22 janvier 2016

Tindersticks - The Waiting Room

Ceux-là, ça fait trop longtemps que je les dénigre. Disons, depuis "Curtains" en 1997, leur troisième disque, marquant la fin d'une trilogie parfaite. Mais c'est toute la discographie des Tindersticks qui mérite qu'on s'y attarde, parce que je vous mets au défi d'y trouver un seul mauvais disque, un seul raté. Les anglais ont toujours préféré la retenue, le silence à la profusion, au trop plein. Ce n'est pourtant pas les instruments qui manquent sur "The Waiting Room", mais ils se font discrets, légers. Les Tindersticks ont su évoluer, changer ce qu'autrefois on leur reprochait. Ce nouvel album n'a rien de routinier. Chaque morceau a son propre style, sa propre patte, encore faut-il prendre le temps de l'écouter, de s'en imprégner. Le son, cette chose que si peu intéresse, est ici particulièrement soigné. Les arrangements sont classieux, magnifiques. La voix de Staples n'est plus aussi centrale qu'avant, elle n'est qu'un instrument parmi d'autres.
"Were We Once Lovers?", "How He Entered", "We Are Dreamers!" - en duo avec Jenny Beth, la chanteuse de Savages dont l'album beaucoup plus brutal sort aussi aujourd'hui - et le somptueux "Like Only Lovers Can", voilà quelques unes des chansons qui marquent, par petites touches. Après le Bowie, je tiens déjà mon deuxième grand disque de 2016. Mais non, il ne faut pas désespérer.  

21 janvier 2016

Top albums 1975

Encore une année qui ne m'a pas inspiré. En 1975, comme l'année suivante, je n'ai pas trouvé mon compte en terme de musique - je n'ai peut-être pas bien cherché. J'ai quand même listé 10 disques, qui, s'ils ne squattent pas très régulièrement mes oreilles, n'en demeurent pas moins, pour la plupart, excellents.

10- Harmonia - Deluxe 
Deux groupes essentiels du krautrock, Neu! et Cluster, se rassemblent pour former Harmonia qui porte admirablement son nom. C'est l'ambiant cher à Eno qui naît là, une certaine idée de la musique contemplative qui, malgré tout, reste éminemment mélodique. Du synthétiseur de luxe, en somme.



9- Sparks - Indiscreet 
Les Sparks se perdent ici un peu dans la grandiloquence en délaissant parfois les mélodies. Il faut dire qu'il est difficile de tenir le rythme fou et emballant imposé par les deux précédents disques. Après "Indiscreet" qui contient malgré tout son lot de chansons hautes en couleurs, il faudra attendre la période disco pour les retrouver inspirés. 

8- Manset - Y a une route
Voilà le disque le plus connu de Manset, celui qui contient la chanson emblématique du chanteur, "Il voyage en solitaire", celle qui a remporté le plus grand succès. Après ça, le déluge, le sabotage de carrière. Prévisible, quand on connaît la misanthropie de l'homme. "Y a une route", c'est ce chemin du succès emprunté par erreur. Cela aura au moins servi à montrer, si besoin, que l'énergumène est aussi capable de rencontrer le grand public, sans rien perdre de son profond pessimisme.

7- Gainsbourg - Rock around the bunker
Voilà un album injustement méprisé par le public et son auteur lui-même. Pourtant, Gainsbourg réussit l'exploit de traiter légèrement un sujet grave sans que la provoc' saute aux oreilles. Mais, à l'époque, pas grand monde n'avait semble-t-il prêté attention à la musique. Et puis "Rock around the bunker" contient ma chanson préférée de Gainsbourg, le sublime "Zig zig avec toi". Nazi, sex and fun, il fallait oser.

6- Queen - A Night At The Opera 
Qu'on se le dise tout de suite, le véritable problème de Queen, c'est le jeu "casse- couilles" de son guitariste, le chevelu Brian May. Freddie Mercury, le plus talentueux du lot, cela va sans dire, pas chien, laisse régulièrement ses petits camarades aux manettes sur certains morceaux. "A Night at the Opera" est sans doute le disque sur lequel la guitare de May est la plus supportable. Si seulement Mercury avait écrit les chansons seul, la carrière de Queen aurait été tout autre. Quand c'est lui qui compose, les titres ont une sacrée classe : "Lazing on a sunday afternoon", "Seaside rendez-vous", "Love of my life" et bien sûr l'inénarrable "Bohemian Rhapsody".

5- Bruce Springsteen - Born to run 
Comme pour Queen, je ne suis pas un grand admirateur du boss. Pourtant, j'admets qu'il a inspiré nombre de groupes et d'artistes que j'aime bien, de Arcade Fire à Destroyer. C'est sur "Born to run" que son rock lyrique et un poil ampoulé passe le mieux pour moi. Les envolées de la chanson titre ou de "Backstreets" sont difficilement résistibles.


4- Kraftwerk - Radio-activity
"Radio-activy" n'est sans doute pas le meilleur disque des Allemands de Kraftwerk. Il est, avec le recul, une sorte de brouillon du chef d'oeuvre pop à venir, "The Man Machine". Les machines n'apparaissent pas encore totalement "maîtrisées", hormis sur quelques morceaux bien sentis, comme le morceau-titre, parfait en son genre.



3- Patti Smith - Horses
Ca démarre tambour battant avec une reprise au débotté du "Gloria" de Them, l'ancien groupe de Van Morrison. C'est peu dire que le morceau est transcendé. Et que penser des premières paroles, plus que significatives : "Jesus died for somedody's sins but not mine". Ces mots deviendront comme un leitmotiv du punk  - ce refus de l'ordre établi - et Patti Smith comme la grande prêtresse du mouvement. "Horses", sa pochette comme sa musique resteront à jamais gravées dans l'histoire du rock.

2- Brian Eno - Another Green World
Souvent considéré comme le chef d'oeuvre de son auteur, "Another Green World" n'est pourtant pas mon disque favori de Brian Eno. Je lui préfère ses précédents et le suivant, l'indépassable "Before and After Science". En 1975, le chant se faisait rare chez lui, c'est peut-être pour cela que j'adhère moins. Mais bon, un album qui contient un morceau aussi parfait que "Golden Hours" est forcément un excellent album.

1- Neu! - Neu! 75
Neu! est sans nulle doute l'une des formations les plus novatrices de l'époque et de l'histoire du rock. La première partie du disque, c'est la période berlinoise d'Eno-Bowie, la deuxième, c'est du punk d'avant-garde, proche d'un Pere Ubu. Une face pour Dinger, l'autre pour Rother. Pas étonnant qu'avec de telles divergences d'univers, le groupe ait eu du mal à donner une suite. En attendant, c'est le rock des décennies futures qui s'écrivait là. Essentiel.

15 janvier 2016

Arno - Human Incognito

Le célèbre rockeur belge, Arno, est de retour. Pendant longtemps, il a été l'unique représentant flamand du genre vraiment connu. C'était entre autres, avant Deus. Depuis, on en connaît davantage sur la scène rock locale. Arno est alors passé dans le camp de l'ancienne génération qu'on dénigrait volontiers. Une espèce de caricature de Belge, trop grosse - la caricature, pas lui, hein ! - pour être totalement honnête. Depuis, on a aussi rencontré Arno au cinéma, dans le très beau et très décalé "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" où il donnait la réplique à Bashung. Puis, on a aussi entendu sa très poignante chanson en hommage à sa mère "Les yeux de ma mère" et on s'est dit qu'Arno n'était pas une caricature, qu'il était comme ça, au naturel, qu'il n'y avait aucune pose chez lui, aucune volonté de "faire Belge" à tout prix, quitte à avaler des hectolitres de bière. Il n'y avait plus de doute, ce type est la simplicité même. Une sorte de Daniel Darc en plus rock, ou plutôt en plus brut, sans filtre, sans tabou. Un Daniel Darc belge, en somme. Il ne recherche pas la poésie, il recherche une certaine vérité, la sienne. Et en trouvant cette vérité, il rencontre parfois la poésie. Mais c'est une rencontre fortuite, improbable et d'autant plus touchante. 
Son nouveau disque creuse le même sillon qu'on lui connaît : très rock, mi anglais, mi français, aux paroles simples, crues, naïves, drôles parfois. Arno est devenu cet "human incognito", il n'est plus la curiosité belge qu'il était autrefois, les jeunes générations ne le connaissent pas. Pourtant, son nouvel album produit quand même par John Parish, est très agréable. Simple, direct, Arno fait du rock comme il vit, comme on monte sur un ring, la vie (l'alcool?) lui balance des uppercuts, il nous les renvoie sous forme de chansons qui font ici souvent mouche.

14 janvier 2016

Pete Astor - Spilt Milk

Pete Astor est de ces chanteurs éternellement habitués de l'ombre. Il fut pourtant un des membres éminents de ce qu'on a appelé l'indie pop, ce mouvement né au milieu des années 80 dont l'acte fédérateur reste la parution de la compilation du NME simplement nommée C86 en référence à sa date de sortie. Appelé, car qui se soucie encore de cette musique aujourd'hui, hormis quelques éternels adolescents de l'époque ? Astor enchaîna les groupes, The Loft puis The Weather Prophets pour le même résultat : un succès plus que confidentiel. Ce nouveau disque est un rappel à notre bon souvenir et franchement à la réécoute de ses vieux titres, il ne souffre pas de la comparaison. Au contraire, il pourrait bien être son meilleur album, même si la deuxième partie est en deçà.
Le son est "pur", fait de guitares claires et lumineuses, de chant simple et apaisant. Un peu comme peuvent les meilleurs Yo La Tengo. Le disque a été enregistré dans le studio de James Hoare, le guitariste de Ultimate Painting, The Proper Ornaments ou Veronica Falls, évident gage de qualité. Jack Hayter, ancien membre des regrettés Hefner, fait aussi partie du groupe live d'Astor. Voici une pop qui vieillit aussi bien que le bon vin. Pas étonnant que cela soit le webzine Popnews qui m'ait donné l'envie d'y goûter.

12 janvier 2016

C'était beau oui, David Bowie.

Ca devait arriver. Ca arrivera un jour aussi pour nous. Ca devait arriver comme ça : un court SMS envoyé par maman et reçu dans le métro juste après avoir emmené les enfants à l'école. "Bowie est mort !!!" Voilà. Quand je disais que l'année 2016 commençait bien, je devais plaisanter. Bowie avait très bien orchestré sa carrière. Il semble aussi avoir orchestré sa mort, juste après son 69ème anniversaire et juste après la sortie de son nouveau disque, le bien nommé "Blackstar" qui résonne encore plus intensément maintenant (et dont les ventes devraient grimper davantage). Je disais il y a quelques jours que Bowie n'avait pas renoncé. Artistiquement oui évidemment. Pour le reste, il se savait bientôt perdu. Tout va donc s'arrêter là. Il n'y aura plus d'autres disques, même si ceux que j'écoute, ceux que nous écoutons avec maman, sont ceux des fameuses années 70, la décennie de tous ses chefs d'oeuvre ou presque, "Scary Monsters" et "Outside" exceptés. On se dit bien sûr que ça ne changera pas grand chose, que ses disques sont encore là, plus que jamais. C'est d'ailleurs, ce que nous a dit notre Lulu de 7 ans bientôt, pour essayer de nous consoler. Ses meilleurs albums appartiennent depuis un moment au passé, même si "Blackstar" est excellent. On sait qu'on écoutera encore "Hunky Dory", "Ziggy Stardust"  - mes deux préférés - et les autres jusqu'à notre mort. Bowie est devenu une partie indissociable de notre patrimoine musical et génétique. Il a été un agent déterminant de notre rencontre, avec maman. Ses chansons sont gravées en nous. Qu'il soit mort ou vivant ne change finalement rien. Il restera aussi les deux beaux concerts auxquels j'ai pu assister : celui aux arènes de Nîmes et l'autre à Bercy, au moment de la sortie de "Reality". Nous aurions aimé comme tous fans qui se respectent pouvoir l'approcher, le remercier personnellement de nous avoir aidé à vivre mieux. Au cinéma aussi, quand sa musique était présente, le film prenait une autre dimension (cf. les vidéos ci-dessous). Ce n'est pas un hasard. Une page se ferme donc. Le roi est mort. Vive le roi ? Bah non, il n'y a pas vraiment de descendance. Enfin, beaucoup trop, et aucune qui soit aussi indispensable et éclectique. Qui aurait pu sortir des albums aussi variés que "Blackstar", "Low", "Outside" ou "Young Americans" ? C'est peut-être mieux ainsi : Bowie restera unique. "See you in the next life" comme diraient ceux qui ont été un moment et un peu trop rapidement désignés comme ses successeurs.



8 janvier 2016

David Bowie - Blackstar

Une année qui commence avec un nouveau disque de Bowie est forcément une bonne année, non ? Surtout si ce disque est le meilleur qu'il a sorti depuis des lustres. Depuis "Heathen" au moins. "Blackstar" se veut d'emblée nettement plus ambitieux que le précédent, le boursouflé "The Next Day" qui surfait maladroitement sur la période eighties du chanteur, pas la meilleure, loin s'en faut. Et beaucoup de crier au génie quand même. Parce que l'idole a des ennuis de santé et qu'on désespérait un jour d'écouter de la nouvelle musique de sa part. Si une tournée semble toujours plus que compromise, on sait que le Thin White Duke a encore l'inspiration. Même s'il ne faut pas chercher dans "Blackstar" des tubes formatés pour les radios, l'album le replace au premier plan des artistes qui continuent inlassablement de se remettre en question. A son âge, c'est encore plus rare. Le disque ressemble à du Bowie - surtout à la fin - mais reste différent de tout ce qu'il a pu faire jusqu'à présent. Les morceaux s'étirent souvent sur plus de cinq minutes, sont toujours mouvants, surprenants, avec quelques arrangements électro, rock ou jazzy - normal, il a fait appel à des musiciens de jazz pour l'enregistrement. 
Si le disque n'est pas de ceux dont on tombe immédiatement amoureux, il a le mérite d'exister. Et exister parmi la pléthorique et impressionnante discographie de son auteur, c'est déjà beaucoup. Après de nombreuses écoutes, son charme ne s'altère pas mais n'embellit pas forcément non plus. Rien que le fait de savoir Bowie encore exigeant, de savoir qu'il n'a pas renoncé et qu'il reste une "étoile" à suivre, est une victoire en soi. Bon anniversaire, monsieur Jones !

Clip de "Blackstar" :

Clip de "Lazarus" :

4 janvier 2016

LCD Soundsystem - Dance Yrself Clean (2010)

Le disque que j'ai le plus écouté en 2015 fut un disque de... 2010. Enfin, quand je dis "je", je parle surtout de nous 4 : maman, les deux loulous et moi. James Murphy a fait une unanimité terrible dans la famille l'année dernière. Et ce, en grande partie grâce au clip version muppets show de "Dance Yrself Clean", tourné dans la rue à Brighton. Le dernier disque en date de LCD Soundsystem est devenu aussi un compagnon de route idéal, sorte de résumé dansant de toute la musique préférée de papa et maman, avec ce côté accessible et ludique qui plait aux enfants. C'est bien simple, la machine à danser de James Murphy n'a cessé de progresser au fil des trois albums et l'annonce de la fin de leur carrière fut une profonde déchirure : comment allions-nous pouvoir nous passer de cette musique-là, l'une de plus essentielles de l'époque, assez avare en groupes importants ? Alors, quand j'ai entendu un nouveau titre de LCD Soundsystem, au moment de Noël, pour une chanson de circonstance, je me suis remis à y croire. Et puis, quand la venue des américains fut pressentie au prochain festival de Coachella, l'espoir s'est transformé en quasi certitude : nous aurions bientôt droit à un nouveau disque de LCD Soundsystem. Après le retour certain de Bowie et celui plus que probable de Radiohead, 2016 s'annonce d'ores et déjà sous les meilleurs auspices. On a le droit d'être à nouveau optimiste. Je peux donc vous souhaiter à tous une excellente année 2016, qu'elle soit belle et riche en découvertes, en rencontres et en événements heureux. A très vite.


Walking up to me expecting walking up to me
Expecting words it happens all the time
Present company accept it present company
Except the worst it happens every night

Ah aaaaah present company
Excluded every time
Ah aaaaaah present company
The best that you can find

Talking like a jerk
Except you are an actual jerk
And living proof that sometimes friends are mean

Present company expect it present company
Just laugh it off it's better than it seems

Ah aaaaaah present company
Excluded in every way
Ah aaaaaah present company
Makes me wanna stay

Killing it with close inspecting
Killing it can only make it worse
It sort of makes it breed
Present company accepting
Presently we all expect the worst
Works just like a need

Ah aaaaah present company
Excluded in the night
Ah aaaaah present company
Included in the fight

Ah aaaaaaaah, ah aaaaaaaah, aaaaaah
Ah aaaaaaah

Don't you want me to wake up?
Then give me just a bit of your time
Arguments are made from make outs
So give it just a little more time

We've got to bring our results
I wanna play it 'til the time comes
But there's a string of divorces
You go and throw your little hands up

I miss the way the night comes
With friends who always make it feel good
This basement has a cold glow
Though it's better than a bunch of others

So go and dance yourself clean ..ooow
Go and dance yourself clean yeah
You're throwing marks into pieces
Baby, they're arguments, the pieces

It's your show [x4]

Work a little bit ......?

Every night's a different story
It's a thirty car pile-up with you
Everybody's getting younger
It's the end of an era, it's true

And you go
(Stop, stop, stop, stop)

Break me into bigger pieces
So some of me is home with you
Wait until the weekend
And we can make our bad dreams come true

And it's ago yeah, it's ago
And if we wait until the weekend
We can miss the best things to do, oh

Go and dance yourself clean
Go and dance yourself clean
You're throwing marks into pieces
Maybe they're arguments the pieces

Oh

We should try a little harder
In the tedious march of the few
Every day's a different warning
There's a part of me hoping it's true