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Beak - >>>

Dans l'attente de plus en plus improbable d'un nouveau disque de Portishead - étant donné la qualité irréprochable des trois albums disponibles, il sera bien difficile de ne pas décevoir -, Geoff Barrow continue d'officier au sein de Beak avec déjà un troisième album, sobrement intitulé ">>>". On n'imagine pas quand ils en seront à une trentaine s'ils arriveront à mettre autant de fois le même symbole sur la pochette. En tout cas, pour l'instant, ils portent plutôt bien leurs noms, proposant à chaque fois une version supérieure au précédent. Ce dernier est toujours inspiré par le krautrock de Can ou Neu! - "Brean Down" et "RSI" sont à ce titre des exemples parfaits du son Beak - style chéri de Barrow depuis au moins dix ans et le dernier Portishead en date. Le trio a quelque peu changé : Will Young a remplacé Matt Williams.
Il en ressort un disque plus varié qu'à l'accoutumée, avec de plus en plus de voix. "K…
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The Garden - Mirror Might Steal Your Charm

Novembre, c'est bientôt l'heure des bilans de fin d'année et c'est le moment, où, profitant d'une accalmie dans les sorties musicales, on se met à réécouter les disques qu'on avait jusque là un peu délaissés, des fois à raison, d'autres fois à tort. Le dernier album des jumeaux de The Garden m'a dès la première écoute intrigé. Mais c'est la pochette, où l'on voit un clown un peu flippant regardant son double dans le miroir qui avait d'abord attiré mon attention, comme une représentation du groupe lui-même. La musique peut ressembler à du grand n'importe quoi, avec ces petites batteries synthétiques, ce style mi punk, mi rap et ces mélodies pas terminées qui partent tous azimuts. Les frères Shears ont de plus des allures de petits branleurs prétentieux, libres de saccager leurs chansons comme ils l'entendent dès que celles-ci commenceraient à devenir un tant soit peu sifflables sous la douche.  Mais au fil des écoutes, on s'aperç…

Boogarins - Hard Club, Porto - 22 octobre 2018

Maman et moi étions en weekend prolongé à Porto du 20 au 23 octobre dernier. En plus de profiter des derniers rayons de soleil pour 2018, de la cuisine - morue bien sûr mais aussi francesinha, pasteis de nata, etc - et du vin local, nous nous sommes aussi décidés pour un concert. Au départ, nous ne connaissions pas Boogarins, groupe de rock psychédélique brésilien, mais après quelques écoutes sur Youtube, nous nous sommes laissé convaincre. La salle s'appelle Hard Club et se situe dans les halles d'un ancien marché. L'architecture rappelle assez celle des halles de la Villette, en plus petit. Comme son nom l'indique, les photos de groupe affichées dans le couloir séparant les 2 salles de concert montrent essentiellement des formations de heavy metal. Pourtant, la programmation est plus calme : Anna Calvi vient de s'y produire et on attend très prochainement Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra. En résumé, rien de très violent pour les oreilles. On est dans les pr…

Calvin Johnson - A Wonderful Beast

Voilà le retour plutôt inattendu d'un vieux briscard de la scène rock indépendante américaine. Calvin Johnson fut un des précurseurs du genre au début des années 80 avec son groupe Beat Happening et son label K Records. Kurt Cobain, lui-même, s'était fait tatouer un "K" en référence à son admiration pour la musique et le style de Johnson. "A Wonderful Beast", l'album, a été produit par Patrick Carney, membre éminent de The Black Keys. On retrouve ainsi les mêmes guitares teigneuses, les mêmes percussions qui claquent et des synthés brinquebalants. Et la compagne de Carney, Michelle Branch, modeste pop star américaine, sur l'excellent "(I've still got) sand in my shoes".Et bien sûr la voix de parfait crooner de Johnson au phrasé détaché à la Lou Reed, référence incontournable.  Les paroles particulièrement décalées peuvent rappeler celles de Half Japanese par exemple. C'est bien simple, plus on l'écoute, plus on a envie de l…

Dominique A - La Fragilité

Celui-là, j'avoue que je n'ai pas su tout de suite comment l'aborder. Ça ne me parlait pas. Ça ne me parlait plus. Triste de constater que la flamme avec un artiste autrefois adoré était en train de s'éteindre petit à petit, inexorablement. Comme si cela relevait de la fatalité. Que ni lui, ni moi, n'y pouvions plus rien. La distance était devenue inéluctable. Depuis "Eleor" et même un peu avant, le lien s'est quelque peu défait. Un nouveau disque de Dominique A n'était plus un événement. Puis, il m'a suffi de tomber sur une interview du chanteur pour ressentir quelque chose. Comprendre à nouveau. Comprendre où ça se jouait maintenant. Sur un autre terrain. Alors que beaucoup lui reprochent d'être au contraire plus lisible, à travers les paroles de ses nouvelles chansons plus directes, mais aussi à travers ses explications de textes comme dans son dernier livre "Ma vie en morceaux". "La fragilité, ce terme n’est pas forcéme…

Connan Mockasin - Jassbusters

Après un décevant et sirupeux "Caramel", l'atypique Connan Mockasin est de retour avec un troisième album, "Jassbusters". Le Néo-Zélandais redevient cet oiseau rare, proposant une musique que lui seul peut produire : une pop matinée de soul, envoûtante, aux arrangements simples et délicats, avec une voix incroyablement élastique - il semble y avoir plusieurs personnes en lui - qui rappelle tantôt celle de Dan Bejar, le chanteur de Destroyer, tantôt celle de Jeff Buckley ("Momo's"). Ce nouveau disque est un concept album basé sur un film réalisé par l'artiste lui-même. Il raconte l'histoire d'amour entre Bostyn, un professeur de musique, joué par Mockasin et de Dobsyn, un de ses étudiants, joué par un ami d'enfance. A la vue du premier clip "Con Conn Was Impatient" et des perruques improbables portées par les acteurs, on se demande si tout cela est bien sérieux. Si oui, le gars est toujours aussi allumé.
Si "Jassbust…

Thousand - Le Tunnel Végétal

Je sais, j'ai mis du temps à me décider pour ce disque sorti il y a déjà plusieurs mois. Il faut dire que je l'ai longtemps trouvé trop prétentieux. Les paroles surtout, tantôt drôles et décalées ("j'ai lu l'avenir du monde dans ton regard. je jure sur la tête de Robert Ménard"), tantôt volontairement crues ("il était pompier dans un boulard italien"), un brin provocatrices, ou aux références obscures pour beaucoup ("souviens-toi Michniak, tous les disques sont de la merde"), et cette façon nonchalante de chanter, l'air de ne pas y croire tout à fait. Mais de l'autre côté, il y a la musique, impeccable, qui a fini par faire pencher la balance. Il faut dire que Thousand, alias Stéphane Milochevitch est très bien entouré avec entre autres, Syd Matters au clavier ou O à la basse. On pense par moments à Bashung pour les textes imagés, mais en version pop, new wave.  Après plusieurs excellents disques de pop psychédélique chantés en an…