31 mars 2016

Top albums 1973


En 1973, il y avait d'abord trois types formidables. Trois gars qui ont, chacun à leur façon, marqué l'histoire du rock. Et 1973, plus qu'aucune autre a été leur année. L'année où ils se sont retrouvés tous trois à leur meilleur. En 1973, on découvrait que John Cale pouvait aussi faire des disques de pop de facture classique et baroque, loin de l'image des violons dissonants des premiers Velvet. En 1973, Brian Eno quittait Roxy Music : leur musique ne sera plus jamais pareille. En 1973, Pink Floyd était devenu le groupe préféré des jeunes gens bien. En 1973, Elton John savait encore écrire de grandes chansons. En 1973, les New York Dolls ont voulu mélanger deux choses qui ne se faisaient pas : le glam et le punk. Ils en paieront le prix fort. En 1973, Gainsbourg était plus vicelard et classe que jamais. En 1973, les allemands de Can faisaient moins les malins que d'habitude. 

10- Can - Future Days 
L'époque n'a pas saisi tout de suite l'importance de ces Pink Floyd allemands. Depuis, on ne compte plus le nombre de formations se réclamant de leur héritage. Leur influence semble même supérieure à celle des anglais. Ce "Future Days" est considérée comme leur dernière grande oeuvre et aussi leur plus accessible.

9- Serge Gainsbourg - Vu de l'extérieur
En 1973, on est encore dans l'apogée musicale de Gainsbourg, au beau milieu de ses deux chefs d'oeuvre conceptuels, "Melody Nelson" et "L'Homme à la tête de chou". "Vu de l'extérieur" connu presque exclusivement grâce au célèbre "Je suis venu te dire que je m'en vais" mérite pourtant mieux que cela. C'est la quintessence du génie Gainsbourgien : des mélodies supérieures, des textes grivois et largement érotiques, et cet air détaché, comme si tout semblait facile. Alors que "Vu de l'extérieur", l'homme est plus que jamais unique. Même les anglo-saxons nous l'envient.

8- The New York Dolls - New York Dolls
C'est Morrissey qui a participé à la reformation de ces vieilles poupées bouffies et largement défraîchies au milieu des années 2000. On peut lui en vouloir d'avoir voulu réanimer ses amours de jeunesse. On aurait préféré garder à l'image la pochette de ce premier disque mythique et cette musique alors sauvage, sale, outrancière, beaucoup trop liée à une époque pour pouvoir revivre aujourd'hui sans provoquer une certaine moquerie. Triste carrière d'un groupe qui n'a jamais réussi à trouver son public. La série "Vinyl" produite par Scorsese et Jagger leur rend actuellement hommage.

7- Elton John - Goodbye Yellow Brick Road
Non, Elton John n'a pas toujours été ce loukoum adipeux à moumoute. Au début de ces années 70, avec son acolyte Bernie Taupin, il produisait le meilleur de ce qu'on a appelé le glam-rock. Ce "Goodbye Yellow Brick Road", double-album, restera à jamais sa plus grande (et seule ?) réussite. Oui, on peut écouter Elton John sans honte.

6- Pink Floyd - Dark Side Of The Moon
N'étant pas un grand amateur du Pink Floyd sans Syd Barrett, vous ne retrouverez pas beaucoup de leurs disques dans ces tops albums par année. "Dark Side Of The Moon" fait bien sûr exception à la règle. Difficile de passer à côté de ce disque matrice, véritable maître étalon pour toute une génération, il faut avouer qu'il vieillit plutôt bien.

5- Roxy Music - For Your Pleasure
Considéré par beaucoup comme le meilleur Roxy Music, "For Your Pleasure" avec sa fameuse pochette sur laquelle on peut voir une certaine Amanda Lear - alors muse de Salvador Dali et amie de beaucoup de chanteurs anglais parmi lesquels Bryan Ferry donc, mais aussi Bowie - n'a pourtant plus la même fougue que leur exceptionnel premier essai. Ferry contrôle le flux. Eno claquera bientôt la porte.

4- John Cale - Paris 1919
"Paris 1919" est sans doute le meilleur disque de l'ex Velvet Underground. Alors qu'on pensait que c'était le membre le plus rock du groupe, responsable entre autres du son brut, sale et déglingué de "White Light / White Heat", sa carrière solo sera plus jalonné de disques beaucoup plus sages. "Paris 1919" est un parfait recueil de chansons pop, évoquant l'Angleterre victorienne. Très classe.

3- Iggy Pop and the Stooges - Raw Power
Bowie vient prêter main forte aux fous furieux Stooges. Du coup, il ajoute son sens de la mélodie et le côté paillettes qui manquaient un tantinet aux chansons rêches du groupe. Les fans de la première heure pourront le regretter. Iggy même a préféré ressortir il y a quelques années, une version produite par ses soins, plus brute et proche du son live. Les Stooges ont beau devenir plus sexys, ils n'en demeurent pas moins une des plus formidables machines de rock'n'roll de l'histoire. "Raw Power" forever !

2- David Bowie - Aladdin Sane
"Aladdin Sane" est un des plus parfaits albums de glam-rock de l'histoire, voire le meilleur. C'est tout simplement une incroyable collection de tubes : "Drive-In Saturday", "The Prettiest Star", "The Jean Genie", etc. Et puis, que dire de la célèbre pochette ? Bowie enfile les chefs d'oeuvre comme les perles, après "Hunky Dory" et "Ziggy Stardust", on sait alors qu'il n'est pas de notre planète.

1- Lou Reed - Berlin
Voici le chef d'oeuvre solo de Lou Reed. "Berlin" est un disque concept, racontant l'histoire d'un couple de junkie, Caroline et Jim, à Berlin. C'est aussi le disque le plus noir de son auteur. L'intermède Bowie et le succès de "Transformer" n'ont pas entamé le côté torturé du monsieur - ça viendra plus tard -, "Berlin" est une magnifique rencontre entre poésie et rock, parfaitement intemporelle.

24 mars 2016

Underworld - Barbara, Barbara, We Face a Shining Future

Voilà un "vieux" groupe qui ne m'avait jamais attiré jusque là. Leur musique était plutôt faite pour la danse, la trance. Leur tube "Born Slippy", extrait de la BO du film "Trainspotting" qui les a fait connaître du grand public, m'avait bien plu mais c'est tout. J'avais bien essayé les disques mais je n'arrivais pas à rentrer dedans : pas assez mélodique. La house est un style auquel je suis toujours resté hermétique. Elle ne parvient bien souvent ni à me faire bouger, ni à me toucher. Bref, je ne sais pas par quelle porte y entrer. Alors, le retour de Underworld, à priori ce n'était pas un truc qui allait me concerner. Mais j'ai quand même voulu jeter une oreille, surtout que le chanteur, Karl Hyde, avait récemment collaboré avec Brian Eno pour ce qui sont les deux meilleurs disques de l'ex Roxy Music depuis un bail. "I Exhale" m'a tout de suite emballé. J'y retrouvais la scansion d'un Mark E. Smith avec la musique d'un James Murphy. 
Je retrouve aussi sur le reste de l'album un style plus pop que ce que à quoi je m'attendais. Il y a bien des titres un peu trop longs mais pour un retour, en voilà un inespéré : j'aime bien Underworld. Je n'y aurais pas cru.

19 mars 2016

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la relève ? Après voir avoir offert une sortie de route honorable aux frères Asheton avec la sympathique reformation des Stooges, le chanteur sort enfin du bois, voulant terminer en beauté. 
Il s'offre ainsi les services du Queen of Stone Age de service, le géant et sérieux Josh Homme, impeccable guitariste, plus proche du hard-rock que du punk de part sa technique musicale. Ce "Post Pop Depression" est pourtant comme son l'indique plutôt pop, comme une suite près de quarante ans après au fabuleux dyptique "The Idiot" / "Lust For Life", qui reste aujourd'hui encore l'apogée de sa carrière solo et ses deux seuls disques indispensables. Ce nouvel album est un improbable retour au premier plan d'un artiste qu'on croyait relégué à tenir juste un rôle de grand frère "rock" pour jeunes vieux en mal de rébellion adolescente. Iggy Pop n'est pas qu'un animal scénique. On peut aussi écouter sa musique tranquille chez soi et y trouver son compte. C'est une bien bonne nouvelle. On l'avait oublié, l'iguane est un animal qui change régulièrement de peau jusqu'à ressembler ici souvent à un certain David Bowie : coïncidence ?


15 mars 2016

The Coral - Distance Inbetween

The Coral connaît, comme beaucoup, le syndrome des groupes qui vieillissent : ils perdent en spontanéité et en fraîcheur mélodique ce qu'ils gagnent en maîtrise et en raffinement. Tout dépend de quel côté on se place. Ce nouveau disque sera soit une déception, soit une belle surprise. Pour ma part, je me placerais paradoxalement entre les deux. "Distance Inbetween" étant fidèle à ce que j'en attendais, car, comme tout un chacun, The Coral arrive à maturité et les entendre refaire aujourd'hui des titres comme "Dreaming of you" n'aurait plus de sens. On peut être nostalgique de sa jeunesse, vouloir que celle-ci perdure artificiellement mais dans ce cas, on se leurre. On n'est pas jeune deux fois. Les Liverpudliens de The Coral le savent bien et continuent d'avancer sans regarder en arrière. Leur nouvelle musique est moins pop, moins immédiate, plus dure et plus complexe aussi. 
Ils restent malgré leur éparpillement progressif - le départ semble-t-il définitif de leur ancien et excellent guitariste Bill Ryder-Jones pour une carrière solo plus que prometteuse et un temps d'attente nettement plus long entre deux productions - l'un des groupes pop les plus essentiels de l'époque.

Clip de "Miss Fortune" :

Clip de "Chasing The Tail of a Dream" :

14 mars 2016

Public Service Broadcasting (+ Lull) - Paris, La Maroquinerie - 5 mars 2016

Enfin, le premier concert de l'année 2016... Et pas n'importe quel concert puisqu'il s'agit de Public Service Broascasting, mon meilleur souvenir de musique live de 2015. Bien sûr, il y a l'obligatoire première partie. Et là, plus que d'habitude, elle semble un passage obligé. Déjà le groupe n'en est pas un. Seul le chanteur a pu venir. A croire qu'il y a eu un remplacement à la dernière minute. Je n'aime pas dire du mal des gens car le chanteur présent est plutôt gentil, charmant même, mais sa musique, je ne peux pas. Pourquoi vouloir imiter James Blunt ? Pourquoi ne pas chanter en français ? C'est bien d'avoir des références anglo-saxonnes mais vu ce qui existe déjà en termes de musique folk, la concurrence est plus ardue et le champ des possibles plus limité. Je ne m'éterniserai donc pas sur Lull, le nom même paraît être une blague (lol). Le chanteur aurait eu plus sa place à l'émission The Voice, dont la voix et la belle gueule auraient fait tout son effet auprès de Zazie. Une erreur de casting donc. De plus, l'univers des londoniens de Public Service Broadcasting n'a absolument rien à voir. Je n'étais pas en grande forme ce soir-là : l'hiver, la grisaille et le manque de sommeil sans doute. Du coup, le son me paraît trop fort, trop puissant pour la petite salle de la Maroquinerie et mes oreilles fragiles. Bizarrement, ce n'est même pas la musique qui me gêne, mais les paroles pré-enregistrées. Pour le reste, Public Service Broadcasting, c'est toujours aussi bien en live. Le public est essentiellement composé de trentenaires voire quadra et plus - certains, en bons fans, ont même acheté les tee-shirts à l'entrée. Bah oui, je me rends compte que je n'écoute plus de la musique de jeunes, de la musique de papa en somme. Le groupe nous propose quand même quelques nouveaux morceaux. Le prochain album devrait avoir pour thème Londres pendant la deuxième guerre mondiale. Du coup, la musique s'y fait plus sombre, tendance krautrock. On a hâte d'entendre ça. Comme quoi, malgré le concept qui peut paraître d'emblée étriqué, les possibilités sont finalement infinies. Surtout quand on possède une palette sonore aussi large que ces énergumènes-là. J. Willgoose, pour une fois, prend même le micro pour remercier personnellement le public sans passer par ses sempiternelles machines. S'ils ont réussi à élargir leur public chez eux - où ils connaissent déjà un petit succès - en France, la mayonnaise a du mal à prendre. C'est dommage mais pas forcément étonnant tellement l'humour et le détachement dont ils font preuve sont typiquement anglais. Et puis, je ne veux pas faire mon rabat-joie, mais on n'a jamais eu beaucoup d'oreilles lorsqu'il s'agit de rock. Tout simplement parce que ça ne fait pas partie de notre culture. Tout ça finit par un rappel où le groupe joue ses deux "tubes" : "Gagarin" et "Everest". Tant pis pour mes oreilles. Elles aussi doivent être "trop" françaises. Comme quoi, même quand la tête dit oui, le corps résiste. Saleté de traditions !

9 mars 2016

Ulrika Spacek - The Album Paranoia

Il y a une influence qui saute immédiatement aux oreilles, à l'écoute du premier album des anglais de Ulrika Spacek, c'est Deerhunter. Plusieurs morceaux pourraient être l'oeuvre de Bradford Cox ("Porcelain", "Strawberry Glue", etc). On retrouve aussi malheureusement l'attitude nonchalante et énervante qui va avec. Comme si ce genre de musique ne pouvait se dissocier d'un certain état d'esprit supérieur. La différence avec Deerhunter, c'est le côté psychédélique beaucoup plus marqué - ils seront d'ailleurs au Paris International Festival Of Psychedelic Music le 19 juin à la Ferme du Buisson partageant une jolie affiche avec Jacco Gardner et les précieux Woods -, jusqu'à l'écrasant martèlement des rythmiques. Si ce n'était les morceaux précédents, l'introduction bourine de "Nk" par exemple m'aurait dissuadé d'aller plus loin. Beaucoup ont déjà fait de Ulrika Spacek leur révélation rock du début de l'année, parce que leur musique est susceptible de rassembler, des fans de rock indépendant jusqu'aux métalleux. 
Ulrika Spacek gagne par son éclectisme, jonglant entre lourdeur et légèreté, ombre et lumière, grâce sa rare habileté à surfer sur les genres et les références. Une victoire aux points donc mais pas encore par KO. Au milieu de cet intelligent maelström sonore, il manque encore une identité propre, un style. Ça viendra sûrement. 


Clip de "Strawberry Glue" :

6 mars 2016

Syl Sylvain & The Teardrops - Formidable (1981)

Toujours se méfier des doubles prénoms. Ils n'évoquent souvent rien de bon, au pire des serial killers (Émile Louis, Guy Georges, etc) au mieux le pire de la variété française (Franck Michael, Herbert Léonard, Claude François, François Valéry, Mireille Mathieu et j'en passe, la liste est longue comme le bras...) il doit y avoir un truc avec eux. Sauf que là, c'est un double double prénom, à l'image de François François, le chanteur ringard imaginé par Albert Algoud, du temps de la grande époque de l'esprit Canal et de "Nulle Part Ailleurs". Oui, Sylvain Sylvain - même si sur ce disque, il avait momentanément changé en Syl Sylvain -, ça ne fait pas sérieux. Le type est pourtant un ancien membre des New York Dolls, ce groupe de glam punk trop en avance sur son temps qui est devenu culte bien plus tard par le biais de fans respectés comme Morrissey. Peut-être qu'il en sera de même avec les deux albums solos de Sylvain Sylvain, sortis au tout début des années 80 et qui contiennent quelques irrésistibles tubes bubble pop, bien loin de l'image sulfureuse de son ancien groupe. "Formidable" - le chanteur traînait à l'époque ses guêtres à Paris et fréquentait régulièrement la salle du Gibus, d'où le français presque sans accent - est de ceux-là. Je vous mets au défi de vous l'enlever de la tête une fois que vous l'aurez écouté. Bien sûr, les éternels rabat-joie diront que c'est kitsch, niais et que sais-je. Même Sylvain Sylvain a dénigré depuis ces chansons-là, jugeant la production trop lisse. Mais en ces temps moroses, le moral en berne, écouter cette musique-là fait l'effet d'une revigorante tornade de fraîcheur. Et, mine de rien, on se surprend à y revenir, même pas honteux. Merci à maman pour cette charmante découverte : "tu es formidable, doudoudou...".

3 mars 2016

Animal Collective - Painting With

Voilà l'une des formations les plus clivantes du rock indépendant. Animal Collective, c'est bien simple : soit on adore, soit on déteste. Pourtant, depuis le précédent disque et décevant "Centipede Hz" où même leurs fans de la première heure comme Pitchfork les ont lâché, le groupe semble tomber dans l'indifférence. Ce nouvel album était précédé du pétillant et bien nommé single "Floridada", précurseur d'un renouveau artistique attendu. À l'écoute de ce "Painting With", on reconnaît pourtant le style foufou des américains, sorte de Beach Boys sous acide, même s'ils n'ont jamais sonné aussi pop. Normal, le disque a été enregistré dans les mêmes studios que ceux du légendaire "Pet Sounds". On sait qu'un album d'Animal Collective mérite de l'attention, que ce n'est pas le genre de musique qui s'apprivoise facilement, alors on y revient plusieurs fois pour voir. 
Et si, on est rapidement déçu de ne pas retrouver plus souvent la folie emballante de "Floridada", sans parler des sommets autrefois abordés par "Strawberry Jam", "Painting With" est plus malin et complexe qu'il n'y parait. Promis, la prochaine fois, j'attendrai plus longtemps avant de me prononcer sur un nouveau disque d'Animal Collective.

Clip de "Floridada" :

Clip de "Golden Gal" :

2 mars 2016

The Snails - Songs From The Shoebox

La musique à papa tourne au ralenti en ce moment. Mais ça devrait repartir, tranquillement, à l'allure des escargots de The Snails, ce drôle de groupe parallèle de Samuel T. Herring, le charismatique chanteur de Future Islands. Ce qui ressemblait au départ à une blague potache et récréative, en témoigne les costumes scéniques inspirés du gastéropode auquel le nom du groupe fait référence, a fini par se matérialiser avec la sortie d'un premier disque, "Songs from the shoebox". Les escargots, ça vit dans une boîte à chaussures, non ? À l'écoute de ce (trop) court album, on constate que les chansons ne souffrent pas de la comparaison avec celles de Future Islands. 
Elles sont moins "électro" - moins connotées "eighties" -, peut-être moins immédiates aussi mais l'instrumentation y est plus variée. Il y a aussi plus de guitares, ce qui n'est pas pour me déplaire. On espère maintenant que ces escargots-là sauront avancer et venir par chez nous. Car c'est bien connu, en France, on adore ça.