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Articles

Affichage des articles du 2018

Orchestre Tout Puissant Marchel Duchamp - Sauvage Formes

J'ai pris depuis quelques temps du retard dans ma chronique du "disque de la semaine", vacances obligent. Et puis, il faut dire qu'il n'y avait pour ainsi dire peu de sorties pour moi. L'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp est une drôle de formation qui, comme son nom l'indique, est composée de pléthore de musiciens (14 pour cet album d'où l'ajout de XXL dans leur nom). Ils sont suisses et défendent une politique écologique très à gauche, à l'opposé total du cliché qui voudraient que les helvètes soient tous foncièrement capitalistes. Leur leader soutient par exemple ouvertement les zadistes de Notre-Dame des Landes. Ce sont peut-être dans ces îlots ultralibéraux que les poches de résistance sont les plus fortes. Mais cela est une autre histoire. Ce qui nous intéresse ici est la musique. Celle-ci est assez atypique, car elle charrie beaucoup d'influences. La constance de chacun des 8 morceaux est un côté assez dansant. On a d'abor…

Fontaine Wallace - Fontaine Wallace

Il y a des chanteurs dont on croise la route un peu par hasard. Nicolas Falez en fait partie. Je me rappelle de son ancien groupe, Superflu, à la fin des années 90. Il affichait une certaine forme de modestie jusque dans son nom. Il avait profité alors d'un certain regain d'intérêt pour la musique d'ici (Dominique A, Katerine, Miossec, Autour de Lucie, etc). Les fontaines Wallace sont de ces belles installations qui passent malheureusement trop souvent inaperçues. Par contre, personne ne peut dire qu'elles soient superflues. Pour ceux qui savent voir, elles embellissent un cadre quotidien parfois assez gris. La musique de Falez n'a pas vraiment changé, juste mûri. Elle a passé la "quarantaine". Les textes sont sombres, assez résignés avec pas mal de résonances politiques ("président de personne", "général des défaites", "nous cherchons l'architecte mais nous n'avons trouvé que des ouvriers inquiets", etc). Des parole…

Josh T. Pearson - The Straight Hits !

Voici un gaillard qui est assez avare d’apparitions. Il aura fallu attendre dix ans entre le premier et seul disque de son groupe Lift to Experience et son premier effort solo. Sept ans sépare à nouveau ce « The Straight Hits ! » du précédent. « The Texas Jerusalem Crossroads » qui a récemment été réédité et remastérisé est en train d’acquérir un mini statut de disque culte. « Last of the Country Gentlemen » a ensuite démontré que le bonhomme était aussi capable de débrancher l’électricité sans que ses chansons perdent de leur force émotionnelle. Ce nouvel album vient une fois de plus brouiller les pistes, car c’est la première fois qu’un album de Josh T. Pearson sonne un tant soit peu « fun ». Le chanteur fait le crooner de supermarché, crie, miaule, s’amuse. Les fans de la première heure, plus adeptes de musique dite sérieuse, pourront le déplorer. Des titres comme « Loved Straight to Hell » devrait pourtant leur faire passer des frissons dans le dos. Et que dire du sublime « Y…

Eels - The Deconstruction

Une allumette prête à tout cramer et jeter ainsi à la poubelle ce qu'on a construit ? C'est le risque pour lequel Mark Oliver Everett alias Eels nous alerte sur son déjà douzième album. Le monde ne va pas bien, le chanteur est bien placé pour le savoir, lui qui a connu pas mal de déboires personnels, magnifiquement racontés dans son autobiographie, "Tais-toi ou meurs" - bizarrement traduit de l'américain "Things The Grandchildren Should Know". On retrouve sur ce "The Deconstruction", le style habituel et familier de Eels, depuis leurs débuts fracassants sur "Beautiful Freak" - première sortie à l'époque de l'éphémère label Dreamworks Records. Ces mêmes mots simples pour nous parler de la vie, de la mort et du temps qui passe ("I have a premonition. It's all gonna be fine. You can kill or be killed but the sun's gonna shine.") Cette même variété dans les mélodies, simple et directe sur "Today is the day

Frankie Cosmos - Vessel

Voilà le genre de disques d'apparence modeste et simple (voire simpliste) qui pourrait pourtant bien vous accompagner plus longtemps que vous ne le pensez. Frankie Cosmos, alias Greta Kline, fait de la pop avec deux fois rien : des textes de post adolescente un poil torturée et accessoirement fille d'acteurs plutôt connus, des accords de guitares mineurs, faciles et archi-rabattus, des albums faits à la maison. On pourrait passer rapidement son chemin. Sauf qu'il y a ici ce qu'il existe peu ailleurs : une âme, une absence totale de calcul et de posture et surtout un talent incroyable et inné pour trousser de jolies mélodies. Les titres se suivent, pour la plupart très (très) courts, et se ressemblent - tous aussi bons.  Le disque file ainsi et fait l'effet d'une petite bombe, sans qu'on y note un seul moment faible. On se demande alors ce que pourrait faire de plus la chanteuse dans ce style si caractérisque d'indie pop, tant ce "Vessel" sonn…

Barbara Carlotti - Magnétique

Décidément, la pop française se porte à merveille. Et je ne suis pas le seul à le dire puisque le magazine Magic qui vient de renaître (pour combien de temps ?) une nouvelle fois de ses cendres propose dans son dernier numéro 40 nouveaux noms qui "libèrent" la pop hexagonale. Et dans ses nouveaux noms, il n'y a bien sûr pas Barbara Carlotti dont "Magnétique" est le cinquième album. Il lui aura fallu six ans avant de donner une suite à son excellent "L'amour, l'argent, le vent". Six ans pendant lesquelles on l'a notamment entendu animer une émission radio sur France Inter où la chanteuse venait nous parler de sa musique préférée à travers des thèmes choisis. Telle une grande sœur à la discothèque parfaite, on avait plaisir à l'écouter. Parce que sa culture musicale faisait de manière intelligente le lien entre musique indépendante et grand-public. Elle s'est lancée ensuite dans des "laboratoires oniriques", axant ses rech…

Preoccupations - New Material

Les canadiens de Preoccupations continuent sur la même voie que leur précédent disque éponyme. Le son s'assagit de plus en plus, on entend même quelques sons de guitare presque pop sur les mélodiques "Disarray" et "Solace". Il n'est peut-être pas si loin le temps où Preoccupations passera sur les radios. Pour le reste, la batterie est toujours aussi omniprésente, montrant que le plus important dans la musique du groupe est d'abord le rythme, comme sur l'inquiétant et monolithique "Antidote". On pourra regretter la direction prise depuis leur premier album sorti sous le nom de Viet Cong qui, à l'époque, avait fait l'effet d'une claque. Ici, c'est plus convenu, toute proportion gardée. Les références proviennent du post-punk, avec un son de plus en plus électronique, du rock industriel, pour les rythmiques lourdes. On pense pas mal à un groupe comme Killing Joke.
Bref, à l'instar de leur nom, on est toujours préoccupé pa…

of Montreal - White is Relic / Irrealis Mood

On a beau connaître la musique de Kevin Barnes et de son groupe presque par cœur, les avoir vus de nombreuses fois sur scène, on parvient encore à être régulièrement (et agréablement) surpris avec of Montreal. Ce nouveau disque a été écrit et composé suite à l'élection de Trump et à une nouvelle rencontre amoureuse du chanteur après son douloureux divorce. Une période un peu schizophrène : un bonheur personnel mais une crainte réelle et assumée pour l'avenir de l'humanité. Cet album ne comprend donc que des chansons ayant un double titre. Barnes semble être plus que jamais seul maître à bord et balance les chansons qu'il aime, celles de sa jeunesse, à la mode des "extended mix" des années 80. Ces chansons qui duraient plus de 5 minutes et permettaient d'enfoncer le clou sur la piste de danse, histoire qu'on retienne d'autant mieux les morceaux, pour qu'ils ne nous lâchent plus.  of Montreal y ajoute sa touche personnelle : plusieurs mélodies …

Yo La Tengo - There's a riot going on

J'ai lu dans un article récent sur le dernier album de Yo La Tengo, que leur musique était devenue comme celle de Radiohead : une musique "de studio", c'est-à-dire une musique aux sonorités très soignées mais assez froide. Tout d'abord, je trouve que la comparaison est assez bien trouvée. Les deux groupes partagent assurément les mêmes affinités pour le travail apporté au son et cela, depuis de nombreuses années. Ensuite, dire qu'un album est un très bon album "de studio" me va plutôt bien en fait. Surtout si le groupe en question est aussi une formation à l'aise sur scène. Cela prouve que les gars sont intelligents et savent faire la part des choses. C'est le cas de ces deux groupes majeurs de la scène rock depuis de nombreuses décennies. "There's a riot going on" comme la plupart des oeuvres des américains de Yo La Tengo est un excellent disque. Il fait bien sûr référence au disque mythique de soul music de Sly and The Famil…

David Byrne - American Utopia

Autant vous le dire tout de suite, "American Utopia" n'est pas le meilleur disque de David Byrne, qui ne retrouvera sans doute jamais l'inspiration qu'il avait au début de sa carrière avec ses Talking Heads. Point de punk, de folie ici. Nous sommes en présence de la musique d'un artiste de plus de soixante ans qui entame la dernière partie de sa carrière après près de quinze ans sans nouveau disque solo. Bien sûr, Byrne n'a jamais vraiment arrêté, il a fait quelques collaborations entre temps plus ou moins réussies. On pourrait comparer avec un autre David, Bowie en l'occurrence, mais la comparaison serait un peu rude avec Byrne - de toute façon qui pouvait rivaliser avec le Thin White Duke? - ce dernier s'étant nettement moins renouvelé, faisant encore appel à son fidèle acolyte Brian Eno - mais Bowie aussi. Il n'empêche que ce "American Utopia" reste un très bon disque, même si pas vraiment un disque d'époque.  C'est plutô…

Feu! Chatterton - L'oiseleur

Décidément, il est question d'oiseaux cette semaine dans les sorties musicales. Après Dominique A et "la mort d'un oiseau" - peut-être le moins bon titre de "Toute latitude"- en lien avec leur fameux courage qu'il chantait il y a plus de vingt-cinq ans déjà. Comme pour dire que l'époque n'est plus aux regrets, mais au terrible constat. "L'oiseleur", difficile exercice du deuxième album, permet au groupe Feu! Chatterton de transformer superbement leur premier essai. Ils assoient définitivement leur style inimitable. Leur pop-rock lyrique est unique. Elle n'a toujours pas peur d'en faire trop, de chanter comme un livre, comme Eluard ("Le Départ"), Aragon ("Zone Libre") à qui ils font ici référence. "Comme Apolllinaire,un souvenir pour récompense" chantent-ils aussi sur le sublime "Souvenir" dont la seule écoute permet de comprendre à quel niveau d'exigence Feu! Chatterton se situe.…

Dominique A - Toute latitude

Tout le monde vous dira la même chose : si vous étiez restés sur votre faim lors de ses deux précédentes sorties ("Vers les lueurs" et "Eleor") que vous jugiez trop lisses tant au niveau des paroles que de la musique, vous avez de bonnes chances d'être agréablement surpris par ce nouveau "Toute latitude" qui revient là où les choses avaient été laissées après le dyptique "La musique/la matière". Son dernier bon disque diront certains fans de la première heure, reprochant à l'artiste de devenir trop "mainstream". De dyptique il est aussi question en 2018 car il y aura une suite à ce nouveau disque prévue pour l'automne prochain. Ce futur album devrait être plus dépouillé puisque Dominique A y sera seul aux commandes. En attendant, "Toute lattitude" est plus électro, plus immédiatement sombre que les deux disques précédents. On y ressent l'inspiration des Cure, de New Order - on pourrait presque danser sur cert…

Chevalrex - Anti Slogan

Décidément, la pop française s'est rarement aussi bien portée. Après l'excellent disque de Barbagallo, voilà le retour de Chevalrex - un de mes disques préférés de 2016 - avec un album rempli à ras bords de mélodies rayonnantes. Plus encore que "Futurisme", "Anti Slogan" s'avance d'emblée comme une magnifique réussite. Les trois premiers titres ("Face aux mouvements du coeur #1", "L'adversaire", et "Bonjour, c'est moi") sont dès la première écoute assez irrésistibles, nous transportant littéralement avec ce mix idéal entre paroles mélancoliques et tempo enjoué . Le chanteur, compositeur et aussi illustrateur Rémy Poncet a cherché à faire un disque plus ouvert que le précédent, avec des arrangements de cordes luxuriants : quelque chose de rarement entendu (et surtout rarement réussi) en France.
Il s'est pour cela bien entourer en s'adjoignant les services de Mocke - guitariste de Holden, et héraut d'…

Barbagallo - Danse dans les ailleurs

Julien Barbagallo est un homme occupé. Quand il ne chante pas ou joue de la batterie pour son groupe Aquaserge ou n'officie pas derrière les fûts des Australiens de Tame Impala, il prend un peu de temps pour écrire et composer pour lui-même. "Danse dans les ailleurs" est déjà son troisième album. Il a été enregistré en pleine nature, dans l'ancien studio de Nino Ferrer, autre chanteur atypique et puisant ses influences un peu partout. La musique de Barbagallo est en effet assez unique, comme si les douces mélodies de JP Nataf ou de ses Innocents ("Les mains lentes") avait rencontré les claviers d'un Sébastien Tellier ("Je me tais") avec parfois des accents jazzy. Comme un condensé du meilleur de la pop en langue française en quelque sorte.  Il n'a malheureusement pas beaucoup de temps pour mettre en avant son travail personnel puisqu'après une courte tournée pour promouvoir ce nouveau disque, il ira de nouveau rejoindre Kevin Parker e…

Superorganism - Superorganism

Sur le papier ce groupe a presque tout pour m'énerver : un collectif de jeunes gens réunis dans le même squat à Londres en provenance de divers pays et cultures façon "auberge espagnole", histoire de nous prôner les bienfaits de la mondialisation. Comme si les styles devaient forcément s'additionner, permettant à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice sans renier ce qu'il est. Cette vision un peu naïve et utopique des relations humaines m'a toujours un peu agacé. Les particularités, les bonnes idées, ont plutôt tendance à se "lisser" du fait du nombre. C'est mathématique. Ce n'est pas ce que les gens préfèrent individuellement qui gagnent, mais ce qui plaît (un peu) au plus grand nombre. Bref, Superorganism affiche ce multiculturalisme béat jusque dans son nom.  Il faut pourtant passer ce message politique contestable pour s'attacher à l'essentiel : la musique. Et là, la formation assure niveau "service après vente&quo…

Franz Ferdinand - Paris, Zénith - le 27 février 2018

Jour 3 sans enfants. 3eme (et dernier) concert. Cette fois-ci, on vise plus grand avec maman : le Zénith de Paris. Les écossais de Franz Ferdinand, sans leur ancien guitariste Nick McCarthy mais avec deux nouveaux membres et avec surtout l'omniprésence de claviers. Idéal pour bouger encore plus. Désolé pour les anglais de The Vaccines qui étaient chargés de faire leur première partie, nous sommes arrivés trop tard. Pas trop grave si je me base sur ce que j'avais pu en entendre sur les internets. Est-ce que quelqu'un d'entre vous a pu voir le concert ? Est-ce que nous avons vraiment loupé quelque chose ? En tout cas, la bande d'Alex Kapranos a rapidement levé cette petite déception. Sans surprise, leur set est impressionnant de maîtrise, à les voir ainsi bouger, tout cela semble tellement simple. Les jeux de lumière sont aussi au diapason. Tous les principaux tubes y passent, parfaitement exécutés, "Take me out", "The dark of the matinée", pour …

Montero (+ Good Morning TV) - Paris, Point Ephémère - le 26 février 2018

Deuxième jour sans enfants. Deuxième concert. Un de mes disques de 2018 pour l'instant, avec le dantesque dernier Ty Segall. J'attendais donc de pied ferme la venue des Australiens de Montero. Seront-ils aussi euphorisants sur scène que sur disque ? En attendant, nous eûmes droit aux français de Good Morning TV. On sent les bonnes influences anglo-saxonnes, de la dream-pop au morceau final proche du shoegaze, sauf que les chansons ne sont pas très accrocheuses. Le groupe est pourtant appliqué, mais on s'ennuie. Il n'y a pas de flamme. La chanteuse paraît aussi un peu terrifiée. Comme le répertoire de Montero n'est pas très étoffé, on a dû en plus leur demander de jouer plus longtemps, histoire de rallonger son calvaire (et un peu le notre).

Quand la tête d'affiche du jour arrive enfin sur scène, l'ambiance devient soudainement nettement plus détendue. Le chanteur débarque affublé d'un pantalon de pyjama avec des hamburgers, d'une veste en jean ave…

The Monochrome Set (+ Jaromil Sabor) - Paris, Supersonic, le 25 février 2018

Avec maman, on entame, à peine rentrés de vacances, une semaine de concerts (= semaine sans enfants). Celle-ci commence dès le dimanche avec la venue à Paris des anciens de The Monochrome Set dont je viens au passage de parler du dernier disque sorti vendredi dernier. C'est la première fois que nous avions l'occasion de voir sur scène ce groupe mythique de la pop indépendante britannique des années 80. C'est la première fois aussi que nous assistions à un concert dans la salle du Supersonic, pourtant proche de chez nous. Elle a l'avantage d'être petite, provoquant une relation privilégiée et intime avec les artistes. Elle a aussi le désavantage d'être un peu mal fichue avec la présence d'un gros poteau en plein milieu du public, bouchant la vue de la scène. La première partie est assurée par les français de Jaromil Sabor. On arrive avec un peu de retard, au moment de leur reprise de "Sink to the bottom" des oubliés Fountains of Wayne. Ça commence…

The Monochrome Set - Maisieworld

La semaine dernière a vu la sortie d'albums de deux anciennes "gloires" des années 80 : Lawrence, leader de Felt qui aujourd'hui dirige Go-Kart Mozart et son électro-pop chic et kitsch et The Monochrome Set qui tient, contre vents et marées, malgré son insuccès notoire. Il faut dire que les deux sont connus pour être des "serial losers", jamais là au bon moment, au bon endroit. The Monochrome Set a fait un peu avant tout le monde une pop lettrée et élégante, au moment où fleurissait encore la vague post-punk. Leurs mélodies et leurs textes fantaisistes, maniaient un humour pince-sans-rire typiquement british, là où la mode était encore au premier degré et aux paroles post-adolescentes sombres voire nihilistes. Ils ont pourtant grandement participé à l'avènement de groupes comme les Smiths. Morrissey et Johnny Marr se sont rencontrés entre autres, par le biais de leur admiration commune pour Bid, leur leader d'origine indienne. Au moment où la forma…

Car Seat Headrest - Twin Fantasy

Will Toledo, le (encore) très jeune leader de Car Seat Headrest, fort de sa reconnaissance dans le milieu du rock indépendant américain, a décidé de réenregistrer un de ces albums de jeunesse sorti en 2011, alors qu'il n'avait que 19 ans. "Twin Fantasy" est considéré par ses fans comme son meilleur disque, Toledo a déjà à son actif pléthore d'albums autoproduits, disponibles sur son bandcamp. Ce n'est que depuis qu'il a été signé sur Matador qu'il a pu accéder à un plus large public, commençant par enregistrer une sorte de compilation de ses meilleurs titres rearrangés avec plus de moyens. "Teens of denial" constituait ensuite son premier disque avec des chansons écrites avec un vrai groupe. Il en a résulté une légère déception, on sent que Toledo à vouloir trop bien faire, perd un peu le fil et ce qui faisait sa marque de fabrique, c'est-à-dire un style brut de décoffrage, un rock braillard et éminemment mélodique, avec quelques riffs…

Franz Ferdinand - Always Ascending

Après MGMT, c'est au tour de Franz Ferdinand de revenir avec un très bon nouvel album. Les deux groupes avaient tous deux sortis de précédents disques dispensables, loin du niveau de leur essai initial qui reste pour eux deux leur apogée artistique. Le guitariste de Franz Ferdinand, Nick McCarthy, ayant quitté le groupe suite à l'épisode FFS qui marquait pourtant un net regain d'attractivité pour la carrière des écossais, on pouvait s'attendre à une nouvelle déception. Au contraire, cela a permis à Franz Ferdinand de jouer sur d'autres registres, avec un synthé nettement plus présent - McCarthy étant remplacé par un guitariste et un claviériste. C'est le français Philippe Zdar qui est aux manettes, apportant un côté encore plus dansant qu'à l'habitude. Ce "Always Ascending" est un enchaînement de tubes imparables. Si le style a un poil varié, on reconnait tout de suite les guitares sautillantes, leur marque de fabrique.
Franz Ferdinand prend …

MGMT - Little Dark Age

Voici donc le grand retour des garnements de MGMT, responsables de deux rares gros tubes indie pop de la dernière décennie, les éternels "Time To Pretend" et avec ses paroles cyniques et bien dans l'air du temps ("Let's make some music make some money find some models for wives") et "Kids" à la mélodie irrésistible. Après un troisième disque éponyme particulièrement décevant sorti il y a déjà quatre ans où on les sentait en nette perte d'inspiration, le duo revient à des titres plus évidents et immédiats, un peu trop même ("One Thing Left To Try" surtout). Dans le clip de "Little Dark Age" qui donne son titre au disque, le chanteur se grime en Robert Smith. Les très recommandables Connan Mockasin et Ariel Pink sont même carrément crédités sur l'album. Bref, les références sont toujours aussi soignées - après Dan Treacy et Brian Eno sur "Congratulations".
Le groupe flirte toujours aussi bien entre pop excentri…

Montero - Performer

"Performer" est le deuxième album de Bjenny Montero, australien d'une quarantaine d'années, plus connu dans le milieu du rock indépendant pour ses talents de dessinateur que ceux de chanteur ou musicien. Il a notamment travaillé pour des artistes comme Mac Demarco - dont il a aussi fait la première partie - Ariel Pink ou Pond, soit pour les pochettes de disques soit pour des tee-shirts. Le gars avait même presque tiré un trait sur sa carrière musicale, d'une part parce qu'il avoue préférer le dessin, d'autre part parce qu'il sait qu'il ne rencontrera jamais le succès dans ce domaine. Dis comme ça, on ne peut s'empêcher d'avoir un peu d'affection pour le bonhomme, sorte de loser revendiqué, un brin fantaisiste et jemenfoutiste.
Surtout que "Performer" est un excellent disque de soft-rock, quelque part entre MGMT pour le côté mélodique et psychédélique et Ariel Pink pour le côté kitsch assumé et bricolé et l'inspiration ne…

Ty Segall - Freedom's Goblin

Après vous avoir parlé de King Gizzard and The Wizard Lizard, je me devais de continuer avec le sieur Ty Segall, autre petit jeunot surdoué qui transpire le rock'n'roll, avec tous les défauts et les qualités qui vont avec. Je m'explique. Le type est ultra-prolifique et sort des disques à raison d'au moins un tous les ans, quand ce n'est pas deux ou trois : en solo, avec des potes, dans des formations différentes. L'urgence, l'instinctivité semblent primer avant tout. Les influences partent tous azimuts, sans tri ni filtre. Sur ce gargantuesque "Freedom's goblin" qui contient pas moins de 19 titres, on peut entendre du heavy-metal lourd aux riffs super-puissants à la Black Sabbath, de la pop beatlesienne ou glam plus proche de T-Rex, de la disco déglinguée, du punk gueulard et brut de décoffrage - avec madame Segall au micro -, des sonorités jazzy avec un saxo savamment disonnant (le génial "The Main Pretender"), du blues planant pro…

Judah Warsky - Avant/Après

Ça y est, me voilà plongé à nouveau dans l'actualité musicale avec mon disque de la semaine, que j'essaierai de poster chaque lundi. Ce qui me laisse un weekend pour choisir ma nouveauté préférée, sachant que les sorties musicales paraissent généralement le vendredi. Judah Warsky donc, pour commencer 2018. Il est français, chante tantôt en français, tantôt en anglais. Pour lui, ça n'a pas d'importance. Il a fait partie du groupe parisien Los Chicros, tout comme O, alias Olivier Marguerit. Son style est assez proche de ce dernier, comme de Flavien Berger avec lequel il a aussi déjà collaboré. C'est de la variété française - oui, c'est même lui qui revendique le terme de variété - de sortie de boîte. Comme du Laurent Voulzy, qu'il considère au passage comme un génie - rien que ça ! - sous ecstasy ou plus simplement sous alcool.
On pourrait aussi penser à du Philippe Katherine, sauf que Judah Warsky avoue écrire uniquement au premier degré. Le thème de cet &…

Ne vous fatiguez pas à écouter ces 50 classiques de la POP, DAVID SNUG s'en est occupé pour vous.

Je profite d'une relative accalmie dans l'actualité musicale, début d'année oblige, pour vous parler aujourd'hui d'une BD que j'ai en ma possession depuis quelques mois déjà, grâce à maman (merci pour le cadeau). David Snug est un auteur de bandes dessinées qui adore le rock. Comme beaucoup d'autres me direz vous. Il est même leader d'un groupe appelé Trotski Nautique. Rien que le nom résume assez la démarche du bonhomme. Dans ce livre, il a recensé 50 disques - ses préférés ? - de pop mais à tendance plutôt rock d'ailleurs - jugez plutôt, il y a entre autres Motörhead, Iron Maiden ou Fugazi -  et pas forcément des classiques contrairement à ce qui est indiqué. A côté des prévisibles Beatles, Velvet Underground, David Bowie ou autres Joy Division, on trouve pas mal de frenchies, notamment Jessica 93, les Thugs, Jean-Luc Le Ténia ou Dionysos dont le "Western sous la Neige"  aurait d'après lui être "le plus grand album du monde&quo…

Top albums 1968

Retour de mes tops albums année par année, de la plus récente à la plus ancienne. J'en étais arrivé à 1968. 50 ans donc. Une année où les excellents disques sont pléthore, bien plus qu'actuellement. Une époque où il y avait encore des choses à inventer. La pop n'en était encore qu'à ses débuts, avec sur le podium, peut-être les trois plus grands albums de son histoire.  Carrément.
10. Gérard Manset - Gérard Manset
"Je suis dieu" nous dit Manset sur ce premier disque forcément un peu maladroit, mais c'est ce qui fait son charme. Tout est déjà là : les arrangements de cordes un peu pompeux, les paroles mélancoliques et misanthropes et les ambitions mégalo. On devine - avec le recul, c'est plus facile - la carrière à venir. En solitaire. Mais avec une intégrité exemplaire. Manset reste un cas à part. 
9. The Velvet Underground - White Light / White Heat 
Presque tout le monde est d'accord là-dessus : les quatre premiers disques du Velvet Underground s…