22 décembre 2014

Compilation 2014

Pas de classement cette année pour les chansons, juste une compilation de 20 titres sans ordre de préférence et une pochette qui est l'oeuvre de ma fille qui aura bientôt 6 ans, l'âge de ce blog. Le temps passe...

Florent Marchet - 647
The Notwist - Close to the glass
East India Youth - Dripping Down
Metronomy - Love Letters
Dean Wareham - The Dancer Disappears
François and the Atlas Mountains - La Vérité
Future Islands - Seasons (Waiting on you)
Timber Timbre - Hot dreams
Archie Bronson Outfit - In white relief
Gruff Rhys - American interior
Ought - The weather song
Protomartyr - Scum, rise !
Cheveu - Polonia
Morrissey - World peace is none of your business
Baptiste W. Hamon - Les bords de l'Yonne
Feu! Chatterton - La Malinche
Half Japanese - Our love
Jean-Louis Murat & The Delano Orchestra - Dans la direction du Crest
Baxter Dury - Pleasure
Ariel Pink - Dayzed Inn Daydreams

On se retrouve pour ceux qui veulent l'année prochaine avec, j'espère, quelques nouveautés. D'ici là, joyeuses fêtes à tous !!!

17 décembre 2014

Top albums 2014

Voilà, nous y sommes, mes 10 disques préférés de 2014. Peut-être pas une grande année, peut-être pas si forte que la précédente. Encore que. Les 4 disques qui se bataillent en tête de mon classement se sont détachés du reste, mais tous, à force d'écoute. Ils ont fini par devenir d'agréables compagnons de vie. De ceux qu'on aiment retrouver peu importe notre état d'esprit. Et déjà, rien que pour eux, 2014 aura été une belle année musicale. Deux disques de chanson française : l'un pop, l'autre folk. Deux disques aux arrangements soignés. "Bambi Galaxy" et ses sons de synthés vintages loin d'être si évident qu'il en a l'air de prime abord. "Babel" et son incroyable foisonnement sonore. Entre Auvergnats, on se comprend. Et puis, deux disques étrangers complètement différents, l'un, "Hot Dreams", n'a rien qui dépasse, l'autre, "Pom Pom", part dans tous les sens. Les deux ont en commun d'être des disques dont on ne sépare pas si facilement. Le premier, pour sa sobre perfection. le second pour sa parfaite démesure.

10- East India Youth - Total Strife Fever
Un jeune anglais descendant du Brian Eno bidouilleur de la fin des années 70 propose sa version moderne d'une pop électronique aventureuse. C'est parfois étouffant mais le plus souvent réjouissant. Assez inclassable, en somme. Vivement la suite... 


9- François and the Atlas Mountains - Piano Ombre
François Marry et ses acolytes sont en train de devenir des références dans le paysage musical français voire même international (signature chez Domino Records oblige). Ce "Piano Ombre" le voit chanter pourtant davantage en français. En plus, cela correspond aux meilleurs morceaux. Un mélange improbable entre Dominique A et Vampire Weekend. Les voilà avec leur son bien à eux. Bravo!

8- Future Islands - Singles
Les Future Islands sont sortis de l'anonymat le jour où ils sont passés chez David Letterman et que les Américains puis le monde entier sont tombés raides dingues du petit déhanché de leur chanteur, Samuel Herring. Bien sûr, c'est réducteur, car Future Islands, c'est plus que ça. C'est bien sûr, l'imparable "Seasons" mais aussi une électro pop kitsch aux mélodies diablement accrocheuses.

7- Baxter Dury - It's a Pleasure
Baxter Dury a inventé l'improbable prototype du crooner cockney. Un accent et style désormais facilement identifiable. Les fans de la première heure lui reprocheront un côté dillettante de plus en plus accentué au profit de titres faciles. Les autres, comme moi, seront heureux d'avoir trouvé un "ami" digne de confiance. De ceux qui ne déçoivent pas - déjà son deuxième album classé dans mon top 10 annuel. J'ai toujours eu un faible pour les chansons remplies de "ouhouh", "ahaha". Alors quand il y a des "oula haha", je craque...

6- Metronomy - Love Letters
Le groupe préféré de mes loulous. Bon, en tant que parents, on y est forcément pour quelque chose, hein. "Love Letters", la chanson surtout n'est pas loin derrière "The Bay" (papa, tu peux mettre "take you back one day" ?) dans leur panthéon personnel. C'est dire l'incroyable pouvoir d'enchantement des mélodies de Joseph Mount. Les magiciens, ça parle à tout le monde.


5- Dean Wareham - Dean Wareham
Dean Wareham, c'est le type parfait : une carrière exemplaire de Galaxy 500 aux indispensables Luna en passant par son duo avec sa femme, la très jolie Britta Phillips, des goûts très sûrs, une apparition au cinéma dans l'excellent "Frances Ha" et donc ce premier disque solo encore impeccable, moins rock et plus en retenue qu'à l'accoutumée. Et cette voix caressante... Bref, c'est la classe. 

4- Florent Marchet - Bambi Galaxy
Alors que Houellebecq s'apprête à refaire parler de lui avec un nouveau livre pour janvier 2015 dont le thème s'avère être l'arrivée au pouvoir en France des Islamistes - difficile de trouver plus polémique -, Florent Marchet en est resté à "La Possibilité d'une île", son roman d'anticipation sur les sectes et le devenir de l'humanité. Si le concept peut paraître fumeux à priori, comme le nouveau look de jeune premier qu'il arbore désormais, ce disque m'a plus que convaincu sur la durée, faisant de "Bambi Galaxy", sa plus belle odyssée. Un superbe travail sur le son !

3- Murat & The Delano Orchestra - Babel
La plus belle rencontre de l'année. Si on pouvait reprocher à Murat une trop grande sobriété dans les arrangements et aux Delano Orchestra un manque d'accroche mélodique et un choix contestable de la langue de Shakespeare, le mariage des deux a condensé le meilleur des forces en présence. "Babel" est double, triple, quadruple. C'est un tour, un pic, une péninsule. L'Auvergne n'a jamais semblé si haut perchée. Murat peut désormais toiser le reste de la chanson française du haut de sa tour. Il va falloir être costaud pour aller l'y déloger.

2- Ariel Pink - Pom, Pom
Il aura fallu "Pom Pom" pour que je devienne enfin accro à ce gars-là. Quand je réécoute aujourd'hui "Mature Themes" ou "Before Today", je me demande comment j'ai pu passer à côté. N'empêche que c'est bien "Pom Pom" qui impressionne le plus, un incroyable condensé de toute l'histoire de la pop music, qui n'a peur de rien, ne se refuse rien et pourrait bien être le genre de disques à durée de vie infinie. Au passage, les trois derniers titres sont de toute beauté. Et ce disque étant sorti tard dans l'année, qui sait si dans deux mois, il n'aurait pas été une marche plus haut...


1- Timber Timbre - Hot Dreams
Comme pour Ariel Pink, jusqu'ici la musique de Timber Timbre m'avait laissé assez indifférent. Il a suffit d'un titre, "Hot Dreams", puis de ce disque du même nom, où il n'y a pour ainsi dire, rien à jeter. Chaque minute, chaque seconde compte. Pas d'effet de manches, pas de superflu. La voix de crooner en impose, sans en rajouter. La musique est dosée par petites touches. Le saxo de Colin Stetson est sublime. On pense au meilleur Tindersticks, au meilleur Portishead. Bref, on voudrait ne jamais sortir de ce "Hot Dreams"...

15 décembre 2014

Top concerts 2014

Peu de concerts une fois de plus en 2014, mais quelques beaux moments. Des valeurs sûres comme of Montreal ou Portishead, qui font partie de ces groupes que je pourrais aller voir indéfiniment sans être jamais déçu. Et puis, bien sûr, des découvertes. Les vétérans allemands de The Notwist que je voyais seulement pour la première fois. Ce fut un enchantement. Le groupe dégage une maîtrise impressionnante, capable aussi bien d'expérimentations électroniques tout azimut que de décharges électriques ou de ballades lancinantes. "Neon Golden" est assurément un des meilleurs albums des années 2000. Leur dernier, "Close To The Glass", parvient épisodiquement à reproduire cette formule gagnante. Babx aussi fut un grand concert. Celui-là, ça faisait longtemps qu'on le traquait maman et moi. On avait bien raison, parce qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il vous installe une ambiance, une sorte de cabaret du bout du monde, qui fait du bien et permet de lâcher prise, à mille lieux de toute mode et de toute pose. Le gars en a sous la semelle... Bravo ! Et puis, il y eut deux formations de rock plus dur. Tout d'abord, les canadiens de Ought qui marient à merveille trente ans de post-punk, de The Fall, à Joy Division en passant par les Talking Heads, sans oublier les groupes de post-rock chers au label Constellation Records sur lequel ils sont d'ailleurs signés. En live, dans la cave de la Mécanique Ondulatoire, leur rock tendu avait un sacré rendu. Ensuite, les américains de Protomartyr, originaires de Detroit, la ville, entre autres, du MC5 et des Stooges, autant dire qu'ils ne sont pas là pour plaisanter. Et, sur la petite scène du fort Saint-Père, je peux vous dire que ça envoyait mine de rien le bois, toute en nonchalance feinte. Un dernier mot, quand même sur les déceptions, celle de Neutral Milk Hotel, concert vibrant mais aux inspirations trop "countrysante" pour nous; de Slowdive, sorte de Beach House en moins bien, plus vieux et donc très surestimé et aussi de Connan Mockasin, même si ce fût à l'image de son dernier disque plus proche d'un Barry White que d'un Syd Barrett...

9 décembre 2014

Freeze Puppy - The Night Attendant

Il y a des injustices qui se justifieraient par le fait d'être né trop tôt ou tard. Bref, de ne pas être de son époque. Tom Wilson, leader et unique membre permanent de Freeze Puppy, aurait dû officié comme son homonyme Brian, dans les années soixante. Il n'aurait probablement pas connu cet anonymat honteux. Pourtant, combien de personnes aujourd'hui à écouter encore les Beatles, les Beach Boys ou les Kinks ? Mais combien en retour à s'intéresser aux groupes actuels qui continuent à perpétuer cette pop-là? Comme si chaque époque avait son style et que le mélange était impossible, anachronique et mal considéré. Même les Zombies un poil négligés en leur temps ont accédé depuis à un statut de groupes sixties qui comptent. Pas sûr qu'il en serait de même s'ils étaient apparus quelques décennies plus tard. Merci en tout cas à Pierre de With A Messy Head pour m'avoir fait découvrir "The Night Attendant", ce très bel album de "chamber pop", aux arrangements classiques et classieux. Qui n'est donc pas de son temps. Mais qui voudrait l'être aujourd'hui ? Et puis, d'abord, c'est quoi, la musique à la mode ?
"Living in the movies", "Jocelyn", "Emily & Joseph" et quelques autres sont autant de petites perles mélodiques à enfiler à ces colliers qu'on se transmet discrètement de générations en générations, persuadés à raison qu'ils ne vielleront jamais.

Clip de "The Same Parts" :

8 décembre 2014

Dva - Nipomo

Cette semaine, je commence mon marathon des disques oubliés de 2014. Tout ça, sous le haut patronage des lecteurs de ce blog. Premiers sélectionnés : des tchèques ! Mon dieu, la République Tchèque serait une terre fertile de rock indépendant et je ne le saurais pas. En fait, de rock indépendant, disons plutôt de musique indocile, ce qui étonne moins. Dva m'a été gentiment conseillé par Pierre du blog With A Messy Head - merci encore à lui - et j'en viens tout de suite à me demander comment ce dernier a-t-il fait pour dégoter un truc pareil. Bon, ok, leur disque est tout de même chroniqué deci-delà sur la toile, notamment anglophone. Dva est un duo, un homme, une femme et c'est à peu près tout ce que j'en sais. Sur leur Bandcamp, il est juste question de "il" et de "elle". Leur musique est un drôle d'assemblage, ressemblant par moments à ce qui peut nous arriver d'Islande, de Sigur Ros à Björk.
Des petites miniatures électroniques, jazzy, expérimentales mais qui n'oublient pas la mélodie, comme l'entraînant "Zoppe", un de ces morceaux qui fait immédiatement son petit effet. Ah, oui, j'oubliais, c'est essentiellement chanté en tchèque et c'est très bien comme ça. Il aurait été vraiment dommage de passer à côté de Dva. Charmant et différent.

Clip de "Mulatu" :

1 décembre 2014

Et toi, t'as écouté quoi en 2014 ?

1er décembre, ça y est, plus qu'un mois avant la fin de 2014 et l'heure de l'habituelle question : et vous, qu'est ce que vous avez le plus écouté en 2014 ? Quels sont les disques qui vous ont le plus suivi ? Les miens, c'est bien simple, ils sont là, ci-dessous, j'en ai parlé tout au long de l'année. J'attends donc les vôtres en retour, histoire de confronter nos avis et y déceler pourquoi pas des oublis flagrants ou revoir à la hausse des albums passablement ignorés. 

Florent Marchet - Bambi Galaxy
Halls - Love To Give
Barbara Carlotti - Cosmic Fantaisie (EP)
The Notwist - Close To The Glass
Orouni - Grand Tour
East India Youth - Total Strife Forever
Alpaca Sports - Sealed With A Kiss
Metronomy - Love Letters
Dean Wareham - Dean Wareham
François And The Atlas Mountains - Piano Ombre
Future Islands - Singles
Timber Timbre - Hot Dreams
Temples - Sun Structures
Pixies - Indie Cindy
Sam Mickens - Kayfabe: Laamb of G​.​O​.​D.
Boys Age - Amazing Stories
The Crookes - Soapbox
Makthaverskan - II
Archie Bronson Outfit - Wild Crush 
Gruff Rhys - American Interior 
Teleman - Breakfast
Ought - More Than Any Other Day
Fear of Men - Loom
Protomartyr - Under Color of Official Right
Cheveu - Bum
Secret Cities - Walk Me Home
Morrissey - World Peace Is None Of Your Business
Boys Age - The Tale Of Roan Horses
Franck Monnet - Waimarama
Watoo Watoo - Une si longue attente
Marianne Dissard - The Cat. Not Me.
People Get Ready - Physiques
Dignan Porch - Observatory
Compilations La Souterraine
Avi Buffalo - At Best Cuckold
Karen O - Crush Songs
Feu! Chatterton - Feu! Chatterton (EP)
Benjamin Clementine - Glorious You (EP)
Half Japanese - Overjoyed
Woods - With Light & With Love
Arthur H - Soleil Dedans
Purling Hiss - Weirdon
Murat & The Delano Orchestra - Babel
Kevin Morby - Still Life
Baxter Dury - It's a Pleasure
Nancy Boy - Love, etc.
The Coral - The Curse Of Love
Literature - Chorus
Hookworms - The Hum
Ariel Pink - Pom, Pom
Pain Noir - Pain Noir

26 novembre 2014

Alain Souchon - La Vie Ne Vaut Rien (2003)

C'est l'événement variété française de l'année, le premier album des Souchon-Voulzy sorti sous leurs deux noms. Bien sûr, ça ne change pas grand chose, parce qu'une grande partie des chansons d'Alain était composée par Laurent, quand une grande partie des chansons de Laurent était écrite par Alain. Je dois dire que j'ai une nette préférence pour les textes d'Alain par rapport aux mélodies de Laurent, mais il faut avouer que souvent l'alchimie fonctionne ("Bidon", "Rame", "La Ballade Jim" et j'en oublie beaucoup). Mais à l'inverse de son comparse, même seul, Souchon parvient à s'en sortir très bien comme sur "La vie ne vaut rien" (ou "Foule Sentimentale" évidemment). On y retrouve comme un résumé de l'écriture souchonienne, ce pessimisme jamais complètement plombant, toujours agrémenté d'une note d'espoir teintée d'humour, de la possibilité d'un ailleurs. L'amour, évidemment. Des thèmes archi-rebattus mais que le chanteur parvient presque toujours à renouveler, comme si ce qu'il nous disait là n'avait jamais été dit : "Il a vu manque d'amour, manque d'argent. Comme la vie c'est détergeant. Et comme ça nettoie les gens". Quant à la musique de Voulzy, elle n'est jamais mieux au diapason de cette langue-là que lorsqu'elle se fait discrète, à l'écoute. Si la variété française ne devait se limiter qu'à un seul nom, ça serait probablement ces deux-là.


Il a tourné sa vie dans tous les sens
Pour savoir si ça avait un sens,
L'existence
Il a demandé leur avis à des tas de gens ravis
Ravis, de donner leur avis,
Sur la vie
Il a traversé les vapeurs
Des derviches tourneurs,
Des haschich fumeurs,
Et il a dit

[Refrain] :
La vie ne vaut rien, rien,
La vie ne vaut rien
Mais moi quand je tiens, tiens,
Mais moi quand je tiens
Là dans mes deux mains éblouies,
Les deux jolis petits seins de mon amie,
Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie,

Il a vu l'espace qui passe
Entre la jet set les fastes, les palaces
Et puis les techniciens de surface,
D'autres espèrent dans les clochers, les monastères
Voir le vieux sergent pépère,
Mais ce n'est que Richard Gere,
Il est entré comme un insecte
Sur site d'Internet
Voir les gens des sectes,
Et il a dit

[Refrain]

Il a vu manque d'amour, manque d'argent
Comme la vie c'est détergeant
Et comme ça nettoie les gens,
Il a joué jeux interdits
Pour des amis endormis,
La nostalgie,
Et il a dit

[Refrain]

24 novembre 2014

Pain Noir - Pain Noir

Il doit y avoir une source, là-bas, en Auvergne. Après le magnifique dernier album de Murat sorti en compagnie de ses voisins de The Delano Orchestra, voilà-t'y pas qu'un autre gars du cru, l'anciennement prénommé Saint-Augustine autrefois adepte d'un folk campagnard pas si éloigné que ça de l'Americana chante désormais en français bien de chez nous sous le mystérieux pseudonyme de Pain Noir. Et je m'en doutais, c'est une bien belle réussite ! "Pain Noir, c'est du Bertrand Belin en moins sec" avais-je trouvé la dernière fois. C'est exactement ça, malgré la référence alimentaire un peu facile. Mais un Belin qui aurait chipé les claviers de Grandaddy. Sur l'illustration qui ornait la page du projet sur Microcultures et dont il est aussi question dans la chanson éponyme, on voyait des mains avec les mots "Pain" et "Noir" inscrits sur chacune d'entre elles.
On pense tout de suite à Robert Mitchum dans "La Nuit du Chasseur". L'acteur jouait le rôle d'un pasteur serial killer qui s'était écrit les mots "Hate" et "Love" sur les doigts des deux mains. De serial killer, ni de pasteur, il ne sera question ici. Juste de musique pastorale interprétée par un certain François-Régis Croisier, enseignant dans le civil. De beaucoup d'amour et aucune haine. Et au lieu de pain noir, plutôt de pain béni.

22 novembre 2014

Top albums 1982


On ne va pas se mentir : l'année 1982 ne fut pas une grande année musicale. Il m'en a fallu du temps pour réunir 10 disques qui tiennent la route et que j'aime réécouter. La lutte fut acharnée, j'en ai d'abord écarté pour ensuite les réintégrer. J'étais petit à l'époque, toutes ces formations, je ne les ai découvertes que récemment. Au final, je ne suis pas peu fier de ma sélection - bah, ouais, quoi ! Parce qu'on y retrouve que des outsiders, du rock indépendant d'arrière cour, anglais surtout, me reprocheront certains. Mais c'est un fait, la Manche est moins large que l'Atlantique et je me sens plus d'affinités avec nos amis britons. Exit aussi les "grands classiques" dont le "Pornography" des Cure. Ce sont quelques fois les petits groupes avec leur petite musique qui touchent le plus, par leur modestie comme les excellents Television Personalities ou par leur maniérisme bancal, comme les Associates par exemple. Ecoutez donc la playlist ci-dessous, vous m'en direz des nouvelles...

10- Psychic TV - Force The Hand of Chance
Après avoir initié la musique dite industrielle avec les Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge passait à une musique plus accessible avec Psychic TV, en témoigne le sublime et délicat "Just Drifting (For Caresse)" en ouverture de ce deuxième disque. Le reste n'est bien sûr pas si limpide, mais c'est aussi ce qui fait son attrait. Depuis Orridge a fait plus parler de lui pour ses transformations physiques (il est devenu transsexuel) que pour sa musique... Dommage.

9- Theatre of Hate - Westworld
Des anglais prenaient à bras le corps le thème de la guerre froide avec une diatribe sur les présupposés avantages de notre "Westworld". Pour ce premier album, la musique originale pour l'époque, en partie dûe à la présence d'un saxophone, illustrait admirablement le propos... Malheureusement, ce théâtre de la haine n'avait pas beaucoup de carburant...

8- The Names - Swimming
On pense immédiatement aux Cure. Et puis, on se rend compte que c'est le génial producteur de feu Joy Division, Martin Hannett qui est aux manettes. Et que c'est le label Les Disques du Crépuscules, celui de Annik Honoré, la "maîtresse" de Ian Curtis qui a signé The Names. L'excellent premier essai de ce groupe belge - et, oui !- est ressorti depuis, agrémenté des singles, comme le parfait "Calcutta".

7- Solid Space - Space Museum
Voici l'obscure formation d'un seul disque mais quel disque ! "Space Museum" est peut-être le meilleur album de new-wave minimaliste - d'ailleurs, je ne suis pas le seul à l'avancer. Des miniatures pop aux mélodies enchanteresses, qui n'est pas sans rappeler, dans l'esprit, le "Colossal Youth" des Young Marble Giants.


6- The Dream Syndicate - Days Of Wine and Roses
Des américains continuaient malgré le succès du mouvement new-wave et l'avènement des synthétiseurs de vénérer les guitares abrasives du deuxième Velvet. Ce "Days of Wine and Roses" (surtout le magnifique morceau titre) est le plus bel hommage à la musique de Lou Reed paru dans les années 80. Anachronique et d'autant plus essentiel.


5- The Associates - Sulk
Bien sûr, c'est kitsch à souhait, mais il y a une telle énergie, une telle grandiloquence assumée que ça passe. Les Sparks n'ont qu'à bien se tenir. Les Associates naviguent dans les mêmes eaux, mais en plus fragile, sensible. Trop, peut-être, le chanteur Billy MacKenzie, faute de vraie reconnaissance, se donnera la mort quelques années plus tard. Des chansons comme "Party Fears Two" et "Country Club" auraient dû devenir des tubes.

4- Psychedelic Furs - Forever Now
Le meilleur disque des fourrures psychédéliques est celui produit par Todd Rundgren. Ce dernier a réussi à épaissir leur son, lui donner plus de consistance. La voix traînante de Richard Butler fait le reste donnant à l'ensemble des allures de classique.



3- The Monochrome Set - The Eligible Bachelors
Morrissey, plutôt avare de compliments, ne tarie pas d'éloge sur ce groupe. Ça doit être surtout pour ce disque. On y entend une inspiration évidente pour les Smiths. "The Eligible Bachelors" est précurseur de beaucoup de disques pop de cette décennie et des suivantes.


2- Orange Juice - You Can't Hide Your Love Forever
Alors qu'un documentaire vient de sortir sur les graves problèmes de santé qu'a connu son chanteur Edwyn Collins, l'homme de "A Girl Like You", qui ont failli lui coûter la vie, voici le tout début de sa carrière, celle de son groupe, au nom le plus modeste qui soit, Orange Juice. Et on mesure alors la carrière exemplaire d'un mec bien, même si ce disque reste sans doute son meilleur.

1- Television Personalities - Mummy your not watching me
"Maman, tu ne me regardes pas" : voilà un constat qui ne peut qu'interpeller. Les Television Personalities annoncent d'emblée la couleur : ce disque est à prendre au premier degré. Il vient d'un enfant perturbé, en manque d'amour, qui ne joue pas, qui ne joue plus. Plus que leur premier et leur troisième album pourtant habituellement considérés comme leurs meilleurs, ce deuxième est mon préféré. Celui qui me touche le plus. Quelque part entre Syd Barrett et Lou Reed. On a connu pire référence. 

20 novembre 2014

David Bowie - Sound and Vision (1977)

David Bowie - Sound and Vision / A New Career in a New TownOh, je sais, Bowie est un habitué de ce blog et au bout d'un moment, il devient difficile de se renouveler à force de parler toujours des mêmes personnes (la preuve , ,  ou encore ). Mais je trouve encore des nouvelles raisons de gloser sur lui. Tout d'abord, parce que l'exposition consacrée à sa carrière passe par la France l'année prochaine, dans la nouvelle enceinte de la philharmonique de Paris. Au passage les toujours impeccables Tindersticks et Neil Hannon et son indispensable Divine Comedy viendront jouer peu de temps avant dans la splendide salle attenante. Comme quoi, la programmation de cette nouvelle structure s'annonce d'ores et déjà éclectique et passionnante. Bowie, c'est aussi une énième compilation qui vient de sortir, sans doute la plus complète, juste pour les fêtes, histoire pour les retardataires de combler les quelques lacunes restantes; les autres préféreront se concentrer bien sûr sur les chefs d'oeuvre des années 70, sans déchets. En plus du nouveau titre présent sur la compilation, un nouvel album serait - c'est l'ami fidèle Tony Visconti qui le dit - aussi en préparation avec une date de sortie prévue en 2015, en espérant qu'il sera plus novateur et moins prévisible que le précédent. Visconti, on le retrouve aussi dans une hilarante vidéo animée avec Bowie et Eno pour une parodie de l'enregistrement de "Warszawa", célèbre morceau de "Low". Enfin, Bowie, c'est un des artistes les plus repris au monde et il n'y a pas si longtemps, c'était au tour Beck, qui, en parfait caméléon et brouilleur de genres, demeure sans doute l'un des descendants les plus directs et évidents du "Thin White Duke". Beck, dont la carrière est au final décevante eût égard à ses débuts tonitruants ("Loser" ou "Odelay"), livre un petit bijou de version live de "Sound and Vision" avec grand orchestre, choeurs et instruments à foison : ça fout les frissons partout et donne envie d'aller le voir fissa en concert malgré un joli mais mollasson dernier album sorti en début d'année. C'est peut-être ça la principale force de la musique de Bowie : cette capacité à transcender, les genres, comme les gens.

La version de Beck :

Un documentaire retraçant sa carrière et intitulé "Sound and Vision" :

17 novembre 2014

Ariel Pink - Pom, Pom

Voilà un gars à part dans le paysage du rock indépendant actuel. Ariel Pink, ça pourrait le hipster ultime, mélangeant les kitscheries dispensables avec des mélodies audacieuses et barrées, un look androgyne improbable, un affreux loser qui au fond se révèle un déroutant séducteur. Bref, on aime ou on n'aime pas. Pour l'instant, j'étais plutôt dans la deuxième catégorie, malgré le fait que dans sa clique de potes, on trouvait entre autres les membres d'Animal Collective qui l'ont découvert pour le faire signer sur leur label Paw Tracks, ou encore John Maus. Avec ce dernier, ils forment des sortes de Starsky and Hutch de l'electro-pop vintage et azimutée. Mais son nouveau disque a changé la donne. On retrouve l'esprit d'un Kevin Barnes, en plus fun si c'est possible, avec les défauts que cela induit, c'est-à-dire un vaste défouloir, entre le foutage de gueule et les délicieuses rengaines à siffloter sous la douche. Beaucoup resteront encore à quai. Cette fois, le gaillard m'a eu et j'ai osé prendre son train en marche.
Dans la vraie vie, je suis plutôt réfractaire quand il s'agit de faire le guignol aux attractions de fête foraine, ça me rend malade. Mais je ne suis pas contre un tour de grand huit imaginaire, avec cet Ariel Pink là. "Pom Pom" (Boy?). Pas mieux. Le grand disque de cette fin d'année. A écouter pendant les préparatifs du réveillon. En toute décontraction.

Clip de "Put Your Number In My Phone" :

Clip de "Picture Me Gone" :

10 novembre 2014

Hookworms - The Hum

Ces anglais originaires de Leeds enchaînent déjà leur deuxième album en deux ans. "The Hum" débarque, après l'acclamé "Pearl Mystic", dans la peau délicate du disque de la confirmation. Si Hookworms enfonce le clou d'un rock noisy et psychédélique, le groupe semble calmer un peu le jeu. On pense à un mélange entre Spiritualized et Archie Bronson Outfit. Le mystère se lève sur la formation. Leur style assez inimitable trouve aujourd'hui des références. Nous ne sommes pas encore dans le tout venant, mais "The Hum" est plus rassurant que son effrayant prédécesseur. Comme je n'avais pas parlé de "Pearl Mystic" et que je mentionne celui-là, ma remarque laisse penser que je préfère les sentiers balisés, comme tout bon père de famille. De sentiers balisés, parlons plutôt d'une façon différente de marcher. Le chemin étant le même ou presque, c'est juste la manière de l'emprunter qui diffère. 
Et quand cette manière rappelle celle des deux groupes précités, je suis prêt à faire des efforts et suivre une formation noisy dont la musique, dans la plupart des cas, me fatigue rapidement. C'est en cela que Hookworms est fort, dans cette capacité à attraper des suiveurs hors du périmètre habituel de ce genre de musique. Les anglais ont bien choisi leur nom. Ils sont bien tels ce ver qui s'incruste dans l'organisme, pompe le sang, pouvant causer des dégâts irréversibles. Allez, j'y retourne !


6 novembre 2014

Television Personalities - If I Could Write Poetry (1982)

Voici l'une des personnalités les plus atypiques et passionnantes du rock indépendant anglais, révérée par une poignée de fidèles et non des moindres - de Kurt Cobain à MGMT ("Song For Dan Treacy") en passant par les Pastels. Dan Treacy est un de ces êtres tellement en marge et à côté de la plaque qu'il en devient touchant. Un de ceux qui ont érigé l'amateurisme en art de vivre. Loser éternel jusqu'à passer par les cases drogue, SDF, vol et prison. Les disques de Television Personalities pourtant régulièrement excellents, paraissent tous comme inachevés, inaboutis, comme des "work in progress". Peu importe que ces chansons et ces disques soient bancals, ils ont le parfum du vrai, de la spontanéité, jusqu'à en paraître d'une confondante naïveté. Treacy fait partie de ces gens qui semblent incapables de tricherie et de distance. La vie est trop courte pour jouer à un jeu, semble-t-il nous dire. Si tout le monde avait cette franchise-là, la vie serait tellement plus simple. Si tout le monde avait cette simplicité-là, Treacy serait un génie mondialement connu et "If I Could Write Poetry", une des plus belles chansons d'amour de l'univers. Si seulement...

All those times we spent together
All the love I had I gave to you
Sitting on a park bench in the autumn
Holding hands under a cloudless sky
Happiness is knowing you care for someone
And never having to give a reasons why
For love is never having to say anything
My love is yours to keep till the day you die

If I could write poetry
I would write a thousand poems
To tell the world that I love you

Dreaming we would always be together
Chasing rainbows in a happy sky
Thinking we would always be together
But now I find there's no tears left to cry
If I could catch a falling star I'd give it to you
Even though it's never been done before
And now I'm on a park bench in the autumn
I watch the rainbow disappear from view

If I could write poetry
I would write a thousand poems
To tell the world that I love you

Thinking all the time we spent together
All the love I had I gave to you
Sitting on a park bench in the autumn
Holding hands under a cloudless sky
Dreaming we would always be together
Thinking we would always be together
Hoping we would always be together
But the rainbow disappeared from view

If I could write poetry
I would write a thousand poems
To tell the world that I love you

3 novembre 2014

Literature - Chorus

Rien de tel pour un retour de vacances sous les tropiques que d'écouter de la très bonne indie pop encore gorgée de soleil, en droite lignée des indispensables Field Mice ou plus récemment des excellents premiers disques des Pains of Bieng Pure at Heart ou des Beach Fossils - oui, pas moins! Ils sont Américains, originaires de Philadelphie, s'appellent d'un nom banal, Literature - forcément. "Chorus" est déjà leur deuxième album et c'est un impressionnant enchaînement de délicieuses mélodies pop qui donnent toutes une irrésistible et stupide envie de sautiller sur place. Pour l'originalité, on ira voir ailleurs. Mais on s'en fout bien mal. Cette musique n'a pas cette prétention. L'essentiel est que ça sonne, que ces chansons puissent seulement égayer une journée maussade. C'est chose faite. Et plutôt bien. C'est Slumberland Records qui a signé le groupe, c'est-à-dire une des références du genre, avec Capture Tracks.  
"Chorus" sorti à la fin du mois d'août, en pleine période culturelle creuse, pas l'idéal pour faire parler de soi, mériterait de rencontrer plus d'échos, qu'on reprenne ses morceaux tous en choeur. A acheter les yeux fermés pour les amateurs du genre.

24 octobre 2014

The Coral - The Curse Of Love

Quand les historiens se pencheront sur notre époque, il est évident que dans les groupes importants de la pop anglaise des années 2000, ils citeront The Coral. "The Curse Of Love" aurait dû sortir en 2006, entre "The Invisible Invasion" produit par le Portishead Geoff Barrow et "Roots And Echoes". Pour d'obscures raisons de maison de disques, il est passé à la trappe. Huit ans après, le groupe de James Skelly, décide de le ressortir des cartons, sur leur propre label, Skeleton Key, au moment où The Coral est en pause. Comme prévu, c'est une fois de plus de la très belle ouvrage, ultra mélodique sans être simpliste, une suite de chansons à tiroirs qui tiennent immédiatement en haleine. The Coral sont pour les connaisseurs devenus aussi indispensables que d'autres Liverpudliens, comme les Pale Fountains ou les Echo and The Bunnymen en leur temps.
Ils sont la preuve éclatante que l'époque peut encore produire des groupes qui comptent, en dehors de toute mode. Des groupes pour qui la musique et la mélodie passent avant toute chose. Des groupes devenus rares et chers. A écouter sans modération donc.

Clip de "The Curse Of Love" :

22 octobre 2014

Nancy Boy - Love, etc.

Il y a d'abord ce drôle d'accent précieux qui transforme par exemple "Rose" en "Rousse" et qui pourrait en agacer plus d'un. Ce physique mi-femme, mi-homme, à l'image du pseudo, Nancy Boy, androgyne, en référence au premier disque de Placebo au moment où ceux-ci étaient encore crédibles ? Un hommage à la belle ville de Nancy ou plus tiré par les cheveux au parcours de Michel Platini ? Il y a aussi cette pochette et cet indien énigmatique qu'on retrouve aussi dans le clip de "Toi, moi". Des indices disséminés deci delà, qui, au final, ne nous apprennent pas grand chose sur la jeune femme prénommée Nancy Zotier. Alors, on écoute l'essentiel : la musique. Et franchement, c'est emballant. Le son est chaud, enrobant. Les influences sont comme pour beaucoup de nouveautés les années 80 et notamment Daho ("Bleu (as everything)").
Mais il y a quelque chose en plus : une écriture et des arrangements soignés, une constance dans la qualité et un premier album qui tient debout du début à la fin. Assez rare pour le signaler et encore une artiste poussée par Microcultures qui a même réussi à sortir malgré le peu de contributions. Comme quoi, les vrais talents n'ont besoin de personne pour éclore, même si, la prochaine fois, promis juré, on essaiera de les y aider davantage. Il reste déjà à faire partager, parce que ça le mérite amplement.

Clip de "Toi, moi" :

20 octobre 2014

Baxter Dury - It's a Pleasure

Et si ses détracteurs avaient pour une fois raison ? Et si Baxter Dury n'était qu'un sympathique chanteur à l'accent cockney, accessoirement fils de, au patrimoine musical solide mais qui n'inventait pas grand chose ? Si "It's a Pleasure", son nouveau disque était juste pas mal ? Chez moi, c'est peu dire que cette nouvelle livraison était attendue puisque la précédente avait trusté à l'unanimité de moi même la première place des meilleurs albums de 2011. Trois ans après, on continue dans la même veine, à peine plus électronique, plus fantaisiste. Avec toujours ces choeurs féminins, ce son brut, clair et chaud, ces petites mélodies enfantines et ce chant traînant, presque parlé. Dury en crooner décalé ("Beautiful babies are still crying all night", "She's just an angry neighbour. She wants to fuck you now"), à la cool, en dandy à l'humour et au ventre à bière tout britannique. 
Si certains pourront préférer ses deux premiers disques moins pop mais plus référencés (le Velvet surtout) je trouve que depuis "Happy Soup", il a réussi à se forger un style assez unique, en y mariant un zeste de Jarvis Cocker. Au final, c'est encore un "Pleasure" auditif. Rien à faire que la face du monde n'en soit pas changée, ces bombinettes pop continuent de m'enchanter invariablement.

Clip de "Pleasure" :

Clip de "Palm Trees" :

17 octobre 2014

XTC - Easter Theatre (1999)

Mais pourquoi je vous parle aujourd'hui de XTC alors qu'il n'y a pour ainsi dire aucune actualité les concernant ? Parce que j'ai le droit, c'est mon blog et pour une fois au diable l'actualité ! Ce groupe anglais ne s'est d'ailleurs jamais inscrit dans aucune mode et c'est ce qui en fait tout son prix. A part peut-être à leurs débuts le temps de leur seul succès notable, "Making Plans For Nigel". Débuts qui les a vus se rapprocher de groupes en vogue comme les Talking Heads avec lesquels ils partageaient le goût d'un rock ouvert aux quatre vents. Tout au long de leur carrière, XTC n'aura de cesse de se renouveler. Si d'aucuns pensent que leur meilleur période, une fois n'est pas coutume pour un groupe, correspond aux années 80, avec des albums tels "English Settlement" ou "Skylarking" où ils mêlaient les Beatles à une musique d'inspiration moyen-âgeuse, je garde une nette préférence pour "Apple Venus vol. 1" sorti en... 1999. Pour le son moins daté d'abord, mais surtout pour une chanson. Un de ces chansons qui justifient à elles seules qu'on monte un groupe pour faire de la musique. Parce que tout y est à sa place, tout y sonne incroyablement juste. Des miracles comme ça, ne courent pas les rues. Ça valait bien que je fasse une entorse à l'actualité. Surtout que je pars en vacances pour deux semaines... très, très loin. Je vous ai déjà préparé quelques petits billets de derrière les fagots pendant que je serai absent. Portez vous bien et à très bientôt.

Gold sun rolls around
Chocolate nipple brown
Tumble from your arms
Like the ground, your breasts swell

Land awake from sleep
Hares will kick and leap
Flowers climb erect
Smiling from the moist kiss of her rainbow mouth

Stage left
(Enter Easter and she's dressed in yellow yolk)
Stage right
(Now the son has died, the father can be born)
Stand up
(If we'd all breathe in and blow away the smoke)
New life
(We'd applaud a new life)

Odin mounts the tree
Bleeds for you and me
Splashing on the lamb
Gamboling with spring's step

Buds will laugh and burst
Racing to be first
Turning all the soil
As the promptress' fingers through her spinning script

Stage left
(Enter Easter and she's dressed in yellow yolk)
Stage right
(Now the son has died, the father can be born)
Stand up
(If we'd all breathe in and blow away the smoke)
New life
(We'd applaud a new life)

Easter in her bonnet
Easter in her hair
Easter are the ribbons
She tied everywhere

Stage left
(Enter Easter and she's dressed in yellow yolk)
Stage right
(Now the son has died, the father can be born)
Stand up
(If we'd all breathe in and blow away the smoke)
New life
(Hey)

Stage left
(Enter Easter and she's dressed in yellow yolk)
Stage right
(Now the son has died, the father can be born)
Stand up
(If we'd all breathe in and blow away the smoke)

In her bonnet
(Easter )
Everywhere

Easter
Easter
Easter
Easter

15 octobre 2014

Kevin Morby - Still Life

Demandez à un professeur de notre éminente Education Nationale ce qu'il pense des Kevin, de ce prénom habitué à jouer les perturbateurs du fond de la classe. Vous aurez sans doute une belle unanimité pour lutter contre le fléau pandémique des Kevin. Et ce n'est pas cette tête à claque de Kevin Adams, rebaptisé Kev' par peur de la disgrâce, qui viendra me contredire. Les Kevin sont énervants d'assurance, privilégiant la répartie ou plutôt l'insolence comme arme avant même le savoir et la compétence. Les Kevin seraient aussi les représentants d'une certaine jeunesse que nous ne supportons pas, que nous ne comprenons pas. Quand un Kevin nous vient de l'autre côté de l'Atlantique, on se montre quand même plus indulgent. Là-bas, le prénom semble plus évident. Il n'a pas la même connotation, celle de la sous-culture américaine justement, proximité oblige. Quand on écoute la musique de Kevin Morby, on se dit même qu'il y a toujours des exceptions pour confirmer une règle - Kevin Barnes aussi. Pas une exception en terme d'agacement, car sous des abords nonchalants, le gars possède un sacré talent. 
Celui de rappeler tour à tour Dylan, Young ou Reed et puis un tas d'autres moins connus comme plus récemment le très doué Cass McCombs. Morby réinvente une musique mille fois entendue, belle, simple et sincère, à mille lieux des préjugés que nous avions sur les Kevin. Une musique qui ne doit rien non plus au jeunisme, convoquant les illustres aînés. Kevin Morby pourrait donc réconcilier bien des professeurs avec ce satané prénom. Ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs ?

Clip de "All Of My Life" :

13 octobre 2014

Murat & The Delano Orchestra - Babel

Murat est devenu au fil du temps une valeur sûre de la musique d'ici, alignant régulièrement les bons disques comme certains enfilent les perles. En dehors du circuit médiatique de part son repli physique dans son Auvergne natale mais en même temps au coeur de l'arène à chaque période de promotion que pourtant il exècre. Car victime de son caractère trempé et bourru, il est ce qu'on appelle vulgairement un "bon client", ne mâchant pas ses mots, incapable de langue de bois. Murat est une bête curieuse, rassurante car immuable. Cette livraison annuelle pourrait peut-être changer la donne. Parce que, pour une fois, Murat a accepté de se faire aider par des voisins, The Delano Orchestra, musiciens émérites qui viennent aérer sa musique, lui ouvrir enfin des portes. "Babel" est donc une sorte de petit miracle, prenant le meilleur de chacune des parties en présence : le verbe et le sens de la mélodie du chanteur, les très beaux arrangements du groupe. Une tour, 20 titres, qui parle toutes les langues, du plus léger au plus grave. Murat y déploie toute sa palette, acquise depuis ses débuts il y a plus de 30 ans, depuis le premier 45 tours, "Suicidez-vous, le peuple est mort" qu'il considère en éternel cabochard comme sa plus grande réussite
"Et n'y plus rien changer" nous dit-il dans le morceau de bravoure "Dans la direction du Crest", du nom d'une petite commune de sa région, région dont il n'a peut-être jamais autant parlé. A l'inverse, "Babel" prouve que tout peut encore changer et donne envie de le suivre. Il semble y avoir là-bas une source, un jaillissement, un refuge qui rassasie, ravive et protège nos vies. En ces temps de crise, de pertes de repères et de valeurs, c'est déjà beaucoup. 

Clip de "J'ai fréquenté la beauté" :