Accéder au contenu principal

Babx - Petit Théâtre des 2 Rives - Charenton-le-Pont - 17 janvier 2014

Si ce blog s'était appelé "la musique à maman", "Drones Personnels" aurait sans doute été élu disque de l'année 2013. Sachant cela, vous vous doutez que c'est elle qui a le plus insisté pour qu'on aille enfin voir Babx sur scène. Bon, comme j'apprécie aussi l'artiste, je n'ai pas été trop dur à convaincre. En plus, le concert avait lieu pas loin de chez nous, dans le petit Théâtre des 2 Rives, à Charenton-le-Pont. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est en bordure du bois de Vincennes, tout proche de la capitale. Première surprise en arrivant : la salle est minuscule et peut contenir à tout casser 70 personnes. De plus, ce ne sont que des places assises. La moyenne d'âge enfin est étonnamment élevée. On se regarde : est-ce qu'on ne s'est pas trompé d'endroit ? Après quelques minutes d'attente, un guitariste arrive seul sur scène et fait quelques enregistrements. Puis, le reste de la troupe le rejoint. Le premier morceau est de circonstance, "Cristal Ballroom", on se croirait dans un cabaret perdu, du bout du monde : le décor est planté. Le chanteur se la joue modeste, plaisante rapidement avec le public et pourtant sa palette musicale est d'une rare diversité. On a l'impression que le gars peut tout faire, tout jouer. De la variété, du classique, du jazz, du rock, de l'électro, même du rap (l'excellent "Crack Maniac"), le tout avec une inventivité sans cesse renouvelée. 

Les deux reprises de Bashung ("2043") et Barbara ("Septembre") sont aussi aux petits oignons. Le seul bémol serait sur la voix qui, malgré un timbre original, semble avoir une tessiture limitée. (les "Jingle bells" de "Suzanne aux yeux noirs" sonnent un peu faux). Pour le reste, c'est un sans faute, encore meilleur que sur disque, car on y entend plus de choses, notamment l'ironie de certains textes ("2012"), les constants jeux sur les mots qui s'entrechoquent proches en cela d'un Gainsbourg, les délicats arrangements, un mélange admirable de fougue et d'émotion. Tout semble d'une facilité déconcertante. C'est simple, ce type parle comme un livre, joue du piano comme il respire. Babx est assurément un des plus précieux joyaux de la chanson française qui, vu la taille des salles dans lesquelles il continue de jouer après trois albums pourtant impeccables, demeure un secret trop bien gardé. Maman a bien raison. Mais maman n'a-t-elle pas toujours raison ?

Commentaires

  1. Ce type est absolument génial. Il faudrait que j'écoute ses albums pré-Drones Personnels, maintenant que je connais bien ce dernier.
    Bon choix de concert effectivement ! Les mamans ont très souvent raison, et ta Maman encore plus apparemment.

    Le prochain pour ma part sera Franz Ferdinand au Zénith de Nantes, en mars. Il me tarde d'y être.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne parlais pas de ma maman, mais de ma femme, étant donné que "papa", de la musique à papa, c'est moi ;-) Quand on a des enfants, on commence à parler comme des "vieux". Oui, je sais, c'est moche.
      Prochain concert pour moi, Connan Mockasin en février...
      Sinon, Babx, oui, c'est excellent. En plus, le gars est sympa, accessible. Bref, il a tout pour lui et puis, ce genre de concerts dans des petites salles, c'est parfait pour sa musique plutôt intimiste. Dommage quand même que c'était obligatoirement assis parce qu'un titre comme "Tchador woman" en live, ça dépote bien !

      Supprimer
    2. J'avais compris ;) Je pensais que ça passerait dit comme ça, juste en mettant la majuscule, comme si c'était un surnom, mais j'ai mal formulé !
      J'imagine que tu feras un billet dessus, je me demande vraiment ce qu'il donne en live, le Connan.

      J'hésite à prendre des places pour Metronomy quand à moi. Ca risque de tomber proche des exams, et surtout, j'ai beaucoup moins aimé The English Riviera que Nights Out, et j'ai peur pour le prochain, le dernier single ne m'a pas convaincu du tout, même si il s'écoute très bien.

      Je guetterai un passage de BabX près de chez moi alors ;) A Nantes on a une petite salle géniale, Stéréolux, à chaque fois que j'y suis allé (avec Etienne en plus), on a fini juste au pied de la scène, en plein milieu. Je pouvais presque jouer du synthé en levant le bras pour La Femme ! Et ce, pour Tellier, Of Montréal, et La Femme, à chaque fis en plein devant, sans avoir attendu plus que ça (les gens snobent les 1ères parties, on peut se placer du coup). C'était absolument gé-nial.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…