11 août 2016

Top albums 1971

10. The Rolling Stones - Sticky Fingers
Deuxième fois d'affilée en 10ème place, les Stones, je vous l'ai déjà dit, ce n'est pas vraiment ma came. Il n'empêche, "Exile" comme "Sticky Fingers" sont des disques auxquels il est difficile de résister. Celui-ci pour la pochette culte de Warhol et puis surtout pour les chansons toutes devenues des classiques, en tête desquelles "Brown Sugar", "Wild Horses" ou "Sister Morphine". 

9. Caravan - In The Land Of Grey And Pink
A cette époque, il y avait une scène originaire de la région anglaise de Canterbury dont le son était assez caractéristique : une musique folk au psychédélisme délicat, mélancolique. Cette scène a vu naître les indispensables Robert Wyatt et Kevin Ayers mais aussi les cousins Sinclair. Ils étaient tous présents au sein de la formation The Wilde Flowers, avant que les premiers forment The Soft Machine et les seconds Caravan. "In The Land Of Grey And Pink" condense le plus accessible et agréable à l'oreille de cette scène-là.

8. Michel Polnareff - Polnareff's 
Considéré par beaucoup comme le meilleur disque du chanteur, "Polnareff's" est son oeuvre la plus ambitieuse avec pas moins de 3 titres instrumentaux brillamment orchestrés qui inspireront de nombreux musiciens en tête desquels Air ou Sébastien Tellier. Pour une fois, Polnareff délaisse les tubes immédiats à destination des radios : seul "Qui a tué grand-maman" connaîtra le succès. C'est le disque qui a définitivement célébré le talent hors-norme de Polnareff. 

7. Led Zeppelin - IV 
Comme pour les Stones, le rock du "zeppelin de plomb" n'est pas celui que je préfère, le son y est lourd, les guitares démonstratives - moins que chez leurs cousins de Deep Purple quand même - la voix de Plant un brin geignarde et la poésie facile. Bref, le hard rock ou le heavy metal - ce punk de droite - n'est pas un genre qui m'attire. Mais ce "IV" s'écoute très bien, même pour les allergiques, car il dépasse allègrement les chapelles : du blues, du folk, des riffs marquants et des chansons universelles comme le célèbressime "Stairway to heaven".

6. Comus - First Utterance
Du folk comme on n'en fait plus, comme on n'en a jamais fait : agressif, flippant, chamanesque. Bowie a une fois de plus été un des premiers à les remarquer dès 1969. Ce premier disque ignoré à l'époque fait l'effet d'un culte grandissant depuis, en partie grâce à un groupe de metal scandinave Opeth qui a aidé à les ressortir de l'anonymat. Après un deuxième album raté, Comus disparut en effet complètement de la circulation. Ils sont réapparus il y a quelques années avec notamment un passage à Villette Sonique. "First Utterance" reste toujours un ovni musical 45 ans plus tard. 

5. Leonard Cohen - Songs of Love and Hate 
Cohen est un poète en plus d'être un chanteur bouleversant. Dernièrement, il a écrit une touchante lettre à la fameuse Marianne de "So Long Marianne", apprenant qu'elle était gravement malade. Depuis, elle est malheureusement décédée. Tous deux ont promis de continuer à se tenir la main malgré la distance, malgré l'absence. Toute la classe du "Master of songs" est résumée là. Le dépouillé et déchirant "Songs of Love and Hate" est une de ses plus belles réussites. 

4. Françoise Hardy - La Question 
Françoise Hardy aidée de la musicienne brésilienne Tuca s'essaie à la bossa nova - style qui sied particulièrement bien à sa voix douce - et ses textes prennent plus d'épaisseur. Un titre comme "La Question" tire les larmes à chaque écoute comme peut le faire le meilleur Brel ou Ferré. Hardy est avec Dutronc les seuls chanteurs des yés-yés trouvant le plus grâce hors de nos frontières. "La Question" lui a permis pour la première fois de sortir de son carcan habituel, prouvant si besoin était que la chanteuse est bien plus qu'une quelconque mode sixties. 

3. T-Rex - Electric Warrior 
"Electric Warrior" est le meilleur album incontesté de T-Rex, celui qui contient les meilleures chansons, celui dont toutes les titres sont bons. Le glam-rock de Marc Bolan était injustement considéré comme de la musique pour midinettes, à l'opposé du rock sérieux, progressif ou lourd de l'époque. Bizarrement, c'est une des musiques des années 70 qui a le mieux résisté à l'épreuve du temps.

2. Serge Gainsbourg - Histoire de Melody Nelson 
Sans doute le disque français le plus adulé par les critiques en dehors de nos frontières, celui qui rend jaloux les anglais et grâce auquel on garde un tant soit peu la face lorsqu'il s'agit de pop musique. On ne compte plus les anglo-saxons ayant puisé leur inspiration auprès de ce son-là. Il faut dire que les arrangements de Vannier n'ont pas pris une ride. Les paroles de Gainsbourg plus générationnelles n'en demeurent pas moins réussies assurant à l'ensemble son statut de classique mérité. 

1. David Bowie - Hunky Dory 
Bowie monte direct au firmament de la musique contemporaine avec son premier chef d'oeuvre. "Hunky Dory" invente une nouvelle façon de faire de la pop : classieuse et inspirée. L'équation parfaite entre le Velvet, Dylan et Scott Walker. Tout est inoubliable de "Changes" à "Life on Mars", en passant par "Oh You Pretty Things", "Quicksand" ou "The Bewlay Brothers". La vie nous a malheureusement montré que même Bowie n'est pas immortel, à l'inverse de sa musique.

8 commentaires:

  1. Impeccable ! Merci pour la découverte de Comus.
    Pour ma part ce serait Gainsbourg, Sly Stone, Marvin Gaye, Doors, T Rex, Bowie, Beach Boys, McCartney, Can, Who, Polnareff, Carole King, Stones, Black Sabbath, Funkadelic, Janis Joplin, Pink Floyd, Gil Scott-Heron.... Sacrée année !
    Toujours un plaisir ces tops, je suis curieux de voir jusqu'où tu vas remonter !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais pas encore où est-ce que je vais m'arrêter... Sans doute au milieu des années 60. Merci en tout cas de ta fidélité.

      Supprimer
  2. Joli top, assez proche de ce que j'aurais pu mettre. J'aurais quand même inclus le "One Year" de Colin Blunstone et le "Ram" de Macca... Et pareil qu'Alexandre, merci pour Comus qui était totalement passé sous mon radar !

    Sylvain

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour Comus, si mon top a au moins servi à faire découvrir de la nouvelle musique, c'est déjà ça. Les disques solo des Beatles ne m'ont jamais emballé plus que ça, même "Ram" de McCartney. Pour le Colin Blunstone, j'ai peut-être pas assez écouté mais après "Odessey and Oracle" de son ancien groupe, tout paraît fade.

      Supprimer
  3. Tiens je n'aurai pas imaginé que vous mettriez Led Zep ou des proggeux comme Caravan dans un de vos tops ! :-)

    J'aurai mis aussi 666 de Aphrodite's Child, pour son space-sympho-folk expérimental, l'hétéroclite Meddle de Pink Floyd, ou encore un des premiers album de "véritable" fusion, The Inner Mountain Flame de Mahavishnu Orchestra.

    Pour le heavy metal = punk de droite, déjà il faudrait définir ce qu'est la gauche et la droite (pas vu grande différence depuis que je suis né...), d'autant plus que la frontière est très différente selon les pays. En Amérique du Sud ou au Moyen-Orient, c'est une musique qui se réclame de la rue et de revendications sociales, ce qui était je crois aussi le cas du Black Sab des origines, venant du milieu ouvrier, pour choquer le bourgeois...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui tant que ce n'est pas trop démonstratif, je tolère. C'est pour ça que Led Zep et Caravan sont là... Mais ma tolérance est aussi limitée, hein :-) Pour l'histoire du "punk de droite", c'est évidemment caricatural. C'est juste que droite égale souvent "esprit de compétition", "performance", et cette technicité se retrouve très mise en avant dans le heavy metal ou le hard rock, c'est l'antithèse du punk, qui au contraire, voudrait que tout le monde puisse en jouer. Les gens de droite aimeront aussi plus facilement les chanteurs "à voix" que les gens de gauche. Mais j'avoue que tout cela est simpliste, la vérité est toujours plus complexe. D'ailleurs, l'expérience nous montre qu'on peut être un ouvrier de droite et un bourgeois de gauche.

      Supprimer
  4. Merci pour votre réponse et pour vos tops :-) Ça me donne envie de repencher sur Comus (et d'autres !). Rien à voir, la pochette me fait penser à Mezzanine de Massive Attack.

    Si vous n'aimez pas le démonstratif, que pensez-vous des albums de Pink Floyd pré-DSOTM, comme Meddle justement, ou encore Ash Ra Tempel ? AMHA, leur "progressivité" est plus dans la recherche de sonorités, dans la création d'ambiances (cf. One of these Days, A Pillow of Winds) que dans la démonstration à rallonge genre Yes ou la surenchère parfois prétentieuse d'ELP...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le Pink Floyd d'avant "Dark Side of The Moon" ? En fait, je crois que mon Pink Floyd préféré reste celui de Syd Barrett. Après, je trouve ça plus prétentieux, moins naturel et pas assez mélodique pour moi. Ash Ra Tempel, je ne connais pas assez, mais je ne suis pas forcément un grand admirateur de krautrock. La preuve, "Tago Mago" de Can n'est pas présent dans ce top. Cette musique me lasse assez rapidement, hormis les disques de Kraftwerk ou de Neu!.

      Supprimer