Accéder au contenu principal

Alain Souchon - La Vie Ne Vaut Rien (2003)

C'est l'événement variété française de l'année, le premier album des Souchon-Voulzy sorti sous leurs deux noms. Bien sûr, ça ne change pas grand chose, parce qu'une grande partie des chansons d'Alain était composée par Laurent, quand une grande partie des chansons de Laurent était écrite par Alain. Je dois dire que j'ai une nette préférence pour les textes d'Alain par rapport aux mélodies de Laurent, mais il faut avouer que souvent l'alchimie fonctionne ("Bidon", "Rame", "La Ballade Jim" et j'en oublie beaucoup). Mais à l'inverse de son comparse, même seul, Souchon parvient à s'en sortir très bien comme sur "La vie ne vaut rien" (ou "Foule Sentimentale" évidemment). On y retrouve comme un résumé de l'écriture souchonienne, ce pessimisme jamais complètement plombant, toujours agrémenté d'une note d'espoir teintée d'humour, de la possibilité d'un ailleurs. L'amour, évidemment. Des thèmes archi-rebattus mais que le chanteur parvient presque toujours à renouveler, comme si ce qu'il nous disait là n'avait jamais été dit : "Il a vu manque d'amour, manque d'argent. Comme la vie c'est détergeant. Et comme ça nettoie les gens". Quant à la musique de Voulzy, elle n'est jamais mieux au diapason de cette langue-là que lorsqu'elle se fait discrète, à l'écoute. Si la variété française ne devait se limiter qu'à un seul nom, ça serait probablement ces deux-là.


Il a tourné sa vie dans tous les sens
Pour savoir si ça avait un sens,
L'existence
Il a demandé leur avis à des tas de gens ravis
Ravis, de donner leur avis,
Sur la vie
Il a traversé les vapeurs
Des derviches tourneurs,
Des haschich fumeurs,
Et il a dit

[Refrain] :
La vie ne vaut rien, rien,
La vie ne vaut rien
Mais moi quand je tiens, tiens,
Mais moi quand je tiens
Là dans mes deux mains éblouies,
Les deux jolis petits seins de mon amie,
Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie,

Il a vu l'espace qui passe
Entre la jet set les fastes, les palaces
Et puis les techniciens de surface,
D'autres espèrent dans les clochers, les monastères
Voir le vieux sergent pépère,
Mais ce n'est que Richard Gere,
Il est entré comme un insecte
Sur site d'Internet
Voir les gens des sectes,
Et il a dit

[Refrain]

Il a vu manque d'amour, manque d'argent
Comme la vie c'est détergeant
Et comme ça nettoie les gens,
Il a joué jeux interdits
Pour des amis endormis,
La nostalgie,
Et il a dit

[Refrain]

Commentaires

  1. Heureusement qu'il reste encore Souchon à l'écriture française! (bon j'exagère peut-être mais c'est pas folichon ce qu'on peut entendre ici et là)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

O - à terre !

En voyant la liste des catégories pour les prochaines Victoires de la musique, je me suis dit tout de suite qu'il en manquait au moins une. Quid de la pop française ? Alors que celle-ci s'est rarement portée aussi bien ? Mais ce n'est plus à prouver que ces cérémonies restent au final très consensuelles, se contentant de valider les goûts de l'époque sans voir plus loin, et rechercher l'intemporel. Pourquoi passer ainsi sous silence la bonne santé de la pop d'ici en ignorant si ouvertement le talent de Chevalrex, Thousand, Barbara Carlotti ou Olivier Marguerit alias O ? Ce dernier est d'ailleurs peut-être le lien entre tous, car bien souvent caché derrière tous les derniers disques de pop français qui comptent. Il a aussi officié au sein des indispensables Syd Matters dont on attend toujours une suite au chef d'oeuvre "Brotherocean".  O revient donc avec un deuxième album, encore plus réussi que le premier - le déjà remarqué et remarquable &q…

Snapped Ankles - Stunning Luxury

Les anglais de Snapped Ankles sont de retour avec toujours leur discours sur le retour à l'état de nature, d'où leur étrange déguisement de monstres plantes, en référence au dessin animé Jayce et les conquérants de la lumière ? Ils seraient pourtant devenus des agents infiltrés pour empêcher des promoteurs immobiliers - d'où la nouveauté de la cravate - de détruire la nature en promettant aux futurs acquéreurs un luxe étourdissant ("Stunning Luxury"). Même lorsque le "système" semble avoir gagné - fini de jouer avec les arbres, comme sur leur premier disque "Come Play The Trees" - on peut toujours essayer de le détruire de l'intérieur. Le post punk est un mouvement qui est régulièrement associé à la critique de la société de consommation. Les Snapped Ankles ne seraient donc que les descendants d'une longue filiation.  Car le style musical ne change pas non plus, sorte de mariage entre Gang of Four, Can ou The Fall, avec une pointe de …

Rustin Man - Drift Code

On avait presque oublié son nom sur le disque, le premier et toujours seul - mais plus pour longtemps - album de Beth Gibbons en congés de Portishead. Rustin Man, alias Paul Webb, est un homme de l'ombre. Ce "Drift Code" pourrait le faire entrer pour de bon dans la lumière. Puisque, pour une fois, il apparaît seul au générique, jouant enfin le premier rôle, après avoir aussi été confiné derrière Mark Hollis au sein de Talk Talk. On savait le monsieur talentueux, musicalement parlant, ce disque, avec ces somptueux arrangements, n'en est donc qu'une confirmation. Mais on ne savait pas qu'il avait une si belle voix. Le style se rapproche d'un Robert Wyatt ou du Bowie de "Blackstar". L'album, préparé minutieusement depuis plusieurs années, a été enregistré dans une grange, à l'écart de toute civilisation. Webb, entouré de sa femme et de ses filles, a pris son temps, retapant le lieu en même temps qu'il peaufinait sa musique.  Nous voici…