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Articles

Tara King Th. - Mathématique

Il m'aura fallu ce confinement pour connaître enfin cet homme et son label. Comme quoi, il n'est jamais trop tard. Tara King Th, en référence au personnage de "Chapeau melon et bottes de cuir", c'est Ray Borneo, anagramme de Arnaud Boyer de son vrai nom. L'homme est aux manettes d'un petit label auvergnat Petrol Chips. En plus de ses oeuvres multiples sous divers noms et formations, on y retrouve notamment le dernier album, "2029" de Gontard! Triste coïncidence, on a d'ailleurs eu des nouvelles de la ville de ce dernier, Romans-sur-Isère (ou "Gontard-sur-Misère" c'est selon) par l'intermédiaire d'un sordide fait divers. Au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, où officie Arnaud Boyer, pas d'informations particulières, hormis le fait que la dernière élection municipale n'a pu désigner de vainqueur dès le premier tour suite à la retraite politique de la maire sortante, Eliane Wauquiez-Motte qui n'est autre que …
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Sorry - 925

Attention, talent, comme nous dirait la Fnac ! Parce qu'en période de confinement, plus que d'habitude, il faut faire gaffe, des fois qu'on les raterait, hein, les talents, les trucs nouveaux, "hype", vraiment importants, ça serait dommage. Alors je suis sympa, je vous tiens au jus. Sorry est un jeune groupe anglais originaire du nord de Londres. Il est mené par un couple d'amis d'à peine plus de vingt ans : Asha Lorrenz et Jasper Cable-Alexander. Leur premier disque "925" est signé sur l'indispensable label Domino Records, et pourrait rapidement devenir un classique de notre époque. Les textes évoquent étonnamment le "Mad World" des Tears for Fears sur le premier titre "Right Round The Clock". Quand les premiers nous disaient gravement "And I find it kind of funny. I find it kind of sad. The dreams in which I'm dying are the best I've ever had". Les seconds, goguenards, répondent "I'm feeling …

The Electric Soft Parade - Stages

Voilà bien un groupe de losers patentés. Arrivés trop tard au début des années 2000, avec leur brit pop en plein retour du rock à guitares un peu sales et l'avènement de tous ces groupes en "The". Leur premier disque "Holes in the wall" tient malgré tout encore très bien la route aujourd'hui, plus que nombreux autres du même style parus une décennie plus tôt. Si celui-ci a connu son petit succès, la suite ne fut pour les deux frères White qu'une longue descente dans l'anonymat de l'indie pop anglaise. "Stages", leur nouvel album est sorti en tout début d'année, et c'est peu dire qu'il n'a pas fait parler de lui. Pourtant, il ferait un excellent disque de la semaine du 10 janvier à retardement. On retrouve le même savoir faire avec des chansons et des mélodies étirées cette fois au maximum : 7 morceaux seulement, souvent de plus 7 minutes. "On your own" en fait même plus de 12. Mais jamais cela ne paraît long.…

Rustin Man - Clockdust

Il lui avait fallu dix-sept ans pour donner suite au sublime "Out of season" en duo avec Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead. "Drift Code" sorti l'an dernier, sous le seul nom de Rustin Man et sous haute influence du dernier Bowie et de Robert Wyatt, avait séduit ici même, parvenant à figurer parmi mes dix disques préférés de 2019.  On ne s'attendait pas à le retrouver aussi rapidement. Un an après, Paul Webb, ancien bassiste de Talk Talk, remet donc le couvert avec ce "Clockdust", dans la continuité du précédent. Ce n'est pas étonnant puisqu'il s'agit en fait de chansons écrites durant les mêmes sessions d'enregistrement, c'est-à-dire avant le décès de son ancien compagnon de route, Mark Hollis en février dernier. On y entend, peut-être inconsciemment, davantage de noirceur que dans "Drift Code". Ce délai succinct entre les deux albums est aussi sans doute liée à la perte récente de son ami, comme une envie sou…

Baxter Dury - The Night Chancers

Sacré Baxter Dury ! Toujours ce même humour typiquement british, ce sens inné de l'absurde. Commencer un album par "I'm not your fucking friend" pour finir par "Baxter loves you" chanté par l'habituelle accompagnatrice Madelaine Hart, il fallait y penser. Personne d'autres n'aurait eu l'idée. "The Night Chancers" ne bouleverse pas la donne. On est en terrain connu. On retrouve le même côté crooner décalé à l'accent cockney traînant, les mêmes mélodies accrocheuses, le même son direct et efficace, plus travaillé qu'il n'y paraît avec la présence de quelques cordes, la même concision - 10 morceaux, à peine 30 minutes en tout -, les mêmes choeurs féminins apportant la touche délicate et raffinée. On pense donc toujours à Gainsbourg, en dandy un peu branleur mais talentueux.
Après la déception amoureuse de "Prince of Tears", Dury est reparti au front, pas toujours très subtilement, comme dans le clip du bien nomm…

Porridge Radio - Every Bad

Après la douceur et la quiétude des Saxophones, il fallait bien durcir le ton. On sait que ça ne va  pas être une partie de plaisir, de se retrouver interné malgré soi. On n'est pas fou mais on pourrait le devenir, d'autant que dehors, le soleil absent depuis de nombreux mois, arrive juste à point nommé pour nous narguer. "Every bad", c'est noir, mais on sait que ça ne sera pas simple. Porridge Radio, avec un nom pareil, ne pouvait nous venir que de l'autre côté de la Manche, qui plus est de la station balnéaire de Brighton. Pas forcément l'endroit le plus propice aux crises existentielles. On sait encore plus aujourd'hui qu'il est toujours plus agréable d'être coincé près de la mer. Dana Margolin est la principale artisan de la musique de Porridge Radio. Si ce disque ressemble à son cerveau, on pourrait se poser des questions sur l'état mental de la jeune femme. Chaque titre ou presque joue aux montagnes russes, pour nous surprendre sans…

The Saxophones - Eternity Bay

Nous voilà tous confinés, contraints de rester à domicile, pour lutter contre un maudit virus. Tous ensemble mais tous séparés. L'occasion de s'occuper différemment : de lire, regarder des séries, des films, et puis d'écouter encore plus de musique. Les Saxophones. Ce couple américain à la scène, comme à la ville. Lui, Alexi Erenkov, a des origines russes mais il est impossible de l'entendre dans sa musique. On pourrait penser à l'excellente série "The Americans" qui narre l'histoire d'un couple d'espions russes infiltrés dans une paisible bourgade américaine. Ils ont deux enfants et ressemblent de l'extérieur au modèle de la parfaite famille à l'américaine. On se demande, tout au long des 6 saisons qui montent crescendo, quand leur voisin, agent du FBI, découvrira le pot aux roses. Mais les Saxophones ne sont pas du genre à tricher, même si l'instrument leur servant de nom - Erenkov a beaucoup pratiqué le saxophone étant jeune - …