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Articles

Affichage des articles du mai, 2017

Klô Pelgag - L'étoile thoracique

Klô Pelgag, quel étrange pseudo! Ça ne pouvait venir que du Québec, cette idée de ne prendre que les premières syllabes de Chloé Pelletier-Gagnon, le vrai nom de la demoiselle. D'ailleurs, les paroles, l'univers lexical, c'est ce qui peut d'emblée faire rebuter, nous, Français, tellement la jeune chanteuse possède un truc, des expressions, des références, des images, bien à elle, un peu perchée. Un truc avec lequel on peut rester complètement hermétique. Klô est l'archétype de la canadienne bobo, écolo, artiste touche à tout, 100% naturelle. Même si elle reste sans doute plus modeste et accessible que son équivalente parisienne, elle et sa musique paraissent de prime abord et même ensuite plutôt prétentieuses. C'est aussi ce que l'on reproche souvent à Camille, dont la comparaison saute immédiatement aux oreilles. Mais on pense aussi, dans un autre style, à la légèreté de Starmania, comme quoi il doit y avoir une style de variété canadienne.
Mais là où Klô…

The New Year - Snow

J'ai beau écouter du rock indépendant depuis plus de vingt ans, il m'arrive encore de découvrir des groupes ou des artistes. Les frères Kadane en font partie. Ils ont d'abord œuvré au sein de Bedhead, formation emblématique d'un mouvement qu'on a appelé à la fin des années 80 et au début des années 90, le slowcore (Galaxie 500, Luna, Low, Red House Painters, etc) Ce rock lo-fi misait avant tout sur la lenteur, sans cracher pour autant sur les guitares bruyantes et une certaine appétence pour les mélodies simples et limpides. Comme si l'époque avait besoin de prendre son temps, de ralentir le rythme, devant la frénésie ambiante, tout en criant sa différence et son goût du beau et naturel. Il y eut quelques adeptes, mais le mouvement eut nettement moins d'impact que le grunge, par exemple, qui avait indéniablement un look et une plus grande envie d'en découdre. Les frères Kadane ont ensuite fondé The New Year, à l'orée des années 2000. "Snow&quo…

Feist - Pleasure

Mais qu'est-il donc arrivé à Feist, cette chanteuse pop-rock canadienne, assez consensuelle, sympathique, mais pas franchement inoubliable ? Quelques titres avec le collectif ami de Broken Social Scene avait pourtant montré qu'elle était capable de folie passagère (notamment sur les toujours formidables "Almost Crimes" et "7/4 Shoreline") mais en solo, sa musique, c'était un peu l'autoroute pop-rock pour tout venant, pas désagréable, mais pas transcendant pour autant. Le genre de musique passe-partout, capable de passer dans n'importe quelle soirée mais qui peine à retenir vraiment l'attention. Dès l'écoute des nouveaux titres "Pleasure" ou "Century", impossible de ne pas penser à PJ Harvey : même son de guitare rêche, même rythmique martiale. A la fin de "Century", on entend aussi le grand Jarvis Cocker, preuve que Feist est avant tout influencée par la musique des années 90, comme Broken Social Scene. Que…

Temples - Volcano

Pour ce que ça vaut, Temples est considéré par Noel Gallagher et Johnny Marr comme le meilleur groupe rock anglais actuel. Venant de ces deux guitaristes "has been", j'aurais plutôt tendance à me méfier, tellement leur production personnelle est assez faiblarde depuis de nombreuses années. Toujours est-il que sans leur donner entièrement raison, force est de constater que les bien sages Temples viennent de balancer un deuxième album aussi impeccable que leur précédent "Sun Structures". En plus, ils font tout eux-mêmes jusqu'à la production. Après un premier disque très influencé par la pop psychédélique des années 60, "Volcano" surfe plutôt sur la décennie suivante, à l'image de leurs confrères américains de MGMT auquel ils font ici beaucoup penser jusqu'aux coupes de cheveux. Ça semble parfois facile, un peu putassier mais il faut avoir un sacré talent pour tenir ainsi la distance sans faiblir, tant au niveau des arrangements que des mé…

Woods - Love is Love

Les voilà déjà de retour ! Grâce à leur inépuisable dernier disque, "City Sun Eater In The River Of Light", Woods est devenu un de mes groupes fétiches actuels. Ce nouvel album a été écrit peu de temps après l'élection d'un certain Donald Trump à la présidence des États-Unis d'Amérique. Il est court. Six titres seulement, dont plus de 10 minutes entièrement instrumental. Malgré l'inquiétude qui pèse de plus en plus dans les relations internationales, malgré la montée progressive des extrémismes de toute sorte (religieux, nationaliste, communautariste, financier, etc) le groupe préfère croire que l'amour, la fraternité ne sont pas devenus de vains mots. "Love is love" nous disent-ils simplement. La musique est dans la lignée de leur précédent disque.
Avec au moins une chanson imparable, "Bleeding Blue", dont l'entêtante mélodie de trompette n'est pas prête de nous quitter. Bref, même si l'avenir n'est pas rose - en témo…