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Plastic Mermaids - Suddendly Everyone Explodes

Les sirènes en plastique, voilà un drôle de nom de groupe qui annonce la couleur. Pas de femmes pourtant à l'horizon puisque la formation compte dans ses rangs pas moins de 5 membres de la gente masculine. Mais la musique des anglais originaires de l'île de Wight semble, telles des sirènes, irréelle. C'est une pop comme on n'en fait plus, Arcade Fire à leur début, Mercury Rev, Flaming Lips ou Grandaddy il y a dix-quinze ans. Une inspiration plus outre Atlantique qu'outre Manche donc, même si on pense aussi aux excellents travaux solos de l'ex-Coral, Bill Ryder Jones. Il paraîtrait que leurs concerts ressemblent à ceux de la bande de Wayne Coyne, comme une fête d'anniversaire régressive.
Si leur premier album "Suddendly Everyone Explodes" - en référence au "Suddendly everything has changed" du chef d'oeuvre "The Soft Bulletin" qui fête au passage ces vingt ans cette année ? - n'est peut-être pas à la hauteur de ses glor…
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DEHD - Water

Ils sont trois, nous viennent de Chicago et ont déjà roulé leur bosse à travers différents groupes. Ce n'est pas sûr que leur nouvelle association nommée DEHD rencontre plus de succès que leur précédentes. Leur musique est une sorte de pop lo-fi qui privilégie la mélodie, quitte à terminer les chansons en moins de 2 minutes, si celle-ci se suffit à elle-même. C'est simple, rapide, efficace, même si ce n'est pas vraiment novateur. Jusque là, rien qui ne dépasse de quantités de formations indépendantes américaines. Et puis, je suis tombé sur le clip de "Lucky", une sorte d'objet non identifié, à visionner au trente-sixième degré avec un danseur déguisé en drag queen, du nom d'Alex Grelle, complètement hallucinant. On hésite entre le grotesque, le génie ou le grand n'importe quoi. On se surprend à le repasser en boucle, d'autant qu'il ne dure pas trois minutes, à vouloir imiter la chorégraphie. Puis, la musique commence à nous trotter dans la tê…

Jungstötter - Love Is

"Love is" est sorti une première fois en février dernier mais il bénéficie cette semaine d'une parution à plus large échelle par l'intermédiaire de PIAS Music. C'est l'oeuvre d'un jeune artiste allemand, autrefois membre du groupe Sizarr et qui officie désormais en solo. La musique et surtout la voix fait indéniablement penser à celle du regretté Scott Walker ou de Antony Hegarty, en moins maniérée. Jungstötter signifie jeune bégaiement, comme si le chanteur avançait, pas sûr de lui, alors qu'on sent déjà une belle maîtrise. Il est accompagné en tournée par la jeune et talentueuse autrichienne Anja Plaschg, plus connue sous le pseudo de Soap and Skin dont il fait la première partie. On pourrait les voir comme des frère et sœur de cœur, tellement ils naviguent dans les mêmes eaux.  On pense aussi à Konstantin Gropper, alias Get Well Soon, comme une même famille, adepte d'une pop de chambre, mélancolique, romantique et universelle, capable de passe…

Clinic - Wheeltappers and Shunters

Voilà un groupe que je prends en cours de route, n'ayant pas du tout suivi les débuts, à l'orée du vingtième et unième siècle. Ils sont anglais, originaires de Liverpool, berceau de la pop musique, mais c'est pourtant du côté du Pink Floyd de Syd Barrett qu'il faut chercher l'influence principale. C'est bien simple, on croirait l'entendre sur chacun des douze (courts) morceaux de ce nouvel album. "Wheeltappers and Shunters" est déjà leur huitième disque mais le premier depuis 7 ans, comme si pour une fois, le groupe avait eu besoin de temps, pour proposer quelque chose de neuf. Le titre fait référence à une émission télévisée anglaise des années 70, décennie dont la musique est aussi fortement inspirée. Une certaine Nana Mouskouri s'y est d'ailleurs produite. Ade Blackburn, le chanteur de Clinic, avoue avoir voulu à travers cet album désacraliser cette période qu'on disait libertaire et heureuse, en comparaison avec l'époque actue…

Built To Spill (+Slam Dunk) - Paris, La Maroquinerie - 4 mai 2019

Deuxième concert en 3 jours, toujours à la Maroquinerie. Cette fois-ci, ce fut plus rock et plus viril. D'abord, les Canadiens de Slam Dunk, au look complètement improbable. Le chanteur guitariste ressemble à Bernard Campan des Inconnus sur "C'est toi que je t'aime vachement beaucoup". D'ailleurs, les blagues potaches du groupe accentuent encore mieux la caricature et le mimétisme. Son copain guitariste lui, est affublé d'une chemise qu'on dirait dénichée chez Kiloshop, sans parler de sa coupe de Playmobil. Bref, tout ça ressemblerait à un canular s'ils ne nous cassaient pas en plus les oreilles. Ça braille, ça saute dans tous les sens, ça se balance des médiators, ça se fait des private jokes. Bref, c'est pas pour faire nos rabat joies mais avec maman, on n'a pas du tout adhéré. J'avais même peur, qu'il m'arrive la même mésaventure que  le chanteur à l'écoute de cette musique : perdre mes dents... Voyant une partie du pub…

Weyes Blood (+Discovery Zone) - Paris, La Maroquinerie - 2 mai 2019

Après une longue période d'abstinence, nous revoici maman et moi de sortie pour un concert, celui de celle qui s'annonce comme la nouvelle reine de la scène indie-folk : Natalie Mering, alias Weyes Blood. Le concert est complet depuis de nombreuses semaines. On ressent une impatience curieuse parmi l'assistance. Pas facile donc pour Discovery Zone, en première partie, de capter l'attention, d'autant que sa musique presqu'entièrement enregistrée n'est pas des plus faciles d'accès. On sent une volonté d'expérimentations, mais il manque l'essentiel : de vraies chansons. Le contact avec le public reste froid et distant jusqu'à ce que la jeune femme se décide à échanger, expliquant que puisqu'elle n'a pas encore sorti le moindre disque, elle n'a encore rien à vendre. Par contre, elle dispose d'une sorte de livre d'or où chacun peut y écrire quelque chose. À défaut d'être vraiment emballé par sa musique, cela la rend au mo…

The Dream Syndicate - These Times

Le Dream Syndicate de Steve Wynn est ce genre de groupes qui a toujours oeuvré dans l'ombre. Parce qu'il n'est pas né à la bonne époque, trop tard pour faire partie du mouvement punk new-yorkais de la fin des années 70, avec Television, Patti Smith ou The Feelies; trop tôt pour être associé aux prémisses du grunge, avec Sonic Youth, Pixies ou Nirvana. Parce qu'il n'est pas né au bon endroit non plus : pas à New-York justement mais en Californie où ce genre de musique n'est pas coutumier. Leur style a quand même été associé à ce qu'on a appelé le Paisley Underground dont ils étaient considérés comme les têtes de file. N'empêche parmi ce mouvement, ce sont les Bangles qui arriveront seules à tirer leur épingle (commerciale) du jeu, privilégiant un son plus arrondi et pop. The Dream Syndicate est apparu au début des années 80 avec le magnifique "The Days of Wine and Roses" et a mis une première fois un terme à son aventure à la fin de la même dé…