Accéder au contenu principal

Da Capo - By The River

Alors que certains ne jurent que par la langue maternelle, arguant que chanter dans une langue autre est en quelque sorte une trahison et une facilité. Une trahison de soi et la facilité de se retrancher derrière une langue étrangère, pas toujours maîtrisée, où les mots paraissent souvent moins directs et crus. Et puis, on écoute Da Capo et les certitudes s'effondrent. A l'inverse de son frère, Nicolas Paugam, qui aime jouer avec la langue de Molière, Alexandre a tellement été façonné par la musique anglo-saxonne qu'il ne conçoit pas écrire avec d'autres mots qui sonneraient moins bien, forcément. Déjà que son inspiration provient en grande partie du son indie rock des années 90, plus vraiment en odeur de sainteté actuellement, le fait d'essayer de jouer sur le même terrain que des natifs où la culture rock est beaucoup plus ancrée ressemble à un suicide commercial. D'ailleurs, le label de Da Capo s'appelle ironiquement Autruche Records. Comme si faire l'autruche face au manque de succès chronique était dans leurs gènes.
Mais revenons à ce qui nous intéresse en premier lieu : la musique. Elle est une fois de plus très réussie, faisant de "By The River", un des meilleurs de l'artiste, car un des plus constants et homogènes. La voix d'Alexandre Paugam est toujours aussi belle, les arrangements soignés, les chansons riches, n'hésitant pas par moments à sortir des chemins balisés. L'album n'est ainsi jamais ennuyant. Un peu à l'image d'un Murat, voisin auvergnat, le temps semble ne pas avoir de prise sur lui. Comme si vivre là-bas avait des vertus régénératrices et permettait de ne pas être contraint par les modes et le temps qui passe. "You live in a fortress" nous dit-il dans le très beau "Fortress", voilà sans doute la raison.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Top albums 2017

Vous l'attendiez tous - si, si, ne dites pas le contraire - mon top albums 2017 ! Ce ne fut une fois de plus pas chose aisée, même aux toutes premières places, car aucun disque ne se dégageait facilement du lot. Pas de grande révélation pour moi cette année, on retrouve donc dans ce classement, des habitués. La principale déception, même si toute relative car l'album est quand même très bon, reste le retour de LCD Soundsystem. Le groupe devait normalement écraser la concurrence, il n'en fut rien. Leur musique est devenue plus réfléchie et moins dansante. Moins marquante donc pour moi. Sinon, dans ceux qui sont restés à la porte de ce top 10 et qui n'ont pas démérité, il y a Babx, Destroyer, Alex Cameron, Xiu Xiu ou Feist. Mais trève de discours, voici donc, en toute subjectivité, mes 10 disques préférés de l'année écoulée.

10. Snapped Ankles - Come Play The Trees
Les anglais de Snapped Ankles pratiquent une sorte de musique hybride, mélange de post-punk, d'élect…

Montero (+ Good Morning TV) - Paris, Point Ephémère - le 26 février 2018

Deuxième jour sans enfants. Deuxième concert. Un de mes disques de 2018 pour l'instant, avec le dantesque dernier Ty Segall. J'attendais donc de pied ferme la venue des Australiens de Montero. Seront-ils aussi euphorisants sur scène que sur disque ? En attendant, nous eûmes droit aux français de Good Morning TV. On sent les bonnes influences anglo-saxonnes, de la dream-pop au morceau final proche du shoegaze, sauf que les chansons ne sont pas très accrocheuses. Le groupe est pourtant appliqué, mais on s'ennuie. Il n'y a pas de flamme. La chanteuse paraît aussi un peu terrifiée. Comme le répertoire de Montero n'est pas très étoffé, on a dû en plus leur demander de jouer plus longtemps, histoire de rallonger son calvaire (et un peu le notre).

Quand la tête d'affiche du jour arrive enfin sur scène, l'ambiance devient soudainement nettement plus détendue. Le chanteur débarque affublé d'un pantalon de pyjama avec des hamburgers, d'une veste en jean ave…

Montero - Performer

"Performer" est le deuxième album de Bjenny Montero, australien d'une quarantaine d'années, plus connu dans le milieu du rock indépendant pour ses talents de dessinateur que ceux de chanteur ou musicien. Il a notamment travaillé pour des artistes comme Mac Demarco - dont il a aussi fait la première partie - Ariel Pink ou Pond, soit pour les pochettes de disques soit pour des tee-shirts. Le gars avait même presque tiré un trait sur sa carrière musicale, d'une part parce qu'il avoue préférer le dessin, d'autre part parce qu'il sait qu'il ne rencontrera jamais le succès dans ce domaine. Dis comme ça, on ne peut s'empêcher d'avoir un peu d'affection pour le bonhomme, sorte de loser revendiqué, un brin fantaisiste et jemenfoutiste.
Surtout que "Performer" est un excellent disque de soft-rock, quelque part entre MGMT pour le côté mélodique et psychédélique et Ariel Pink pour le côté kitsch assumé et bricolé et l'inspiration ne…