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Articles

Affichage des articles du 2019

The Comet is Coming - Trust in The Lifeforce of Deep Mystery

Ça devait arriver, les vacances aidant, je me mets à écouter du... jazz. Enfin, pas complètement, pas seulement. La musique des anglais de The Comet is Coming est difficile à classifier. Le trio est composé de Shabaka Hutchings au saxophone pour la touche jazzy, Dan Leavers aux claviers pour la touche électronique et le batteur Max Hallett pour le rythme parfois démentiel de l'ensemble, notamment sur les irrésistibles "Summon the Fire" et "Super Zodiac". On y entend juste la rappeuse anglaise Kate Tempest sur "Blood of the Past" où cette dernière vient fustiger le progrès à tout prix, qui nous fait mettre des œillères sur tout, jusque sur notre passé parfois sanglant. Le reste de "Trust in the lifeforce of the deep mystery" est purement instrumental. Le titre un peu pompeux, la pochette où on croit reconnaître la pierre philosophale de "2001, l'Odyssée de l'espace", cette diatribe de Tempest pourraient faire tourner le tou…

Vampire Weekend - Father of the Bride

N'en déplaise aux fans, "Modern Vampires of the City" est pour moi le moins bon disque de Vampire Weekend, le plus homogène, le moins foufou alors que cette pop réclame de la fantaisie, de l'inspiration tous azimuts. "Father of the bride" renoue avec la folie des débuts, cette pop qui s'en fiche de verser parfois dans le mainstream - "Hold You Now" sert de musique pour une publicité, "We Belong Together" verse allègrement dans la mièvrerie -  , parce que c'est justement le but premier de la pop, d'être pop-ulaire. Cette pop qui donne envie de chanter, de danser, qui convoque de nombreux styles, et qui au final, se montre nettement plus intelligente qu'elle en a l'air. Leur précédent était très travaillé mais un peu bridé. Il a fallu le départ de Rostam Batmanglij pour que le leader, le génial Ezra Koenig se remette en question et nous serve ce nouvel album qui contient pas moins de 18 morceaux, de quoi tenir au moins…

The Flaming Lips - King's Mouth

D'habitude, j'adhère immédiatement à chaque nouveau disque des Flaming Lips - exception faite de leurs expérimentations un poil lourdingues comme leur chanson de 24h, les reprises en tous genres de Pink Floyd, des Beatles ou de Bowie, un peu inutiles. "King's Mouth" est sorti en vinyle, de manière limitée lors du Record Store Day en avril dernier. Il a alors immédiatement fuité sur internet. Je me suis donc précipité dessus comme je fais à chaque sortie d'un de mes groupes préférés. Oui, j'adore les Flaming Lips. C'est pour moi une des formations le plus indispensables de ces trente dernières années, n'en déplaise à Gonzaï. Je ne me reconnais au passage pas du tout dans la description que le gars fait du fan de la bande de Wayne Coyne. Quand au fait de ne pas vouloir grandir, ça peut être une bonne chose, non ? Oui, les concerts des Flaming Lips ressemblent à des fêtes d'anniversaire d'enfants de 7 ans. Oui, les paroles des chansons des F…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Purple Mountains - Purple Mountains

David Berman est l'archétype du loser à l'Américaine. Il a formé son premier groupe Silver Jews avec son pote Stephen Malkmus à la fin des années 80. Le pote en question, touche à touche émérite le trompe rapidement en créant Pavement qui deviendra une formation culte des années 90, sorte de modèle absolu du rock indépendant à la cool. Pendant ce temps-là, Berman végète et ne rencontre qu'un succès d'estime auprès des critiques. Pas chien, Malkmus viendra quand même l'aider le temps de "Starlite Walker" et surtout d'un "American Water" d'anthologie, savant mariage entre les univers atypiques des deux bonhommes. Puis, Silver Jews redeviendra l'unique objet de Berman jusqu'à la fin en 2009 lors de laquelle le chanteur décide de sortir complètement du circuit. Avant cela, il essaie de mettre fin à ses jours en 2003 lors d'une violente phase de dépression. Il indique ensuite vouloir lutter contre le travail entrepris par son pèr…

Bertrand Belin - Paris, scène du salon - Festival FNAC Live - 4 juillet 2019

Ça y est. On y est. Ce sont les vacances scolaires d'été. Deux mois pendant lesquelles il va falloir occuper les enfants. Chaque parent ressent alors une légère appréhension. Pour nous, c'est réglé depuis un moment : ils seront avec les papys et mamies pendant une bonne moitié du temps. Merci à eux. Cela nous laisse donc l'opportunité de passer à autre chose, de penser plus "personnel". Notamment d'écouter plus de musique, de lire plus, de faire plus de sorties, d'avoir tout simplement plus de temps pour nous - = plus de billets sur ce blog ? - En attendant, nous avons réussi à obtenir des invitations - le jour de mon anniv' ! - pour assister à un concert de Bertrand Belin dans les salons de l'Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre du festival Fnac Live. Je l'ai déjà dit ici, le chanteur est un des héros de la famille. L'un de ces rares artistes à faire l'unanimité. En arrivant sur place, nous le croisons en montant les escaliers. Lul…

Thom Yorke - Anima

Un nouveau disque surprise de Thom Yorke annoncé seulement une semaine à l'avance ? Que peut-on en attendre ? Pas grand chose à priori. J'avais adoré "The Eraser" à sa sortie. Je trouvais qu'il apportait quelque chose de différent des disques de Radiohead, de plus électro, de plus lancinant, moins direct. Puis, le second album "Tomorrow's Modern Boxes" m'avait laissé assez indifférent. Il faut dire qu'il était sorti quelques années après "The King of Limbs", premier vrai signe de faiblesse du quintet d'Oxford. Heureusement, il y eut ensuite le miraculeux "A Moon Shaped Pool" qu'on n'attendait plus vraiment, comme un évident renouveau artistique, une renaissance. La bande originale de "Suspiria", à défaut de pouvoir être écouté facilement à la maison - comme toute bande originale de films ou presque - demeurait un bel exercice de style. Le chanteur de Radiohead était passé par une douloureuse expérie…

Les Innocents - 6 1/2

Comme quoi "Mandarine", album du retour après plus de 15 ans de silence radio, avait pour moi tout de suite ravivé la flamme. J'ai mis plus de temps à adhérer à "6 et demi" en référence à leur nombre de disques - très peu en regard de leurs années d'existence. C'est pourtant l'un de leurs disques le plus évident, le plus ouvertement pop. Peut-être parce que c'est plutôt Jean-Christophe Urbain qu'on entend. J'ai toujours eu une préférence pour l'écriture moins directe de son alter ego Jipé Nataf. Un peu comme Souchon avec Voulzy. Mais j'y suis revenu, parce que, même si le duo ne se renouvelle pas vraiment, ces mélodies sont lumineuses et elles font du bien. Tout simplement. Alors, bien sûr, l'époque n'est plus propice comme durant les années 90, à cette variété française haut de gamme. Ça ne parle pas à la jeunesse actuelle. Les plus anciens, ayant écouté jusqu'à la lie les "Fous à lier" ou autres "Pos…

The Divine Comedy - Paris, Musée des arts et métiers - 21 juin 2019

La fête de la musique avait lieu cette année un vendredi. L'occasion était donc belle d'en profiter pour faire une sortie en famille. Bon, après, ce type de fête, surtout à Paris, est plutôt propice à un bain de foule. Ce n'est pas forcément l'idéal pour éveiller les enfants à la musique. On fait souvent le grand écart entre les concerts intéressants mais où les conditions sont bien souvent exécrables et les concerts largement dispensables. Cette année, je suis tombé sur ce concert de The Divine Comedy en acoustique au musée des arts et métiers, en fin d'après-midi. Bref, toutes les conditions étaient pour une fois réunies pour profiter de l'instant. Le lieu, d'abord, chargé d'histoire : dans une vieille église, au milieu d'engins de collection et du célèbre pendule de Foucault. L'horaire : juste après la sortie des classes et pas trop tard non plus pour les petites têtes blondes. La durée : juste ce qu'il faut pour avoir le temps d'app…

Fat White Family - Serfs Up !

L'été approche à grands pas et avec lui une actualité musicale au ralenti. Les ponts de mai sont passés par là et j'avoue avoir eu du mal à m'y remettre. Comme les sorties des précédentes semaines ne m'ont pas à première écoute particulièrement emballé, j'ai cherché dans les albums plus "anciens". Ce troisième disque du groupe anglais de la Fat White Family en fait partie. Jusque là, tout ce que les membres de cette formation avaient sorti en commun ou séparément (The Moonlandingz, Insecure Men, etc) ne m'avait pas ému plus que cela. Il a donc fallu attendre ce "Serfs Up!" qui marque assurément un tournant dans leur carrière. On y entend une homogénéité et une constance dans la qualité des morceaux qui faisaient autrefois défaut. Si le groupe était jusqu'à présent plutôt connu pour ses qualités scéniques, j'éprouve donc enfin un réel plaisir à l'écoute personnelle de leur musique.
C'est peut-être leurs multiples projets par…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…

Plastic Mermaids - Suddendly Everyone Explodes

Les sirènes en plastique, voilà un drôle de nom de groupe qui annonce la couleur. Pas de femmes pourtant à l'horizon puisque la formation compte dans ses rangs pas moins de 5 membres de la gente masculine. Mais la musique des anglais originaires de l'île de Wight semble, telles des sirènes, irréelle. C'est une pop comme on n'en fait plus, Arcade Fire à leur début, Mercury Rev, Flaming Lips ou Grandaddy il y a dix-quinze ans. Une inspiration plus outre Atlantique qu'outre Manche donc, même si on pense aussi aux excellents travaux solos de l'ex-Coral, Bill Ryder Jones. Il paraîtrait que leurs concerts ressemblent à ceux de la bande de Wayne Coyne, comme une fête d'anniversaire régressive.
Si leur premier album "Suddendly Everyone Explodes" - en référence au "Suddendly everything has changed" du chef d'oeuvre "The Soft Bulletin" qui fête au passage ces vingt ans cette année ? - n'est peut-être pas à la hauteur de ses glor…

DEHD - Water

Ils sont trois, nous viennent de Chicago et ont déjà roulé leur bosse à travers différents groupes. Ce n'est pas sûr que leur nouvelle association nommée DEHD rencontre plus de succès que leur précédentes. Leur musique est une sorte de pop lo-fi qui privilégie la mélodie, quitte à terminer les chansons en moins de 2 minutes, si celle-ci se suffit à elle-même. C'est simple, rapide, efficace, même si ce n'est pas vraiment novateur. Jusque là, rien qui ne dépasse de quantités de formations indépendantes américaines. Et puis, je suis tombé sur le clip de "Lucky", une sorte d'objet non identifié, à visionner au trente-sixième degré avec un danseur déguisé en drag queen, du nom d'Alex Grelle, complètement hallucinant. On hésite entre le grotesque, le génie ou le grand n'importe quoi. On se surprend à le repasser en boucle, d'autant qu'il ne dure pas trois minutes, à vouloir imiter la chorégraphie. Puis, la musique commence à nous trotter dans la tê…

Jungstötter - Love Is

"Love is" est sorti une première fois en février dernier mais il bénéficie cette semaine d'une parution à plus large échelle par l'intermédiaire de PIAS Music. C'est l'oeuvre d'un jeune artiste allemand, autrefois membre du groupe Sizarr et qui officie désormais en solo. La musique et surtout la voix fait indéniablement penser à celle du regretté Scott Walker ou de Antony Hegarty, en moins maniérée. Jungstötter signifie jeune bégaiement, comme si le chanteur avançait, pas sûr de lui, alors qu'on sent déjà une belle maîtrise. Il est accompagné en tournée par la jeune et talentueuse autrichienne Anja Plaschg, plus connue sous le pseudo de Soap and Skin dont il fait la première partie. On pourrait les voir comme des frère et sœur de cœur, tellement ils naviguent dans les mêmes eaux.  On pense aussi à Konstantin Gropper, alias Get Well Soon, comme une même famille, adepte d'une pop de chambre, mélancolique, romantique et universelle, capable de passe…

Clinic - Wheeltappers and Shunters

Voilà un groupe que je prends en cours de route, n'ayant pas du tout suivi les débuts, à l'orée du vingtième et unième siècle. Ils sont anglais, originaires de Liverpool, berceau de la pop musique, mais c'est pourtant du côté du Pink Floyd de Syd Barrett qu'il faut chercher l'influence principale. C'est bien simple, on croirait l'entendre sur chacun des douze (courts) morceaux de ce nouvel album. "Wheeltappers and Shunters" est déjà leur huitième disque mais le premier depuis 7 ans, comme si pour une fois, le groupe avait eu besoin de temps, pour proposer quelque chose de neuf. Le titre fait référence à une émission télévisée anglaise des années 70, décennie dont la musique est aussi fortement inspirée. Une certaine Nana Mouskouri s'y est d'ailleurs produite. Ade Blackburn, le chanteur de Clinic, avoue avoir voulu à travers cet album désacraliser cette période qu'on disait libertaire et heureuse, en comparaison avec l'époque actue…

Built To Spill (+Slam Dunk) - Paris, La Maroquinerie - 4 mai 2019

Deuxième concert en 3 jours, toujours à la Maroquinerie. Cette fois-ci, ce fut plus rock et plus viril. D'abord, les Canadiens de Slam Dunk, au look complètement improbable. Le chanteur guitariste ressemble à Bernard Campan des Inconnus sur "C'est toi que je t'aime vachement beaucoup". D'ailleurs, les blagues potaches du groupe accentuent encore mieux la caricature et le mimétisme. Son copain guitariste lui, est affublé d'une chemise qu'on dirait dénichée chez Kiloshop, sans parler de sa coupe de Playmobil. Bref, tout ça ressemblerait à un canular s'ils ne nous cassaient pas en plus les oreilles. Ça braille, ça saute dans tous les sens, ça se balance des médiators, ça se fait des private jokes. Bref, c'est pas pour faire nos rabat joies mais avec maman, on n'a pas du tout adhéré. J'avais même peur, qu'il m'arrive la même mésaventure que  le chanteur à l'écoute de cette musique : perdre mes dents... Voyant une partie du pub…

Weyes Blood (+Discovery Zone) - Paris, La Maroquinerie - 2 mai 2019

Après une longue période d'abstinence, nous revoici maman et moi de sortie pour un concert, celui de celle qui s'annonce comme la nouvelle reine de la scène indie-folk : Natalie Mering, alias Weyes Blood. Le concert est complet depuis de nombreuses semaines. On ressent une impatience curieuse parmi l'assistance. Pas facile donc pour Discovery Zone, en première partie, de capter l'attention, d'autant que sa musique presqu'entièrement enregistrée n'est pas des plus faciles d'accès. On sent une volonté d'expérimentations, mais il manque l'essentiel : de vraies chansons. Le contact avec le public reste froid et distant jusqu'à ce que la jeune femme se décide à échanger, expliquant que puisqu'elle n'a pas encore sorti le moindre disque, elle n'a encore rien à vendre. Par contre, elle dispose d'une sorte de livre d'or où chacun peut y écrire quelque chose. À défaut d'être vraiment emballé par sa musique, cela la rend au mo…

The Dream Syndicate - These Times

Le Dream Syndicate de Steve Wynn est ce genre de groupes qui a toujours oeuvré dans l'ombre. Parce qu'il n'est pas né à la bonne époque, trop tard pour faire partie du mouvement punk new-yorkais de la fin des années 70, avec Television, Patti Smith ou The Feelies; trop tôt pour être associé aux prémisses du grunge, avec Sonic Youth, Pixies ou Nirvana. Parce qu'il n'est pas né au bon endroit non plus : pas à New-York justement mais en Californie où ce genre de musique n'est pas coutumier. Leur style a quand même été associé à ce qu'on a appelé le Paisley Underground dont ils étaient considérés comme les têtes de file. N'empêche parmi ce mouvement, ce sont les Bangles qui arriveront seules à tirer leur épingle (commerciale) du jeu, privilégiant un son plus arrondi et pop. The Dream Syndicate est apparu au début des années 80 avec le magnifique "The Days of Wine and Roses" et a mis une première fois un terme à son aventure à la fin de la même dé…

Gontard - 2029

Nicolas Poncet, alias Gontard, poursuit sa production stakhanoviste, à raison d'au moins un nouveau disque chaque année. Cette fois-ci, on sent plus d'ambition : "2029" est un album conceptuel, racontant le quotidien d'une petite ville de province, dans 10 ans, dénommée Gontard-sur-misère, histoire de "planter tout de suite le décor". On pense bien sûr au mouvement des gilets jaunes, à ces gens largués, laissés pour compte du système, pour certains capables de tout, car n'ayant plus à rien perdre. De ces endroits à l'abandon, les services public disparaissent ("Hôpital tue"), les "capitalistes" profitent parfois ("Kevin Malez"). Le chanteur a décidé d'en parler de l'intérieur, sans faux semblants, comme un terrible constat d'une France définitivement cassée en mille morceaux. "La fille de la mairie" est à ce titre le plus révélateur, de gens qui ne se comprennent plus, parce que les sentiments…

Drugdealer - Raw Honey

Weyes Blood encore et toujours. On la retrouve cette fois en compagnie du groupe Drugdealer - elle était déjà là sur le premier album du groupe, "The end of the comedy" - pour le très beau "Honey", bien dans l'esprit de ce qu'elle fait en solo. Il faut dire que la musique de Drugdealer est très proche de celle de Weyes Blood, c'est-à-dire douce, mélodique, admirablement désuète et kitsch (l'école californienne de Ariel Pink et consorts). En plus de l'évidente influence des Beatles("If you don't know now, you never will") , "Raw Honey" flirte même avec le jazz-rock FM des années 70. "Fools" ressemble par exemple à du Steely Dan.  Sauf que c'est toujours fait de manière décontractée, sans démonstration de virtuosité. Il faut dire que Michael Collins, l'auteur-compositeur de Drugdealer n'est arrivé à la musique qu'il y a dix ans seulement, en autodidacte. Voilà donc un agréable disque de saison, à …

Baptiste W. Hamon - Soleil, Soleil Bleu

On n'imagine pas au regard de la pochette du disque et du look du chanteur de tomber, à l'écoute, sur une telle musique. Parce que même si les arrangements sonnent plus modernes, la voix comme le style rappelle souvent Jean Ferrat. Un jeune qui fait de la musique de vieux, me direz-vous. Sauf que Ferrat, ça reste bien souvent encore d'actualités et que Baptiste W. Hamon - le W, c'est pour faire plus américain ? - n'a cure des modes, il fait simplement ce qu'il aime et il a bien raison. C'est un mariage très réussi entre chanson à la française et folk américain. Pour preuve, on retrouve comme invités, Miossec, sur le bouleversant "Hervé" mais c'est plutôt avec "Bloody Mary" que leurs univers se rapprochent le plus et Will Oldham, le "capitaine" qu'il vénère au plus haut point.  Il y en a très peu à faire ça. Un tel classicisme classe. "Soleil, soleil bleu" est un magnifique album, sans âge, parce que déjà dat…

Fontaines D.C. - Dogrel

"My childhood was small but I'm gonna be big." clament-ils dès le premier morceau "Big". Voilà en résumé ce qui est en train de se passer avec les jeunes irlandais de Fontaines D.C (Fontaines en référence au personnage du chanteur dans "Le Parrain" de Coppola, D.C. pour leur ville, Dublin City). Toute proportion gardée quand même. On ne compte pas encore les vues de leurs différents singles en millions sur Youtube, mais pour ce style de musique - le rock au sens large, le post-punk en particulier - c'est déjà énorme. Alors, bien sûr, ça ne révolutionne rien, mais on sait que de toute façon, la révolution n'est pas un critère de réussite commerciale. "Dogrel" est donc leur premier album et il contient toutes les chansons entendues jusque là, comme une compilation.  On a beau essayer de trouver une faiblesse, des lourdeurs, des facilités, les Dublinois tiennent admirablement bien la distance. Ils agrémentent leur rock de quelques sono…

Weyes Blood - Titanic Rising

Comment ai-je pu passer à côté des deux précédents disques de Natalie Mering, alias Weyes Blood ? Alors, que tout indiquait que sa musique me parlerait, elle, qui a collaboré entre autres, avec Ariel Pink ou Drugdealer. Ses morceaux, souvent longs de plus de cinq minutes, ne sont sans doute pas propices aux écoutes rapides et distraites. Ils nécessitent plus d'attention. On y décèle alors malgré l'apparente simplicité, de vrais trésors (ici "Andromeda", "Everyday" ou "Movies") de grâce mélodique. La chanteuse, grande bringue à la longue chevelure et à l'allure juvénile - la pochette du disque ressemble d'ailleurs à une chambre d'adolescente - présente une étonnante décontraction perceptible à travers des clips régulièrement décalés. Mais plus encore que la musique qui paraît parfois facile, c'est sa voix, admirable mélange entre Karen Carpenter et Kate Bush, qui fait à chaque fois mouche.  C'est sûr, avec ce nouvel album "…

Edwyn Collins - Badbea

Badbea est une petite commune, perdue dans les Highlands, sorte de village du bout du monde, coupé de tout. C'est là d'où vient le grand-père d'Edwyn Collins, l'éternel interprète de "A Girl Like You", mais surtout membre fondateur de Orange Juice, groupe précurseur, ayant inspiré bon nombre de formations de pop indépendante anglo-saxonne (Primal Scream, Belle & Sebastian ou Franz Ferdinand pour ne citer que les formations écossaises). C'est là où Collins s'est réfugié après avoir subi une grave attaque en 2005, le laissant pour quasi mort et à demi paralysé. C'est le rock et le studio qu'il s'est bâti, à Helmsdale, tout près de Badbea qu'il l'a sauvé, dit-il, le ramenant progressivement à la "vie". Le chanteur ne se cache plus du tout et s'affiche tel un vieillard impotent sur la pochette de son dernier disque.
Si ce "Badbea" ne révolutionnera pas la musique, ni même la carrière d'Edwyn Collins, il…

Andrew Bird - My Finest Work Yet

On en a connu d'autres, d'anciens musiciens de studio, artistes de l'ombre, qui sont passés ainsi à la lumière. Parce qu'au final, ils ne se sentaient pas moins bons que ceux habitués d'apparaître en lettres capitales sur les pochettes de disques. Andrew Bird fait du violon depuis le plus jeune âge, ses qualités de musicien lui ont valu d'être beaucoup demandé par ses pairs. Il s'est ensuite découvert un vrai talent de compositeur et de chanteur. De plus, il porte bien son nom, étant connu pour siffler (presque) aussi bien qu'un oiseau. Son nouvel album, "My finest work yet" annonce la couleur : voilà donc, de son propre aveu, son oeuvre la plus aboutie, après plus de vingt ans de carrière sous son propre nom. On retrouve son style habituel, cette pop-folk lumineuse, divinement arrangée avec bien sûr violons et sifflements. Il arrivait qu'on s'ennuie un peu à l'écoute d'un disque d'Andrew Bird au-delà de titres enjoués et…