Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du septembre, 2018

The Holydrug Couple - Hyper Super Mega

Ils sont deux, ils sont chiliens - et oui, qui aurait cru que je chroniquerai un jour un disque de pop chilienne - "Hyper Super Mega" est leur cinquième disque en une dizaine d'années de carrière. Pourquoi leur musique est-elle enfin parvenue à mes oreilles ? N'étais-je jusque là pas assez curieux pour oser aller écouter attentivement ce qui se pratiquait comme rock indépendant dans le continent sud-américain, mise à part quelques trucs brésiliens ? Ou était-ce simplement dû au fait que la promotion de leur pop psychédélique n'était pas assez forte ou ciblée ? Sans doute un peu des deux, car les deux compères n'ont rien changé, étant toujours pour moitié signés, comme ici, sur l'excellent label new-yorkais Sacred Bones (Crystal Stilts, Marissa Nadler ou The Soft Moon), moitié auto-produits sur leur propre label BYM Records (Follakzoid, autre groupe de rock chilien, un tant soit peu connu).
Leur nouvel album mêle habilement titres chantés et quelques morc…

The Goon Sax - We're Not Talking

The Goon Sax, c'est une jeunesse - ils n'ont pas vingt ans - de plus en plus rare, une jeunesse qui aime encore l'indie rock, devenue au fil du temps un repère de trentenaires voire quadragénaires un peu aigris. Certains pour rester jeunes s'obligent à écouter de la musique de la génération suivante : le rap, le r'n'b, Pro Tools et les voix passées au vocoder, persuadés que l'époque a forcément raison. A l'inverse, il y a bien sûr ceux qui pensent, adeptes indécrottables du "c'était mieux avant", qu'elle a tort, en éternels nostalgiques de leur jeunesse. Et puis, il y a ceux qui s'en moquent - les plus nombreux ? - parce qu'ils ont juste envie d'écouter ce qui leur plaît et tant pis si ça sonne vieux ou jeune. The Goon Sax ont été biberonnés au rock indépendant australien, surtout aux Go-Betweens - un des membres est d'ailleurs le fils de Robert Forster - et au "Dunedin Sound" des voisins néo-zélandais et pou…

Michael Nau - Michael Nau & The Mighty Thread

Voilà ce qu'on pourrait appeler communément un disque d'été, de la sunshine pop, légère, mélodieuse et qui n'oublie pas pour autant d'être intelligente. Le nouvel album de l'américain Michael Nau a été enregistré à la maison, plus précisément dans le deux pièces d'un des membres de son groupe, The Mighty Thread. Tel instrument a été joué dans la salle de bains, l'autre dans la cuisine, le troisième dans le salon - l'histoire ne dit pas s'ils ont utilisé les toilettes. Pas étonnant donc que cette musique pénètre, mine de rien, aussi facilement notre quotidien, constituant comme une bande son idéal de nos activités estivales. Essayez donc ce disque comme fond sonore lors d'un barbecue ou un apéro, en famille ou entre amis. Il devient rapidement aussi indispensable que le bon petit verre de rosé ou les chips qui accompagnent. Celui dont vos invités vous demanderont le nom, où vous l'avez trouvé et qu'ils exigeront à nouveau la prochaine fo…

Spiritualized - And Nothing Hurt

Je suis peut-être le seul à le penser mais je trouve que la musique de Spiritualized se bonifie au fil des disques. Je ne considère pas, comme beaucoup, que "Ladies and gentlemen, we are floating in space" sorti en 1997, soit le chef d'oeuvre indépassable de Jason Pierce. Je le trouve trop touffu, trop long, assez indigeste au final. Il a pour moi fait bien mieux depuis. Son précédent "Sweet Heart, Sweet Light" avait par exemple frôlé la première place de mon top albums 2012. Depuis vingt ans, le groupe a sorti peu d'albums - il a fallu attendre 6 ans pour ce dernier - mais ils semblent de plus en plus sereins, apaisés, ramassés - toute proportion gardée, la plupart des morceaux faisant encore plus de cinq minutes. Avec l'âge, on arrive à se contenter de l'essentiel. Certains pourront le regretter. Mais c'est avant tout, ce que j'aime dans cette musique : ces délicates ballades pop psychédéliques avec orchestre à cordes. Il faut attendre &q…

Her's - Invitation to Her's

Ils sont deux : l'un anglais, Stephen Fitzpatrick, l'autre norvégien, Audun Laading. Ils se sont rencontrés en faisant leurs études à Liverpool, la ville des Beatles. Ils ont potassé depuis de nombreux mois les chansons de ce premier disque et ça se ressent car il n'y a pour ainsi rien à jeter dessus. Leur nom de groupe fait référence à la gente féminine, un peu comme Girls, avec qui ils partagent le même goût pour la pop lo-fi aux sonorités eighties. Mais plus qu'à l'ex-formation de Christopher Owens, c'est à la musique d'Ariel Pink et de Mac Demarco que cette "Invitation to Her's" fait surtout penser : les mélodies du premier avec les guitares et la nonchalance du second.
Cela ressemble donc à la fusion idéale pour profiter à plein des derniers jours d'été et ne pas penser encore à cette rentrée pourtant si présente. Impossible, par exemple, de se débarrasser facilement d'évidences telles que "Harvey" ou de "Love On T…