Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du septembre, 2019

John Cale - Cité de la musique, Paris - 24 septembre 2019

Il y a quelques années, nous avions été voir Lou Reed au palais des congrès de Paris alors qu'il jouait en intégralité son chef d'oeuvre "Berlin". On pouvait se targuer de l'avoir vu au moins une fois avant qu'il ne meurt quelques temps plus tard. Le concert en lui-même ne nous avait pourtant pas procurer de souvenirs mémorables. La retranscription live du mythique album était beaucoup trop virile et lourdaude, bafouant allègrement ce qu'on aimait dans sa musique : sa poésie, son côté sombre et malsain, son rock non calibré. Cette semaine, l'occasion de voir son ex-acolyte du Velvet Underground se présenta, histoire d'effacer un tant soit peu ce rendez-vous manqué. Les compte rendus de concerts que je glanais ici et là sur le net ne me disaient pourtant rien qui vaille. John Cale, comme Lou Reed, aurait plutôt tendance à montrer les muscles sur scène. Mais une information m'a définitivement fait changer d'avis et acheter mes places : l…

The Leisure Society - Arrivals and Departures

J'avoue avoir un peu dénigré les anglais de The Leisure Society depuis leur superbe "Into The Murky Water", classé pourtant parmi mon top 10 de l'année 2011. Bon, ils n'ont pas non plus été hyper prolifiques avec deux disques seulement passés sous mes radars et surtout rien depuis 4 ans. Les anglais originaires de Brighton sont typiquement le groupe que l'oublie facilement, parce que leur musique est à leur image, une pop sage et modeste, de celles qui auraient aussi bien pu paraître il y a 50 ans qu'hier seulement. Quelque chose qui n'a rien à voir avec le bruit de l'époque, qui demande qu'on sorte un tant soit peu de notre quotidien. On y entend des ballades proches d'un Suede apaisé ("God has taken a vacation"), d'autres chansons rappellent les regrettés Parenthetical Girls dans leurs moments les plus accessibles ("I'll pay for it now") ou encore les arrangements soyeux d'un Andy Shauf ("Overheard&q…

Cate Le Bon - Reward

Il y a des disques auxquels on résiste, parce qu'ils sont trop étranges, parce qu'ils ne répondent pas à notre désir du moment et auxquels on revient malgré tout régulièrement, parce qu'au fond, ils nous intriguent. C'est peut-être ceux-là les plus précieux. Ces disques discrets, modestes, qui n'affichent pas clairement leurs qualités. "Reward", le dernier album de la galloise Cate Le Bon - rien à voir avec Simon, le chanteur permanenté de Duran Duran - fait assurément partie de ces disques-là. Pourtant, il n'a pas la bizarrerie évidente de ses précédentes productions. Le son a été subtilement polissé, chaque morceau habilement travaillé. On pense à un sorcier des studios en la personne de Brian Eno ou à Kate Bush pour le caractère envoûtant et assez unique.  Et si on commence à la retrouver aux manettes de quelques albums récents, ce n'est sans doute pas un hasard. Deerhunter ou Tim Presley ont fait appel à elle, pour qu'elle transforme à sa…

Metronomy - Metronomy Forever

Après leur excellente prestation en tête d'affiche du dernier jour de la Route du Rock cet été à Saint-Malo, c'est peu dire que j'attendais avec impatience ce nouvel album de Metronomy, un des groupes chéris de notre petite famille. Ça s'appelle "Metronomy forever", comme si le groupe savait déjà qu'il ne pouvait pas nous décevoir. Tout commence d'ailleurs par les cloches d'un mariage ("Wedding"). Pour nous, il a déjà pris effet le jour où on est tombé amoureux de la chanson "The End of You Too" sur "Nights out" en 2008.  Depuis, c'est une relation sans fausse note, rehaussée à chaque nouveau disque. On retrouve une fois de plus l'indéniable talent de Joseph Mount pour s'approprier de multiples influences (ici des sonorités grunge sur "Insecurity", de la musique lounge sur "Miracle Rooftop" ou de l'électro dépressive sur "Lying low") en gardant un son propre. En plus, le …

L'épée - Diabolique

Il y a un peu plus d'un an sortait le dernier disque des Limiñanas qui marquait la rencontre entre le couple du même nom originaire de Cabestany, petite ville des Pyrénées Orientales, Anton Newcombe producteur et leader du groupe de rock psychédélique américain The Brian Jonestown Massacre et enfin une chanteuse actrice française assez célèbre Emmanuelle Seigner, soeur de Mathilde, femme de Polanski. On pourrait rajouter quelques prestigieux invités de passage comme Bertrand Belin ou Peter Hook, l'ex-bassiste de Joy Division et New Order. Tout ce beau monde s'était réuni autour d'au moins une influence majeure commune : Lou Reed et le Velvet Underground. Comme le succès fut plutôt au rendez-vous et que le courant sembla passer naturellement entre eux, le disque d'Emmanuelle initialement prévu en solo se transforma en disque sous la bannière commune de "l'épée". Le style reste le même qu'avec l'étiquette Limiñanas. Ce sont les mêmes guitares, …