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Articles

Cate Le Bon - Reward

Il y a des disques auxquels on résiste, parce qu'ils sont trop étranges, parce qu'ils ne répondent pas à notre désir du moment et auxquels on revient malgré tout régulièrement, parce qu'au fond, ils nous intriguent. C'est peut-être ceux-là les plus précieux. Ces disques discrets, modestes, qui n'affichent pas clairement leurs qualités. "Reward", le dernier album de la galloise Cate Le Bon - rien à voir avec Simon, le chanteur permanenté de Duran Duran - fait assurément partie de ces disques-là. Pourtant, il n'a pas la bizarrerie évidente de ses précédentes productions. Le son a été subtilement polissé, chaque morceau habilement travaillé. On pense à un sorcier des studios en la personne de Brian Eno ou à Kate Bush pour le caractère envoûtant et assez unique.  Et si on commence à la retrouver aux manettes de quelques albums récents, ce n'est sans doute pas un hasard. Deerhunter ou Tim Presley ont fait appel à elle, pour qu'elle transforme à sa…
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Metronomy - Metronomy Forever

Après leur excellente prestation en tête d'affiche du dernier jour de la Route du Rock cet été à Saint-Malo, c'est peu dire que j'attendais avec impatience ce nouvel album de Metronomy, un des groupes chéris de notre petite famille. Ça s'appelle "Metronomy forever", comme si le groupe savait déjà qu'il ne pouvait pas nous décevoir. Tout commence d'ailleurs par les cloches d'un mariage ("Wedding"). Pour nous, il a déjà pris effet le jour où on est tombé amoureux de la chanson "The End of You Too" sur "Nights out" en 2008.  Depuis, c'est une relation sans fausse note, rehaussée à chaque nouveau disque. On retrouve une fois de plus l'indéniable talent de Joseph Mount pour s'approprier de multiples influences (ici des sonorités grunge sur "Insecurity", de la musique lounge sur "Miracle Rooftop" ou de l'électro dépressive sur "Lying low") en gardant un son propre. En plus, le …

L'épée - Diabolique

Il y a un peu plus d'un an sortait le dernier disque des Limiñanas qui marquait la rencontre entre le couple du même nom originaire de Cabestany, petite ville des Pyrénées Orientales, Anton Newcombe producteur et leader du groupe de rock psychédélique américain The Brian Jonestown Massacre et enfin une chanteuse actrice française assez célèbre Emmanuelle Seigner, soeur de Mathilde, femme de Polanski. On pourrait rajouter quelques prestigieux invités de passage comme Bertrand Belin ou Peter Hook, l'ex-bassiste de Joy Division et New Order. Tout ce beau monde s'était réuni autour d'au moins une influence majeure commune : Lou Reed et le Velvet Underground. Comme le succès fut plutôt au rendez-vous et que le courant sembla passer naturellement entre eux, le disque d'Emmanuelle initialement prévu en solo se transforma en disque sous la bannière commune de "l'épée". Le style reste le même qu'avec l'étiquette Limiñanas. Ce sont les mêmes guitares, …

The Cure, Johnny Marr, Kompromat - festival Rock en Seine - 23 août 2019

Après une programmation assez incompréhensible pour un festival rock l'an passé qui s'était soldée par une baisse de sensible de la fréquentation, Rock en Seine revenait aux affaires avec The Cure en tête d'affiche. La formation de Robert Smith a même été annoncée près d'un an avant l'événement, histoire de faire monter la sauce. Sauf qu'au final, le reste de l'affiche n'est pas à la hauteur de l'attente. Ça se confirme avec les différents concerts de l'après-midi. On navigue à vue entre les différentes scènes, essayant de trouver du son à notre goût. Les belges de Balthazar ont l'air sympas mais leur musique, sans être désagréable, ennuie un peu. Les jeunes Rouennais de MNNQNS ont l'attitude, le son mais pas les chansons. Un poil prétentieux en plus. Nous nous tenons à distance, profitant du stand Fourme d'Ambert - bah oui, pourquoi pas ? -, le temps du concert de leurs voisins normands de We Hate You Please Die, mais nos oreilles …

Tropical Fuck Storm - Braindrops

Depuis quelques jours, c'est bien simple, je n'arrive pas à me défaire de ce morceau : "The Planet of Straw Men", manifeste anti-réseaux sociaux des Australiens de Tropical Fuck Storm. Mais que veut dire ce "coup de gras" dont il est question dans son refrain ? Une réception impromptue d'un morceau de couenne de jambon au beau milieu de la figure ? Une addiction soudaine au McDo ou autres kebabs ? Une mandale délivrée inopinément par une personne obèse ? Ou tout simplement une faute d'orthographe et de prononciation d'une expression bien de chez nous, mal transposée dans la langue de Shakespeare ? Il semble bien qu'il s'agit de notre "coup de grâce", comme une victoire par KO. C'est bien l'effet que m'a fait la musique de ces énergumènes-là. Pas décidés à croire que le rock est mort, qu'il n'y a plus rien à dire dans le domaine, Tropical Fuck Strom ne baisse pas les bras et continue la bataille, envers et c…

Metronomy, The Growlers, Pottery, Deerhunter - La Route du Rock, le Fort Saint-Père - 17 août 2019

A la mi-août, nous avons notre rendez-vous annuel avec la Route du Rock. Une soirée choisie parmi les 4 proposées (3 en extérieur, 1 à l'intérieur) de manière honteusement subjective car difficile une fois de plus de ne pas trouver à chaque fois matière à réjouissances. Tant pis pour le trio bruitiste Idles / Fontaines DC et Black Midi, les revenants Stereolab ou le méga-show de Tame Impala du jeudi, pour l'electro-pop de Hot Chip, le folk psychédélique de Tim Presley, le rock à la sauce turc de Altin Gün du vendredi ou les brillantes folkeuses du mercredi. Pas sûr qu'on ait fait le mauvais choix en terme musical, par contre pour la météo, c'est autre chose. C'est bien simple, nous avons eu de la pluie toute la soirée ou presque. Pas de la grosse pluie, plutôt ce qu'on appelle du crachin breton. Un truc qui mouille sans véritablement tremper, même après plusieurs heures. Nous sommes arrivés du coup, pas trop tôt, voulant optimiser notre temps de mouillage. Han…

The Comet is Coming - Trust in The Lifeforce of Deep Mystery

Ça devait arriver, les vacances aidant, je me mets à écouter du... jazz. Enfin, pas complètement, pas seulement. La musique des anglais de The Comet is Coming est difficile à classifier. Le trio est composé de Shabaka Hutchings au saxophone pour la touche jazzy, Dan Leavers aux claviers pour la touche électronique et le batteur Max Hallett pour le rythme parfois démentiel de l'ensemble, notamment sur les irrésistibles "Summon the Fire" et "Super Zodiac". On y entend juste la rappeuse anglaise Kate Tempest sur "Blood of the Past" où cette dernière vient fustiger le progrès à tout prix, qui nous fait mettre des œillères sur tout, jusque sur notre passé parfois sanglant. Le reste de "Trust in the lifeforce of the deep mystery" est purement instrumental. Le titre un peu pompeux, la pochette où on croit reconnaître la pierre philosophale de "2001, l'Odyssée de l'espace", cette diatribe de Tempest pourraient faire tourner le tou…