lundi 14 décembre 2009

Mes indispensables : Nick Drake - Five Leaves Left (1969)


En attendant de vous faire part de mon top de l'année 2009 en terme de meilleurs chansons et albums - cela commence d'ailleurs à se préciser -, retour comme tous les lundis sur ma liste de classiques, de disques indispensables et celui dont je vais vous parler aujourd'hui, l'est peut-être encore plus que les autres. Indispensable. Parce que c'est un chef d'oeuvre. Point barre. Et qu'à cela, on ne peut rien y faire. Et quand on pense que ce type a pondu un truc pareil à 21 ans, cela fiche même un peu les jetons, paraît complètement impensable aujourd'hui, en 2009. Mais c'était une autre époque : 1969. Une époque où les jeunes gens avaient le temps. Le temps de se poser, d'apprendre tranquillement, d'être confronté à eux-mêmes, de ne pas être noyés dans une société de consommation à outrance, qui, à force de délivrer des flots d'informations plus ou moins vraies, empêche au commun des mortels toute réflexion digne et sensée. A trop savoir, on ne sait rien finalement. Nick Drake, lui, sans doute, en savait moins. Mais ce qu'il savait, il le savait bougrement bien. Quel jeu de guitare ! Quelle poésie dans les textes ! Quelle douceur dans cette voix ! Et puis que dire de ces arrangements ... Bon, ok, là-dessus, il a été grandement aidé par un dénommé Robert Kirby, décédé cette année justement. Mais le plus incroyable, c'est que Nick Drake, à l'époque, n'a rencontré aucun succès. ou presque. A l'image du Velvet Underground. Trop attachés qu'on était alors, avec les Beatles, les Rolling Stones ou autre Dylan. La vie est injuste parfois, car... "Five Leaves Left" est pour moi le disque de folk ultime, la référence absolue, insurpassable. Une espèce d'Everest insurmontable.
Par exemple, la mélodie de "The Thoughts Of Mary Jane" est une merveille de délicatesse. Et une fois qu'on a craqué dessus, les textes finissent de nous achever par leur incroyable poésie. Cette chanson entre autres me fait pleurer à chaque nouvelle écoute. Inévitablement. Et que dire des "River Man", "Time Has Told Me", "Day Is Done", etc. Drake publiera encore deux autres albums, qui, s'ils me font moins d'effet que celui-là n'en demeurent pas moins des classiques instantanés. Redécouverte sur le tard, sa musique fait depuis l'objet d'un culte de plus en plus important et on ne compte plus désormais le nombre d'artistes y puisant leur source d'inspiration. Nick Drake est mort à 26 ans. Beaucoup trop tôt. Mais sa musique et l'émotion qu'elle suscite sont éternelles.

Jolie mise en image de "River Man" :



Who can know
The thoughts of Mary jane
Why she flies
Or goes out in the rain
Where she's been
And who she's seen
In her journey to the stars.

Who can know
The reason for her smile
What are her dreams
When they've journeyed for a mile
The way she sings
And her brightly coloured rings
Make her the princess of the sky.

Who can know
What happens in her mind
Did she come from a strange world
And leave her mind behind
Her long lost sighs
And her brightly coloured eyes
Tell her story to the wind.

Who can know
The thoughts of Mary Jane
Why she flies
Or goes out in the rain
Where she's been
And who she's seen
In her journey to the stars.

(The Thoughts Of Mary Jane - Nick Drake - 1969)

mercredi 9 décembre 2009

Blog en jachère et ... bonnes résolutions pour 2010


Et oui, la fin de l'année approche à grand pas et forcément avec elle, son cortège de bilans en tout genre. Pour un blog musical, il y a donc le passage obligé des tops albums et top singles. Ceux-ci viendront ici à point nommé juste avant les fêtes, c'est-à-dire la semaine du 21 décembre. En attendant, ce blog ne vivra plus vraiment ou presque, me laissant soigneusement le temps de faire le tri dans tout ce que j'ai pu entendre cette année. De meilleur, bien sûr. Je n'atteindrai donc pas les 150 chroniques de disques pour 2009, mais 140 est déjà un bon chiffre, et puis il y a aussi tous les disques sur lesquels j'ai pu jeter une oreille et qui n'apparaissent pas. Pour 2010, je l'ai déjà dit dans un commentaire de post, j'ai prévu des modifications dans la gestion quotidienne de ce blog. Bien sûr, les indispensables continueront d'exister chaque lundi, mais il y a aura moins de chroniques de nouveaux disques : une seule par semaine seulement. Et forcément, cela correspondra à un disque que j'apprécie. Aussi, il n'y aura plus de note, car je m'aperçois en réécoutant les albums de l'année 2009, que les notes correspondent souvent à une humeur du moment et pas forcément à un truc fonctionnant sur la durée - ce qui veut dire qu'il devrait y avoir des surprises dans mes tops 2009 (eh eh eh!) J'essaierai aussi pour 2010 de faire une chronique hebdomadaire au ton un peu humoristique dans la lignée de mes chroniques honteuses du vendredi, mais peut-être moins personnelle et plus concentrée sur l'actualité, qu'elle soit musicale ou non. Et puis, pourquoi pas, de temps en temps, partir à la découverte de trucs complètement nouveaux, français sans doute, dont personne ou presque ne parle encore et que j'apprécie particulièrement ? MySpace, par exemple, est un formidable outil pour cela. Voilà où en est ma réflexion actuellement ... De toute façon, de manière générale, il y aura moins de posts, ils seront plus fouillés. Car, finalement, cela prend encore plus de temps et d'énergie de faire de la quantité que de la qualité. Voilà déjà mes résolutions pour 2010 ... En attendant, patience, patience et retour le 21 décembre normalement, même s'il devrait y avoir un autre "indispensable" lundi prochain.

lundi 7 décembre 2009

Mes indispensables : The Strokes - Is This It ? (2001)


Cette fois-ci, c'est encore un album archi-connu de l'immense majorité des fans de rock indie dont je vais parler dans ma rubrique "Mes indispensables". Le genre de disques sur lequel cela ne sert à rien de revenir car tout le monde ou presque c'est déjà fait un avis dessus, bon ou mauvais. Mais, tant pis, je vais quand même vous en parler, en espérant y rajouter une touche un peu personnelle. Il s'agit donc du premier album des Strokes, dont on reparle pas mal en ce moment, en pleine période des tops et autres classements de la décennie finissante. Car, s'il est un album qui fait l'unanimité dans la presse rock parmi les classiques des années 2000, c'est bien ce "Is This It ?". Classique peut-être plus pour le mouvement qu'il a en partie engendré (le retour du rock à guitares et l'émergence de tout un tas de groupes en "The") que par sa qualité intrinsèque diront les mauvaises langues. Pour ma part, je dois bien admettre que le soufflé est quand même un peu retombé depuis 2001 et que l'album, que je prenais en très haute estime à l'époque, est sans doute redescendu à sa vraie valeur, c'est-à-dire quand même un excellent disque de rock, dans la lignée des meilleurs groupes du genre issus de la scène New-Yorkaise, du Velvet Underground à Television. Depuis, les Strokes ont du mal à reproduire ce coup de maître, en témoigne le très moyen dernier disque de leur chanteur en solo, même si leur deuxième album "Rooms On Fire" était encore plus qu'honorable. Malgré tout, ce groupe aura toujours pour moi une saveur un peu particulière, un parfum de nostalgie. Comme Suede à son époque, je l'ai pris comme une grosse claque, une vraie révélation, le genre de truc évident, qui sonne nouveau tout en étant, en même temps, bourré de références. "Is This It ?", c'était la réconciliation entre tous les fans de rock, du plus couillu et bourrin ou plus excentrique et mélodique. L'attitude et l'altitude. Et pour une fois, là-dessus, j'étais donc raccord avec les goûts de mon entourage. Et forcément, quand il y a partage de goûts et de valeurs communes, il y a rapprochement, mais cela est une autre histoire. Plus personnelle ;-)
J'ai appris récemment que le groupe devrait refaire surface l'année prochaine avec un éventuel quatrième disque et surtout une nouvelle tournée. Comme je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler quelqu'un de fidèle en matière de musique - à quelques rares exceptions près, bien sûr -, cet événement ne m'intéresse déjà plus. J'étais à la Mutualité pour leur première venue parisienne, puis au Zénith après la sortie du deuxième album. Les Strokes y avaient fait des sets courts, propres et impeccables, à l'image de leur disque. Posés et pas poseurs contrairement à ce que pourraient en dire leurs détracteurs. Mais, comme pour la plupart des groupes rock, je ne me suis attaché à eux que par l'intermédiaire d'un seul disque et c'est souvent, comme ici, le premier. Tout y était déjà parfaitement en place. La suite ne pouvait être que décevante et répétitive.

Clip de "Last Nite" :


Clip de "Someday" :


Clip de "The Modern Age" :


Clip de "Hard To Explain" :

vendredi 4 décembre 2009

The Mountain Goats - The Life Of The World To Come

Nouvelle chronique rapide pour un nouveau disque encensé chez Pitchfork. Ben oui, je dois bien admettre que ce site américain est une de mes principales sources de découvertes musicales. Pourtant, les Mountain Goats ne sont pas ce qu'on pourrait appeler un nouveau groupe. "The Life Of The World To Come" est quelque chose comme leur douzième album : rien que ça ! Et je dois dire qu'une fois de plus, je ne partage pas du tout l'enthousiasme de certains concernant ce disque. C'est comme ça, mais ce genre de trucs m'ennuie profondément. C'est largement folk - une fois de plus, ça commence à bien faire -, ce n'est pas vraiment mélodique, le chanteur a une voix assez banale, ça ne fiche pas vraiment la chair de poule. Non, je ne comprends pas l'intérêt que l'on peut attacher à ce genre de musique assez froide et distante même si appliquée. Les titres sont aussi inspirés de passage biblique. Pas grand chose pour me plaire au bout du compte ... Je crois que là-dessus, je vais peut-être définitivement perdre un lecteur. (Site officiel)

5/10

jeudi 3 décembre 2009

Neon Indian - Pyschic Chasms


Aujourd'hui et sans doute jusqu'à la fin de l'année, vous aurez droit à des chroniques rapides des nouveaux disques. Pourquoi rapide ? Parce que c'est déjà bientôt l'heure du bilan annuel et que tout ça, ça se prépare : réécoute des meilleurs disques de 2009, réévaluation à la hausse ou à la baisse suivant le cas. Bref, il s'agit ici d'un nouveau groupe new-yorkais bien apprécié chez Pitchfork qui fait de la musique un peu comme Phoenix en plus électro ou Daft Punk en plus pop, avec les synthés vintage de rigueur au son un peu cheap. C'est pas mal, assez mélodique et sympathique parfois comme sur le simili-tube "Deadbeat Summer", mais pas franchement renversant. Léger et éphémère comme un disque d'été. Pas la bonne saison, quoi ! (MySpace)

6/10

mardi 1 décembre 2009

Dead Man's Bones - Dead Hearts

Décidément aujourd'hui, je suis insatiable. Voici le clip extrait du premier disque des extravagants et formidables Dead Man's Bones. Et où il est forcément question de morts. "Dead Hearts" :

Dead Man's Bones - Dead Man's Bones


Halloween ? Tim Burton ? La musique des Dead Man's Bones fait indéniablement penser à tout ça. Et à Arcade Fire aussi. Référence incontournable de tout un pan de la musique rock actuelle. Forcément, il y a un canadien derrière tout ça, acteur qui plus est. Et de "Funeral" aussi il est question ici, il n'est même question que de ça. Mais des funérailles souvent joyeuses, guillerettes, avec des choeurs d'enfants dedans et des mélodies dans tous les coins. Alors, oui, ça pertube, car le fil conducteur n'est pas évident. Les morceaux se suivent, se ressemblent pourtant, mais ont toujours tendance à un moment donné, à dévier de leur trajectoire initiale. Pas grave car c'est assez agréable de se perdre dans ces méandres-là, parfois un peu dans l'esprit du premier disque des allemands de Get Well Soon. Sans conteste, un des meilleurs disques de ces derniers mois et un concurrent potentiel au classement de fin d'année. Arcade Fire en plus drôle ou plus morbide, c'est selon.(site officiel)

8/10

Chroniques :
Les Inrocks
Fluctuat.net
Wow Magazine