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Articles

Affichage des articles du 2018

J Fernandez - Occasional Din

Voilà un disque miraculeux, à l'image du "Overgrown Path" de Chris Cohen sorti en 2012, tenu en haute estime ici mais resté désespérément au rang des grands oubliés de l'histoire. J Fernandez est sans doute bien parti pour le rejoindre avec ce formidable "Occasional Din". Comme si les mélodies soyeuses d'un Elliott Smith étaient habillées par la production lofi d'un Ariel Pink. Improbable rencontre. Mais si Chris Cohen n'était pas complétement un inconnu dans le milieu, ayant officié de nombreuses années au sein des timbrés de Deerhoof, on se demande bien d'où sort ce J Fernandez. On sait juste qu'il vient de Chicago, qu'il a des origines Philippines, que son prénom, c'est Justin, qu'il en est à son deuxième disque, qu'il a déjà participé à l'excellent Soy Festival qui a lieu à Nantes chaque année pendant les vacances de la Toussaint et qu'il est signé sur Joyful Noise Recordings, au même titre que Lou Barlow, S…

Beak - >>>

Dans l'attente de plus en plus improbable d'un nouveau disque de Portishead - étant donné la qualité irréprochable des trois albums disponibles, il sera bien difficile de ne pas décevoir -, Geoff Barrow continue d'officier au sein de Beak avec déjà un troisième album, sobrement intitulé ">>>". On n'imagine pas quand ils en seront à une trentaine s'ils arriveront à mettre autant de fois le même symbole sur la pochette. En tout cas, pour l'instant, ils portent plutôt bien leurs noms, proposant à chaque fois une version supérieure au précédent. Ce dernier est toujours inspiré par le krautrock de Can ou Neu! - "Brean Down" et "RSI" sont à ce titre des exemples parfaits du son Beak - style chéri de Barrow depuis au moins dix ans et le dernier Portishead en date. Le trio a quelque peu changé : Will Young a remplacé Matt Williams.
Il en ressort un disque plus varié qu'à l'accoutumée, avec de plus en plus de voix. "K…

The Garden - Mirror Might Steal Your Charm

Novembre, c'est bientôt l'heure des bilans de fin d'année et c'est le moment, où, profitant d'une accalmie dans les sorties musicales, on se met à réécouter les disques qu'on avait jusque là un peu délaissés, des fois à raison, d'autres fois à tort. Le dernier album des jumeaux de The Garden m'a dès la première écoute intrigé. Mais c'est la pochette, où l'on voit un clown un peu flippant regardant son double dans le miroir qui avait d'abord attiré mon attention, comme une représentation du groupe lui-même. La musique peut ressembler à du grand n'importe quoi, avec ces petites batteries synthétiques, ce style mi punk, mi rap et ces mélodies pas terminées qui partent tous azimuts. Les frères Shears ont de plus des allures de petits branleurs prétentieux, libres de saccager leurs chansons comme ils l'entendent dès que celles-ci commenceraient à devenir un tant soit peu sifflables sous la douche.  Mais au fil des écoutes, on s'aperç…

Boogarins - Hard Club, Porto - 22 octobre 2018

Maman et moi étions en weekend prolongé à Porto du 20 au 23 octobre dernier. En plus de profiter des derniers rayons de soleil pour 2018, de la cuisine - morue bien sûr mais aussi francesinha, pasteis de nata, etc - et du vin local, nous nous sommes aussi décidés pour un concert. Au départ, nous ne connaissions pas Boogarins, groupe de rock psychédélique brésilien, mais après quelques écoutes sur Youtube, nous nous sommes laissé convaincre. La salle s'appelle Hard Club et se situe dans les halles d'un ancien marché. L'architecture rappelle assez celle des halles de la Villette, en plus petit. Comme son nom l'indique, les photos de groupe affichées dans le couloir séparant les 2 salles de concert montrent essentiellement des formations de heavy metal. Pourtant, la programmation est plus calme : Anna Calvi vient de s'y produire et on attend très prochainement Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra. En résumé, rien de très violent pour les oreilles. On est dans les pr…

Calvin Johnson - A Wonderful Beast

Voilà le retour plutôt inattendu d'un vieux briscard de la scène rock indépendante américaine. Calvin Johnson fut un des précurseurs du genre au début des années 80 avec son groupe Beat Happening et son label K Records. Kurt Cobain, lui-même, s'était fait tatouer un "K" en référence à son admiration pour la musique et le style de Johnson. "A Wonderful Beast", l'album, a été produit par Patrick Carney, membre éminent de The Black Keys. On retrouve ainsi les mêmes guitares teigneuses, les mêmes percussions qui claquent et des synthés brinquebalants. Et la compagne de Carney, Michelle Branch, modeste pop star américaine, sur l'excellent "(I've still got) sand in my shoes".Et bien sûr la voix de parfait crooner de Johnson au phrasé détaché à la Lou Reed, référence incontournable.  Les paroles particulièrement décalées peuvent rappeler celles de Half Japanese par exemple. C'est bien simple, plus on l'écoute, plus on a envie de l…

Dominique A - La Fragilité

Celui-là, j'avoue que je n'ai pas su tout de suite comment l'aborder. Ça ne me parlait pas. Ça ne me parlait plus. Triste de constater que la flamme avec un artiste autrefois adoré était en train de s'éteindre petit à petit, inexorablement. Comme si cela relevait de la fatalité. Que ni lui, ni moi, n'y pouvions plus rien. La distance était devenue inéluctable. Depuis "Eleor" et même un peu avant, le lien s'est quelque peu défait. Un nouveau disque de Dominique A n'était plus un événement. Puis, il m'a suffi de tomber sur une interview du chanteur pour ressentir quelque chose. Comprendre à nouveau. Comprendre où ça se jouait maintenant. Sur un autre terrain. Alors que beaucoup lui reprochent d'être au contraire plus lisible, à travers les paroles de ses nouvelles chansons plus directes, mais aussi à travers ses explications de textes comme dans son dernier livre "Ma vie en morceaux". "La fragilité, ce terme n’est pas forcéme…

Connan Mockasin - Jassbusters

Après un décevant et sirupeux "Caramel", l'atypique Connan Mockasin est de retour avec un troisième album, "Jassbusters". Le Néo-Zélandais redevient cet oiseau rare, proposant une musique que lui seul peut produire : une pop matinée de soul, envoûtante, aux arrangements simples et délicats, avec une voix incroyablement élastique - il semble y avoir plusieurs personnes en lui - qui rappelle tantôt celle de Dan Bejar, le chanteur de Destroyer, tantôt celle de Jeff Buckley ("Momo's"). Ce nouveau disque est un concept album basé sur un film réalisé par l'artiste lui-même. Il raconte l'histoire d'amour entre Bostyn, un professeur de musique, joué par Mockasin et de Dobsyn, un de ses étudiants, joué par un ami d'enfance. A la vue du premier clip "Con Conn Was Impatient" et des perruques improbables portées par les acteurs, on se demande si tout cela est bien sérieux. Si oui, le gars est toujours aussi allumé.
Si "Jassbust…

Thousand - Le Tunnel Végétal

Je sais, j'ai mis du temps à me décider pour ce disque sorti il y a déjà plusieurs mois. Il faut dire que je l'ai longtemps trouvé trop prétentieux. Les paroles surtout, tantôt drôles et décalées ("j'ai lu l'avenir du monde dans ton regard. je jure sur la tête de Robert Ménard"), tantôt volontairement crues ("il était pompier dans un boulard italien"), un brin provocatrices, ou aux références obscures pour beaucoup ("souviens-toi Michniak, tous les disques sont de la merde"), et cette façon nonchalante de chanter, l'air de ne pas y croire tout à fait. Mais de l'autre côté, il y a la musique, impeccable, qui a fini par faire pencher la balance. Il faut dire que Thousand, alias Stéphane Milochevitch est très bien entouré avec entre autres, Syd Matters au clavier ou O à la basse. On pense par moments à Bashung pour les textes imagés, mais en version pop, new wave.  Après plusieurs excellents disques de pop psychédélique chantés en an…

The Holydrug Couple - Hyper Super Mega

Ils sont deux, ils sont chiliens - et oui, qui aurait cru que je chroniquerai un jour un disque de pop chilienne - "Hyper Super Mega" est leur cinquième disque en une dizaine d'années de carrière. Pourquoi leur musique est-elle enfin parvenue à mes oreilles ? N'étais-je jusque là pas assez curieux pour oser aller écouter attentivement ce qui se pratiquait comme rock indépendant dans le continent sud-américain, mise à part quelques trucs brésiliens ? Ou était-ce simplement dû au fait que la promotion de leur pop psychédélique n'était pas assez forte ou ciblée ? Sans doute un peu des deux, car les deux compères n'ont rien changé, étant toujours pour moitié signés, comme ici, sur l'excellent label new-yorkais Sacred Bones (Crystal Stilts, Marissa Nadler ou The Soft Moon), moitié auto-produits sur leur propre label BYM Records (Follakzoid, autre groupe de rock chilien, un tant soit peu connu).
Leur nouvel album mêle habilement titres chantés et quelques morc…

The Goon Sax - We're Not Talking

The Goon Sax, c'est une jeunesse - ils n'ont pas vingt ans - de plus en plus rare, une jeunesse qui aime encore l'indie rock, devenue au fil du temps un repère de trentenaires voire quadragénaires un peu aigris. Certains pour rester jeunes s'obligent à écouter de la musique de la génération suivante : le rap, le r'n'b, Pro Tools et les voix passées au vocoder, persuadés que l'époque a forcément raison. A l'inverse, il y a bien sûr ceux qui pensent, adeptes indécrottables du "c'était mieux avant", qu'elle a tort, en éternels nostalgiques de leur jeunesse. Et puis, il y a ceux qui s'en moquent - les plus nombreux ? - parce qu'ils ont juste envie d'écouter ce qui leur plaît et tant pis si ça sonne vieux ou jeune. The Goon Sax ont été biberonnés au rock indépendant australien, surtout aux Go-Betweens - un des membres est d'ailleurs le fils de Robert Forster - et au "Dunedin Sound" des voisins néo-zélandais et pou…

Michael Nau - Michael Nau & The Mighty Thread

Voilà ce qu'on pourrait appeler communément un disque d'été, de la sunshine pop, légère, mélodieuse et qui n'oublie pas pour autant d'être intelligente. Le nouvel album de l'américain Michael Nau a été enregistré à la maison, plus précisément dans le deux pièces d'un des membres de son groupe, The Mighty Thread. Tel instrument a été joué dans la salle de bains, l'autre dans la cuisine, le troisième dans le salon - l'histoire ne dit pas s'ils ont utilisé les toilettes. Pas étonnant donc que cette musique pénètre, mine de rien, aussi facilement notre quotidien, constituant comme une bande son idéal de nos activités estivales. Essayez donc ce disque comme fond sonore lors d'un barbecue ou un apéro, en famille ou entre amis. Il devient rapidement aussi indispensable que le bon petit verre de rosé ou les chips qui accompagnent. Celui dont vos invités vous demanderont le nom, où vous l'avez trouvé et qu'ils exigeront à nouveau la prochaine fo…

Spiritualized - And Nothing Hurt

Je suis peut-être le seul à le penser mais je trouve que la musique de Spiritualized se bonifie au fil des disques. Je ne considère pas, comme beaucoup, que "Ladies and gentlemen, we are floating in space" sorti en 1997, soit le chef d'oeuvre indépassable de Jason Pierce. Je le trouve trop touffu, trop long, assez indigeste au final. Il a pour moi fait bien mieux depuis. Son précédent "Sweet Heart, Sweet Light" avait par exemple frôlé la première place de mon top albums 2012. Depuis vingt ans, le groupe a sorti peu d'albums - il a fallu attendre 6 ans pour ce dernier - mais ils semblent de plus en plus sereins, apaisés, ramassés - toute proportion gardée, la plupart des morceaux faisant encore plus de cinq minutes. Avec l'âge, on arrive à se contenter de l'essentiel. Certains pourront le regretter. Mais c'est avant tout, ce que j'aime dans cette musique : ces délicates ballades pop psychédéliques avec orchestre à cordes. Il faut attendre &q…

Her's - Invitation to Her's

Ils sont deux : l'un anglais, Stephen Fitzpatrick, l'autre norvégien, Audun Laading. Ils se sont rencontrés en faisant leurs études à Liverpool, la ville des Beatles. Ils ont potassé depuis de nombreux mois les chansons de ce premier disque et ça se ressent car il n'y a pour ainsi rien à jeter dessus. Leur nom de groupe fait référence à la gente féminine, un peu comme Girls, avec qui ils partagent le même goût pour la pop lo-fi aux sonorités eighties. Mais plus qu'à l'ex-formation de Christopher Owens, c'est à la musique d'Ariel Pink et de Mac Demarco que cette "Invitation to Her's" fait surtout penser : les mélodies du premier avec les guitares et la nonchalance du second.
Cela ressemble donc à la fusion idéale pour profiter à plein des derniers jours d'été et ne pas penser encore à cette rentrée pourtant si présente. Impossible, par exemple, de se débarrasser facilement d'évidences telles que "Harvey" ou de "Love On T…

Patti Smith, Ariel Pink, Josh T. Pearson, Jonathan Bree & Cut Worms - Festival de la Route du Rock - Le Fort Saint-Père, 18 août 2018

Voilà un rendez-vous qu'on ne manque que rarement, maman et moi, depuis 2009 - eh, oui, nous avons commencé à fréquenter ce festival que depuis que nous sommes parents, étonnant, non ? A part les éditions 2011 et 2016. Chaque année, je scrute la programmation plusieurs mois à l'avance, pour savoir si au moins une soirée proposerait des artistes ou groupes aptes à nous faire déplacer. En 2018, j'ai longuement hésité entre le vendredi et le samedi. Jusqu'à l'annonce de Patti Smith. Daho et Grizzly Bear face à Ariel Pink et Josh T. Pearson : pas facile de choisir. C'est donc une des pionnières du rock féminin qui a fait basculer mon choix. Je ne l'avais jamais vue en concert. Cette année, nous sommes arrivés tôt, même avant l'ouverture du site, pour être sûrs de ne pas rater le premier groupe, Cut Worms. D'autant que la fin de soirée nous branchait moins. Les américains de Cut Worms livrèrent une prestation fidèle à leur unique album : soignée, mélodi…

Barbara Carlotti - Showcase à Lafayette Anticipations - 16 juillet 2018

Décidément, Barbara Carlotti est en train de devenir la compagne idéale de notre été. Après avoir été la voir reprendre des chansons de l'année 1966 aux Trois Baudets, nous sommes retournés cette fois-ci à Lafayette Anticipations, un lieu dédié à l'art contemporain, où la chanteuse prêtait sa voix à l'audioguide de l'exposition. Mais c'est bien sûr surtout pour assister à son showcase que nous étions venus. Elle y jouait ses propres morceaux et essentiellement son dernier et excellent album "Magnétique". Elle et ses musiciens affichent d'emblée une certaine décontraction - celle de récents champions du monde ? Le public est presque à l'opposé de celui des Trois Baudets : très bobo Parisiens. Il faut dire que le lieu lui-même respire cet élitisme assez prétentieux - désolé, je suis assez hermétique à l'art contemporain - avec son bar qui ne propose que jus et alcool bio évidemment. On reconnaît O, alias Olivier Marguerit, venu en famille parmi…

The Innocence Mission - Sun On The Square

Les années passent et Karen Peris conserve ce timbre de voix si doux, si suave, qu'il semble que le temps n'ait aucun impact sur elle. La musique de The Innocence Mission reste à ce titre, d'une beauté immuable. Simon Raymonde, ex-Cocteau Twins et patron du label Bella Union, a fini par les signer, lui pour qui leur disque "Birds of my Neighborhoods" fait partie de ses trois albums préférés toute période confondue. Et pourtant, on s'imagine la quantité de musique étant passé entre ses oreilles. Un autre grand fan du groupe est Sufjan Stevens, auteur avec "Illinois", d'un des plus grands albums de pop raffinée de ces deux dernières décennies. S'il fallait maintenant parler d'influences pour le couple Peris - puisque la musique est pour eux une affaire de famille, les rejetons encore adolescents participent même sur ce nouveau "Sun on The Square" - on citerait la folk anglaise produite lors de la charnière entre les années 60 et…

Jonathan Bree - Sleepwalking

Me voilà de retour de congés, plus en forme que jamais - si, si, après 2 semaines en All-inclusive - pour faire le plein de nouvelles musiques. La première proposée est celle d'un néo-zélandais que je ne connaissais pas et qui sévit pourtant depuis bientôt 20 ans au sein de The Brunettes puis en solo, a son propre label Lil Chief Records et dont le dernier single "You're so Cool" compte déjà plusieurs millions de vues sur Youtube. Si je l'écoute aujourd'hui, c'est surtout parce que j'ai appris tout récemment que j'allais le voir en concert lors de la prochaine Route du Rock, en remplacement de John Maus. Ce dernier vient malheureusement de perdre son frère et a donc annulé sa tournée. La musique de Jonathan Bree rappelle un peu celle d'un Perry Blake sophistiqué, d'un Get Well Soon qui tournerait au ralenti, de Magnetic Fields épurés ou d'un Jarvis Cocker minimaliste. Le chanteur est affublé sur la pochette du disque comme dans les cl…

66 Revolution Pop - Paris, les Trois Baudets - 12 juillet 2018

C'est la première fois qu'on allait, maman et moi, aux Trois Baudets, une de ces nombreuses salles situées dans le quartier touristique de Pigalle. La configuration de la salle est assez étrange avec deux gros poteaux central et des banquettes inoccupées sur les côtés. Le public qui arrive petit à petit nous étonne un peu. Nous constatons rapidement que nous sommes presque les plus jeunes et que l'audience ressemble plus à celle d'un théâtre voire d'un concert classique. C'est d'ailleurs la première remarque que fera Jean-Pierre Petit, l'impression que l'ambiance sera d'emblée plutôt pépère (et mémère ?). Et cette question qui nous vient donc : pourquoi ? Tout simplement, parce que ce concept, cette musique n'intéresse pas les plus jeunes. Un concert de reprises de chansons, françaises pour la plupart, de l'année 66, sous la forme d'une émission de variétés façon Gilbert et Maritie Carpentier, voilà une idée pour fans nostalgiques d…

MGMT (+ Cola Boyy) - festival Days Off - Philharmonie de Paris - 4 juillet 2018

Deuxième concert de la semaine : même endroit, même heure, même festival. Cette fois-ci, la première partie est un peu plus fun. Normal, vous me direz : la musique est souvent à l'image de celle de la tête d'affiche. C'est une sorte d'électro pop avec un zeste de soul. Le chanteur est un drôle de petit bonhomme et si ce n'est pas inoubliable (là encore beaucoup de sons semblent enregistrés), ça reste plutôt plaisant à l'oreille. Pas sûr que ça suffira pour que dans quelques années, on retienne encore le nom de ce Cola Boyy. Pour MGMT, la donne n'est évidemment pas la même, n'en déplaisent à leur nombreux détracteurs. Le duo new-yorkais a montré depuis longtemps qu'il n'était pas qu'une simple hype passagère. Les voilà avec un quatrième disque qui est sans doute leur plus immédiat et accessible. En live, c'est un show incroyablement rodé. Le chanteur débarque avec un maquillage façon "Aladdin Sane". J'avais entendu que sur …

David Byrne (+Laura Mvula) - festival Days Off - Philharmonie de Paris - 3 juillet 2018

Les vacances approchent et arrive souvent avec, la possibilité de sorties pour les parents, confiant leur progéniture à des personnes tierces, comme les grands parents, par exemple. Merci à eux de nous avoir permis d'assister à deux excellents concerts. Le premier est celui d'un certain David B. Non, pas l'idole partie il y a 2 ans déjà, mais un autre artiste majeur, autrefois chanteur des indispensables têtes parlantes, et dont la carrière exemplaire et toujours en mouvement, reste un modèle à suivre pour les jeunes générations. Je passe sur la première partie, Laura Mvula qui, c'est vrai a une belle voix, mais sa musique est trop en force pour que surgisse une quelconque émotion. Surtout que la plupart des sons étaient enregistrés. Dommage quand on est dans une salle ayant l'accoustique de la Philharmonie de Paris. La première chose qui frappe dans le concert de David Byrne est l'absence de câbles et fils en tous genres sur scène. Comme un rêve de chambres d…

Cabbage - Nihilistic Glamour Shots

La pochette fait penser à un disque de heavy metal satanique - pas franchement le genre de la maison. Le titre contient pourtant un mot intrus : glamour. Généralement, on ne parle pas de glamour dans ce style de musique qui, de plus, ne manie que rarement le second degré. Il faut donc aller plus loin et se décider à poser le casque sur les oreilles. Ils sont jeunes, ils viennent de Manchester. Ils ont une vision très noire de notre société - mais plus nihiliste que sataniste donc - , leur post-punk n'est pas si sombre et univoque (écoutez donc le morceau pop "Exhibit A") qu'il pourrait paraître.C'est un ami qui vient juste de les voir en concert à Paris le 28 juin dernier qui m'a donné envie de m'y replonger. J'avais déjà écouté "Nihilistic Glamour Shots" et si j'en gardais plutôt un bon à priori, je n'y étais pas revenu depuis plusieurs semaines : pas assez fort pour que j'en parle ici. J'ai finalement changé d'avis tel…

Rolling Blackouts C.F. - Hope Downs

Après Boy Azooga, voilà un autre disque de nouveaux venus qui m'a gentiment été envoyé sans que j'en fasse la demande expresse (l'avantage de tenir un blog ayant de l'influence, non, je déconne évidemment). Et pour une fois, je dois dire que l'envoyeur(se) connaît mes goûts, car il(elle) a visé on ne peut plus juste. La musique des jeunes Australiens de Rolling Blackouts C.F. - CF pour Coastal Fever, comme ça faisait trop long, ils ont dû réduire. Au passage, quelqu'un sait d'où vient ce nom de groupe à rallonge ? - est pile dans celle que j'aime : des guitares cristallines qui virevoltent, une indie pop radieuse, mélodieuse et un brin jemenfoutiste. On pense aux Feelies, à Mac De Marco, REM, ainsi qu'aux Go-Betweens, aux magnifiques Blank Realm ou au label Flying Nun pour rester plus proches géographiquement parlant.  Leur premier album "Hope Downs" aligne les excellents morceaux voire quelques uns quasi parfaits comme l'imparable si…

Cosmo Sheldrake - The Much Much How How and I

Il a un nom de magicien voire de super-héros et à l'écoute de ce premier album à nul autre pareil, on se dit que ça lui va plutôt bien. Ce jeune anglais issu d'une famille d'artistes et d'intellectuels, avait sans doute toutes les cartes en main pour tracer sa voix en dehors des sentiers battus. N'empêche, malgré un milieu favorable, peu y arrivent de manière aussi magistrale. Sa musique ne ressemble à de rien connu. Comme si Robert Wyatt avait rencontré Alt-J et Django Django. Et encore, on n'y est pas tout à fait. Ce mot est aujourd'hui souvent galvaudé, mais pour une fois, avec Cosmo Sheldrake, ce n'est pas le cas : on a bien affaire à un artiste, un vrai. Chaque morceau recèle des trésors d'harmonies complexes avec pléthore d'instruments, qui fait que même les amateurs de musique classique peuvent aussi s'y retrouver. Voici donc un disque oecuménique qui devrait réussir à transcender les chapelles, sans que cela paraisse pour autant com…

Boy Azooga - 1 2 Kung Fu!

L'été approche et l'envie d'écrire ici se fait de moins en moins pressante. Mais il suffit d'un déclic pour que ça revienne. Un album reçu sans l'avoir demandé telle une bouteille à la mer. Une divine surprise. Une musique qui sort du lot, différente, qui redonne le goût. Souvent, parce qu'on n'en attendait rien. Boy Azooga répond parfaitement à ces critères. Le groupe est en grande partie l'œuvre d'un jeune gallois, Davey Newington. La musique avec un grand M fait partie de son pedigree puisque ses parents se sont rencontrés à l'orchestre national du Pays de Galles de la BBC - oui, ça existe ! Le résultat est un premier disque qui mélange efficacement une culture musicale de plus de vingt ans (garage rock américain, électro pop anglaise, funk nigérian, krautrock, etc) où jamais les influences n'apparaissent franchement. Si le NME n'existe plus en version papier et même si de toute façon, ça faisait bien longtemps qu'il ne permettai…

Parquet Courts - Wide Awake !

Jusqu'ici, je n'adhérais qu'à moitié, voire pas du tout, à la musique de Parquet Courts qu'on comparaît pourtant volontiers à pléthore de mes groupes préférés (les Feelies, Pavement ou Pixies pour ne citer qu'eux). Et puis est arrivé ce "Wide Awake", leur déjà cinquième disque, que j'abordais donc avec quelques réticences. Pourquoi continuer à écouter un groupe pour lequel je ressens aussi peu d'étincelles ? Parce que j'avais encore l'impression de louper quelque chose, que je devais avoir tort, que toutes ces excellentes critiques ne pouvaient se tromper. Ce nouvel album commence fort : "Total football" en hommage au style pratiqué par l'équipe de football néerlandaise dans les années 70, entraînée par Rinus Mitchell et dont la star sur le terrain était le regretté Johann Cruyff. Les Parquet Courts y parlent même d'un modèle de société qu'on pourrait adopter à la vie de tous les jours. Avec un tel programme, je me …

Tracyanne and Danny - Tracyanne and Danny

Voilà deux artistes qui joignent pour la première fois leurs forces et dont la carrière m'était jusqu'alors à peu près inconnue. Pour le londonien Danny Coughlan, ce n'est sans doute pas surprenant, son ancienne formation, Crybaby n'a jamais rencontré qu'un modeste succès critique. Pour l'écossaise Tracyanne Campbell, c'est différent, son précédent groupe Camera Obscura avait à l'image de leurs compatriotes Belle & Sebastian dont ils avaient en grande partie pris la relève dans une même veine pop mélodique et romantique, leur fan club : de grands adulescents souvent mal dans leur peau. Suite au décès de leur claviériste Carey Lander en 2015, les Camera Obscura se sont malheureusement éteints. Il a donc fallu pour leur chanteuse tourner cette douloureuse page.
Nous voilà maintenant, avec Tracyanne & Danny, en présence d'un duo comme on en rencontre seulement dans nos rêves :  Belle & Sebastian ("Home & Dry") et les Smiths (…

Cut Worms - Hollow Ground

Fin mai, c'est l'heure habituelle du bouclage de la programmation de la Route du Rock collection été. À ce moment-là, les principales têtes d'affiche ont déjà été annoncées. Il ne reste donc plus que les seconds couteaux et des fois, c'est là que surgit la bonne surprise qu'on n'attendait pas. Cut Worms pourrait être celle-là. Sa pop peut d'emblée paraître un poil ringarde et datée, assez proche en cela des premiers Beatles ("She loves you yeah yeah" ou "I Want to Hold Your Hand"), de la sunshine pop californienne et des mélodies à la mode au début des années 60. Près de soixante ans plus tard, on n'en trouve d'ailleurs peu à vouloir reprendre le flambeau. Mais là où Cut Worms se différencie encore plus, c'est par sa belle science des arrangements.
Mark Clarke, le leader du groupe est un perfectionniste, c'est pour cela que ce premier album a mis un peu de temps à paraître. Quelques chansons ont été écrites il y a déjà p…

Courtney Barnett - Tell Me How You Really Feel

Elles ne sont pas nombreuses les chanteuses dans le rock à être capable de se faire un nom aussi rapidement. L'australienne Courtney Barnett en fait indéniablement partie en se montrant avec ce deuxième album et un autre en duo avec le folkeux américain Kurt Vile, à la hauteur des espoirs générés par un premier essai unanimement salué par la critique et les amateurs du genre. Pour ma part, je n'avais pas été complètement convaincu (pourtant, le titre "Sometimes I sit and think and sometimes I just sit" ironique était prometteur) Il m'aura fallu attendre ce "Tell Me how you really feel" sans doute plus pop avec l'imparable "Need a Little Time", assurément un des meilleurs titres de 2018. Pour la musique, c'est toujours inspiré par l'indie rock des années 90, celle de Pavement surtout, avec ce chant légèrement nonchalant, ces guitares gentiment acérées (le presque punk "I'm not your mother, i'm not your bitch" dans…