19 juin 2014

Top albums 1986


1986 est sans doute mon millésime préféré des années 1980. En effet, quatre de "mes indispensables" sont sortis cette année-là : le chef oeuvre incontestable des Smiths, celui malheureusement plus contesté de James avec la pop encore bouillonnante de "Stutter", les toujours merveilleuses guitares des Feelies et la pop vitaminée et pas si naïve des Housemartins. Et le reste de ma sélection, loin d'être en retrait propose aussi le meilleur de Nick Cave et de ses mauvaises graines, le meilleur de la new wave française avec Daho, des Go-Betweens bientôt au top, un New Order presque encore au top et deux formations anglaises éphémères et pourtant responsables deux disques importants.

10- New Order - Brotherhood 
Dans chaque album de New Order il y a des chansons qui résistent admirablement à l'usure du temps, comme ici l'excellent "Bizarre Love Triangle" et d'autres dont les tics et la production trop connotés eighties constituent un véritable frein à l'écoute. Ici, jusqu'au titre précité, c'est parfait. C'est après que ça se gâte. Un peu.

9- The Woodentops - Giant
Même constat pour les trop vite disparus Woodentops : une première partie d'album à l'image de son titre : "Giant". C'est pop, enlevé, revigorant. Après, ça ne tient pas forcément la longueur mais ça garde une belle énergie.



8- Etienne Daho - Pop Satori 
Le classique de Daho, son plus gros succès et son disque le plus évident malgré la production datée. Parce que le son Daho, c'est ça et rien d'autre. La preuve, c'est aussi l'album qu'il rejoue volontiers en live comme au prochain festival Days Off. Parce que le chanteur avait inventé un style bien à lui. De la new wave française qui n'avait pour une fois rien à envier à celle d'outre Manche.

7- Nick Cave & The Bad Seeds - Your Funeral, My Trial 
Mon préféré de son auteur. La musique de l'Australien, continuellement sous tension, était encore mal dégrossie. Mais des chansons comme "The Carny", splendide bande originale des "Ailes du désir" de Wenders, le morceau éponyme ou "Sad Waters" se tiennent très bien toutes seules. Malgré l'épisode post-punk de The Birthday Party, on y sent la véritable éclosion d'un des artistes les plus incontournables de l'histoire du rock. Passionnant. 

6- The Go-Betweens - Liberty Belle And The Black Diamond Express
L'autre grande oeuvre de ces Smiths australiens, avant l'inatteignable "16 Lovers Lane". Le groupe gagne alors en mélodies limpides, rajoute des cordes. Bref, c'est plus subtil. On sent que l'apothéose est pour bientôt.



5- It's Immaterial - Life's Hard And Then You Die
It's Immaterial était indéniablement en avance sur son temps. Cette pop new wave mâtinée de sons exotiques est aujourd'hui très à la mode de Vampire Weekend pour la version vitaminée à Wild Beasts pour la version glamour. A l'époque, le groupe fut injustement mésestimé et disparut après deux très bons albums, surtout ce premier et son terrible constat : "Life's Hard and then You die". Le résumé de leur carrière en quelque sorte.

4- The Housemartins - London 0 - Hull 4
J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce sympathique groupe originaire de Hull, adepte d'une pop pétillante à nulle autre pareille. Là aussi, deux seuls disques et puis s'en va. Dommage.




3- The Feelies - The Good Earth
Ces guitares, mon dieu, ces tourbillons de guitares ! Les Feelies, après avoir influencé REM semblent avoir été influencés en retour par la bande de Michael Stipe. "The Good Earth" se fait plus fluide que le précédent "Crazy Rhythms" et se place au niveau de "Murmur". Facile.


2- James - Stutter
En écoutant aujourd'hui leur nouveau disque et ensuite ce premier "Stutter", on se demande comment ils peuvent émaner de la même formation. Plus que les muscles et la testostérone, James privilégiait en 1986 la fantaisie et la pop azimutée. C'est bien simple, le groupe inventait un style unique et jamais reproduit depuis. Il est temps de réévaluer un disque qui contient des merveilles aussi variées que "Scarecrow", "Withdrawn" ou encore le Tom Verlainien "Why So Close".

1- The Smiths - The Queen Is Dead
Que dire de plus qui n'a déjà été dit sur ce groupe et ce disque ? LE disque pop des années 80. Celui sans lequel je n'aurais sans doute jamais créé ce blog. L'équivalent d'un Sergent Pepper. La voix et les textes de Morrissey. La guitare magique de Johnny Marr. Ces chansons éternelles. "There Is A Light That Never Goes Out". Evidemment.


14 commentaires:

  1. D'accord avec tout Vince.. mais faudra qu'on m'explique comment ce fut possible que New Order soit devenu la suite de Joy Division..
    Pour parler de Morrissey.. le nouveau Bill Pritchard est vraiment top :D

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    1. C'est vrai que le son de New Order a nettement plus mal vieilli que celui de Joy Division. Quant à Morrissey, ce que j'ai pu entendre de son nouveau disque est plutôt pas mal. D'accord pour le dernier Bill Pritchard, je devrais en parler d'ailleurs...

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    2. Merde, y'a un nouveau Morrissey ?? j'y go.
      J'ai un billet hyper court sur Bill.. je t'attends ;D

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  2. 1986, belle année pour moi aussi. Tout était chouette, les inrocks étaient encore bimensuel et me faisaient rêver avec toute cette musique (et je vois encore les chroniques de ces disques dans ma tête )
    Cet album de New Order a changé à jamais ma vision de la musique puisque c'est sa face A qui m'a fait aimé... les guitares!
    Mais il est assez inégale tout comme le Go.Betweens.
    Le James mérite d'être redécouvert. A l'époque, ce groupe proposait une musique vraiment sincére et tout en originalité.
    It's Immaterial mériterait aussi mieux, surtout que sur leur album suivant, il nous gratifiait d'une belle poignet de chansons sublimess (pour moi, le disquue moins bon que celui que tu as retenu, mais il contenait de meilleurs chansons)
    Belle sélection de ce que faisait de meilleur la musique indépendante de l'époque.

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    1. Vrai que la première partie de "Brotherhood" contient beaucoup de guitares. Je l'aime bien moi ce Go-Betweens. Quant au second disque de It's Immaterial, je le trouve un peu (trop?) mou. Je préfère celui-là.
      Ce James est leur meilleur d'assez loin... Une claque pour moi !

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  3. Hello.
    Grande année 86 !
    J'en prendrai 3 sur ta liste, dont le premier, c'est aussi l'année où a été enregistré Le Plus Grand Disque de l'Histoire, paru en 87 (bien qu'on ne soit pas trop nombreux à le penser...)
    Et l'année de naissance de mon premier enfant ...

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  4. Pour les Woodentops, Jimmy a diffusé les Peel Sessions, je pense que plusieurs versions dépassent largement celles de Giant.
    Je ne crois pas avoir vu dans tes sélections les Jesus and the Mary Chain ou les Boo Radleys. J'écoute aujourd'hui bien plus souvent leur Everything'a alright forever que le Loveless de MBV. Le MBV, c'est effectivement un grand disque, mais il fait partie de ceux qu'on écoute pas souvent en fait. Le Boo Radleys, à mon oreille, s'est bonif et je le préfère en tant qu'album à Giant Steps (qui malgré tout à des morceaux bien supérieurs).
    Bon, je suis aussi un peu perdu sur les années ... :)

    Pour It's immaterial, d'accord avec toi, "Song" est trop monocorde et trop mou, sauf que tu as Heaven Knows, New Brighton et une 3eme dont le nom m'échappe qui sont vraiment grandiose.

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    1. Si, si, j'ai déjà parlé des Jesus and Mary Chain et ce n'est pas fini ! Pour les Boo Radleys, pareil avec "Giant Steps". Mais c'est nettement plus récent. L'album date de 1993. J'accroche moyen au "Everything's alright forever" mise à part 2-3 titres. Je me suis bien habitué à "Loveless". Je le trouve désormais très pop et le réécoute donc de temps en temps ;-)

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  5. J'en ai raté certains, adoré d'autres... Il y en a que j'écoute encore souvent et quelques-uns qui mériteraient que j'y retourne. Ici, ma préférence va au Nick Cave. Merci pour ces souvenirs, il faudrait que je fouille pour t'offrir mon tiercé perso.
    P.S. : connaissant Everett, il pense au "Pleased to meet me" des Replacements.

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  6. En fait, je crois que j'ai tout mélkangé les années... Depuis quelques jours je me balade sur ton blog et laisse ci et là des maessages, si bien je ne savais plus où j'étais. Les Boo Radleys, c'est pas du tout 1986 et Loveless, je crois que tu en parle ailleurs...
    Everything's alright forever m'est longtemps apparu comme un album secondaire. Sauf que ces derniers temps, je me suis surprise à l'écouter en boucle dans ma voiture (chose que je fais rarement car j'ai trop de choses à écouter). Je dirais que les chansons contiennent en elles un mystères qui se dévoilent à moi que récemment. Clairement, c'est difficile d'isoler des grandes chansons, mais l'impression qu'il dégage sur moi est bien plus forte qu'à l'époque. Et à dire vrai, de plus en plus forte, ce qui est le signe d'un grand disque. Bref, je crois vraiment qu'il est très très sous-estimé.
    Entre Psychocandy et Isn't anything, c'est clairement celui que je réécoute le plus, alors que ça a été celui que j'ai le moins écouté et le moins valorisé à l'époque.

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  7. Encore une fois, tout un tas de groupes alléchants mais inconnus côtoient des albums que je n'ai pas encore écouté d'artistes que j'adore.

    Pour tout te dire, je vénère le Smiths, le Daho je le connais un peu, très bon mais j'accroche à très faible dose uniquement. Et j'ai quelques chansons du New Order sur un bestof. Nick Cave, Feelies et James, j'aime beaucoup certains de leurs albums mais je n'ai pas écouté ceux-ci... Et le reste m'est inconnu.

    Sinon en 86 je citerais Parade de Prince, excellentissime, Graceland de Paul Simon, Tutu de Miles Davis, Hear It Is des Flaming Lips.... et j'en oublie. Plein.

    Merci pour ces tops, ils sont assez cruciaux pour moi qui suis un peu inculte sur le (bon) rock eighties. Vraiment, merci !

    Et évidemment, puisqu'on en parle, viva Psychocandy ! Dans mon top de la décennie. peut-être même bien numéro un.

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    1. Disons que ce top (excellent) est très indé, d'où l'absence d'artistes que tu cites...d'ailleurs moi j'étais trop jeune pour écouter tout ça, je ne l'ai fait que la décennie d'après!!! ;)

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  8. Encore une fois, excellente sélecta. 1986, grande année Indie/Pop.
    Comme dis plus haut, Les Inrocks était un super magazine ayant révolutionné en France la vision du Rock U.S/U.K, et de la culture "Indie" en général (sans jouer le vieux con nostalgique "c'était mieux avant).

    Parmi ta sélecta, pas mal de disques que je possède, écoute et apprécie vraiment :
    "The Queen Is Dead" : Sans être original, LE grand Oeuvre de The Smiths. Un sommet de raffinement devenu un "classique" Pop !!
    "Stutter" : Tout à fait d'accord avec toi, un Chef d'Oeuvre Indie/Pop a réévaluer de toute urgence (et perso, encore un good disc découvert grâce aux Inrocks).
    "The Good Earth" : Immense LP même si j'ai une préférence pour leur suivant "Only Life". Le duo Glenn Mercer/Bill Million au sommet, 2 guitaristes en pleines chevauchées virtuoses....et leur retour 20 ans d’absence avec "Here Before" fût une des belles surprises de 2011. Alors, Not dead The Feelies !!!
    Les LP's de The Housemartins, It's Immaterial et The Woodentops, je connais peu, tout comme le Go-Betweens. Pas mal ton expression : "Les Smiths australiens" !!!
    "Pop Satori" : LE classique d'une certaine Pop New Wave version française. Daho le rejoue en intégral au prochain festival Day Off ?? C'est une tendance forte depuis quelques années. Comme dis Reynolds, syndrome de la "rétromania".
    "Brotherhood" : Même si le son est très (trop??) connoté 80's, un peu vieillissant (comme d'autres de leurs albums), c'est quand même un disque marquant. Et big respect à eux car, fait très rares dans la rock story, les membres ont réussi à marquer l'Histoire, avec leurs deux formations : Joy Division d'abord et New Order ensuite. Et que seraient sans eux le Big Beat, l'Electroclash ou toutes formes de mariage Rock (guitares) et Electronic (machines) !!!
    A +

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