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Articles

Affichage des articles du 2020

Tara King Th. - Mathématique

Il m'aura fallu ce confinement pour connaître enfin cet homme et son label. Comme quoi, il n'est jamais trop tard. Tara King Th, en référence au personnage de "Chapeau melon et bottes de cuir", c'est Ray Borneo, anagramme de Arnaud Boyer de son vrai nom. L'homme est aux manettes d'un petit label auvergnat Petrol Chips. En plus de ses oeuvres multiples sous divers noms et formations, on y retrouve notamment le dernier album, "2029" de Gontard! Triste coïncidence, on a d'ailleurs eu des nouvelles de la ville de ce dernier, Romans-sur-Isère (ou "Gontard-sur-Misère" c'est selon) par l'intermédiaire d'un sordide fait divers. Au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, où officie Arnaud Boyer, pas d'informations particulières, hormis le fait que la dernière élection municipale n'a pu désigner de vainqueur dès le premier tour suite à la retraite politique de la maire sortante, Eliane Wauquiez-Motte qui n'est autre que …

Sorry - 925

Attention, talent, comme nous dirait la Fnac ! Parce qu'en période de confinement, plus que d'habitude, il faut faire gaffe, des fois qu'on les raterait, hein, les talents, les trucs nouveaux, "hype", vraiment importants, ça serait dommage. Alors je suis sympa, je vous tiens au jus. Sorry est un jeune groupe anglais originaire du nord de Londres. Il est mené par un couple d'amis d'à peine plus de vingt ans : Asha Lorrenz et Jasper Cable-Alexander. Leur premier disque "925" est signé sur l'indispensable label Domino Records, et pourrait rapidement devenir un classique de notre époque. Les textes évoquent étonnamment le "Mad World" des Tears for Fears sur le premier titre "Right Round The Clock". Quand les premiers nous disaient gravement "And I find it kind of funny. I find it kind of sad. The dreams in which I'm dying are the best I've ever had". Les seconds, goguenards, répondent "I'm feeling …

The Electric Soft Parade - Stages

Voilà bien un groupe de losers patentés. Arrivés trop tard au début des années 2000, avec leur brit pop en plein retour du rock à guitares un peu sales et l'avènement de tous ces groupes en "The". Leur premier disque "Holes in the wall" tient malgré tout encore très bien la route aujourd'hui, plus que nombreux autres du même style parus une décennie plus tôt. Si celui-ci a connu son petit succès, la suite ne fut pour les deux frères White qu'une longue descente dans l'anonymat de l'indie pop anglaise. "Stages", leur nouvel album est sorti en tout début d'année, et c'est peu dire qu'il n'a pas fait parler de lui. Pourtant, il ferait un excellent disque de la semaine du 10 janvier à retardement. On retrouve le même savoir faire avec des chansons et des mélodies étirées cette fois au maximum : 7 morceaux seulement, souvent de plus 7 minutes. "On your own" en fait même plus de 12. Mais jamais cela ne paraît long.…

Rustin Man - Clockdust

Il lui avait fallu dix-sept ans pour donner suite au sublime "Out of season" en duo avec Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead. "Drift Code" sorti l'an dernier, sous le seul nom de Rustin Man et sous haute influence du dernier Bowie et de Robert Wyatt, avait séduit ici même, parvenant à figurer parmi mes dix disques préférés de 2019.  On ne s'attendait pas à le retrouver aussi rapidement. Un an après, Paul Webb, ancien bassiste de Talk Talk, remet donc le couvert avec ce "Clockdust", dans la continuité du précédent. Ce n'est pas étonnant puisqu'il s'agit en fait de chansons écrites durant les mêmes sessions d'enregistrement, c'est-à-dire avant le décès de son ancien compagnon de route, Mark Hollis en février dernier. On y entend, peut-être inconsciemment, davantage de noirceur que dans "Drift Code". Ce délai succinct entre les deux albums est aussi sans doute liée à la perte récente de son ami, comme une envie sou…

Baxter Dury - The Night Chancers

Sacré Baxter Dury ! Toujours ce même humour typiquement british, ce sens inné de l'absurde. Commencer un album par "I'm not your fucking friend" pour finir par "Baxter loves you" chanté par l'habituelle accompagnatrice Madelaine Hart, il fallait y penser. Personne d'autres n'aurait eu l'idée. "The Night Chancers" ne bouleverse pas la donne. On est en terrain connu. On retrouve le même côté crooner décalé à l'accent cockney traînant, les mêmes mélodies accrocheuses, le même son direct et efficace, plus travaillé qu'il n'y paraît avec la présence de quelques cordes, la même concision - 10 morceaux, à peine 30 minutes en tout -, les mêmes choeurs féminins apportant la touche délicate et raffinée. On pense donc toujours à Gainsbourg, en dandy un peu branleur mais talentueux.
Après la déception amoureuse de "Prince of Tears", Dury est reparti au front, pas toujours très subtilement, comme dans le clip du bien nomm…

Porridge Radio - Every Bad

Après la douceur et la quiétude des Saxophones, il fallait bien durcir le ton. On sait que ça ne va  pas être une partie de plaisir, de se retrouver interné malgré soi. On n'est pas fou mais on pourrait le devenir, d'autant que dehors, le soleil absent depuis de nombreux mois, arrive juste à point nommé pour nous narguer. "Every bad", c'est noir, mais on sait que ça ne sera pas simple. Porridge Radio, avec un nom pareil, ne pouvait nous venir que de l'autre côté de la Manche, qui plus est de la station balnéaire de Brighton. Pas forcément l'endroit le plus propice aux crises existentielles. On sait encore plus aujourd'hui qu'il est toujours plus agréable d'être coincé près de la mer. Dana Margolin est la principale artisan de la musique de Porridge Radio. Si ce disque ressemble à son cerveau, on pourrait se poser des questions sur l'état mental de la jeune femme. Chaque titre ou presque joue aux montagnes russes, pour nous surprendre sans…

The Saxophones - Eternity Bay

Nous voilà tous confinés, contraints de rester à domicile, pour lutter contre un maudit virus. Tous ensemble mais tous séparés. L'occasion de s'occuper différemment : de lire, regarder des séries, des films, et puis d'écouter encore plus de musique. Les Saxophones. Ce couple américain à la scène, comme à la ville. Lui, Alexi Erenkov, a des origines russes mais il est impossible de l'entendre dans sa musique. On pourrait penser à l'excellente série "The Americans" qui narre l'histoire d'un couple d'espions russes infiltrés dans une paisible bourgade américaine. Ils ont deux enfants et ressemblent de l'extérieur au modèle de la parfaite famille à l'américaine. On se demande, tout au long des 6 saisons qui montent crescendo, quand leur voisin, agent du FBI, découvrira le pot aux roses. Mais les Saxophones ne sont pas du genre à tricher, même si l'instrument leur servant de nom - Erenkov a beaucoup pratiqué le saxophone étant jeune - …

Grimm Grimm - Ginormous

Découverte l'année dernière en première partie de Cate Le Bon, nouvelle reine de l'indie rock, la musique de Grimm Grimm m'avait pour le moins intrigué. "Ginormous" est déjà son troisième album et il est excellent. On pense à l'improbable croisement entre Baby Bird (le premier titre surtout) et ... on ne sait pas trop, tellement d'artistes qu'on aime, en fait. Derrière ce pseudo inspiré des frères Grimm, se cache un Japonais, Koichi Yamanoha, installé à Londres depuis quelques années. Un titre ("Kyowa Amenohidesu") est d'ailleurs entièrement chanté dans sa langue natale. De jolis petits contes pour enfants, voilà à quoi ressemblent ces petites miniatures pop lo-fi. Sauf que derrière les apparences (comme pour les frères Grimm), tout n'est pas si rose. "I always wanted to write an album that sounds as a wedding and a funeral at the same time" dit-il en parlant de son dernier album justement.  Si le chanteur bidouillait seul…

Baden Baden - La Maroquinerie, Paris - le 27 février 2020

Mars approchait, il était temps de faire notre premier concert de l'année. 2019 avait été pour nous une année riche dans le domaine, un excellent millésime. Pour cette première sortie de musique live de 2020, on s'était volontairement limité au groupe principal, pas de première partie donc, tant pis pour Fonzie. Nous sommes arrivés juste pour 21h, horaire prévue du début des festivités. Baden Baden, ce groupe parisien au nom de ville thermale allemande. Ce groupe qui n'a que 3 disques au compteur en plus de 10 ans d'existence. Leur dernière tournée remonte à 2015 pour leur précédent disque, "Mille éclairs". Une éternité. D'autant que Baden Baden n'est pas le genre de formations à multiplier les dates et les festivals. La scène n'est pas naturelle pour eux. Ils doivent se forcer, vaincre leur timidité. La musique est quelque chose qu'ils conçoivent d'abord en studio, qu'ils peaufinent. Parce qu'ils peuvent prendre leur temps. La te…

Spinning Coin - Hyacinth

J'avais déjà parlé de leur premier album, "Permo", sorti en 2017. Ce nouveau disque, malgré un léger renouvellement de personnel reste dans la même lignée que le précédent. Rachel Taylor, la copine d'un des 2 songwriters, Sean Armstrong, a rejoint le groupe, en place de Cal Donnelly. Elle participe activement puisqu'on la retrouve à l'œuvre sur le beau "Black Cat". Les titres sont toujours courts, variés, mélodiques, cela donne envie de presser "repeat" encore et encore dès que le disque est terminé. C'est la même indie pop inspirée par le mythique label Sarah Records, les Pastels, Orange Juice, toute cette scène écossaise adepte du "fait maison", pas prétentieuse pour un sou. Dans les années 80, cette musique était à la mode. On entend même du Happy Mondays dans le bien nommé "Get High". Aujourd'hui, les Spinning Coin paraissent complètement à contre courant, ne touchant qu'une poignée de quadras voire qui…

Octave Noire - Monolithe

Son précédent album "Néon" l'avait fait quelque peu sortir de l'anonymat. Surtout, Patrick Moriceau, alias Octave Noire, avait gagné la reconnaissance de ses pairs. Dominique A notamment, qu'on retrouve ici sur le très beau "J'ai choisi" ou ARM, rappeur rennais, ex-membre de Psykick Lyrikah, pour "Monolithe Humain" le texte le plus ouvertement politique de l'album. "Un coeur dans un sondage, une vie de routine" nous disent-ils. Comme une envie d'autre chose. La musique fait toujours penser à Sébastien Tellier, Justice, Jean-Michel Jarre, François de Roubaix, etc, bref, toute la musique électronique made in France, de ses débuts à aujourd'hui. Chaque morceau propose quelque chose de différent - pas vraiment monolithique, comme le titre pourrait le laisser croire -: de la mélodie pop et immédiatement sifflable à la chanson plus sombre et atmosphérique.  En parfait architecte sonore - Moriceau a fait des études de musi…

Isobel Campbell - There is no other

Ça faisait un moment qu'on était sans nouvelles de Isobel Campbell, ex-chanteuse de Belle & Sebastian du temps de leur apogée et accessoirement ex-petite amie de leur chanteur Stuart Murdoch. Depuis le départ de sa belle, ce dernier parvient difficilement à retrouver sa brillante inspiration, celle qui lui avait permis d'aligner quelques années durant, de "Tigermilk" à "The Boy with the arab strap" au moins, en passant par tous les EP sortis dans l'intervalle d'être sur le toit de la pop. Trois années de trésors prodigieux, une époustouflante malle que l'on ressort de temps en temps et qui, encore aujourd'hui stupéfie. Isobel était une part essentielle de cette période dorée. On le sait. On l'a retrouvé ensuite aux commandes de The Gentle Waves, en solo puis surtout en duo avec Mark Lanegan, chanteur américain à la voix rauque et au style rock nettement plus dur (Screaming Trees, Queens of the Stone Âge), à l'opposé totale de l&…

Superbravo - Sentinelle

Holden, duo formé par le guitariste Mocke et la chanteuse Armelle Pioline, n'existe plus. Son style a pourtant fait école chez une partie de la chanson d'ici. Impossible d'oublier par exemple des classiques tels que "Ce que je suis". Ce n'est pas pour rien que Mocke soit demandé par de si nombreux artistes français. On le retrouve notamment chez Chevalrex, Arlt ou Orso Jesenska. Bertrand Belin le présente comme "le meilleur guitariste électrique français", rien de moins. De son côté, Armelle Pioline a décidé de remettre ça plus directement, avec une nouvelle formation, Superbravo avec Julie Gasnier et Michel Peteau. "Sentinelle" est déjà leur deuxième album. Il est sorti sur le label Fraca!!! avec trois points d'exclamation pour désigner les trois artistes à l'origine, Katel, Robi et Émilie Marsh. Toutes trois se sont lancées à produire elles-mêmes leurs disques respectifs, en dehors des circuits habituels, voulant former une poch…

Dan Deacon - Mystic Familiar

Un album de Dan Deacon, c'est l'assurance de ne jamais s'ennuyer mais pour cela, il faut à minima se prémunir d'une boîte d'aspirines pour supporter la chose sur la longueur, à la maison et à jeun. Car le gaillard a un goût pas toujours très mesuré pour la surenchère de sons. Ce "Mystic familiar" n'échappe pas totalement à la règle mais il propose quelques moments de détente, de respiration bienvenus, et quand le trop plein parvient à être contenu, on s'en tire avec de formidables morceaux, comme le très Eno-ien "Become a mountain" aux paroles que n'auraient pas reniées un Wayne Coyne ou le plus deacon-esque "Sat by a tree". Ensuite, on rentre dans le coeur de la machine à sons qui envoie allègrement dans toutes les directions avec la chanson "Arp" découpée en 4 mouvements, tantôt réjouissante, tantôt pénible.
Dan Deacon est comme ça, tel un gamin, il adore toucher à tout, quitte à casser ses propres jouets. On c…

Tristen - Les Identités Remarquables

Les identités remarquables sont des égalités qui servent en mathématiques, à aider à la résolution de problèmes en les simplifiant. La musique de Tristen est à la croisée de beaucoup d'autres : O, alias Olivier Marguerit pour les choeurs féminins - soit Bénédicte, sa femme, soit La Féline -, les mélodies pop et les claviers omniprésents ; des intonations et des textes proches d'un Dominique A, notamment sur une "Grande Randonnée" pleine de souffle; de l'électronique qui tabasse à la Kompromat en conclusion des "Bourgeons de fer"; même Calogero et cette étonnante envolée vocale à la fin de "l'alpha et l'oméga". Est-ce à dire que la musique de Tristen, telles des identités remarquables, serait un bon résumé de celles des autres, étant la matrice de toutes ? Pas sûr, "Je suis une île" nous dit-il sur le titre du même nom, à l'inverse du fameux "Je suis une ville" de Dominique A justement. De même, plus que d'a…

Andy Shauf - The Neon Skyline

La musique du timide canadien Andy Shauf n'a rien de révolutionnaire. C'est du folk de facture classique. Ses histoires sont communes, elles parlent de vies quotidiennes, de rencontres amoureuses, de soirées passées dans des bars. C'est d'ailleurs le thème de ce nouveau disque, "The Neon Skyline", comme si le "Between the bars" de feu Elliott Smith, référence évidente, était prolongé sur la durée d'un album entier. La voix, les arrangements de Shauf sont tout de même plus enjoués que ceux de son illustre aîné. On imagine peut-être à tort, le canadien nettement moins dépressif. Mais il partage le même talent pour trousser de divines mélodies ("Neon Skyline", "Try Again", "Fire Truck" et j'en passe), avec un matériau de base plutôt simple : une voix, une guitare, agrémenté deci delà, de cordes ou de vents.  Pour ce nouvel album, l'artiste a voulu justement des chansons qui tiennent debout toutes seules, sans …

of Montreal - Ur Fun

J'avais dit l'année dernière qu'une année qui commençait par la chronique d'un album de Deerhunter ne pouvait être qu'une bonne année. Musicalement parlant tout du moins. Je ne sais pas si ce fut vraiment le cas. Il y eut de bons disques mais surtout d'excellents concerts en ce qui me concerne. Est-ce donc qu'on peut dire la même chose d'une année qui commence par un nouveau of Montreal ? Bon, je triche un peu car il y a déjà eu quelques sorties la semaine passée, qui sont admirablement listées de manière hebdomadaire par l'indispensable webzine Benzine Mag. Comme Deerhunter, of Montreal ne sort jamais de mauvais albums. Bien sûr, ils n'égaleront sans doute plus jamais leur chef d'oeuvre de 2007, l'inusable "Hissing Fauna, are you the destroyer?" Mais ils parviennent à chaque fois à viser juste et surprendre tout en restant dans le même créneau d'une pop azimutée, kitsch et enlevée. "Ur Fun", cette fois, rien que…

Au revoir 2019 !

J'en ai retenu 22. 22, c'est beaucoup, même s'ils ne m'ont pas tous marqués de la même façon. Voici ma rapide histoire avec chacun d'entre eux. Je sais déjà que la musique de certains ne me quittera pas. Une page se tourne. 22, voilà 2020 ! Belle et heureuse année à toutes et à tous !
Michel Legrand le 26/01
Celui-là, je l'ai toujours trouvé un peu surestimé. Lui-même d'ailleurs se surestimait aussi. Bon, ok, il y a eu "Les moulins de mon coeur"... qui a été repris de nombreuses fois, notamment celle-là, qui est peut-être la meilleure version.
Mark Hollis le 25/02
Il est allé au bout du silence, au bout de sa démarche, du toujours moins pour procurer toujours plus. Après "Laughing stock" le dernier chef d'oeuvre de Talk Talk et son disque solo, il avait carrément disparu de la circulation. 20 ans et puis cette terrible annonce. Ce terrible silence. Définitif. Pour un artiste hors norme, qui aura produit une musique loin des canons de …