20 mai 2013

Orval Carlos Sibelius - Super Forma

Et si le meilleur disque de pop psychédélique de 2013 était l'oeuvre d'un français ? Oubliez donc la musique un poil trop polie du néerlandais Jacco Gardner, celle de Axel Monneau - oui, oui, c'est le vrai nom du gars qui se cache derrière ce pseudo tarabiscoté - est plus ouvragée, plus lumineuse, plus imprévisible surtout. Et qui d'autre que l'excellent label Clapping Music (Karaocake, Yeti Lane, Clara Clara, etc) aurait pu accueillir ce "Super Forma" azimuté en France ? Comme tout bon disque du genre, la première écoute enchante autant qu'elle déroute. C'est qu'il faut savoir se retrouver dans ce dédale de mélodies, cette jungle de sons. Et puis, petit à petit, les chansons se détachent les unes des autres et font sens. Vous entendrez ici ou , le même enthousiasme sans doute démesuré - à mi-parcours, il y a bien une baisse de régime. Mais quand je vous dis que cette année 2013 constitue déjà un grand cru pour notre cher pays, ce n'est même pas par chauvinisme inconsidéré.
La preuve, je passerai sous silence les deux singles les plus vendus chez nous, le jovial et épicurien "Et quand il pète, il troue son slip" de - j'ai même pas peur - Patrick Sébastien et le un peu toc "Get Lucky" des ultra médiatisés Daft Punk qui vient allégrement pomper dans le disco-funk des années 70. Comme quoi, il reste du chemin à faire, et c'est toujours dans l'ombre que se tapit la plus belle lumière. 

13 mai 2013

Wampire - Curiosity

Vampire, vous avez dit, Vampire ? Non, Wampire, avec un W, comme les deux canines supérieures démesurément longues des vampires, aptes à vous sucer le sang jusqu'à la moelle. Et ce nouveau groupe au look vintage assez improbable, au kitsch semble-t-il revendiqué, est bien composé de deux étonnants lascars. Pas d'accointance avec les vampires du week-end - dont, hasard du calendrier le troisième album au demeurant bien décevant sort la même semaine - , la folie chez eux semble permanente. Ils ont été signés chez Polyvinyl Records, repère de formations barrées (of Montreal ou Xiu Xiu) à souhait pratiquant souvent une pop synthétique bien azimutée. Le premier titre de "Curiosity" - qui en est évidemment une - et aussi single, "The Hearse", est une vraie réussite du genre. On est immédiatement dans le ton, pas de refrain bien identifié, des mélodies qui partent joyeusement dans tous les sens, des synthés mis bien avant - parfois un peu lourds - et ce côté délicieusement régressif qui souvent, emporte tout, comme sur "Giants". On pense à du MGMT, en moins maîtrisé, plus foufou, au premier disque de Foxygen sans les aspirations blues façon Rolling Stones, à John Maus ou Ariel Pink, surtout. 
A la production, on retrouve le bassiste de Unknown Mortal Orchestra, dont ils font la première partie. Wampire s'inscrit dans cette lignée d'une pop aventureuse, où la mélodie a gardé son importance, mais qui veut bousculer les barrières classiques du songwriting à papa. Vampirisant.

Album en écoute intégrale pour une durée limitée sur Pitchfork Advance.

6 mai 2013

Deerhunter - Monomania

Oui, je sais, ce blog est un peu en jachère en ce moment, vacances obligent. C'est aussi dû, je dois l'avouer, à une baisse de motivation passagère. Comme je l'ai déjà dit, difficile d'écouter des disques après la claque du dernier Flaming Lips. Heureusement, voici un album qui devrait mettre tout le monde d'accord dans le petit monde du rock indépendant. Bradford Cox est en train d'élaborer depuis plusieurs années une carrière exemplaire. Que cela soit en solo avec Atlas Sound ou en groupe avec Deerhunter, chaque nouveau disque s'avère à première écoute supérieur au précédent. Ce "Monomania" ne semble pas échapper à la règle et ressemble au bréviaire du parfait indie rockeur, aussi à l'aise dans les mélodies pop irrésistibles ("The Missing"), que dans le punk le plus abrasif ("Leather Jacket II") ou les jolies ballades langoureuses ("T.H.M."). 
Bref, ce nouvel album de Deerhunter est déjà promis aux plus hautes marches de beaucoup de bilans 2013. Pourtant - et oui, il y a un pourtant - il ne gagne pas spécialement en saveur après plusieurs passages. C'est finalement ce que je reprocherais à Cox, de ne rester qu'un éternel outsider, toujours placé, jamais gagnant de mes classements personnels. "Monomania" risque de connaître le même sort que ces prédécesseurs, c'est-à-dire resté cantonné aux portes de mon panthéon. 

"Monomania" :

Album en écoute intégrale sur Grooveshark.

29 avril 2013

Florian Mona - Les Héroïnes

Je sais ce que certains vont dire : encore un nouveau chanteur français qui fait dans le revival new-wave ! Que ceux qui n'ont pas aimé Lescop ou Aline passent leur chemin ! Pas si sûr, plus pop que le premier et plus synthétique que les seconds, la musique de Florian Mona pourrait rencontrer un autre public. Les influences sont pourtant les mêmes : Daho, Darc ou Jacno, références hexagonales du genre. Comme Robi, une autre découverte 2013 - même si c'est déjà le deuxième disque de Mona -, il vénère un certain Dominique A qu'il a d'ailleurs contacté pour une future collaboration. A croire que la récente Victoire de la musique reçue par ce dernier a débridée toute la chanson d'ici, car pour elle, je me répète, 2013 constitue déjà une sacrée année et c'est loin d'être finie ! Les musiciens comme le producteur (Dominique Brusson) font partie de cette même clique qui accompagne Dominique A depuis quelques temps déjà.
On pense aussi à Biolay pour cette manière de chanter nonchalante, ces textes un rien racoleurs, aux thèmes sexuels omniprésents et non dissimulés. "Les Héroines" est déjà l'oeuvre d'un chanteur sûr de son fait, dragueur à la cool. Sur quelques chansons bien senties (le single "Le Large", "Petite conne") on lui donne raison. De toute façon, il est Rennais, il peut tout se permettre...

Clip de "Le Large" :

Teaser de l'album :

23 avril 2013

Orange Juice - Falling And Laughing (1980)

Quand les nouveautés ne vous emballent pas particulièrement, rien ne vaut de se replonger dans quelques délicieuses vieilleries. Ce jus d'orange d'origine écossaise était du pur, pulpeux, onctueux, réussissant avec le recul à faire le lien improbable entre les Talking Heads et les Smiths. Le groupe qui n'a jamais côtoyé de succès digne de ce nom se séparera après 4 albums en 1985. Son chanteur, Edwyn Collins rencontrera bien une renommé internationale dix ans plus tard avec l'unique tube "A Girl Like You", ce ne fut pas suffisant à repositionner son ancien groupe dans les formations qui ont compté. Et ce n'est pas son nouvel album solo paru récemment qui viendra changer la donne. Les écossais ont souvent été les laissés pour compte de l'histoire du rock, même si on reconnaît depuis peu l'influence majeure de groupes comme Cocteau Twins ou Jesus And Mary Chain. Difficile à l'écoute de "Falling And Laughing" de ne pas penser aux Smiths. J'aurais pu aussi bien sélectionner d'autres titres, notamment parmi les nombreux singles, tous excellents, parus avant le premier LP, "You Can't Hide Your Love Forever", sans doute leur meilleur, "Blue Boy" ou "Poor Old Soul" par exemple. "Falling And Laughing" reste leur baptême du feu, le morceau qui marque la naissance de l'indie pop, disent même certains initiés. Les disques de Orange Juice étaient tous réédités à l'occasion du récent Record Store Day, pas sûr que cela soit ceux qui se sont le plus arrachés. L'Ecosse a toujours été plus célèbre pour son whisky que pour son jus d'orange, pour sa pluie (la fameuse douche) et sa grisaille que pour sa lumière. Les clichés ont la dent dure.

You may think me very naive
Taken as true
I only see what I want to see

Avoid eye contact at all costs
What can I do
To see your fine teeth smiling at me

You might say
That we should build a city of tears
All I'm saying
Is I'm alone and consequently
Only my tears satisfy the real need of my heart
I resist

You say that there's a thousand like you
Maybe that's true
I fell or you and nobody else
So I'm standing here so lonely
What can i do
But learn to laugh at myself

You might say
That we should build a city of tears
All I'm saying
Is I'm alone and consequently
Only my tears satisfy the real need of my heart
I resist

Fall falling falling again
Cos I want to take the pleasure with the pa-in
Fall falling - falling again
Cos I wan to take
The pleasure with the pain pain pain pain pain pain pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-in
Falling and laughing
Falling and laughing
Falling and laughing
Falling and laugh - ing