Accéder au contenu principal

Matias Enaut - Eclats


Il y a des disques qu'on commence par écouter sans trop de conviction : encore de la chanson française neurasthénique. Je n'ai pas besoin de ça. L'actualité, ma vie même, a besoin d'autres choses, de gaieté, de plus de légèreté. Et puis, ces petites miniatures pop, on y revient, sans crier gare. Comme un refuge, un cocon rassurant, loin du bruit ambiant. "Éclats", le deuxième album de Matias Enaut m'a fait cet effet-là. Au fil des écoutes, difficile de résister à ces petites mélodies. Il faut dire que le monsieur s'y connait en arrangement sonore pour avoir principalement travailler pour le milieu du cinéma ou de la publicité, sa musique faisant office de compagnon idéal des images. Cette fois-ci, elle est évidemment plus mise en avant car c'est à nous de créer les paysages, les situations qui vont avec. Les textes sensibles ne sont pourtant pas en reste, faisant mesurer les qualités littéraires de Enaut. On a bien entre les oreilles une grande oeuvre de pop made in France et j'ai l'impression que personne ou presque ne l'a entendu venir. 

A part Radio France et plus particulièrement FIP, proclamée meilleure radio du monde par Jack Dorsey, fondateur de Twitter - avant que l'autre mégalo ne le renomme X. Quand on continue de découvrir ce genre de petite merveille au milieu du flux de plus en plus incessant dont on abreuve nos oreilles, je veux bien croire qu'à défaut d'être la meilleure, cette station a gardé une capacité indéniable à reconnaître le talent au milieu de la masse. C'est aussi ce que j'essaie de faire, à mon nettement plus humble niveau. Mais merci avant tout à Matias Enaut pour ces superbes "éclats" qui nous remuent profondément de l'intérieur. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...