ministre en 1979 ? D'ailleurs, beaucoup vont même jusqu'à lui reprocher la soit disant pauvreté musicale des années 80 britanniques. Prônant avant tout la réussite individuelle, sa politique aurait aussi coupé net beaucoup de liens sociaux. Margaret Thatcher est donc morte hier et on ne se réjouira évidemment pas de la nouvelle. Mais, en dépit d'un récent biopic assez complaisant dont l'intérêt principal était de permettre à Meryl Streep d'obtenir un nouvel Oscar, les gens à garder de jolis souvenirs de sa personne doivent se compter sur les doigts d'une main. Jamais une femme n'aura déclenché un tel torrent de haine, justifiée ou non. On pourrait citer Morrissey ou The English Beat, mais la liste est longue et à peine esquissée par les Inrocks. Ses idées, comme ceux de son collègue américain de l'époque, le fameux cowboy Ronald Reagan, un George W. Bush avant l'heure, ont pourtant depuis fait école. Sarkozy a ni plus ni moins repris le même programme de rigueur économique et de rejet des élites au profit de sa sacro-sainte "valeur travail". Aujourd'hui, c'est toute l'Europe ou presque qui poursuit la même vision. Et l'on rêve à l'équivalent français de la chanson d'Hefner (pas Renaud s'il vous plait... le chanteur ayant aussi, en son temps, vilipendé Thatcher dans un "Miss Maggie" plus bête que méchant), sur Sarkozy par exemple. Non, c'est vrai, il ne faut pas souhaiter la mort des gens... Des fois qu'il lui prendrait l'envie de revenir en 2017...

We will laugh the day that Thatcher dies,
Even though we know it's not right,
We will dance and sing all night.

I was blind in 1979, by '82 I had clues,
By 1986 I was mad as hell.

The teachers at school, they took us for fools,
They never taught us what to do,
But Christ we were strong, we knew all along,
We taught ourselves the right from wrong.

And the punk rock kids, and the techno kids,
No, it's not their fault.
And the hip hop boys and heavy metal girls,
No, it's not their fault.

It was love, but Tories don't know what that means,
She was Michelle Cox from the lower stream,
She wore high-heeled shoes while the rest wore flat soles.

And the playground taught her how to be cruel,
I talked politics and she called me a fool,
She wrapped her ankle chain round my left wing heart.

Ding dong, the witch is dead, which old witch?
The wicked witch.
Ding dong, the wicked witch is dead.

4 avril 2013

Jacques Higelin - Beau Repaire

Bah merde, comme pour confirmer l'excellente santé de la scène française, le nouveau Higelin est magnifique !!! Complètement à côté de la plaque, complètement en dehors du temps et donc rigoureusement indispensable. Cela fait un drôle d'effet de tomber ainsi en pâmoison à l'écoute d'un artiste dont la douce folie m'avait jusque là plutôt laissé de marbre. Avec ce bien nommé "Beau Repaire", le chanteur revient à la forme et l'état d'esprit qu'il détenait il y a plus de trente ans avec "Champagne", ressuscitant un univers joyeux, déluré, brinquebalant qui n'appartient qu'à lui. Peu importe le monde autour, le temps qui passe, Higelin reste Higelin. Un sacré personnage, haut en couleur, qui n'a jamais été à la mode et qui ne sera de fait jamais démodé. Il continue de rire quand tout le monde pleure, mais pas de ce petit sourire cynique, cher à notre époque, non d'un grand éclat de rire qui pourrait paraître forcé parfois; la bonne humeur (mention spéciale à "La Joie de Vivre" en écho au célèbre "Tombé du ciel") comme instinct de vie, de celui qui veut continuer de profiter de tout, jusqu'au bout, peu importe les obstacles, les drames qui l'entourent. 
Ce nouveau disque de Higelin est un joli refuge, qu'on viendra visiter quand le réel nous lassera ou nous fera simplement honte. C'est-à-dire malheureusement, plus souvent qu'à notre tour. Magnifique, je vous dis.

Clip de "Seul" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

2 avril 2013

The Flaming Lips - The Terror

Cela fait déjà un moment que le dernier Flaming Lips a "fuité" comme on dit sur internet. Il est effectivement possible d'écouter "The Terror" depuis de nombreuses semaines. Idéal pour se familiariser avec la bête. Car une fois de plus, après le déroutant "Embryonic" et ses basses psychédéliques omniprésentes, puis "The Flaming Lips And The Heady Fwends", disque de transition un rien foutraque dans lequel le groupe avait fait appel à bons nombres d'invités, les américains continuent de surprendre. Même s'il peut paraître à première écoute presque trop homogène par rapport à leurs dernières productions, "The Terror" est plus construit et, comme son nom l'indique, particulièrement flippant. Le premier titre, "Look... The Sun is Rising", l'un des plus énergiques du lot, commence par d'énormes basses. Puis, suivent deux titres plus calmes, mais la rythmique derrière, n'est jamais complètement apaisée. On est propulsé sur une autre planète. Une planète à l'ambiance apocalyptique que peu de groupes sont capables de créer. Avec "The Terror", les Flaming Lips reviennent au premier plan des groupes qui comptent.

Ils réussissent (enfin?) la synthèse parfaite entre leurs expérimentations récentes et souvent trop barrées qui avaient laissé pas mal de fans sur le bord de la route et leurs meilleurs disques en tête desquels les sommets que restent "The Soft Bulletin" et "Yoshimi Battles The Pink Robots". Yo La Tengo, My Bloody Valentine, et maintenant les Flaming Lips, les groupes des années 90 ont encore le vent en poupe et continuent même à leur manière d'innover. On retrouvera leurs albums parmi ceux qui auront marqué cette année musicale. La seule date française de la formation de Wayne Coyne est pour l'instant prévue pour la fin mai, dans le cadre du plus en plus incontournable festival de Villette Sonique. Si le groupe redevient aussi imposant sur disque qu'il l'a toujours été sur scène, la concurrence a du soucis à se faire... Et pan, une nouvelle claque pour 2013 !!!

Medley de l'album :

Album en écoute intégrale sur Grooveshark.