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Articles

Affichage des articles du 2019

William Doyle - Your Wilderness Revisited

Il a un nom d'écrivain. D'ailleurs, comme Proust, il a décidé d'écrire une oeuvre sur la bourgeoisie des banlieues anglaises avec "Your Wilderness Revisited". Sujet qu'il semble bien connaitre, avec son look de jeune aristocrate, tout droit sorti d'une autre époque. Ce disque ne devrait d'ailleurs pas rencontrer son temps, en témoigne le baromètre de popularité que constitue le nombre de vues des vidéos sur Youtube. William Doyle n'est pourtant pas un inconnu ici, puisqu'il se cachait auparavant derrière le pseudonyme de East India Youth, j'en avais parlé lors de la sortie de son premier album et ce dernier était même présent dans mon top 10 de l'année 2014. Il y a eu ensuite un deuxième disque décevant et après je l'ai un peu perdu de vue. Ce n'est que par l'intermédiaire des sempiternels classements de fin d'année qui commencent à fleurir sur la toile, moi-même, je me prêterai une fois de plus à l'exercice dans q…

Leonard Cohen - Thanks for the dance

On le savait déjà, on en a une nouvelle confirmation : Leonard Cohen est immortel. "Thanks for the dance" nous vient tout droit de l'au-delà. Ce mini-album contient les "chutes" de son précédent "You want it darker" qu'on pensait être le dernier, puisque paru peu avant de décès de l'artiste. De bien belles chutes, mises en musique par son fils Adam accompagné entre autres de Anjani Thomas et Sharon Robinson, deux femmes qui lui étaient aussi très proches. Leonard Cohen était un homme à femmes, un homme libre, sans attache, dont le style a finalement très peu changé depuis les débuts musicaux au milieu des années 60 jusqu'à ce sublime disque posthume. C'est la même poésie, la même sobriété dans les arrangements, la même voix grave et chaude, les mêmes choeurs féminins apaisants. Il a bien quelques fois succombé à des effets de mode comme les accompagnements de synthés kitschs durant les années 80. La voix s'est aussi faite de plus…

Cate Le Bon (+ Grimm Grimm) - Paris, Le Petit Bain - 21 novembre 2019

Le dernier album de Cate Le Bon est un disque qui s'est imposé progressivement comme un des meilleurs de 2019, imposant un style bien à lui. Contrairement à ses prédécesseurs, il fait aussi preuve d'une belle homogénéité, difficile d'en sortir une fois qu'on y est rentré. L'occasion était donc belle pour maman et moi de profiter d'une possibilité de garde d'enfants à domicile pour aller voir la galloise en concert, qui plus est à deux pas de chez nous, sur la péniche du Petit Bain. La première partie était assurée par un japonais basé à Londres, Koichi Yamanoha et se faisant appeler Grimm Grimm. Il bidouille seul sur scène avec sa guitare et son petit matos. On pense rapidement à une version lofi de Beach House. Ce n'est pas désagréable même si les mélodies sont plutôt basiques. Le gars est assez touchant, il avoue qu'une des chansons est un hommage à une ex-petite amie décédée. C'est Cate Le Bon qui l'a elle-même choisie pour l'accompa…

Tindersticks - No Treasure But Hope

Vous avez dû entendre parler du dernier disque de Nick Cave où il est encore question du traumatisme de la mort de son fils. Les médias sont unanimes, comment pourrait-il en être autrement quand il s'agit d'un homme qui a vécu un tel drame ? - "Ghosteen" est une oeuvre bouleversante, une des plus fortes de 2019. Je dois être insensible, je suis pourtant père de famille et j'imagine la détresse absolue que peut être la perte d'un enfant si jeune mais son album m'a laissé assez indifférent. Il n'a pas la puissance de ses anciens disques des années 80 et 90. Arrive alors ce nouveau Tindersticks, dans le même style que l'Australien, rock sombre, délicat et romantique et l'émotion est cette fois-ci rapidement palpable. Leur précédent, "The Waiting Room", était déjà magnifique. "No Treasure But Hope" est une merveille. Le groupe enchaîne les titres d'exception. On pourrait presque tous les citer. "The Amputees", &q…

Balue - Suburban Bliss

Il est de plus en plus rare de faire de telles rencontres, totalement fortuites. Nous faisions des courses dans un magasin H&M, près de chez nous, quand j'ai entendu une petite musique pop sucrée plutôt agréable. Je ne connaissais pas et j'ai donc utilisé l'application Shazam pour en savoir plus : l'artiste s'appelait Balue et la chanson "Gettin Older". Était-ce un de ces nouveaux trucs à la mode que les radios matraquaient sans que j'en eusse connaissance ? Pourtant, cette musique n'a rien de tendance, que faisait-elle là, diffusée dans ce magasin de vêtements pour tout venant ? En cherchant sur internet, je m'aperçus qu'à part un lien bandcamp, il n'existe quasiment rien sur Balue ou presque. A peine sait-on que le gars s'appelle en réalité Eli Thomas et qu'il vient du nouveau Mexique. On l'imagine volontiers bricoler seul chez lui ses petites chansons avec son look de gentil geek.
On pense aux regrettés Her's pa…

Les Innocents (+ O - Olivier Marguerit) - Massy, centre culturel Paul B. - 8 novembre 2019

On continue la semaine de concert avec une nouvelle soirée pop française et deux de ses meilleurs représentants : O et les vétérans des Innocents. L'affiche était belle mais il fallait se déplacer jusqu'à Massy pour aller la voir, au centre culturel Paul B. Nous arrivons, avec maman cette fois, un peu à la bourre, trajet oblige, ratant malheureusement le début du concert de Olivier Marguerit. Le chanteur est accompagné de quatre musiciens dont deux femmes sur scène. On retrouve les chansons de son dernier disque, l'excellent "à terre". Au moment de clôturer sa prestation, le chanteur qui arborait jusqu'à ce moment-là un tee-shirt représentant un cœur brisé, avoue que sa mère est dans le public, se change, dos au public, dévoilant très ouvertement ses fesses - il ne porte pas de sous-vêtements sous son jean - pour enfiler un tee-shirt avec un coeur plein cette fois. J'avoue que pendant un court instant, on a peur de ce qu'on va voir, mais Olivier Marg…

Chevalrex - Le Centquatre, Paris - 6 novembre 2019

Une fois n'est pas coutume, c'est seul et non accompagné de maman que j'ai assisté au concert de Chevalrex, petit prince de la pop à la française. Petit, car son premier concert en présence de 7 musiciens sur scène se déroulait sur une petite scène du pourtant vaste 104 à Paris. D'autant que l'affluence était plutôt limitée et contenait en plus quelques collègues et amis, notamment le duo Arlt. Comme si, aujourd'hui, de tels talents étaient forcément amenés à rester en marge. Loin du bruit ambiant de Angèle ou de toute la clique des rappeurs français pratiquant une novlangue pour initiés et l'autotune à outrance. Pas de première partie, on rentrait donc, de suite dans le vif du sujet. Le chanteur était entouré de ses fidèles : Olivier Marguerit, autre petit prince de la pop made in France aux claviers, l'indéboulonnable Mocke à la guitare ou l'expérimenté Sylvain Joasson à la batterie. Tout ce petit monde s'était enfermé pendant plusieurs jours…

Orville Peck - Pony

Après Yak, voilà un autre album qui me suit depuis un moment, il s'agit du premier disque d'un étrange chanteur de country - gosh, que m'arrive-t-il ? - canadien. Il se prénomme Orville Peck et se cache derrière un masque. Après Jonathan Bree l'an passé, je dois bien aimer les déguisements. En tout cas, ce sont des artistes qui partagent le besoin de rentrer dans la peau d'un personnage, de devenir quelqu'un d'autre, même si leur musique atypique pourrait se suffire à elle-même. Un chanteur queer qui fait de la country, ce n'est pas vraiment l'image que l'on se fait du genre. D'autant que cette fois-ci, il nous vient du Canada et a comme ami l'impayable Mac Demarco que l'on voit dans la vidéo de "Turn to Hate". On pense parfois à Roy Orbison ("Roses are Falling"), à Chris Isaak ("Winds Change") ou à Josh T. Pearson ("Buffalo Run"). Je cite les rares références que je peux avoir, car ce n'e…

Centredumonde - Tigre, avec états d'âme

Voilà un nom qui annonce la couleur de manière ironique, même si le principal intéressé s'en défend. Il est question de choses très personnelles, graves, sombres ("tout ce qu'on peut espérer, c'est un cercueil climatisé", "mon coeur est mort", "je danse sur ma propre tombe", "tes yeux à tout jamais clos"). Le gars semble dire tout ce qui lui passe par la tête, sans filtre, quitte à paraître égocentrique ("un nuage qui ressemble à ma bite"). Il est signé sur un petit label, l'église de la petite folie, qu'on aime bien, parce qu'il est de ceux qui résistent encore et toujours à l'envahisseur, à Brest, dans un coin d'Armorique. Il s'appelle en réalité Joseph Bertrand. Tiens, un double prénom, ça n'annonce pas forcément quelque chose de bon, étant donné les antécédents dans la chanson française (Claude François, Mireille Matthieu, François Valéry, Herbert Léonard, Frédéric François, Philippe Pascal,…

Alain Souchon - âmes fifties

Sur la pochette, il a l'air fatigué. Dans ses dernières déclarations, il semble complètement dépassé, oubliant en partie, ce pourquoi son public le suit depuis des années. Lui, qui refusait de manger à n'importe quelle soupe populaire et rêvait de plus belles choses. "Foule sentimentale", voilà la chanson qui, croyait-on, allait le suivre jusqu'au bout, parce qu'elle résumait le personnage : cette mélodie immédiate, ce texte sensible, simple et direct. Cette chanson populaire dans le sens le plus noble du terme, paradoxalement anti-société de consommation. On peut reprocher les flots de haine déversés par les réseaux sociaux, mais on ne peut nier qu'en encensant de manière à peine voilée Macron, Souchon renie une grande partie de sa carrière, comme une violente traîtrise faite à ses fans les plus ardents. Le comble, c'est que le chanteur ne semble même pas s'en rendre compte. Tristesse de la vieillesse ou jeu d'acteur enfin percé à jour après…

Baden Baden - La Nuit Devant

Ça faisait déjà 4 ans qu'on était sans nouvelles discographiques du duo parisien Baden Baden. 4 ans depuis leur "Mille éclairs" qui avait enchanté ici même et que j'avoue, à tort, avoir un peu oublié. "La nuit devant" frappe au moins aussi fort que son prédécesseur, avec des notes plus électros et sombres comme une version mélancolique de O alias Olivier Margerit ou un mélange entre Syd Matters et le dernier Florent Marchet ("Les débuts") - on attend d'ailleurs avec impatience de nouveaux albums de ces deux derniers, mais pas facile d'enchaîner après des réussites telles que "Brotherocean" et "Bambi Galaxy". Baden Baden s'inscrit donc dans cette pop made in France supérieure, parce que sous les mélodies parfois évidentes - mon fils de 7 ans a d'emblée accroché à "Beach", premier titre particulièrement envoûtant - se cachent des arrangements complexes. Il y a aussi ces titres façon acronymes, mystérieu…

Yak - Pursuit Of Momentary Happiness

Ce disque-là m'a suivi une bonne partie de l'année 2019. Pourtant, je considérais jusque là, Yak, comme une banale formation anglaise surfant sur un inutile revival de la Britpop, persuadée à tort d'être plus douée que la moyenne - l'effet Oasis sans doute. Le genre de groupes dont l'aura ne dépasse pas les frontières de son pays, qui peut être perçu comme un indigeste pudding. Puis, il y eût ce deuxième disque, le bien nommé "Pursuit of Momentary Happiness" réalisé dans la souffrance - la légende raconte que le chanteur, Oliver Burslem, a passé quelques temps à vivre dans sa voiture - qui est venu balayer progressivement mes certitudes. Pour preuve, le Jason Pierce de Spiritualized - l'influence est ici évidente - est venu leur prêter main forte sur le dernier titre, l'excellent "This House has no living room".  Avant d'arriver là, l'album distille son lot de titres rock psyché un poil débraillés et plutôt bien sentis. Ça ne r…

Bertrand Belin + Barbara Carlotti - Festi' Val de Marne, Théâtre Romain Rolland, Villejuif - 7 octobre 2019

Cette soirée-la, c'est bien simple, on l'avait réservée dès l'ouverture de la billetterie. Vous pensez, notre chanteuse et notre chanteur préférés actuels de chanson française, le tout pour un prix dérisoire, comment pouvait-on manquer ça ? C'est donc en famille que nous sommes partis en banlieue, à Villejuif, dans un des futurs carrefours du Grand Paris. Le quartier n'a pas l'air désagréable. Le rendez-vous est au théâtre Romain Rolland, structure assez moderne mais au public plutôt âgé. Est-ce la programmation ? Est-ce la culture qui intéresse surtout les anciens ? Ou est-ce une question de pouvoir d'achat ? Nous avions déjà ressenti la même chose au 3 baudets pour le spectacle de la même Carlotti sur la fameuse année 1966. A croire que ce sont donc ces artistes qui n'attirent pas la jeunesse. L'ambiance s'en ressent, d'autant que tout le monde est assis. Nous, ça nous va bien, car on voyait mal nos deux loulous - bah oui, eux aussi son…

The Monochrome Set - Fabula Mendax

Le Monochrome Set existe depuis bientôt 40 ans. Il a connu une période faste à ses débuts, à l'orée des années 70 et 80, durant laquelle le groupe inventait une pop à nulle autre pareille, bien éloignée du mouvement post-punk alors en plein essor ou de la new-wave balbutiante. La formation menée par Ganesh Seshadri, alias Bid, un soit-disant authentique prince indien, est à l'origine de beaucoup de vocations, notamment Morrissey ou Edwyn Collins. Le groupe arrivé trop tôt, reviendra trop tard dans les années 90, à l'heure de la brit-pop. Leurs mélodies précieuses et délicates n'avaient pas grand chose à voir avec le rock direct et un peu simplet de Oasis et consorts. Puis, il y a eu une nouvelle reformation à la fin des années 2000, après 10 nouvelles années de disette. Celle-ci ne semblait plus rien vouloir du tout, ne surfant pas avec une quelconque mode par essence éphémère. On sait déjà que le succès n'arrivera jamais, d'autant que la formation londonienne…

Temples - Hot Motion

Si le rock était encore à la mode, les anglais de Temples pourraient assurément emporter la mise, renvoyant les australiens de Tame Impala dans leur 22, avec ce "Hot Motion", troisième album encore plus direct et calibré que les précédents. Après avoir (un peu) délaissé les guitares pour les claviers, le temps de "Volcano", ils reviennent à un style plus "classique" et proche de leur premier essai, l'excellent "Sun Structures". C'est toujours la même recette : des mélodies accrocheuses dans la plus pure tradition anglaise, relevées par des arrangements très psychédéliques avec un bon gros son qui claque. Si on flirte parfois avec la facilité, comme sur "The Howl", ces jeunes anglais chics et très (trop?) stylés arrivent toujours à faire passer la pilule avec un petit changement de direction imprévu.  Car si le chemin d'ensemble est bien balisé, le groupe s'autorise de légères sorties de route qui font que ce "Hot …

John Cale - Cité de la musique, Paris - 24 septembre 2019

Il y a quelques années, nous avions été voir Lou Reed au palais des congrès de Paris alors qu'il jouait en intégralité son chef d'oeuvre "Berlin". On pouvait se targuer de l'avoir vu au moins une fois avant qu'il ne meurt quelques temps plus tard. Le concert en lui-même ne nous avait pourtant pas procurer de souvenirs mémorables. La retranscription live du mythique album était beaucoup trop virile et lourdaude, bafouant allègrement ce qu'on aimait dans sa musique : sa poésie, son côté sombre et malsain, son rock non calibré. Cette semaine, l'occasion de voir son ex-acolyte du Velvet Underground se présenta, histoire d'effacer un tant soit peu ce rendez-vous manqué. Les compte rendus de concerts que je glanais ici et là sur le net ne me disaient pourtant rien qui vaille. John Cale, comme Lou Reed, aurait plutôt tendance à montrer les muscles sur scène. Mais une information m'a définitivement fait changer d'avis et acheter mes places : l…

The Leisure Society - Arrivals and Departures

J'avoue avoir un peu dénigré les anglais de The Leisure Society depuis leur superbe "Into The Murky Water", classé pourtant parmi mon top 10 de l'année 2011. Bon, ils n'ont pas non plus été hyper prolifiques avec deux disques seulement passés sous mes radars et surtout rien depuis 4 ans. Les anglais originaires de Brighton sont typiquement le groupe que l'oublie facilement, parce que leur musique est à leur image, une pop sage et modeste, de celles qui auraient aussi bien pu paraître il y a 50 ans qu'hier seulement. Quelque chose qui n'a rien à voir avec le bruit de l'époque, qui demande qu'on sorte un tant soit peu de notre quotidien. On y entend des ballades proches d'un Suede apaisé ("God has taken a vacation"), d'autres chansons rappellent les regrettés Parenthetical Girls dans leurs moments les plus accessibles ("I'll pay for it now") ou encore les arrangements soyeux d'un Andy Shauf ("Overheard&q…

Cate Le Bon - Reward

Il y a des disques auxquels on résiste, parce qu'ils sont trop étranges, parce qu'ils ne répondent pas à notre désir du moment et auxquels on revient malgré tout régulièrement, parce qu'au fond, ils nous intriguent. C'est peut-être ceux-là les plus précieux. Ces disques discrets, modestes, qui n'affichent pas clairement leurs qualités. "Reward", le dernier album de la galloise Cate Le Bon - rien à voir avec Simon, le chanteur permanenté de Duran Duran - fait assurément partie de ces disques-là. Pourtant, il n'a pas la bizarrerie évidente de ses précédentes productions. Le son a été subtilement polissé, chaque morceau habilement travaillé. On pense à un sorcier des studios en la personne de Brian Eno ou à Kate Bush pour le caractère envoûtant et assez unique.  Et si on commence à la retrouver aux manettes de quelques albums récents, ce n'est sans doute pas un hasard. Deerhunter ou Tim Presley ont fait appel à elle, pour qu'elle transforme à sa…

Metronomy - Metronomy Forever

Après leur excellente prestation en tête d'affiche du dernier jour de la Route du Rock cet été à Saint-Malo, c'est peu dire que j'attendais avec impatience ce nouvel album de Metronomy, un des groupes chéris de notre petite famille. Ça s'appelle "Metronomy forever", comme si le groupe savait déjà qu'il ne pouvait pas nous décevoir. Tout commence d'ailleurs par les cloches d'un mariage ("Wedding"). Pour nous, il a déjà pris effet le jour où on est tombé amoureux de la chanson "The End of You Too" sur "Nights out" en 2008.  Depuis, c'est une relation sans fausse note, rehaussée à chaque nouveau disque. On retrouve une fois de plus l'indéniable talent de Joseph Mount pour s'approprier de multiples influences (ici des sonorités grunge sur "Insecurity", de la musique lounge sur "Miracle Rooftop" ou de l'électro dépressive sur "Lying low") en gardant un son propre. En plus, le …

L'épée - Diabolique

Il y a un peu plus d'un an sortait le dernier disque des Limiñanas qui marquait la rencontre entre le couple du même nom originaire de Cabestany, petite ville des Pyrénées Orientales, Anton Newcombe producteur et leader du groupe de rock psychédélique américain The Brian Jonestown Massacre et enfin une chanteuse actrice française assez célèbre Emmanuelle Seigner, soeur de Mathilde, femme de Polanski. On pourrait rajouter quelques prestigieux invités de passage comme Bertrand Belin ou Peter Hook, l'ex-bassiste de Joy Division et New Order. Tout ce beau monde s'était réuni autour d'au moins une influence majeure commune : Lou Reed et le Velvet Underground. Comme le succès fut plutôt au rendez-vous et que le courant sembla passer naturellement entre eux, le disque d'Emmanuelle initialement prévu en solo se transforma en disque sous la bannière commune de "l'épée". Le style reste le même qu'avec l'étiquette Limiñanas. Ce sont les mêmes guitares, …

The Cure, Johnny Marr, Kompromat - festival Rock en Seine - 23 août 2019

Après une programmation assez incompréhensible pour un festival rock l'an passé qui s'était soldée par une baisse de sensible de la fréquentation, Rock en Seine revenait aux affaires avec The Cure en tête d'affiche. La formation de Robert Smith a même été annoncée près d'un an avant l'événement, histoire de faire monter la sauce. Sauf qu'au final, le reste de l'affiche n'est pas à la hauteur de l'attente. Ça se confirme avec les différents concerts de l'après-midi. On navigue à vue entre les différentes scènes, essayant de trouver du son à notre goût. Les belges de Balthazar ont l'air sympas mais leur musique, sans être désagréable, ennuie un peu. Les jeunes Rouennais de MNNQNS ont l'attitude, le son mais pas les chansons. Un poil prétentieux en plus. Nous nous tenons à distance, profitant du stand Fourme d'Ambert - bah oui, pourquoi pas ? -, le temps du concert de leurs voisins normands de We Hate You Please Die, mais nos oreilles …

Tropical Fuck Storm - Braindrops

Depuis quelques jours, c'est bien simple, je n'arrive pas à me défaire de ce morceau : "The Planet of Straw Men", manifeste anti-réseaux sociaux des Australiens de Tropical Fuck Storm. Mais que veut dire ce "coup de gras" dont il est question dans son refrain ? Une réception impromptue d'un morceau de couenne de jambon au beau milieu de la figure ? Une addiction soudaine au McDo ou autres kebabs ? Une mandale délivrée inopinément par une personne obèse ? Ou tout simplement une faute d'orthographe et de prononciation d'une expression bien de chez nous, mal transposée dans la langue de Shakespeare ? Il semble bien qu'il s'agit de notre "coup de grâce", comme une victoire par KO. C'est bien l'effet que m'a fait la musique de ces énergumènes-là. Pas décidés à croire que le rock est mort, qu'il n'y a plus rien à dire dans le domaine, Tropical Fuck Strom ne baisse pas les bras et continue la bataille, envers et c…

Metronomy, The Growlers, Pottery, Deerhunter - La Route du Rock, le Fort Saint-Père - 17 août 2019

A la mi-août, nous avons notre rendez-vous annuel avec la Route du Rock. Une soirée choisie parmi les 4 proposées (3 en extérieur, 1 à l'intérieur) de manière honteusement subjective car difficile une fois de plus de ne pas trouver à chaque fois matière à réjouissances. Tant pis pour le trio bruitiste Idles / Fontaines DC et Black Midi, les revenants Stereolab ou le méga-show de Tame Impala du jeudi, pour l'electro-pop de Hot Chip, le folk psychédélique de Tim Presley, le rock à la sauce turc de Altin Gün du vendredi ou les brillantes folkeuses du mercredi. Pas sûr qu'on ait fait le mauvais choix en terme musical, par contre pour la météo, c'est autre chose. C'est bien simple, nous avons eu de la pluie toute la soirée ou presque. Pas de la grosse pluie, plutôt ce qu'on appelle du crachin breton. Un truc qui mouille sans véritablement tremper, même après plusieurs heures. Nous sommes arrivés du coup, pas trop tôt, voulant optimiser notre temps de mouillage. Han…

The Comet is Coming - Trust in The Lifeforce of Deep Mystery

Ça devait arriver, les vacances aidant, je me mets à écouter du... jazz. Enfin, pas complètement, pas seulement. La musique des anglais de The Comet is Coming est difficile à classifier. Le trio est composé de Shabaka Hutchings au saxophone pour la touche jazzy, Dan Leavers aux claviers pour la touche électronique et le batteur Max Hallett pour le rythme parfois démentiel de l'ensemble, notamment sur les irrésistibles "Summon the Fire" et "Super Zodiac". On y entend juste la rappeuse anglaise Kate Tempest sur "Blood of the Past" où cette dernière vient fustiger le progrès à tout prix, qui nous fait mettre des œillères sur tout, jusque sur notre passé parfois sanglant. Le reste de "Trust in the lifeforce of the deep mystery" est purement instrumental. Le titre un peu pompeux, la pochette où on croit reconnaître la pierre philosophale de "2001, l'Odyssée de l'espace", cette diatribe de Tempest pourraient faire tourner le tou…

Vampire Weekend - Father of the Bride

N'en déplaise aux fans, "Modern Vampires of the City" est pour moi le moins bon disque de Vampire Weekend, le plus homogène, le moins foufou alors que cette pop réclame de la fantaisie, de l'inspiration tous azimuts. "Father of the bride" renoue avec la folie des débuts, cette pop qui s'en fiche de verser parfois dans le mainstream - "Hold You Now" sert de musique pour une publicité, "We Belong Together" verse allègrement dans la mièvrerie -  , parce que c'est justement le but premier de la pop, d'être pop-ulaire. Cette pop qui donne envie de chanter, de danser, qui convoque de nombreux styles, et qui au final, se montre nettement plus intelligente qu'elle en a l'air. Leur précédent était très travaillé mais un peu bridé. Il a fallu le départ de Rostam Batmanglij pour que le leader, le génial Ezra Koenig se remette en question et nous serve ce nouvel album qui contient pas moins de 18 morceaux, de quoi tenir au moins…

The Flaming Lips - King's Mouth

D'habitude, j'adhère immédiatement à chaque nouveau disque des Flaming Lips - exception faite de leurs expérimentations un poil lourdingues comme leur chanson de 24h, les reprises en tous genres de Pink Floyd, des Beatles ou de Bowie, un peu inutiles. "King's Mouth" est sorti en vinyle, de manière limitée lors du Record Store Day en avril dernier. Il a alors immédiatement fuité sur internet. Je me suis donc précipité dessus comme je fais à chaque sortie d'un de mes groupes préférés. Oui, j'adore les Flaming Lips. C'est pour moi une des formations le plus indispensables de ces trente dernières années, n'en déplaise à Gonzaï. Je ne me reconnais au passage pas du tout dans la description que le gars fait du fan de la bande de Wayne Coyne. Quand au fait de ne pas vouloir grandir, ça peut être une bonne chose, non ? Oui, les concerts des Flaming Lips ressemblent à des fêtes d'anniversaire d'enfants de 7 ans. Oui, les paroles des chansons des F…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…