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Rolling Blackouts C.F. - Hope Downs

Après Boy Azooga, voilà un autre disque de nouveaux venus qui m'a gentiment été envoyé sans que j'en fasse la demande expresse (l'avantage de tenir un blog ayant de l'influence, non, je déconne évidemment). Et pour une fois, je dois dire que l'envoyeur(se) connaît mes goûts, car il(elle) a visé on ne peut plus juste. La musique des jeunes Australiens de Rolling Blackouts C.F. - CF pour Coastal Fever, comme ça faisait trop long, ils ont dû réduire. Au passage, quelqu'un sait d'où vient ce nom de groupe à rallonge ? - est pile dans celle que j'aime : des guitares cristallines qui virevoltent, une indie pop radieuse, mélodieuse et un brin jemenfoutiste. On pense aux Feelies, à Mac De Marco, REM, ainsi qu'aux Go-Betweens, aux magnifiques Blank Realm ou au label Flying Nun pour rester plus proches géographiquement parlant.  Leur premier album "Hope Downs" aligne les excellents morceaux voire quelques uns quasi parfaits comme l'imparable si…
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Cosmo Sheldrake - The Much Much How How and I

Il a un nom de magicien voire de super-héros et à l'écoute de ce premier album à nul autre pareil, on se dit que ça lui va plutôt bien. Ce jeune anglais issu d'une famille d'artistes et d'intellectuels, avait sans doute toutes les cartes en main pour tracer sa voix en dehors des sentiers battus. N'empêche, malgré un milieu favorable, peu y arrivent de manière aussi magistrale. Sa musique ne ressemble à de rien connu. Comme si Robert Wyatt avait rencontré Alt-J et Django Django. Et encore, on n'y est pas tout à fait. Ce mot est aujourd'hui souvent galvaudé, mais pour une fois, avec Cosmo Sheldrake, ce n'est pas le cas : on a bien affaire à un artiste, un vrai. Chaque morceau recèle des trésors d'harmonies complexes avec pléthore d'instruments, qui fait que même les amateurs de musique classique peuvent aussi s'y retrouver. Voici donc un disque oecuménique qui devrait réussir à transcender les chapelles, sans que cela paraisse pour autant com…

Boy Azooga - 1 2 Kung Fu!

L'été approche et l'envie d'écrire ici se fait de moins en moins pressante. Mais il suffit d'un déclic pour que ça revienne. Un album reçu sans l'avoir demandé telle une bouteille à la mer. Une divine surprise. Une musique qui sort du lot, différente, qui redonne le goût. Souvent, parce qu'on n'en attendait rien. Boy Azooga répond parfaitement à ces critères. Le groupe est en grande partie l'œuvre d'un jeune gallois, Davey Newington. La musique avec un grand M fait partie de son pedigree puisque ses parents se sont rencontrés à l'orchestre national du Pays de Galles de la BBC - oui, ça existe ! Le résultat est un premier disque qui mélange efficacement une culture musicale de plus de vingt ans (garage rock américain, électro pop anglaise, funk nigérian, krautrock, etc) où jamais les influences n'apparaissent franchement. Si le NME n'existe plus en version papier et même si de toute façon, ça faisait bien longtemps qu'il ne permettai…

Parquet Courts - Wide Awake !

Jusqu'ici, je n'adhérais qu'à moitié, voire pas du tout, à la musique de Parquet Courts qu'on comparaît pourtant volontiers à pléthore de mes groupes préférés (les Feelies, Pavement ou Pixies pour ne citer qu'eux). Et puis est arrivé ce "Wide Awake", leur déjà cinquième disque, que j'abordais donc avec quelques réticences. Pourquoi continuer à écouter un groupe pour lequel je ressens aussi peu d'étincelles ? Parce que j'avais encore l'impression de louper quelque chose, que je devais avoir tort, que toutes ces excellentes critiques ne pouvaient se tromper. Ce nouvel album commence fort : "Total football" en hommage au style pratiqué par l'équipe de football néerlandaise dans les années 70, entraînée par Rinus Mitchell et dont la star sur le terrain était le regretté Johann Cruyff. Les Parquet Courts y parlent même d'un modèle de société qu'on pourrait adopter à la vie de tous les jours. Avec un tel programme, je me …

Tracyanne and Danny - Tracyanne and Danny

Voilà deux artistes qui joignent pour la première fois leurs forces et dont la carrière m'était jusqu'alors à peu près inconnue. Pour le londonien Danny Coughlan, ce n'est sans doute pas surprenant, son ancienne formation, Crybaby n'a jamais rencontré qu'un modeste succès critique. Pour l'écossaise Tracyanne Campbell, c'est différent, son précédent groupe Camera Obscura avait à l'image de leurs compatriotes Belle & Sebastian dont ils avaient en grande partie pris la relève dans une même veine pop mélodique et romantique, leur fan club : de grands adulescents souvent mal dans leur peau. Suite au décès de leur claviériste Carey Lander en 2015, les Camera Obscura se sont malheureusement éteints. Il a donc fallu pour leur chanteuse tourner cette douloureuse page.
Nous voilà maintenant, avec Tracyanne & Danny, en présence d'un duo comme on en rencontre seulement dans nos rêves :  Belle & Sebastian ("Home & Dry") et les Smiths (…

Cut Worms - Hollow Ground

Fin mai, c'est l'heure habituelle du bouclage de la programmation de la Route du Rock collection été. À ce moment-là, les principales têtes d'affiche ont déjà été annoncées. Il ne reste donc plus que les seconds couteaux et des fois, c'est là que surgit la bonne surprise qu'on n'attendait pas. Cut Worms pourrait être celle-là. Sa pop peut d'emblée paraître un poil ringarde et datée, assez proche en cela des premiers Beatles ("She loves you yeah yeah" ou "I Want to Hold Your Hand"), de la sunshine pop californienne et des mélodies à la mode au début des années 60. Près de soixante ans plus tard, on n'en trouve d'ailleurs peu à vouloir reprendre le flambeau. Mais là où Cut Worms se différencie encore plus, c'est par sa belle science des arrangements.
Mark Clarke, le leader du groupe est un perfectionniste, c'est pour cela que ce premier album a mis un peu de temps à paraître. Quelques chansons ont été écrites il y a déjà p…

Courtney Barnett - Tell Me How You Really Feel

Elles ne sont pas nombreuses les chanteuses dans le rock à être capable de se faire un nom aussi rapidement. L'australienne Courtney Barnett en fait indéniablement partie en se montrant avec ce deuxième album et un autre en duo avec le folkeux américain Kurt Vile, à la hauteur des espoirs générés par un premier essai unanimement salué par la critique et les amateurs du genre. Pour ma part, je n'avais pas été complètement convaincu (pourtant, le titre "Sometimes I sit and think and sometimes I just sit" ironique était prometteur) Il m'aura fallu attendre ce "Tell Me how you really feel" sans doute plus pop avec l'imparable "Need a Little Time", assurément un des meilleurs titres de 2018. Pour la musique, c'est toujours inspiré par l'indie rock des années 90, celle de Pavement surtout, avec ce chant légèrement nonchalant, ces guitares gentiment acérées (le presque punk "I'm not your mother, i'm not your bitch" dans…