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Articles

Affichage des articles du janvier, 2020

Dan Deacon - Mystic Familiar

Un album de Dan Deacon, c'est l'assurance de ne jamais s'ennuyer mais pour cela, il faut à minima se prémunir d'une boîte d'aspirines pour supporter la chose sur la longueur, à la maison et à jeun. Car le gaillard a un goût pas toujours très mesuré pour la surenchère de sons. Ce "Mystic familiar" n'échappe pas totalement à la règle mais il propose quelques moments de détente, de respiration bienvenus, et quand le trop plein parvient à être contenu, on s'en tire avec de formidables morceaux, comme le très Eno-ien "Become a mountain" aux paroles que n'auraient pas reniées un Wayne Coyne ou le plus deacon-esque "Sat by a tree". Ensuite, on rentre dans le coeur de la machine à sons qui envoie allègrement dans toutes les directions avec la chanson "Arp" découpée en 4 mouvements, tantôt réjouissante, tantôt pénible.
Dan Deacon est comme ça, tel un gamin, il adore toucher à tout, quitte à casser ses propres jouets. On c…

Tristen - Les Identités Remarquables

Les identités remarquables sont des égalités qui servent en mathématiques, à aider à la résolution de problèmes en les simplifiant. La musique de Tristen est à la croisée de beaucoup d'autres : O, alias Olivier Marguerit pour les choeurs féminins - soit Bénédicte, sa femme, soit La Féline -, les mélodies pop et les claviers omniprésents ; des intonations et des textes proches d'un Dominique A, notamment sur une "Grande Randonnée" pleine de souffle; de l'électronique qui tabasse à la Kompromat en conclusion des "Bourgeons de fer"; même Calogero et cette étonnante envolée vocale à la fin de "l'alpha et l'oméga". Est-ce à dire que la musique de Tristen, telles des identités remarquables, serait un bon résumé de celles des autres, étant la matrice de toutes ? Pas sûr, "Je suis une île" nous dit-il sur le titre du même nom, à l'inverse du fameux "Je suis une ville" de Dominique A justement. De même, plus que d'a…

Andy Shauf - The Neon Skyline

La musique du timide canadien Andy Shauf n'a rien de révolutionnaire. C'est du folk de facture classique. Ses histoires sont communes, elles parlent de vies quotidiennes, de rencontres amoureuses, de soirées passées dans des bars. C'est d'ailleurs le thème de ce nouveau disque, "The Neon Skyline", comme si le "Between the bars" de feu Elliott Smith, référence évidente, était prolongé sur la durée d'un album entier. La voix, les arrangements de Shauf sont tout de même plus enjoués que ceux de son illustre aîné. On imagine peut-être à tort, le canadien nettement moins dépressif. Mais il partage le même talent pour trousser de divines mélodies ("Neon Skyline", "Try Again", "Fire Truck" et j'en passe), avec un matériau de base plutôt simple : une voix, une guitare, agrémenté deci delà, de cordes ou de vents.  Pour ce nouvel album, l'artiste a voulu justement des chansons qui tiennent debout toutes seules, sans …

of Montreal - Ur Fun

J'avais dit l'année dernière qu'une année qui commençait par la chronique d'un album de Deerhunter ne pouvait être qu'une bonne année. Musicalement parlant tout du moins. Je ne sais pas si ce fut vraiment le cas. Il y eut de bons disques mais surtout d'excellents concerts en ce qui me concerne. Est-ce donc qu'on peut dire la même chose d'une année qui commence par un nouveau of Montreal ? Bon, je triche un peu car il y a déjà eu quelques sorties la semaine passée, qui sont admirablement listées de manière hebdomadaire par l'indispensable webzine Benzine Mag. Comme Deerhunter, of Montreal ne sort jamais de mauvais albums. Bien sûr, ils n'égaleront sans doute plus jamais leur chef d'oeuvre de 2007, l'inusable "Hissing Fauna, are you the destroyer?" Mais ils parviennent à chaque fois à viser juste et surprendre tout en restant dans le même créneau d'une pop azimutée, kitsch et enlevée. "Ur Fun", cette fois, rien que…

Au revoir 2019 !

J'en ai retenu 22. 22, c'est beaucoup, même s'ils ne m'ont pas tous marqués de la même façon. Voici ma rapide histoire avec chacun d'entre eux. Je sais déjà que la musique de certains ne me quittera pas. Une page se tourne. 22, voilà 2020 ! Belle et heureuse année à toutes et à tous !
Michel Legrand le 26/01
Celui-là, je l'ai toujours trouvé un peu surestimé. Lui-même d'ailleurs se surestimait aussi. Bon, ok, il y a eu "Les moulins de mon coeur"... qui a été repris de nombreuses fois, notamment celle-là, qui est peut-être la meilleure version.
Mark Hollis le 25/02
Il est allé au bout du silence, au bout de sa démarche, du toujours moins pour procurer toujours plus. Après "Laughing stock" le dernier chef d'oeuvre de Talk Talk et son disque solo, il avait carrément disparu de la circulation. 20 ans et puis cette terrible annonce. Ce terrible silence. Définitif. Pour un artiste hors norme, qui aura produit une musique loin des canons de …