Une autobiographie n'est jamais chose aisée. Il y a toujours un côté narcissique à se mettre ainsi en avant. Comme si sa vie personnelle pouvait intéresser au-delà du cercle intime. Comme si elle recelait des évènements plus marquants que ceux que vivent le commun des mortels. Car il y a forcément une volonté d'immortalité derrière l'écriture d'une oeuvre qu'elle soit musicale ou littéraire. Dominique A, qui signe pour l'occasion de son nom complet, a pris son temps pour y venir. Pas sûr de lui. Pas sûr d'être capable de "viser" juste comme il le disait si bien dans "Rue des Marais", ce bouleversant morceau de "L'Horizon" qui prend à la lecture de ce livre une teinte encore plus forte. Il réussit pourtant à trouver le juste milieu entre la distance nécessaire que doit imposer un tel exercice et l'aspect purement affectif, émotionnel. Comme pour sa musique, le monsieur sait garder une certaine retenue, ce que d'aucuns lui reprocheront peut-être. Il prend le parti de ramener son enfance et les prémices de son adolescence à un seul lieu pour ne pas trop en dire quand même. Car on sent bien qu'il y a d'autres vérités peut-être pas bonnes à dévoiler, mais Provins est le principal accusé. Celui qui a causé ce mal être ou plutôt cette intranquillité tenace. Dissimuler les banales lâchetés quotidiennes derrière un lieu, c'est soit manquer de courage (des oiseaux?) soit une façon pudique de faire remonter les souvenirs et la rancoeur. Comme si un paysage disait tout des choses, conservait malgré les bouleversements son histoire, notre histoire. C'est promis, un jour, je reviendrai boulevard Läennec, à Rennes. Un jour, j'irai rue des Marais, à Provins. Peut-être alors, comme Dominique, je saurai "viser"...
On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...
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