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Articles

Odessey & Oracle - Crocorama

Un groupe qui s'appelle du nom du chef d'oeuvre sixties des Zombies ne peut être foncièrement mauvais. Mais de telles références imposantes pourraient tétaniser par peur de ne pas être à la hauteur ou faire croire que la formation lyonnaise un peu présomptueuse pense boxer dans la même catégorie. D'autant que les premiers albums du groupe sont chantés essentiellement dans la langue de Shakespeare, accentuant le désir inconscient de comparaison. Cette fois-ci, tout est en français. Les paroles sont soit surréalistes, soit politiques, le groupe trouvant enfin son style. Les belles mélodies se comptent à foison, avec une fantaisie omniprésente et un charme désuet ouvertement assumé ("Ferdinand l'Albigeois"). Elles nous ramènent au meilleur de la variété-pop orchestrée des années 70. La musique d'Odessey and Oracle n'a rien à voir avec son époque. Pourtant, un titre comme "Crocorama", donnant son nom à l'album, distille un message politique…
Articles récents

Chansons de la semaine - épisode 6 (16/10/2020)

Une fois n'est pas coutume, les chansons ne correspondent pas aux nouveautés de la semaine mais à la programmation d'un festival, Les Transmusicales de Rennes qui devraient avoir lieu du 2 au 6 décembre, si la capitale bretonne ne subit pas de couvre-feu d'ici là. Le line-up est cette année resserré, covid obligé, mais n'en oublie pas de garder son côté défricheur. J'ai humblement essayé de ressortir 10 artistes parmi les 42 programmés, ceux qui m'ont le plus tapé dans les oreilles. On commence par l'italien Andrea Laszlo de Simone et sa pop orchestrale dans la lignée de celle de son auguste aîné Lucio Battisti dans les années 70. Ensuite, vient la jeune anglaise Billy Nomates, comme une version plus mélodique et féministe des Sleaford Mods. Donna Blue, c'est un duo néerlandais qui aurait trop regardé Lynch et trop écouté Badalamenti. Faux Real fait partie de ces improbables formations dont les Transmusicales sont friands, moitié français, moitié améric…

The Apartments - In and Out Of The Light

Dans et en dehors de la lumière, voilà le titre du nouveau disque de The Apartments, au plutôt du Peter Milton Walsh. Cet homme que l'on suit depuis ses débuts au milieu des années 80 et dont la carrière est plutôt synonyme d'ombre que de lumière. L'ombre, le chagrin inconsolable, il l'a connu personnellement en 1999, à la mort de son fils. Qu'y-a-t-il de plus triste que de perdre un enfant ? Le chanteur avait alors disparu des radars pendant une quinzaine d'années pour revenir en 2015 avec "No Song, No Spell, No Madrigal" paru sur le label Microcultures, qui propose en même temps à tout un chacun de participer à la conception de l'album. Cela a permis à l'Australien de se savoir soutenu, surtout par ses fans français, en tête desquels l'ex-journaliste des Inrocks Emmanuel Tellier, chanteur au sein du groupe 49 Swimming Pools à ses heures perdues. Le disque des Apartments contenait au moins un titre sublime, d'une tristesse absolue, &q…

Barbara Carlotti - Corse, île d'amour

Le confinement a été l'occasion pour beaucoup de se ressourcer, de retrouver ses racines, de se rapprocher de sa famille, des siens. Barbara Carlotti n'a pas fait exception à la règle, puisque c'est exactement le thème de son dernier disque, "Corse, île d'amour". Et oui, pour ceux qui ne savaient pas, la chanteuse, même si elle est née en banlieue parisienne a des origines corses par son père (d'où son nom). Ce nouvel album est essentiellement composé de reprises, même de son propre répertoire, comme la très belle "Ici" issue du bien-nommé "l'idéal" de 2008. Pour l'avoir entendue chanter le "Que je t'aime" de Johnny en concert, je savais que Barbara Carlotti n'avait pas de tabous concernant le répertoire de la chanson française. Elle le confirme ici avec du Enrico Macias ("Solenzara"), Fernandel ("Le Tango Corse") et forcément Tino Rossi ("Ô Corse, île d'amour"). Une fois qu&#…

Chansons de la semaine - épisode 5 (09/10/2020)

On commence la sélection des chansons de la semaine avec Orouni qui accompagne sa chanson "No News is bad news", extraite de son disque "Partitions" sorti déjà l'an dernier, d'un beau clip entre Paris et la Corse. Sa pop est à l'image du titre de la chanson, hors des sentiers balisés, s'autorisant des sonorités empruntées aux quatre coins du monde. Ensuite, c'est un retour, celui de King Creosote, dont on était sans nouvelles depuis le formidable "Astronauts meet Appleman" en 2016, avec notamment ce "Susie Mullen" aux étonnants accents électro tribale. Le légendaire John Cale, lui, ne s'est jamais vraiment arrêté et sort un single, "Lazy Day", en référence à tous ces jours de confinement que nous avons dû subir passivement. On pense au Bowie de "Blackstar". Buck Meek, c'est le guitariste du groupe Big Thief. On pensait que la formation tenait essentiellement grâce au talent de son auteur-interpètre…

Chansons de la semaine - épisode 4 (02/10/2020)

Episode 4 : le choix reste pléthorique. La reprise de la semaine est servie cette fois par le classieux Andrew Bird pour un disque de Noël, avec le classique "Andalucia" de John Cale. On retrouve dans cette nouvelle sélection peu d'habitués de ce blog, hormis la corse Barbara Carlotti, pour un retour à ses racines. "Ici", chanson déjà présente sur son disque de 2008, "L'idéal", est reprise avec un chanteur du cru. Andy Shauf sort un nouveau clip "Clove Cigarette" tiré de son dernier album en date, "The Neon Skyline". Les filles de Goat Girl reviendront en 2021 avec un nouveau disque. En attendant, elle propose l'excellent "Sad Cowboy", preuve qu'elles devront confirmer le petit succès d'estime de leur premier album éponyme. D'autres canadiens, cette semaine, avec les expérimentés Plants and Animals d'un côté pour "Love That Boy", un titre impeccable, et les jeunots excités de Kiwi Jr de l…

Hen Ogledd - Free Humans

Vendredi dernier la concurrence était rude dans les sorties de la semaine. Jugez plutôt : Fleet Foxes, Sufjan Stevens, Sophia, Idles, Bob Mould, Thurston Moore, et j'en passe. Et pourtant, mon préféré est le "Free Humans" de Hen Ogledd, qui signifie "Le vieux nord" ("The old north") en gallois. Hen Ogledd, c'est comme si Robert Wyatt faisait des reprises de ABBA. Oui, je sais, dis comme ça, ça parait assez improbable comme rencontre. Richard Dawson, le leader - aussi actif en solo - a des faux airs de l'ancien batteur de Soft Machine, que aussi bien physiquement que vocalement. De plus, ils sont quatre, deux hommes et deux femmes, comme les célèbres suédois. 
Ce nouvel album est rempli à ras bord (près de 80 minutes !) de chansons en tous genres, certaines faciles d'accès et à la mélodie immédiate ("Farewell", "Trouble", "Crimson Star", "Space Golf", etc), d'autres beaucoup moins évidentes ("…