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Articles

Affichage des articles du 2018

66 Revolution Pop - Paris, les Trois Baudets - 12 juillet 2018

C'est la première fois qu'on allait, maman et moi, aux Trois Baudets, une de ces nombreuses salles situées dans le quartier touristique de Pigalle. La configuration de la salle est assez étrange avec deux gros poteaux central et des banquettes inoccupées sur les côtés. Le public qui arrive petit à petit nous étonne un peu. Nous constatons rapidement que nous sommes presque les plus jeunes et que l'audience ressemble plus à celle d'un théâtre voire d'un concert classique. C'est d'ailleurs la première remarque que fera Jean-Pierre Petit, l'impression que l'ambiance sera d'emblée plutôt pépère (et mémère ?). Et cette question qui nous vient donc : pourquoi ? Tout simplement, parce que ce concept, cette musique n'intéresse pas les plus jeunes. Un concert de reprises de chansons, françaises pour la plupart, de l'année 66, sous la forme d'une émission de variétés façon Gilbert et Maritie Carpentier, voilà une idée pour fans nostalgiques d…

MGMT (+ Cola Boyy) - festival Days Off - Philharmonie de Paris - 4 juillet 2018

Deuxième concert de la semaine : même endroit, même heure, même festival. Cette fois-ci, la première partie est un peu plus fun. Normal, vous me direz : la musique est souvent à l'image de celle de la tête d'affiche. C'est une sorte d'électro pop avec un zeste de soul. Le chanteur est un drôle de petit bonhomme et si ce n'est pas inoubliable (là encore beaucoup de sons semblent enregistrés), ça reste plutôt plaisant à l'oreille. Pas sûr que ça suffira pour que dans quelques années, on retienne encore le nom de ce Cola Boyy. Pour MGMT, la donne n'est évidemment pas la même, n'en déplaisent à leur nombreux détracteurs. Le duo new-yorkais a montré depuis longtemps qu'il n'était pas qu'une simple hype passagère. Les voilà avec un quatrième disque qui est sans doute leur plus immédiat et accessible. En live, c'est un show incroyablement rodé. Le chanteur débarque avec un maquillage façon "Aladdin Sane". J'avais entendu que sur …

David Byrne (+Laura Mvula) - festival Days Off - Philharmonie de Paris - 3 juillet 2018

Les vacances approchent et arrive souvent avec, la possibilité de sorties pour les parents, confiant leur progéniture à des personnes tierces, comme les grands parents, par exemple. Merci à eux de nous avoir permis d'assister à deux excellents concerts. Le premier est celui d'un certain David B. Non, pas l'idole partie il y a 2 ans déjà, mais un autre artiste majeur, autrefois chanteur des indispensables têtes parlantes, et dont la carrière exemplaire et toujours en mouvement, reste un modèle à suivre pour les jeunes générations. Je passe sur la première partie, Laura Mvula qui, c'est vrai a une belle voix, mais sa musique est trop en force pour que surgisse une quelconque émotion. Surtout que la plupart des sons étaient enregistrés. Dommage quand on est dans une salle ayant l'accoustique de la Philharmonie de Paris. La première chose qui frappe dans le concert de David Byrne est l'absence de câbles et fils en tous genres sur scène. Comme un rêve de chambres d…

Cabbage - Nihilistic Glamour Shots

La pochette fait penser à un disque de heavy metal satanique - pas franchement le genre de la maison. Le titre contient pourtant un mot intrus : glamour. Généralement, on ne parle pas de glamour dans ce style de musique qui, de plus, ne manie que rarement le second degré. Il faut donc aller plus loin et se décider à poser le casque sur les oreilles. Ils sont jeunes, ils viennent de Manchester. Ils ont une vision très noire de notre société - mais plus nihiliste que sataniste donc - , leur post-punk n'est pas si sombre et univoque (écoutez donc le morceau pop "Exhibit A") qu'il pourrait paraître.C'est un ami qui vient juste de les voir en concert à Paris le 28 juin dernier qui m'a donné envie de m'y replonger. J'avais déjà écouté "Nihilistic Glamour Shots" et si j'en gardais plutôt un bon à priori, je n'y étais pas revenu depuis plusieurs semaines : pas assez fort pour que j'en parle ici. J'ai finalement changé d'avis tel…

Rolling Blackouts C.F. - Hope Downs

Après Boy Azooga, voilà un autre disque de nouveaux venus qui m'a gentiment été envoyé sans que j'en fasse la demande expresse (l'avantage de tenir un blog ayant de l'influence, non, je déconne évidemment). Et pour une fois, je dois dire que l'envoyeur(se) connaît mes goûts, car il(elle) a visé on ne peut plus juste. La musique des jeunes Australiens de Rolling Blackouts C.F. - CF pour Coastal Fever, comme ça faisait trop long, ils ont dû réduire. Au passage, quelqu'un sait d'où vient ce nom de groupe à rallonge ? - est pile dans celle que j'aime : des guitares cristallines qui virevoltent, une indie pop radieuse, mélodieuse et un brin jemenfoutiste. On pense aux Feelies, à Mac De Marco, REM, ainsi qu'aux Go-Betweens, aux magnifiques Blank Realm ou au label Flying Nun pour rester plus proches géographiquement parlant.  Leur premier album "Hope Downs" aligne les excellents morceaux voire quelques uns quasi parfaits comme l'imparable si…

Cosmo Sheldrake - The Much Much How How and I

Il a un nom de magicien voire de super-héros et à l'écoute de ce premier album à nul autre pareil, on se dit que ça lui va plutôt bien. Ce jeune anglais issu d'une famille d'artistes et d'intellectuels, avait sans doute toutes les cartes en main pour tracer sa voix en dehors des sentiers battus. N'empêche, malgré un milieu favorable, peu y arrivent de manière aussi magistrale. Sa musique ne ressemble à de rien connu. Comme si Robert Wyatt avait rencontré Alt-J et Django Django. Et encore, on n'y est pas tout à fait. Ce mot est aujourd'hui souvent galvaudé, mais pour une fois, avec Cosmo Sheldrake, ce n'est pas le cas : on a bien affaire à un artiste, un vrai. Chaque morceau recèle des trésors d'harmonies complexes avec pléthore d'instruments, qui fait que même les amateurs de musique classique peuvent aussi s'y retrouver. Voici donc un disque oecuménique qui devrait réussir à transcender les chapelles, sans que cela paraisse pour autant com…

Boy Azooga - 1 2 Kung Fu!

L'été approche et l'envie d'écrire ici se fait de moins en moins pressante. Mais il suffit d'un déclic pour que ça revienne. Un album reçu sans l'avoir demandé telle une bouteille à la mer. Une divine surprise. Une musique qui sort du lot, différente, qui redonne le goût. Souvent, parce qu'on n'en attendait rien. Boy Azooga répond parfaitement à ces critères. Le groupe est en grande partie l'œuvre d'un jeune gallois, Davey Newington. La musique avec un grand M fait partie de son pedigree puisque ses parents se sont rencontrés à l'orchestre national du Pays de Galles de la BBC - oui, ça existe ! Le résultat est un premier disque qui mélange efficacement une culture musicale de plus de vingt ans (garage rock américain, électro pop anglaise, funk nigérian, krautrock, etc) où jamais les influences n'apparaissent franchement. Si le NME n'existe plus en version papier et même si de toute façon, ça faisait bien longtemps qu'il ne permettai…

Parquet Courts - Wide Awake !

Jusqu'ici, je n'adhérais qu'à moitié, voire pas du tout, à la musique de Parquet Courts qu'on comparaît pourtant volontiers à pléthore de mes groupes préférés (les Feelies, Pavement ou Pixies pour ne citer qu'eux). Et puis est arrivé ce "Wide Awake", leur déjà cinquième disque, que j'abordais donc avec quelques réticences. Pourquoi continuer à écouter un groupe pour lequel je ressens aussi peu d'étincelles ? Parce que j'avais encore l'impression de louper quelque chose, que je devais avoir tort, que toutes ces excellentes critiques ne pouvaient se tromper. Ce nouvel album commence fort : "Total football" en hommage au style pratiqué par l'équipe de football néerlandaise dans les années 70, entraînée par Rinus Mitchell et dont la star sur le terrain était le regretté Johann Cruyff. Les Parquet Courts y parlent même d'un modèle de société qu'on pourrait adopter à la vie de tous les jours. Avec un tel programme, je me …

Tracyanne and Danny - Tracyanne and Danny

Voilà deux artistes qui joignent pour la première fois leurs forces et dont la carrière m'était jusqu'alors à peu près inconnue. Pour le londonien Danny Coughlan, ce n'est sans doute pas surprenant, son ancienne formation, Crybaby n'a jamais rencontré qu'un modeste succès critique. Pour l'écossaise Tracyanne Campbell, c'est différent, son précédent groupe Camera Obscura avait à l'image de leurs compatriotes Belle & Sebastian dont ils avaient en grande partie pris la relève dans une même veine pop mélodique et romantique, leur fan club : de grands adulescents souvent mal dans leur peau. Suite au décès de leur claviériste Carey Lander en 2015, les Camera Obscura se sont malheureusement éteints. Il a donc fallu pour leur chanteuse tourner cette douloureuse page.
Nous voilà maintenant, avec Tracyanne & Danny, en présence d'un duo comme on en rencontre seulement dans nos rêves :  Belle & Sebastian ("Home & Dry") et les Smiths (…

Cut Worms - Hollow Ground

Fin mai, c'est l'heure habituelle du bouclage de la programmation de la Route du Rock collection été. À ce moment-là, les principales têtes d'affiche ont déjà été annoncées. Il ne reste donc plus que les seconds couteaux et des fois, c'est là que surgit la bonne surprise qu'on n'attendait pas. Cut Worms pourrait être celle-là. Sa pop peut d'emblée paraître un poil ringarde et datée, assez proche en cela des premiers Beatles ("She loves you yeah yeah" ou "I Want to Hold Your Hand"), de la sunshine pop californienne et des mélodies à la mode au début des années 60. Près de soixante ans plus tard, on n'en trouve d'ailleurs peu à vouloir reprendre le flambeau. Mais là où Cut Worms se différencie encore plus, c'est par sa belle science des arrangements.
Mark Clarke, le leader du groupe est un perfectionniste, c'est pour cela que ce premier album a mis un peu de temps à paraître. Quelques chansons ont été écrites il y a déjà p…

Courtney Barnett - Tell Me How You Really Feel

Elles ne sont pas nombreuses les chanteuses dans le rock à être capable de se faire un nom aussi rapidement. L'australienne Courtney Barnett en fait indéniablement partie en se montrant avec ce deuxième album et un autre en duo avec le folkeux américain Kurt Vile, à la hauteur des espoirs générés par un premier essai unanimement salué par la critique et les amateurs du genre. Pour ma part, je n'avais pas été complètement convaincu (pourtant, le titre "Sometimes I sit and think and sometimes I just sit" ironique était prometteur) Il m'aura fallu attendre ce "Tell Me how you really feel" sans doute plus pop avec l'imparable "Need a Little Time", assurément un des meilleurs titres de 2018. Pour la musique, c'est toujours inspiré par l'indie rock des années 90, celle de Pavement surtout, avec ce chant légèrement nonchalant, ces guitares gentiment acérées (le presque punk "I'm not your mother, i'm not your bitch" dans…

Orchestre Tout Puissant Marchel Duchamp - Sauvage Formes

J'ai pris depuis quelques temps du retard dans ma chronique du "disque de la semaine", vacances obligent. Et puis, il faut dire qu'il n'y avait pour ainsi dire peu de sorties pour moi. L'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp est une drôle de formation qui, comme son nom l'indique, est composée de pléthore de musiciens (14 pour cet album d'où l'ajout de XXL dans leur nom). Ils sont suisses et défendent une politique écologique très à gauche, à l'opposé total du cliché qui voudraient que les helvètes soient tous foncièrement capitalistes. Leur leader soutient par exemple ouvertement les zadistes de Notre-Dame des Landes. Ce sont peut-être dans ces îlots ultralibéraux que les poches de résistance sont les plus fortes. Mais cela est une autre histoire. Ce qui nous intéresse ici est la musique. Celle-ci est assez atypique, car elle charrie beaucoup d'influences. La constance de chacun des 8 morceaux est un côté assez dansant. On a d'abor…

Fontaine Wallace - Fontaine Wallace

Il y a des chanteurs dont on croise la route un peu par hasard. Nicolas Falez en fait partie. Je me rappelle de son ancien groupe, Superflu, à la fin des années 90. Il affichait une certaine forme de modestie jusque dans son nom. Il avait profité alors d'un certain regain d'intérêt pour la musique d'ici (Dominique A, Katerine, Miossec, Autour de Lucie, etc). Les fontaines Wallace sont de ces belles installations qui passent malheureusement trop souvent inaperçues. Par contre, personne ne peut dire qu'elles soient superflues. Pour ceux qui savent voir, elles embellissent un cadre quotidien parfois assez gris. La musique de Falez n'a pas vraiment changé, juste mûri. Elle a passé la "quarantaine". Les textes sont sombres, assez résignés avec pas mal de résonances politiques ("président de personne", "général des défaites", "nous cherchons l'architecte mais nous n'avons trouvé que des ouvriers inquiets", etc). Des parole…

Josh T. Pearson - The Straight Hits !

Voici un gaillard qui est assez avare d’apparitions. Il aura fallu attendre dix ans entre le premier et seul disque de son groupe Lift to Experience et son premier effort solo. Sept ans sépare à nouveau ce « The Straight Hits ! » du précédent. « The Texas Jerusalem Crossroads » qui a récemment été réédité et remastérisé est en train d’acquérir un mini statut de disque culte. « Last of the Country Gentlemen » a ensuite démontré que le bonhomme était aussi capable de débrancher l’électricité sans que ses chansons perdent de leur force émotionnelle. Ce nouvel album vient une fois de plus brouiller les pistes, car c’est la première fois qu’un album de Josh T. Pearson sonne un tant soit peu « fun ». Le chanteur fait le crooner de supermarché, crie, miaule, s’amuse. Les fans de la première heure, plus adeptes de musique dite sérieuse, pourront le déplorer. Des titres comme « Loved Straight to Hell » devrait pourtant leur faire passer des frissons dans le dos. Et que dire du sublime « Y…

Eels - The Deconstruction

Une allumette prête à tout cramer et jeter ainsi à la poubelle ce qu'on a construit ? C'est le risque pour lequel Mark Oliver Everett alias Eels nous alerte sur son déjà douzième album. Le monde ne va pas bien, le chanteur est bien placé pour le savoir, lui qui a connu pas mal de déboires personnels, magnifiquement racontés dans son autobiographie, "Tais-toi ou meurs" - bizarrement traduit de l'américain "Things The Grandchildren Should Know". On retrouve sur ce "The Deconstruction", le style habituel et familier de Eels, depuis leurs débuts fracassants sur "Beautiful Freak" - première sortie à l'époque de l'éphémère label Dreamworks Records. Ces mêmes mots simples pour nous parler de la vie, de la mort et du temps qui passe ("I have a premonition. It's all gonna be fine. You can kill or be killed but the sun's gonna shine.") Cette même variété dans les mélodies, simple et directe sur "Today is the day

Frankie Cosmos - Vessel

Voilà le genre de disques d'apparence modeste et simple (voire simpliste) qui pourrait pourtant bien vous accompagner plus longtemps que vous ne le pensez. Frankie Cosmos, alias Greta Kline, fait de la pop avec deux fois rien : des textes de post adolescente un poil torturée et accessoirement fille d'acteurs plutôt connus, des accords de guitares mineurs, faciles et archi-rabattus, des albums faits à la maison. On pourrait passer rapidement son chemin. Sauf qu'il y a ici ce qu'il existe peu ailleurs : une âme, une absence totale de calcul et de posture et surtout un talent incroyable et inné pour trousser de jolies mélodies. Les titres se suivent, pour la plupart très (très) courts, et se ressemblent - tous aussi bons.  Le disque file ainsi et fait l'effet d'une petite bombe, sans qu'on y note un seul moment faible. On se demande alors ce que pourrait faire de plus la chanteuse dans ce style si caractérisque d'indie pop, tant ce "Vessel" sonn…

Barbara Carlotti - Magnétique

Décidément, la pop française se porte à merveille. Et je ne suis pas le seul à le dire puisque le magazine Magic qui vient de renaître (pour combien de temps ?) une nouvelle fois de ses cendres propose dans son dernier numéro 40 nouveaux noms qui "libèrent" la pop hexagonale. Et dans ses nouveaux noms, il n'y a bien sûr pas Barbara Carlotti dont "Magnétique" est le cinquième album. Il lui aura fallu six ans avant de donner une suite à son excellent "L'amour, l'argent, le vent". Six ans pendant lesquelles on l'a notamment entendu animer une émission radio sur France Inter où la chanteuse venait nous parler de sa musique préférée à travers des thèmes choisis. Telle une grande sœur à la discothèque parfaite, on avait plaisir à l'écouter. Parce que sa culture musicale faisait de manière intelligente le lien entre musique indépendante et grand-public. Elle s'est lancée ensuite dans des "laboratoires oniriques", axant ses rech…

Preoccupations - New Material

Les canadiens de Preoccupations continuent sur la même voie que leur précédent disque éponyme. Le son s'assagit de plus en plus, on entend même quelques sons de guitare presque pop sur les mélodiques "Disarray" et "Solace". Il n'est peut-être pas si loin le temps où Preoccupations passera sur les radios. Pour le reste, la batterie est toujours aussi omniprésente, montrant que le plus important dans la musique du groupe est d'abord le rythme, comme sur l'inquiétant et monolithique "Antidote". On pourra regretter la direction prise depuis leur premier album sorti sous le nom de Viet Cong qui, à l'époque, avait fait l'effet d'une claque. Ici, c'est plus convenu, toute proportion gardée. Les références proviennent du post-punk, avec un son de plus en plus électronique, du rock industriel, pour les rythmiques lourdes. On pense pas mal à un groupe comme Killing Joke.
Bref, à l'instar de leur nom, on est toujours préoccupé pa…

of Montreal - White is Relic / Irrealis Mood

On a beau connaître la musique de Kevin Barnes et de son groupe presque par cœur, les avoir vus de nombreuses fois sur scène, on parvient encore à être régulièrement (et agréablement) surpris avec of Montreal. Ce nouveau disque a été écrit et composé suite à l'élection de Trump et à une nouvelle rencontre amoureuse du chanteur après son douloureux divorce. Une période un peu schizophrène : un bonheur personnel mais une crainte réelle et assumée pour l'avenir de l'humanité. Cet album ne comprend donc que des chansons ayant un double titre. Barnes semble être plus que jamais seul maître à bord et balance les chansons qu'il aime, celles de sa jeunesse, à la mode des "extended mix" des années 80. Ces chansons qui duraient plus de 5 minutes et permettaient d'enfoncer le clou sur la piste de danse, histoire qu'on retienne d'autant mieux les morceaux, pour qu'ils ne nous lâchent plus.  of Montreal y ajoute sa touche personnelle : plusieurs mélodies …

Yo La Tengo - There's a riot going on

J'ai lu dans un article récent sur le dernier album de Yo La Tengo, que leur musique était devenue comme celle de Radiohead : une musique "de studio", c'est-à-dire une musique aux sonorités très soignées mais assez froide. Tout d'abord, je trouve que la comparaison est assez bien trouvée. Les deux groupes partagent assurément les mêmes affinités pour le travail apporté au son et cela, depuis de nombreuses années. Ensuite, dire qu'un album est un très bon album "de studio" me va plutôt bien en fait. Surtout si le groupe en question est aussi une formation à l'aise sur scène. Cela prouve que les gars sont intelligents et savent faire la part des choses. C'est le cas de ces deux groupes majeurs de la scène rock depuis de nombreuses décennies. "There's a riot going on" comme la plupart des oeuvres des américains de Yo La Tengo est un excellent disque. Il fait bien sûr référence au disque mythique de soul music de Sly and The Famil…

David Byrne - American Utopia

Autant vous le dire tout de suite, "American Utopia" n'est pas le meilleur disque de David Byrne, qui ne retrouvera sans doute jamais l'inspiration qu'il avait au début de sa carrière avec ses Talking Heads. Point de punk, de folie ici. Nous sommes en présence de la musique d'un artiste de plus de soixante ans qui entame la dernière partie de sa carrière après près de quinze ans sans nouveau disque solo. Bien sûr, Byrne n'a jamais vraiment arrêté, il a fait quelques collaborations entre temps plus ou moins réussies. On pourrait comparer avec un autre David, Bowie en l'occurrence, mais la comparaison serait un peu rude avec Byrne - de toute façon qui pouvait rivaliser avec le Thin White Duke? - ce dernier s'étant nettement moins renouvelé, faisant encore appel à son fidèle acolyte Brian Eno - mais Bowie aussi. Il n'empêche que ce "American Utopia" reste un très bon disque, même si pas vraiment un disque d'époque.  C'est plutô…

Feu! Chatterton - L'oiseleur

Décidément, il est question d'oiseaux cette semaine dans les sorties musicales. Après Dominique A et "la mort d'un oiseau" - peut-être le moins bon titre de "Toute latitude"- en lien avec leur fameux courage qu'il chantait il y a plus de vingt-cinq ans déjà. Comme pour dire que l'époque n'est plus aux regrets, mais au terrible constat. "L'oiseleur", difficile exercice du deuxième album, permet au groupe Feu! Chatterton de transformer superbement leur premier essai. Ils assoient définitivement leur style inimitable. Leur pop-rock lyrique est unique. Elle n'a toujours pas peur d'en faire trop, de chanter comme un livre, comme Eluard ("Le Départ"), Aragon ("Zone Libre") à qui ils font ici référence. "Comme Apolllinaire,un souvenir pour récompense" chantent-ils aussi sur le sublime "Souvenir" dont la seule écoute permet de comprendre à quel niveau d'exigence Feu! Chatterton se situe.…

Dominique A - Toute latitude

Tout le monde vous dira la même chose : si vous étiez restés sur votre faim lors de ses deux précédentes sorties ("Vers les lueurs" et "Eleor") que vous jugiez trop lisses tant au niveau des paroles que de la musique, vous avez de bonnes chances d'être agréablement surpris par ce nouveau "Toute latitude" qui revient là où les choses avaient été laissées après le dyptique "La musique/la matière". Son dernier bon disque diront certains fans de la première heure, reprochant à l'artiste de devenir trop "mainstream". De dyptique il est aussi question en 2018 car il y aura une suite à ce nouveau disque prévue pour l'automne prochain. Ce futur album devrait être plus dépouillé puisque Dominique A y sera seul aux commandes. En attendant, "Toute lattitude" est plus électro, plus immédiatement sombre que les deux disques précédents. On y ressent l'inspiration des Cure, de New Order - on pourrait presque danser sur cert…

Chevalrex - Anti Slogan

Décidément, la pop française s'est rarement aussi bien portée. Après l'excellent disque de Barbagallo, voilà le retour de Chevalrex - un de mes disques préférés de 2016 - avec un album rempli à ras bords de mélodies rayonnantes. Plus encore que "Futurisme", "Anti Slogan" s'avance d'emblée comme une magnifique réussite. Les trois premiers titres ("Face aux mouvements du coeur #1", "L'adversaire", et "Bonjour, c'est moi") sont dès la première écoute assez irrésistibles, nous transportant littéralement avec ce mix idéal entre paroles mélancoliques et tempo enjoué . Le chanteur, compositeur et aussi illustrateur Rémy Poncet a cherché à faire un disque plus ouvert que le précédent, avec des arrangements de cordes luxuriants : quelque chose de rarement entendu (et surtout rarement réussi) en France.
Il s'est pour cela bien entourer en s'adjoignant les services de Mocke - guitariste de Holden, et héraut d'…

Barbagallo - Danse dans les ailleurs

Julien Barbagallo est un homme occupé. Quand il ne chante pas ou joue de la batterie pour son groupe Aquaserge ou n'officie pas derrière les fûts des Australiens de Tame Impala, il prend un peu de temps pour écrire et composer pour lui-même. "Danse dans les ailleurs" est déjà son troisième album. Il a été enregistré en pleine nature, dans l'ancien studio de Nino Ferrer, autre chanteur atypique et puisant ses influences un peu partout. La musique de Barbagallo est en effet assez unique, comme si les douces mélodies de JP Nataf ou de ses Innocents ("Les mains lentes") avait rencontré les claviers d'un Sébastien Tellier ("Je me tais") avec parfois des accents jazzy. Comme un condensé du meilleur de la pop en langue française en quelque sorte.  Il n'a malheureusement pas beaucoup de temps pour mettre en avant son travail personnel puisqu'après une courte tournée pour promouvoir ce nouveau disque, il ira de nouveau rejoindre Kevin Parker e…

Superorganism - Superorganism

Sur le papier ce groupe a presque tout pour m'énerver : un collectif de jeunes gens réunis dans le même squat à Londres en provenance de divers pays et cultures façon "auberge espagnole", histoire de nous prôner les bienfaits de la mondialisation. Comme si les styles devaient forcément s'additionner, permettant à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice sans renier ce qu'il est. Cette vision un peu naïve et utopique des relations humaines m'a toujours un peu agacé. Les particularités, les bonnes idées, ont plutôt tendance à se "lisser" du fait du nombre. C'est mathématique. Ce n'est pas ce que les gens préfèrent individuellement qui gagnent, mais ce qui plaît (un peu) au plus grand nombre. Bref, Superorganism affiche ce multiculturalisme béat jusque dans son nom.  Il faut pourtant passer ce message politique contestable pour s'attacher à l'essentiel : la musique. Et là, la formation assure niveau "service après vente&quo…