Pulp, Yard Act, Porridge Radio, Gans, Tropical Fuck Storm - La Route du Rock, Saint-Malo - le vendredi 15 août 2025
Je m’étais promis de profiter de l’été pour écouter plus de musique et de rattraper mon retard de l’année écoulée. C’est une fois de plus raté. La période estivale n’est décidément pas propice aux bonnes résolutions mais plutôt à la procrastination. Heureusement, il reste les festivals et notamment la Route du Rock, près de Saint-Malo qu’on avait délaissé depuis quelques années. En 2025, impossible pour nous d’y faire l’impasse avec le retour tant espéré de Pulp. Si les anglais ont fait la fête aux frères Gallagher, en France, nous n’avions que l’unique venue de Jarvis Cocker et de sa bande en Bretagne pour se rappeler au bon souvenir de la brit pop des années 90. Entre les deux, il n’y avait pour nous pas photo, Pulp gagnait haut la main le duel avec les célèbres mancuniens un peu bas du front. Tout a commencé avec un peu de retard pour cause de léger embouteillage à l’entrée sur le site du Fort Saint-Père. Tant pis pour Biche, le groupe du fils de Michel Fugain, pourtant beaucoup moins pénible que son père. Ensuite, c’est au tour des anglais de Porridge Radio pour leur ultime concert en France, le groupe effectuant sa dernière tournée avant sa séparation. Si les chansons de Dana Margolin font régulièrement leur petit effet sur disque, elles nous ont laissé plutôt sur notre faim sur scène, les titres se suivent, tous un peu construits pareil. Ce n’est pas désagréable, la chanteuse a l’air contente d’être là, mais ça paraît presque fade sur la grande de scène du Fort Saint-Père.
La différence fut d’autant plus flagrante avec Gans, la formation suivante qui a asséné sans préambule une musique aux sonorités électroniques, industrielles et métal, sans concession. Le groupe est composé deux types torse poil, bodybuildés, aux airs de petites frappes. Sur disque, c’est rapidement fatigant, surtout à écouter dans son salon. Sur scène, ca dépote sévère. En tout cas, ça réduit en bouillie si c’est encore possible Porridge Radio....
Nous nous tournons ensuite pour revenir vers la grande scène pour l’autre concert attendu de la soirée, celui de Yard Act. Et ce fut l'éclatante confirmation de l’indéniable charisme scénique du groupe. James Smith, le chanteur, prend rapidement tout l’espace, harranguant la foule présente, lui faisant faire progressivement un peu n’importe quoi. Quand il assène un "Free Palestine", cela semble faire une évidente unanimité. Ce qui n’était pas le cas quelques mois plutôt au concert de Beak>. Était-ce une question de timing, d’ambiance ou tout simplement de lieu ? Peu importe, Yard Act est une machine de guerre, même s’il leur manque sans doute un hymne, un vrai, à reprendre en chœur, même si "The Overload" pourrait s'en rapprocher.
Tropical Fuck Storm, voilà un groupe dont je ne sais pas quoi en penser. Ils ont écrit quelques morceaux particulièrement ravageurs - "The Planet of The Straw Men", mon dieu, quelle claque !, pourtant ils ne le joueront même pas - mais à côté, leur rock foutraque et dissonant me fait aussi par moments vriller les oreilles. Leur concert à la Route du Rock m’a peut-être enfin permis de trancher : il me faut un minimum de mélodies, voire de rythmiques tranchées. J’ai beau essayer, leur prestation m’ennuie, n’y trouvant pas d’accroche. La musique à papa, ce n’est pas pour rien : j’ai besoin d’un tant soit peu de confort d’écoute. Je vieillis. Sans doute.
Surtout que le concert suivant en fera sans doute la démonstration la plus imparable. Pulp, Jarvis Cocker. Pourquoi, se reformer, vingt-quatre plus tard, pour sortir un album aussi décevant et un peu plat que ce "More" qui pose la question : en voulait-on réellement plus ? Les voir en concert par contre : oui, ça, on en avait envie et on n’était à priori pas les seuls, vu le nombre de fans présents ce jour-là, permettant au festival d’afficher complet pour la soirée. Lulu était venue avec nous, par curiosité, voulant comprendre l’engouement de ses darons. La célèbre formation de Sheffield jouera pas moins de 6 chansons extraites de leur chef d’oeuvre, "Different Class" de 1995 - trente ans ! - plus que de "More" (seulement 4). Preuve que le but était surtout de venir célébrer tous ensemble la carrière d’un groupe qui, on le sait, nous suivra jusqu’au bout. Et tant pis, sur on restera accroché à la période bénie allant de "His’n’Hers" et "This is Hardcore". Avant c’était pas mal aussi, mais ce n’est pas de la musique festive et Pulp ne joue plus de chansons des pourtant plus qu’estimables "Freaks" ou "Separations" depuis bien longtemps en live. Le show démarre fort avec "Sorted out for e's and wizz" mais c’est le titre suivant, le tubesque "Disco 2000" qui enflamme les gens autour de nous. Étant arrivés tôt devant la scène, nous nous retrouvons parmi les fans les plus fervents - dont nous faisons sans doute partis, mais peut-être pas au point de bourrer ses voisins par des grands gestes liés à des danses non maîtrisées.
Le concert s’envole malgré tout pour ne redescendre qu’après un obligatoire "Common People", 1h30 plus tard. Juste un regret : "Monday Morning", ma préférée, pourquoi ne la joue-t-il presque jamais en live ? Et puis, terminer sa prestation sur le banal "A Sunset" reste une drôle d’idée, surtout après l’euphorie générale... On rentre chez nous, évidemment heureux, la tête pleine des chansons de notre jeunesse... "Do you remember for the first time ?" No, but the last time, yes and for now, I can’t remember a best time. Le présent voilà ce que la plupart du public était venu chercher. Et voilà ce que Jarvis, toujours fringant nous a offert. Se contentant de musique et de show, plus que d’actualités déprimantes et de nostalgie pleine de regrets. "Common People" vient de sortir. Rien d’autre ne compte.
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