18 août 2016

of Montreal - Innocence Reaches

Après Metronomy et The Avalanches, voilà un autre disque d'été, plein de fantaisie ! of Montreal nous offre son habituelle production annuelle. À l'écoute des précédentes livraisons, on pourrait feindre l'indifférence. La magie de la divine période allant grossièrement de "Satanic Panic in the Attic" au chef d'oeuvre "Hissing Fauna..." est bien passée. À chaque nouvelle mouture, on nous dit pourtant que celle-ci est la meilleure depuis cette époque-là, sauf que ce n'est pas vrai. Cette fois-ci, il se pourrait qu'on revienne au moins à l'inspiration de l'excellent "False Priest". Les titres ne partent pas tous azimuts comme avant, mais constituent de solides morceaux électro-pop, suffisamment efficaces et originaux pour qu'on y revienne plusieurs fois avant d'en avoir fait le tour. Kevin Barnes serait-il en train de devenir adulte ? Pas si sûr, il suffit de le voir se travestir dans le clip de "It's Different with Girls" pour en douter.
La discographie de Of Montreal est trop dense pour en faire une formation culte, la rareté paie plus. Mais il faut avoir une incroyable inspiration pour être capable d'enchaîner ainsi autant de disques qui, même s'ils ne sont pas tous indispensables, contiennent toujours quelques pépites. "Innocence Reaches" fera en tout cas partie de la bonne première partie des albums de Of Montreal (dans les 7 meilleurs sur 14 ?), ce qui constitue déjà une belle surprise.

Clip de "It's Different For Girls" :

11 août 2016

Top albums 1971

10. The Rolling Stones - Sticky Fingers
Deuxième fois d'affilée en 10ème place, les Stones, je vous l'ai déjà dit, ce n'est pas vraiment ma came. Il n'empêche, "Exile" comme "Sticky Fingers" sont des disques auxquels il est difficile de résister. Celui-ci pour la pochette culte de Warhol et puis surtout pour les chansons toutes devenues des classiques, en tête desquelles "Brown Sugar", "Wild Horses" ou "Sister Morphine". 

9. Caravan - In The Land Of Grey And Pink
A cette époque, il y avait une scène originaire de la région anglaise de Canterbury dont le son était assez caractéristique : une musique folk au psychédélisme délicat, mélancolique. Cette scène a vu naître les indispensables Robert Wyatt et Kevin Ayers mais aussi les cousins Sinclair. Ils étaient tous présents au sein de la formation The Wilde Flowers, avant que les premiers forment The Soft Machine et les seconds Caravan. "In The Land Of Grey And Pink" condense le plus accessible et agréable à l'oreille de cette scène-là.

8. Michel Polnareff - Polnareff's 
Considéré par beaucoup comme le meilleur disque du chanteur, "Polnareff's" est son oeuvre la plus ambitieuse avec pas moins de 3 titres instrumentaux brillamment orchestrés qui inspireront de nombreux musiciens en tête desquels Air ou Sébastien Tellier. Pour une fois, Polnareff délaisse les tubes immédiats à destination des radios : seul "Qui a tué grand-maman" connaîtra le succès. C'est le disque qui a définitivement célébré le talent hors-norme de Polnareff. 

7. Led Zeppelin - IV 
Comme pour les Stones, le rock du "zeppelin de plomb" n'est pas celui que je préfère, le son y est lourd, les guitares démonstratives - moins que chez leurs cousins de Deep Purple quand même - la voix de Plant un brin geignarde et la poésie facile. Bref, le hard rock ou le heavy metal - ce punk de droite - n'est pas un genre qui m'attire. Mais ce "IV" s'écoute très bien, même pour les allergiques, car il dépasse allègrement les chapelles : du blues, du folk, des riffs marquants et des chansons universelles comme le célèbressime "Stairway to heaven".

6. Comus - First Utterance
Du folk comme on n'en fait plus, comme on n'en a jamais fait : agressif, flippant, chamanesque. Bowie a une fois de plus été un des premiers à les remarquer dès 1969. Ce premier disque ignoré à l'époque fait l'effet d'un culte grandissant depuis, en partie grâce à un groupe de metal scandinave Opeth qui a aidé à les ressortir de l'anonymat. Après un deuxième album raté, Comus disparut en effet complètement de la circulation. Ils sont réapparus il y a quelques années avec notamment un passage à Villette Sonique. "First Utterance" reste toujours un ovni musical 45 ans plus tard. 

5. Leonard Cohen - Songs of Love and Hate 
Cohen est un poète en plus d'être un chanteur bouleversant. Dernièrement, il a écrit une touchante lettre à la fameuse Marianne de "So Long Marianne", apprenant qu'elle était gravement malade. Depuis, elle est malheureusement décédée. Tous deux ont promis de continuer à se tenir la main malgré la distance, malgré l'absence. Toute la classe du "Master of songs" est résumée là. Le dépouillé et déchirant "Songs of Love and Hate" est une de ses plus belles réussites. 

4. Françoise Hardy - La Question 
Françoise Hardy aidée de la musicienne brésilienne Tuca s'essaie à la bossa nova - style qui sied particulièrement bien à sa voix douce - et ses textes prennent plus d'épaisseur. Un titre comme "La Question" tire les larmes à chaque écoute comme peut le faire le meilleur Brel ou Ferré. Hardy est avec Dutronc les seuls chanteurs des yés-yés trouvant le plus grâce hors de nos frontières. "La Question" lui a permis pour la première fois de sortir de son carcan habituel, prouvant si besoin était que la chanteuse est bien plus qu'une quelconque mode sixties. 

3. T-Rex - Electric Warrior 
"Electric Warrior" est le meilleur album incontesté de T-Rex, celui qui contient les meilleures chansons, celui dont toutes les titres sont bons. Le glam-rock de Marc Bolan était injustement considéré comme de la musique pour midinettes, à l'opposé du rock sérieux, progressif ou lourd de l'époque. Bizarrement, c'est une des musiques des années 70 qui a le mieux résisté à l'épreuve du temps.

2. Serge Gainsbourg - Histoire de Melody Nelson 
Sans doute le disque français le plus adulé par les critiques en dehors de nos frontières, celui qui rend jaloux les anglais et grâce auquel on garde un tant soit peu la face lorsqu'il s'agit de pop musique. On ne compte plus les anglo-saxons ayant puisé leur inspiration auprès de ce son-là. Il faut dire que les arrangements de Vannier n'ont pas pris une ride. Les paroles de Gainsbourg plus générationnelles n'en demeurent pas moins réussies assurant à l'ensemble son statut de classique mérité. 

1. David Bowie - Hunky Dory 
Bowie monte direct au firmament de la musique contemporaine avec son premier chef d'oeuvre. "Hunky Dory" invente une nouvelle façon de faire de la pop : classieuse et inspirée. L'équation parfaite entre le Velvet, Dylan et Scott Walker. Tout est inoubliable de "Changes" à "Life on Mars", en passant par "Oh You Pretty Things", "Quicksand" ou "The Bewlay Brothers". La vie nous a malheureusement montré que même Bowie n'est pas immortel, à l'inverse de sa musique.

6 août 2016

The Avalanches - Wildflower

Alors, je dois tout de suite avouer que je n'attendais rien du retour de The Avalanches, seize ans après leur premier et unique album. Parce que "Since I Left You" ne m'avait pas du tout touché. Je n'étais sans doute pas prêt en 2000 pour ce mélange des genres, pour ces rois du sampling. Mais, en 2016, "Wildflower" m'a fait l'effet d'un revigorante tornade - que dis-je une avalanche - de fraîcheur, le disque idéal pour l'été, capable de fédérer le plus grand nombre, un mirifique patchwork sonore. On y entend surtout des airs sixties mais ornés d'effets plus modernes. Jonathan Donahue, le chanteur de Mercury Rev, vient entre autres prêter main forte sur quelques titres, notamment le fabuleux "Colours". Je suis quand même moins emballé par la deuxième partie du disque, à partir du sample de "Come together" des Beatles. Les mélodies sont moins marquantes. Il faut dire qu'une fois de plus les Australiens n'ont pas lésiné sur la quantité avec pas moins de 21 titres. Difficile alors de tenir le rythme. Les écoutes suivantes, on en profite petit à petit pour aller directement à nos titres favoris. Ça ne suffit pas à lâcher facilement ce disque. 
Car des disques qui respirent autant la joie de vivre, il n'y en a malheureusement peu. Comme si The Avalanches vivaient en dehors du temps, comme protégés du marasme ambiant. Pour eux, en 16 ans rien n'a changé ou presque. On a tellement envie de les croire.

Clip de "Frankie Sinatra" :
"Colours" :

4 août 2016

SummerStage 2016 - The Feelies + Beach Fossils - New York, Central Park - 18 juillet 2016

New-York est une ville tellement tentaculaire qu'un premier séjour est forcément frustrant. Parce qu'on a l'impression de passer à côté de plein de choses, de n'en voir qu'une petite partie. Alors, je me suis immédiatement persuadé en partant, de revenir. Je crois que c'est l'une des seules villes qui m'a fait cet effet-là. Cet effet de trop peu. J'étais donc à l'affût de la moindre occasion, de la moindre excuse pour y revenir. Les Feelies, voilà une chouette idée. Le groupe ne voyage jamais loin de ses bases, phobie de l'avion sans doute. Par contre, chez eux, ils ne sont pas avares de concerts. Mais il fallait en plus trouver le bon créneau, que tout cela corresponde à des vacances scolaires. Alors quand j'ai appris qu'ils allaient jouer à Central Park, le 18 juillet 2016, gratuitement en plus et avec Beach Fossils en première partie, j'avais mon alibi. Coup de stress avant le début des festivités : grosse averse d'orage. Et si tout était finalement annulé ? Et si ce voyage avait été planifié pour rien ? Surtout que nous étions là depuis 4 jours et pas un seul faux pas météorologique n'était encore survenu. Il fallait que cela arrive à ce moment-là... Bon, il y avait aussi Rachid Taha qui devait jouer deux jours plutôt à Brooklyn mais qui s'était décommandé sans prévenir. Mais heureusement, la soirée eut bien lieu comme prévu. 
Les Beach Fossils, c'est la quintessence du son Capture Tracks, le label de hipsters du coin : peu de moyens, des guitares qui carillonnent et beaucoup de reverb. On pense beaucoup à DIIV. Normal, puisque le leader de ces derniers n'est autre qu'un ancien membre des Beach Fossils. C'est pas mal, ça synthétise le meilleur de trente ans de rock indépendant mais ça manque de peps et de charisme et puis, ça tourne en rond. En plus, ils ne jouent pas notre morceau préféré à maman et moi : "The Golden Age", une de ces chansons qui vous accroche de suite sans plus jamais vous lâcher.
Viennent donc les 5 Feelies : deux guitares, deux batteurs et une bassiste et un son d'emblée supérieur - même pas de tour de chauffe. Il ne faut donc pas longtemps pour s'apercevoir qu'on a bien fait de venir. Eux, c'est bien simple ne jouent que mes titres préférés, du début à la fin - avec un petit regret qu'il n'y ait pas eu plus de "Crazy Rhythms", mais bon, l'enchaînement de "Raised Eyebrows" et du titre éponyme de l'album valait son pesant de cacahuètes. Les reprises en rappel sont aussi toutes parfaites avec quand même un petit essoufflement final (problème technique ou voix fatiguée ?). Que du bon : "See no evil" de Television, "Astral Plane" des Modern Lovers, "White Light/White Heat" du Velvet et bien sûr "Paint it Black" des Stones et leur excellente reprise du "Everybody's got something to hide (except me and my monkey)" des Beatles. Le son Feelies n'a rien perdu de sa jeunesse et de son mordant. La paire Million/Mercer vieillit divinement bien. J'attends avec impatience un nouvel LP annoncé avant la fin de l'année. Voilà, on a vu les Feelies en concert à Central Park et ce fut juste inoubliable. Plus de quinze jours après, rien qu'en y pensant, l'émotion est encore présente. Merci !

2 août 2016

Metronomy - Summer 08

Il est pénible, Joseph Mount, à chaque fois, il nous fait le coup : on est d'abord déçu par un nouveau disque de Metronomy. Et puis, au fil du temps, on finit par l'apprécier, en se disant que ce groupe est un des plus réjouissants qui soit actuellement. Cette pop électronique aux basses omniprésentes et chaloupées, ces mélodies à multiple détente, sont suffisamment précieuses pour qu'on ait envie d'y revenir inlassablement. Et si cette fois, avec le bien nommé "Summer 08", comme un retour aux sources de leur fabuleux - et meilleur ? - album, "Nights Out", de 2008 en plus pop, Mount avait failli à sa promesse de toujours plaire ? Si était venu le temps de la vraie déception durable ? Les premiers singles sont aussi bons que prévisibles. Le style est reconnaissable mais peut lasser. Mount garde tout de même ce talent unique pour les chansons maitrisées juste ce qu'il faut, la fantaisie apprivoisée - à l'inverse d'un Kevin Barnes par exemple, chacun ayant les défauts de ses qualités et inversement. 
Il manque peut-être juste à ce "Summer 08" un véritable tube fédérateur comme "Love Letters" - bien que "Back Together" et "Old Skool" s'en rapprochent. On regrette aussi le facile et dispensable "Hang Me Out To Dry" avec la fade Robyn. Pour le reste, on ne change pas une recette qui fonctionne, finissant toujours par l'emporter sur le fil - à la manière du Portugal de Ronaldo ? Peu importe la manière, seul le résultat compte. Dans tous les cas, bel été à tous !

Clip de "Night Owl" :
Clip de "Old Skool" :