Il fallait que je poursuive mon incursion dans le monde du rap après le concert enthousiasmant de Little Simz. Mais attention du rap aux sonorités très rock, pas celui à la musique générée par IA. L’américain Vince Stapples est coutumier du fait. Dès son premier disque "Summertime 06", sa pochette inspirée par celle du célèbre "Unknown Pleasures" annonçait la couleur. J’étais passé complètement à côté. "Cry Baby" présente une pochette au message encore plus évident. On y reconnaît un Donald Trump bébé portant une couche aux couleurs du drapeau américain retenue par une épingle à nourrice. Le bébé pleure et le message "Cry Baby" indique clairement qu’on le laisserait bien crier sans intervenir et répondre à ses besoins. A-t-il fait caca ? A-t-il faim ? A-t-il mal ? ou fait-il simplement un caprice ? Voilà l’image de l’Amérique Trumpienne pour le rappeur Vince Staples.
Dans ses clips, il enfonce le clou. "Blackberry marmelade" voit un tueur s’en prendre spécifiquement aux noirs et au chanteur lui-même. La vidéo se termine par le suicide du tueur et le début d’une citation de Martin Luther King : "The question isn’t whether we will be extremists but what kind of extremists we will be". La fin non mentionnée est plus explicite "Will we be extremists for the preservation of injustice or for the extension of justice ?" Sur "White Flag", Staples repeint entièrement la bannière étoilée en blanc avant de la cribler de balles. En 10 titres concis et percutants, il frappe là où ça fait mal. Les rythmiques sont tranchantes à souhait. Non, l’Amérique n’a pas capitulé. La révolte est en marche. Pleure, bébé, pleure. Finie la récré, les adultes vont reprendre le pouvoir, le temps que tu en deviennes un, toi même. Chacun doit reprendre son rôle. Si seulement...


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