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Viet Cong (+The Soft Walls) - Paris, La Maroquinerie - 22 mai 2015

Parmi les nouveautés musicales de 2015, les Canadiens de Viet Cong constituent l'une de mes rares satisfactions. Il semblait donc logique que j'essaie d'aller voir sur scène une confirmation. Maman était quant à elle, plus réticence, appréciant moins ce genre de rock tendu et dissonant où la mélodie n'est pas la première qualité. A peine rentrés dans la salle de la Maroquinerie, un constat s'impose à nous : Viet Cong, c'est indéniablement du rock d'adultes, la moyenne d'âge est même étonnamment élevée. Un groupe de sexagénaires est positionné aux avant postes, prêt à en découdre. Une femme aux allures de professeur d'histoire-géo à la retraite, dodeline activement de la tête dès les premières notes de The Soft Walls, la première partie. Son voisin, chauve, à la barbe blanche de trois jours arbore tranquille, des lunettes de soleil alors qu'il filme la scène de manière compulsive. On n'aimerait pas être à la place des amis qu'il inviterait voir son film du concert à la maison. A coté, le dogme de Lars Von Trier, c'est une promenade de santé. Bonjour, les maux d'estomac. La musique jouée par The Soft Walls est pourtant loin de nous emballer maman et moi. Elle n'a pas d'accroche, pas de personnalité, sans être foncièrement désagréable pour les oreilles, ce qui est déjà ça. Je pense un peu à Oasis, mais à partir du troisième disque, quand les mélodies ont disparu et qu'il ne reste qu'un rock lourd, pataud et indigeste. Pas sûr qu'on réentende longtemps parler de ces anglais-là.

Dès les premières notes des canadiens de Viet Cong, on sent la différence. Le groupe commence étonnamment par deux titres (nouveaux ? anciens ?) non présents sur leur premier et seul disque. Il faut dire que celui-ci n'en contient que sept. Pas facile avec cela de tenir un concert de 1 heure. La musique de Viet Cong est plus "brut" en live. Le chanteur et bassiste, Matt Flegel, force allègrement sur sa voix - on plaint déjà ses cordes vocales. La rythmique est encore plus impressionnante que sur disque (attention aux oreilles!). Même maman qui venait un peu à reculons, commence à s'y laisser prendre. Surtout pendant le "tube" "Continental Shelf". Enfin surtout pour le géant batteur, Mike Wallace qui, sous l'effet de la chaleur, finit par enlever le haut. Je la vois subjuguée pendant l'interminable morceau final où l'ange blond tape ad libitum comme un forcené, ce qui fait ressortir la musculature parfaite de son torse nu. "Death", encore plus que sur disque, est éprouvant pour les nerfs et comme il leur semble difficile d'enchaîner après ça, les Canadiens décident de s'en tenir là, sans un rappel, sans même un au revoir. Le public reste comme nous, coi, abasourdi par la lumière et la musique de la sono rallumées soudainement. On est nombreux à ne pas pouvoir bouger tout de suite, réclamant inconsciemment davantage mais sentant bien que nous ne serions pas écoutés. Je suis frustré pour ma part de n'avoir pas entendu ma préféré du groupe, "Pointless Experience". A l'image de leur nom - qu'ils n'ont pas voulu changer malgré l'annulation de concerts -, Viet Cong n'est pas prêt aux concessions. A double tranchant.


A lire, le très beau papier de Playlist Society sur Viet Cong et Women.

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