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Articles

Affichage des articles du 2019

Bertrand Belin + Barbara Carlotti - Festi' Val de Marne, Théâtre Romain Rolland, Villejuif - 7 octobre 2019

Cette soirée-la, c'est bien simple, on l'avait réservée dès l'ouverture de la billetterie. Vous pensez, notre chanteuse et notre chanteur préférés actuels de chanson française, le tout pour un prix dérisoire, comment pouvait-on manquer ça ? C'est donc en famille que nous sommes partis en banlieue, à Villejuif, dans un des futurs carrefours du Grand Paris. Le quartier n'a pas l'air désagréable. Le rendez-vous est au théâtre Romain Rolland, structure assez moderne mais au public plutôt âgé. Est-ce la programmation ? Est-ce la culture qui intéresse surtout les anciens ? Ou est-ce une question de pouvoir d'achat ? Nous avions déjà ressenti la même chose au 3 baudets pour le spectacle de la même Carlotti sur la fameuse année 1966. A croire que ce sont donc ces artistes qui n'attirent pas la jeunesse. L'ambiance s'en ressent, d'autant que tout le monde est assis. Nous, ça nous va bien, car on voyait mal nos deux loulous - bah oui, eux aussi son…

The Monochrome Set - Fabula Mendax

Le Monochrome Set existe depuis bientôt 40 ans. Il a connu une période faste à ses débuts, à l'orée des années 70 et 80, durant laquelle le groupe inventait une pop à nulle autre pareille, bien éloignée du mouvement post-punk alors en plein essor ou de la new-wave balbutiante. La formation menée par Ganesh Seshadri, alias Bid, un soit-disant authentique prince indien, est à l'origine de beaucoup de vocations, notamment Morrissey ou Edwyn Collins. Le groupe arrivé trop tôt, reviendra trop tard dans les années 90, à l'heure de la brit-pop. Leurs mélodies précieuses et délicates n'avaient pas grand chose à voir avec le rock direct et un peu simplet de Oasis et consorts. Puis, il y a eu une nouvelle reformation à la fin des années 2000, après 10 nouvelles années de disette. Celle-ci ne semblait plus rien vouloir du tout, ne surfant pas avec une quelconque mode par essence éphémère. On sait déjà que le succès n'arrivera jamais, d'autant que la formation londonienne…

Temples - Hot Motion

Si le rock était encore à la mode, les anglais de Temples pourraient assurément emporter la mise, renvoyant les australiens de Tame Impala dans leur 22, avec ce "Hot Motion", troisième album encore plus direct et calibré que les précédents. Après avoir (un peu) délaissé les guitares pour les claviers, le temps de "Volcano", ils reviennent à un style plus "classique" et proche de leur premier essai, l'excellent "Sun Structures". C'est toujours la même recette : des mélodies accrocheuses dans la plus pure tradition anglaise, relevées par des arrangements très psychédéliques avec un bon gros son qui claque. Si on flirte parfois avec la facilité, comme sur "The Howl", ces jeunes anglais chics et très (trop?) stylés arrivent toujours à faire passer la pilule avec un petit changement de direction imprévu.  Car si le chemin d'ensemble est bien balisé, le groupe s'autorise de légères sorties de route qui font que ce "Hot …

John Cale - Cité de la musique, Paris - 24 septembre 2019

Il y a quelques années, nous avions été voir Lou Reed au palais des congrès de Paris alors qu'il jouait en intégralité son chef d'oeuvre "Berlin". On pouvait se targuer de l'avoir vu au moins une fois avant qu'il ne meurt quelques temps plus tard. Le concert en lui-même ne nous avait pourtant pas procurer de souvenirs mémorables. La retranscription live du mythique album était beaucoup trop virile et lourdaude, bafouant allègrement ce qu'on aimait dans sa musique : sa poésie, son côté sombre et malsain, son rock non calibré. Cette semaine, l'occasion de voir son ex-acolyte du Velvet Underground se présenta, histoire d'effacer un tant soit peu ce rendez-vous manqué. Les compte rendus de concerts que je glanais ici et là sur le net ne me disaient pourtant rien qui vaille. John Cale, comme Lou Reed, aurait plutôt tendance à montrer les muscles sur scène. Mais une information m'a définitivement fait changer d'avis et acheter mes places : l…

The Leisure Society - Arrivals and Departures

J'avoue avoir un peu dénigré les anglais de The Leisure Society depuis leur superbe "Into The Murky Water", classé pourtant parmi mon top 10 de l'année 2011. Bon, ils n'ont pas non plus été hyper prolifiques avec deux disques seulement passés sous mes radars et surtout rien depuis 4 ans. Les anglais originaires de Brighton sont typiquement le groupe que l'oublie facilement, parce que leur musique est à leur image, une pop sage et modeste, de celles qui auraient aussi bien pu paraître il y a 50 ans qu'hier seulement. Quelque chose qui n'a rien à voir avec le bruit de l'époque, qui demande qu'on sorte un tant soit peu de notre quotidien. On y entend des ballades proches d'un Suede apaisé ("God has taken a vacation"), d'autres chansons rappellent les regrettés Parenthetical Girls dans leurs moments les plus accessibles ("I'll pay for it now") ou encore les arrangements soyeux d'un Andy Shauf ("Overheard&q…

Cate Le Bon - Reward

Il y a des disques auxquels on résiste, parce qu'ils sont trop étranges, parce qu'ils ne répondent pas à notre désir du moment et auxquels on revient malgré tout régulièrement, parce qu'au fond, ils nous intriguent. C'est peut-être ceux-là les plus précieux. Ces disques discrets, modestes, qui n'affichent pas clairement leurs qualités. "Reward", le dernier album de la galloise Cate Le Bon - rien à voir avec Simon, le chanteur permanenté de Duran Duran - fait assurément partie de ces disques-là. Pourtant, il n'a pas la bizarrerie évidente de ses précédentes productions. Le son a été subtilement polissé, chaque morceau habilement travaillé. On pense à un sorcier des studios en la personne de Brian Eno ou à Kate Bush pour le caractère envoûtant et assez unique.  Et si on commence à la retrouver aux manettes de quelques albums récents, ce n'est sans doute pas un hasard. Deerhunter ou Tim Presley ont fait appel à elle, pour qu'elle transforme à sa…

Metronomy - Metronomy Forever

Après leur excellente prestation en tête d'affiche du dernier jour de la Route du Rock cet été à Saint-Malo, c'est peu dire que j'attendais avec impatience ce nouvel album de Metronomy, un des groupes chéris de notre petite famille. Ça s'appelle "Metronomy forever", comme si le groupe savait déjà qu'il ne pouvait pas nous décevoir. Tout commence d'ailleurs par les cloches d'un mariage ("Wedding"). Pour nous, il a déjà pris effet le jour où on est tombé amoureux de la chanson "The End of You Too" sur "Nights out" en 2008.  Depuis, c'est une relation sans fausse note, rehaussée à chaque nouveau disque. On retrouve une fois de plus l'indéniable talent de Joseph Mount pour s'approprier de multiples influences (ici des sonorités grunge sur "Insecurity", de la musique lounge sur "Miracle Rooftop" ou de l'électro dépressive sur "Lying low") en gardant un son propre. En plus, le …

L'épée - Diabolique

Il y a un peu plus d'un an sortait le dernier disque des Limiñanas qui marquait la rencontre entre le couple du même nom originaire de Cabestany, petite ville des Pyrénées Orientales, Anton Newcombe producteur et leader du groupe de rock psychédélique américain The Brian Jonestown Massacre et enfin une chanteuse actrice française assez célèbre Emmanuelle Seigner, soeur de Mathilde, femme de Polanski. On pourrait rajouter quelques prestigieux invités de passage comme Bertrand Belin ou Peter Hook, l'ex-bassiste de Joy Division et New Order. Tout ce beau monde s'était réuni autour d'au moins une influence majeure commune : Lou Reed et le Velvet Underground. Comme le succès fut plutôt au rendez-vous et que le courant sembla passer naturellement entre eux, le disque d'Emmanuelle initialement prévu en solo se transforma en disque sous la bannière commune de "l'épée". Le style reste le même qu'avec l'étiquette Limiñanas. Ce sont les mêmes guitares, …

The Cure, Johnny Marr, Kompromat - festival Rock en Seine - 23 août 2019

Après une programmation assez incompréhensible pour un festival rock l'an passé qui s'était soldée par une baisse de sensible de la fréquentation, Rock en Seine revenait aux affaires avec The Cure en tête d'affiche. La formation de Robert Smith a même été annoncée près d'un an avant l'événement, histoire de faire monter la sauce. Sauf qu'au final, le reste de l'affiche n'est pas à la hauteur de l'attente. Ça se confirme avec les différents concerts de l'après-midi. On navigue à vue entre les différentes scènes, essayant de trouver du son à notre goût. Les belges de Balthazar ont l'air sympas mais leur musique, sans être désagréable, ennuie un peu. Les jeunes Rouennais de MNNQNS ont l'attitude, le son mais pas les chansons. Un poil prétentieux en plus. Nous nous tenons à distance, profitant du stand Fourme d'Ambert - bah oui, pourquoi pas ? -, le temps du concert de leurs voisins normands de We Hate You Please Die, mais nos oreilles …

Tropical Fuck Storm - Braindrops

Depuis quelques jours, c'est bien simple, je n'arrive pas à me défaire de ce morceau : "The Planet of Straw Men", manifeste anti-réseaux sociaux des Australiens de Tropical Fuck Storm. Mais que veut dire ce "coup de gras" dont il est question dans son refrain ? Une réception impromptue d'un morceau de couenne de jambon au beau milieu de la figure ? Une addiction soudaine au McDo ou autres kebabs ? Une mandale délivrée inopinément par une personne obèse ? Ou tout simplement une faute d'orthographe et de prononciation d'une expression bien de chez nous, mal transposée dans la langue de Shakespeare ? Il semble bien qu'il s'agit de notre "coup de grâce", comme une victoire par KO. C'est bien l'effet que m'a fait la musique de ces énergumènes-là. Pas décidés à croire que le rock est mort, qu'il n'y a plus rien à dire dans le domaine, Tropical Fuck Strom ne baisse pas les bras et continue la bataille, envers et c…

Metronomy, The Growlers, Pottery, Deerhunter - La Route du Rock, le Fort Saint-Père - 17 août 2019

A la mi-août, nous avons notre rendez-vous annuel avec la Route du Rock. Une soirée choisie parmi les 4 proposées (3 en extérieur, 1 à l'intérieur) de manière honteusement subjective car difficile une fois de plus de ne pas trouver à chaque fois matière à réjouissances. Tant pis pour le trio bruitiste Idles / Fontaines DC et Black Midi, les revenants Stereolab ou le méga-show de Tame Impala du jeudi, pour l'electro-pop de Hot Chip, le folk psychédélique de Tim Presley, le rock à la sauce turc de Altin Gün du vendredi ou les brillantes folkeuses du mercredi. Pas sûr qu'on ait fait le mauvais choix en terme musical, par contre pour la météo, c'est autre chose. C'est bien simple, nous avons eu de la pluie toute la soirée ou presque. Pas de la grosse pluie, plutôt ce qu'on appelle du crachin breton. Un truc qui mouille sans véritablement tremper, même après plusieurs heures. Nous sommes arrivés du coup, pas trop tôt, voulant optimiser notre temps de mouillage. Han…

The Comet is Coming - Trust in The Lifeforce of Deep Mystery

Ça devait arriver, les vacances aidant, je me mets à écouter du... jazz. Enfin, pas complètement, pas seulement. La musique des anglais de The Comet is Coming est difficile à classifier. Le trio est composé de Shabaka Hutchings au saxophone pour la touche jazzy, Dan Leavers aux claviers pour la touche électronique et le batteur Max Hallett pour le rythme parfois démentiel de l'ensemble, notamment sur les irrésistibles "Summon the Fire" et "Super Zodiac". On y entend juste la rappeuse anglaise Kate Tempest sur "Blood of the Past" où cette dernière vient fustiger le progrès à tout prix, qui nous fait mettre des œillères sur tout, jusque sur notre passé parfois sanglant. Le reste de "Trust in the lifeforce of the deep mystery" est purement instrumental. Le titre un peu pompeux, la pochette où on croit reconnaître la pierre philosophale de "2001, l'Odyssée de l'espace", cette diatribe de Tempest pourraient faire tourner le tou…

Vampire Weekend - Father of the Bride

N'en déplaise aux fans, "Modern Vampires of the City" est pour moi le moins bon disque de Vampire Weekend, le plus homogène, le moins foufou alors que cette pop réclame de la fantaisie, de l'inspiration tous azimuts. "Father of the bride" renoue avec la folie des débuts, cette pop qui s'en fiche de verser parfois dans le mainstream - "Hold You Now" sert de musique pour une publicité, "We Belong Together" verse allègrement dans la mièvrerie -  , parce que c'est justement le but premier de la pop, d'être pop-ulaire. Cette pop qui donne envie de chanter, de danser, qui convoque de nombreux styles, et qui au final, se montre nettement plus intelligente qu'elle en a l'air. Leur précédent était très travaillé mais un peu bridé. Il a fallu le départ de Rostam Batmanglij pour que le leader, le génial Ezra Koenig se remette en question et nous serve ce nouvel album qui contient pas moins de 18 morceaux, de quoi tenir au moins…

The Flaming Lips - King's Mouth

D'habitude, j'adhère immédiatement à chaque nouveau disque des Flaming Lips - exception faite de leurs expérimentations un poil lourdingues comme leur chanson de 24h, les reprises en tous genres de Pink Floyd, des Beatles ou de Bowie, un peu inutiles. "King's Mouth" est sorti en vinyle, de manière limitée lors du Record Store Day en avril dernier. Il a alors immédiatement fuité sur internet. Je me suis donc précipité dessus comme je fais à chaque sortie d'un de mes groupes préférés. Oui, j'adore les Flaming Lips. C'est pour moi une des formations le plus indispensables de ces trente dernières années, n'en déplaise à Gonzaï. Je ne me reconnais au passage pas du tout dans la description que le gars fait du fan de la bande de Wayne Coyne. Quand au fait de ne pas vouloir grandir, ça peut être une bonne chose, non ? Oui, les concerts des Flaming Lips ressemblent à des fêtes d'anniversaire d'enfants de 7 ans. Oui, les paroles des chansons des F…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Purple Mountains - Purple Mountains

David Berman est l'archétype du loser à l'Américaine. Il a formé son premier groupe Silver Jews avec son pote Stephen Malkmus à la fin des années 80. Le pote en question, touche à touche émérite le trompe rapidement en créant Pavement qui deviendra une formation culte des années 90, sorte de modèle absolu du rock indépendant à la cool. Pendant ce temps-là, Berman végète et ne rencontre qu'un succès d'estime auprès des critiques. Pas chien, Malkmus viendra quand même l'aider le temps de "Starlite Walker" et surtout d'un "American Water" d'anthologie, savant mariage entre les univers atypiques des deux bonhommes. Puis, Silver Jews redeviendra l'unique objet de Berman jusqu'à la fin en 2009 lors de laquelle le chanteur décide de sortir complètement du circuit. Avant cela, il essaie de mettre fin à ses jours en 2003 lors d'une violente phase de dépression. Il indique ensuite vouloir lutter contre le travail entrepris par son pèr…

Bertrand Belin - Paris, scène du salon - Festival FNAC Live - 4 juillet 2019

Ça y est. On y est. Ce sont les vacances scolaires d'été. Deux mois pendant lesquelles il va falloir occuper les enfants. Chaque parent ressent alors une légère appréhension. Pour nous, c'est réglé depuis un moment : ils seront avec les papys et mamies pendant une bonne moitié du temps. Merci à eux. Cela nous laisse donc l'opportunité de passer à autre chose, de penser plus "personnel". Notamment d'écouter plus de musique, de lire plus, de faire plus de sorties, d'avoir tout simplement plus de temps pour nous - = plus de billets sur ce blog ? - En attendant, nous avons réussi à obtenir des invitations - le jour de mon anniv' ! - pour assister à un concert de Bertrand Belin dans les salons de l'Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre du festival Fnac Live. Je l'ai déjà dit ici, le chanteur est un des héros de la famille. L'un de ces rares artistes à faire l'unanimité. En arrivant sur place, nous le croisons en montant les escaliers. Lul…

Thom Yorke - Anima

Un nouveau disque surprise de Thom Yorke annoncé seulement une semaine à l'avance ? Que peut-on en attendre ? Pas grand chose à priori. J'avais adoré "The Eraser" à sa sortie. Je trouvais qu'il apportait quelque chose de différent des disques de Radiohead, de plus électro, de plus lancinant, moins direct. Puis, le second album "Tomorrow's Modern Boxes" m'avait laissé assez indifférent. Il faut dire qu'il était sorti quelques années après "The King of Limbs", premier vrai signe de faiblesse du quintet d'Oxford. Heureusement, il y eut ensuite le miraculeux "A Moon Shaped Pool" qu'on n'attendait plus vraiment, comme un évident renouveau artistique, une renaissance. La bande originale de "Suspiria", à défaut de pouvoir être écouté facilement à la maison - comme toute bande originale de films ou presque - demeurait un bel exercice de style. Le chanteur de Radiohead était passé par une douloureuse expérie…

Les Innocents - 6 1/2

Comme quoi "Mandarine", album du retour après plus de 15 ans de silence radio, avait pour moi tout de suite ravivé la flamme. J'ai mis plus de temps à adhérer à "6 et demi" en référence à leur nombre de disques - très peu en regard de leurs années d'existence. C'est pourtant l'un de leurs disques le plus évident, le plus ouvertement pop. Peut-être parce que c'est plutôt Jean-Christophe Urbain qu'on entend. J'ai toujours eu une préférence pour l'écriture moins directe de son alter ego Jipé Nataf. Un peu comme Souchon avec Voulzy. Mais j'y suis revenu, parce que, même si le duo ne se renouvelle pas vraiment, ces mélodies sont lumineuses et elles font du bien. Tout simplement. Alors, bien sûr, l'époque n'est plus propice comme durant les années 90, à cette variété française haut de gamme. Ça ne parle pas à la jeunesse actuelle. Les plus anciens, ayant écouté jusqu'à la lie les "Fous à lier" ou autres "Pos…

The Divine Comedy - Paris, Musée des arts et métiers - 21 juin 2019

La fête de la musique avait lieu cette année un vendredi. L'occasion était donc belle d'en profiter pour faire une sortie en famille. Bon, après, ce type de fête, surtout à Paris, est plutôt propice à un bain de foule. Ce n'est pas forcément l'idéal pour éveiller les enfants à la musique. On fait souvent le grand écart entre les concerts intéressants mais où les conditions sont bien souvent exécrables et les concerts largement dispensables. Cette année, je suis tombé sur ce concert de The Divine Comedy en acoustique au musée des arts et métiers, en fin d'après-midi. Bref, toutes les conditions étaient pour une fois réunies pour profiter de l'instant. Le lieu, d'abord, chargé d'histoire : dans une vieille église, au milieu d'engins de collection et du célèbre pendule de Foucault. L'horaire : juste après la sortie des classes et pas trop tard non plus pour les petites têtes blondes. La durée : juste ce qu'il faut pour avoir le temps d'app…

Fat White Family - Serfs Up !

L'été approche à grands pas et avec lui une actualité musicale au ralenti. Les ponts de mai sont passés par là et j'avoue avoir eu du mal à m'y remettre. Comme les sorties des précédentes semaines ne m'ont pas à première écoute particulièrement emballé, j'ai cherché dans les albums plus "anciens". Ce troisième disque du groupe anglais de la Fat White Family en fait partie. Jusque là, tout ce que les membres de cette formation avaient sorti en commun ou séparément (The Moonlandingz, Insecure Men, etc) ne m'avait pas ému plus que cela. Il a donc fallu attendre ce "Serfs Up!" qui marque assurément un tournant dans leur carrière. On y entend une homogénéité et une constance dans la qualité des morceaux qui faisaient autrefois défaut. Si le groupe était jusqu'à présent plutôt connu pour ses qualités scéniques, j'éprouve donc enfin un réel plaisir à l'écoute personnelle de leur musique.
C'est peut-être leurs multiples projets par…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…

Plastic Mermaids - Suddendly Everyone Explodes

Les sirènes en plastique, voilà un drôle de nom de groupe qui annonce la couleur. Pas de femmes pourtant à l'horizon puisque la formation compte dans ses rangs pas moins de 5 membres de la gente masculine. Mais la musique des anglais originaires de l'île de Wight semble, telles des sirènes, irréelle. C'est une pop comme on n'en fait plus, Arcade Fire à leur début, Mercury Rev, Flaming Lips ou Grandaddy il y a dix-quinze ans. Une inspiration plus outre Atlantique qu'outre Manche donc, même si on pense aussi aux excellents travaux solos de l'ex-Coral, Bill Ryder Jones. Il paraîtrait que leurs concerts ressemblent à ceux de la bande de Wayne Coyne, comme une fête d'anniversaire régressive.
Si leur premier album "Suddendly Everyone Explodes" - en référence au "Suddendly everything has changed" du chef d'oeuvre "The Soft Bulletin" qui fête au passage ces vingt ans cette année ? - n'est peut-être pas à la hauteur de ses glor…

DEHD - Water

Ils sont trois, nous viennent de Chicago et ont déjà roulé leur bosse à travers différents groupes. Ce n'est pas sûr que leur nouvelle association nommée DEHD rencontre plus de succès que leur précédentes. Leur musique est une sorte de pop lo-fi qui privilégie la mélodie, quitte à terminer les chansons en moins de 2 minutes, si celle-ci se suffit à elle-même. C'est simple, rapide, efficace, même si ce n'est pas vraiment novateur. Jusque là, rien qui ne dépasse de quantités de formations indépendantes américaines. Et puis, je suis tombé sur le clip de "Lucky", une sorte d'objet non identifié, à visionner au trente-sixième degré avec un danseur déguisé en drag queen, du nom d'Alex Grelle, complètement hallucinant. On hésite entre le grotesque, le génie ou le grand n'importe quoi. On se surprend à le repasser en boucle, d'autant qu'il ne dure pas trois minutes, à vouloir imiter la chorégraphie. Puis, la musique commence à nous trotter dans la tê…

Jungstötter - Love Is

"Love is" est sorti une première fois en février dernier mais il bénéficie cette semaine d'une parution à plus large échelle par l'intermédiaire de PIAS Music. C'est l'oeuvre d'un jeune artiste allemand, autrefois membre du groupe Sizarr et qui officie désormais en solo. La musique et surtout la voix fait indéniablement penser à celle du regretté Scott Walker ou de Antony Hegarty, en moins maniérée. Jungstötter signifie jeune bégaiement, comme si le chanteur avançait, pas sûr de lui, alors qu'on sent déjà une belle maîtrise. Il est accompagné en tournée par la jeune et talentueuse autrichienne Anja Plaschg, plus connue sous le pseudo de Soap and Skin dont il fait la première partie. On pourrait les voir comme des frère et sœur de cœur, tellement ils naviguent dans les mêmes eaux.  On pense aussi à Konstantin Gropper, alias Get Well Soon, comme une même famille, adepte d'une pop de chambre, mélancolique, romantique et universelle, capable de passe…

Clinic - Wheeltappers and Shunters

Voilà un groupe que je prends en cours de route, n'ayant pas du tout suivi les débuts, à l'orée du vingtième et unième siècle. Ils sont anglais, originaires de Liverpool, berceau de la pop musique, mais c'est pourtant du côté du Pink Floyd de Syd Barrett qu'il faut chercher l'influence principale. C'est bien simple, on croirait l'entendre sur chacun des douze (courts) morceaux de ce nouvel album. "Wheeltappers and Shunters" est déjà leur huitième disque mais le premier depuis 7 ans, comme si pour une fois, le groupe avait eu besoin de temps, pour proposer quelque chose de neuf. Le titre fait référence à une émission télévisée anglaise des années 70, décennie dont la musique est aussi fortement inspirée. Une certaine Nana Mouskouri s'y est d'ailleurs produite. Ade Blackburn, le chanteur de Clinic, avoue avoir voulu à travers cet album désacraliser cette période qu'on disait libertaire et heureuse, en comparaison avec l'époque actue…

Built To Spill (+Slam Dunk) - Paris, La Maroquinerie - 4 mai 2019

Deuxième concert en 3 jours, toujours à la Maroquinerie. Cette fois-ci, ce fut plus rock et plus viril. D'abord, les Canadiens de Slam Dunk, au look complètement improbable. Le chanteur guitariste ressemble à Bernard Campan des Inconnus sur "C'est toi que je t'aime vachement beaucoup". D'ailleurs, les blagues potaches du groupe accentuent encore mieux la caricature et le mimétisme. Son copain guitariste lui, est affublé d'une chemise qu'on dirait dénichée chez Kiloshop, sans parler de sa coupe de Playmobil. Bref, tout ça ressemblerait à un canular s'ils ne nous cassaient pas en plus les oreilles. Ça braille, ça saute dans tous les sens, ça se balance des médiators, ça se fait des private jokes. Bref, c'est pas pour faire nos rabat joies mais avec maman, on n'a pas du tout adhéré. J'avais même peur, qu'il m'arrive la même mésaventure que  le chanteur à l'écoute de cette musique : perdre mes dents... Voyant une partie du pub…