24 décembre 2013

The Associates - Party Fears Two (1982)

The Associates, j'y suis venu très tard, par l'intermédiaire d'une reprise de la Divine Comedy de Neil Hannon dans une black session - ah, les regrettées black sessions qu'aucune compilation de Bernard Lenoir ne pourra malheureusement remplacée. Bref, emballé par la version de "Party Fears Two" interprétée par le petit irlandais, je me suis précipité sur la discographie du groupe du chanteur Bill McKenzie. J'ai tout de suite été frappé par son histoire dramatique : sur ce manque relatif de succès, sur ce suicide, sur cette voix pourtant incroyable. Comme beaucoup de groupes écossais des années 80, notamment Orange Juice dont les disques seront réédités en février prochain par Domino Records ou encore Aztec Camera, les Associates ont vu leur culte grandir une fois disparus. Le duo Rankine-McKenzie était dans la continuité de celui formé par les frères Maël : même voix de soprano haut perchée, même goûts pour les arrangements kitsch - surtout à partir de leur disque le plus célèbre, "Sulk" dont "Party Fears Two" est extrait- mêmes mélodies avides de montagnes russes et de crème chantilly. Si leur son est resté très connoté eighties, la personnalité haute en couleur de McKenzie a permis à leur musique de garder aujourd'hui encore toute sa saveur et son originalité. Si parler du destin tragique des Associates n'est sans doute pas propice en cette période de Noël, je vous souhaite à tous bonnes fêtes de fin d'année et à l'année prochaine pour plein de nouvelles musiques... à papa :-)


I'll have a shower
And then phone my brother up
Within the hour
I'll smash another cup
Please don't start saying that
Or I'll start believing you
If I start believing you
I'll know that this party fears two

And what if this party fears two?
The alcohol loves you while turning you blue
View it from here
From closer to near
Awake me

Don't turn around
I won't have to look at you
And what's not found
Is all that I see in you
My manners are failing me
I'm left feeling ugly
And you say it's wonderful
To live with I never will

So what if this party fears two?
The alcohol loves you while turning you blue
View it from here
From closer to near
Awake me

I'm standing still
And you say I dress too well
Still standing still
I might but it's hard to tell
Even a slight remark
Makes nonsense and turns to shark
Have I done something wrong?
What's wrong's the wrong that's always in wrong

I'll have a shower
And then phone my brother up
Within the hour
I'll smash another cup

20 décembre 2013

Top Chansons 2013

20- Youth Lagoon - Mute
The devil tries to plague my mind, but he can't quite get inside. I'll place my jar in a burial grounds that only I can find.



19- Hooded Fang - Graves 
So many faces and they’re all the same… why you lookin’ at me?



18- Sebadoh - I Will 
Who am I. And what did I begin? All to feel a nail drag my skin. To draw this blood. From me




17- Robi (avec Dominique A) - Ma Route
Je vais. La faute aux courants d’air. Aux creux, aux côtes. Au chien d’hiver. Je vais, je viens. Manger dormir. Siffler matin, rater partir.



16- Dean Wareham - Love Is Colder Than Death
Are you dark? Or are you fair? Do you sit on stone for a chair?




15- Etienne Daho - En Surface 
Je me voulais léger, léger. Du plaisir sans se retourner. Ce plaisir ne m’allégeait pas, la beauté n’avait pas de bras.



14- La Femme - Sur La Planche 2013  
Et tant pis si je me noie demain si les rouleaux m'entrainent dans les entrailles de la vague



13- Unknown Mortal Orchestra - Swim And Sleep (Like A Shark)
I wish that I could swim and sleep like a shark does. I'd fall to the bottom and I'd hide 'til the end of time



12- Maissiat - Jour de Chance  
Saisir sa chance. D'un pas décidé. Sur le bord de la route. La chérir, l'empoigner. A l'écoute, que coûte de frémir ? Frémir !



11- Jackson Scott - Sandy
Off you go into forever. When I die these ties will sever.




10- Albin de la Simone - Mes épaules 
Et cet enfant qui pleure, qui mange. Kilos de lait, kilos de lange. Et tout cet amour en échange.




9- Purling Hiss - Mercury Retrograde   
Waning away. Numbers today and there's no sign of the time.




8- Tristen - Le Lustre 
Il était là, gisait immobile. Ce lustre, il ne l'avait jamais vu d'aussi près. Le lustre avait-il un mobile ? Peut-être en secret aimait-il le plancher ? Hey, il faut bien mourir un jour mais bon, ça non.

7- Yo La Tengo - Is That Enough ?  
Things we did unthinking. The joke we left unsaid. Aren't sure how and when we were misled.




6- Public Service Broadcasting - Everest 
Once their was a mountain called Peak 15, nothing was known about it, but in 1852 the surveyors discovered it was the highest in the world, and they names it Everest.



5- Nick Cave & The Bad Seeds - Jubilee Street
I am alone now, I am beyond recriminations. Curtains are shut, the furniture is gone. I’m transforming, I’m vibrating, I’m glowing. I’m flying, look at me.



4- Aline - Teen Whistle 
Sans vos yeux pour me parler. Vos bras pour me rattraper. Je penche, je penche, je tombe. Encore.



3- Arcade Fire - Reflektor
Thought you would bring to me the ressurector. Turns out it was just a Reflektor (It’s just a Reflektor)... Will I see you on the other side? We all got things to hide It’s just a Reflektor.



2- The Flaming Lips - Look... The Sun Is Rising
Love is always something. Something you should fear. When you really listen. Fear is all you hear.



1- Bertrand Belin - Un déluge 
La route s'arrête soudain. Au delà de là plus rien. Pas une empreinte de pas. Plus rien. Quel tour m'as-tu joué... Un déluge pour toi. Un déluge pour moi. Pour nous, un déluge.



18 décembre 2013

Top Albums 2013

10- Arcade Fire - Reflektor
Comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après plusieurs écoutes répétées, la plupart de ces chansons ont fini par faire leur effet insidieusement. James Murphy a réussi à remettre de la folie dans le rock des canadiens qui commençait déjà à devenir balisé. « Reflektor » est un joyeux foutoir où l’on peut danser, bouger, chanter, hurler. Arcade Fire ou comment se remettre en question tout en restant soi-même, quitte à se louper parfois. Ce groupe reste donc l’un des plus passionnants de son époque.

 

9- Babx - Drones Personnels
« Qu’on m’alune vite » demande Babx dans « J’attends les E.T. », l’un des meilleurs morceaux de son troisième disque, « Drones Personnels », dont les roulements de batterie n’est pas sans rappeler Radiohead. Le jeune homme avance en dehors de tout hype et est en train de concevoir l’une des œuvres les plus riches de la musique d’ici. « Drones Personnels » n’échappe pas à la règle et propose une palette d’influences et de styles assez prodigieuse. Il est temps que cet artiste soit enfin reconnu à sa juste valeur, c’est-à-dire l’égal des plus grands.



8- Nick Cave & The Bad Seeds - Push The Sky Away
S’il ne devait rester plus qu’un rockeur, ça serait lui, Nick Cave. Qui a eu la chance d’aller le voir cette année sur scène n’a pu être qu’impressionné par son incroyable présence et le colossal son déployé par ses Bad Seeds. Cave sait tout faire : jouer au crooner émouvant derrière son piano, jacter comme un bluesman ou tout envoyer valdinguer à la façon d’un punk.  Malgré sa déjà longue discographie, l’homme semble encore progresser : si son nouveau disque calme le jeu, la guitare de Blixa Bargeld étant absente, sa musique gagne en subtilité. La classe intégrale.



7- Public Service Broadcasting - Informe-Educate-Entertain

Deux anglais bien propres sur eux inventent une nouvelle façon de faire de la pop, dans l’esprit des allemands de Kraftwerk, à la différence que les paroles sont uniquement composées de vieux extraits d’émissions d’informations. Si le concept risque de passer difficilement le cap du deuxième album, il est finalement assez révélateur d’une époque où nous sommes souvent impuissants devant le flot de nouvelles dont on nous abreuve au quotidien. « Entertain », la dernière injonction du titre, nous inviterait aussi à ne pas prendre tout ça au sérieux. Bonne idée.



6- Deerhunter - Monomania

Je l’ai déjà dit, Bradford Cox est devenu en quelques années, à travers ses deux formations, l’un des rockeurs les plus actifs et  intéressants de sa génération. S’il manque un petit quelque chose pour que ses albums deviennent des classiques indémodables, le son est toujours d’une qualité irréprochable. « Monomania » se fait plus sale, cradingue, dissonant, surtout le formidable morceau titre, tout en montrant une fois de plus la remarquable capacité de Cox à écrire des chansons pop imparables comme « The Missing » ou « T.H.M ». Je ne suis pas prêt de lâcher le gaillard.



5- Parenthetical Girls - Privilege

Ceux-là, je les aime, pour leur univers à nul autre pareil, qui me rappelle Pulp et Suede, le tout agrémenté d’un petit côté arty bien américain. Le chant est affecté, la musique parfois kitsch, mais les chansons sont suffisamment tordues pour que ça passe quand même. Le talent de la paire Pennington-Bischoff est en tout cas injustement ignoré ou mésestimé. Le groupe pourtant originaire de Portland, n’a jamais été invité au principal festival de leur ville. De même, aucun tourneur français n’a souhaité les faire venir chez nous lors de leur dernière visite européenne. Le disque, compilation des 5 EPs qu’ils ont sorti depuis le déjà excellent « Entanglements » en 2008 n’a même pas été distribué chez nous. Si certains ouvraient mieux leurs oreilles…



4- Aline - Regarde Le Ciel
Aline divise : les uns leur reprochent des paroles basiques et plates, les autres ne jurent que par les guitares smithsiennes. Vous savez déjà que je me place dans la deuxième catégorie. Le magazine Magic qui n’est pas freiné par la pop même quand elle est chantée en français a compris que cette musique était ce qu’on avait entendu de mieux dans le genre chez nous depuis une éternité en classant « Regarde Le Ciel », disque de l’année. Ici, on y est presque. En plus, ma Lulu adore…



3- The Pastels - Slow Summits

Voilà un de ces anciens groupes que je n’ai découvert réellement que cette année par le biais de ce "Slow Summits", sans doute leur disque plus accompli. Il n’est pas très éloigné dans le style comme dans la qualité du chef d’œuvre de leurs voisins écossais de Belle & Sebastian, « If you’reFeeling Sinister ». Epaulé par John McEntire, The Pastels, l’une des formations les plus sympathiques qui soient, nous assènent un magnifique recueil de pop mélodique, subtile, qui devrait me suivre pendant longtemps encore.



2- The Flaming Lips - The Terror

Depuis “Yoshimi Battles The Pink Robots” – même si j’ai depuis réévalué "At War With The Mystics" -, les Flaming Lips étaient juste devenus de fabuleux « performers ». Je n’arrivais plus à suivre les expérimentations de plus en plus tarabiscotées de Wayne Coyne et de sa bande. « Embryonic », le véritable précédent disque était un gigantesque foutoir où il n’était pas évident d’y trouver beaucoup de chansons. « The Terror » garde pourtant les mêmes grosses basses, mais est plus apaisé, et surtout il est cette fois d’une incroyable cohérence. C’est l’un de ces rares albums qu’il faut absolument écouter d’une traite pour mieux s’y plonger. Un des disques après lesquels l’essentiel de la production musicale paraît bien fade – essayer Stromae juste après par exemple. « The Terror », c’est de la musique en 3D, c’est aussi le disque idéal pour la fin du monde. Beau et effrayant.



1- Yo La Tengo - Fade

L'un des premiers disques, "Fakebook", de Yo La Tengo était une brillante collection de reprises. Jusqu'à aujourd'hui, il était considéré par beaucoup comme leur meilleur, tendant à prouver que le groupe n'était qu'une sympathique formation de série B, des sortes d'éternels outsiders. Et puis, il a fallu entre autre qu'ils s'associent avec monsieur Tortoise à la production, John McEntire, pour que leur indie rock prenne son véritable envol. Bon, les vrais connaisseurs ergoteront qu'ils ont déjà enregistré un paquet de très bons disques et ils auront raison, mais moi, c'est avec ce "Fade" que j'ai eu la révélation. Yo La Tengo est devenu d'un coup d'un seul le groupe de rock indépendant par excellence. Celui qui trace sa route sans se soucier des modes, ce qui a justement pour effet de rendre leur musique indémodable. Partant de l'influence obligée du Velvet Underground, Yo La Tengo a su digérer chaque nouveau courant - le grunge, le shoegaze, la dream pop, etc -, l'intégrer à son univers pour en ressortir une étonnante matière originale. "Fade" ressemble aujourd'hui à s'y méprendre à l'album parfait.

16 décembre 2013

Bilan 2013

Comment résumer l'année musicale 2013 ? Mon année musicale. Tout d'abord, en parlant des deux expositions que j'ai eu la chance d'aller voir : la première sur Bowie, au Victoria and Albert Museum de Londres, la seconde sur le punk européen, à la Cité de la Musique à Paris. Deux expositions qui pourraient être un bon condensé du meilleur du rock des années 70. Deux expositions, qui démontrent qu'il reste difficile de faire rentrer intelligemment la musique dans les musées. Celle sur le "Thin White Duke" demeure la plus intéressante, de part le personnage d'abord, mais surtout parce que l'audioguide qui nous permet de la parcourir avec la musique de l'artiste dans les oreilles est une bonne initiative. En 2015, les Parisiens pourront aussi en profiter puisque l'exposition se déplacera dans la capitale française. Cette année, j'ai assisté une fois de plus à très peu de concerts, une journée passée aux festivals de la Route du Rock et de Rock en Seine a constitué l'essentiel de mes expériences musicales "live". Je retiendrai l'incroyable prestation de Nick Cave et de ses mauvaises graines à Saint-Malo, à vous foutre une sacré chaire de poule plus d'une heure durant; le concert de of Montreal, dans le quartier très branché de Williamsburg pour ma première et je n'espère pas dernière escapade new-yorkaise; les français de Aline, place Denfert Rochereau, pour la Fête de la Musique, pas forcément pour la qualité de la performance, non plus parce que c'était l'un des premiers concerts de ma fille et le premier de mon fils; enfin, les concerts azymutés des !!! (Chk Chk Chk) aux deux festivals rien que pour les improbables chorégraphies de son chanteur en tenue de plage. Pour les meilleures chansons et disques de l'année, vous connaîtrez tous mes favoris d'ici la fin de la semaine. En attendant, si pour une fois, je parlais de ceux qui m'avaient déçus, c'est-à-dire à peu près toutes mes plus grosses attentes. A commencer par l'inattendu retour de David Bowie qui ne s'est pas contenté que d'une exposition à sa gloire, il a aussi sorti un nouveau disque, "The Next Day". Quoi en penser ? Tout simplement qu'il est raté, qu'il y tente maladroitement une sorte de compilation de son oeuvre. Mais les arrangements comme parfois les mélodies ressemblent plus à de la vulgaire soupe FM. Alors, quand je vois que beaucoup ont placé ledit album parmi les meilleurs de 2013, je ne  comprends pas. Considérer le nouveau Bowie comme un grand disque alors que c'est un de ses plus mauvais, c'est faire peu de cas du reste de la production actuelle, c'est stipuler en substance que le rock est mort, que c'était mieux avant.

De même pour la reformation de Suede qui sentait déjà le réchauffé à plein nez et dont je n'attendais pas grand chose tellement ça fait belle lurette que Brett Anderson est incapable de pondre une chanson digne de ce nom. Mon verdict est aussi sans appel : inutile, mise à part pour les fans nostalgiques qui auront cherché à ré-entendre les morceaux des toujours excellents deux premiers disques lors de la tournée.
L'arlésienne du successeur du mythique "Loveless" de My Bloody Valentine est aussi enfin tombée en 2013, alors que plus personne n'y croyait. Cette fois-ci, malgré la longue période hors du circuit, le disque tient la route, même s'il n'innove pas franchement. Je pourrais aussi parler de beaucoup d'autres déceptions, des groupes qu'on encense sans doute trop rapidement ou d'autres qui sont juste passés à côté du sujet et qui n'ont pas dit leur dernier mot, parmi eux, MGMT, Vampire Weekend, The National ou encore les Yeah Yeah Yeahs.

Je sais que certains d'entre vous ne seront pas d'accord. Un sujet aura au moins fait l'unanimité : l'hommage rendu à Lou Reed. Le père du rock indépendant est mort cette année et tout le monde ou presque l'aura pleuré. Comme Mandela, quelques rares personnalités qui rassemblaient encore sont partis. D'autres modèles sont maintenant à construire, ce qui, vu le contexte général de perte de repères et de valeurs, ne sera pas chose aisée. Puisse l'avenir nous surprendre, comme cette année 2013 qui restera malgré tout pour moi comme un bien beau millésime. Rendez-vous mercredi et vendredi prochains pour mes traditionnels tops.

13 décembre 2013

Thee Oh Sees - Floating Coffin

Et, parmi tous les disques de 2013 que vous m'avez conseillé en commentaires - merci à tous - de mon dernier post le vainqueur est ... (roulements de tambours, enfin, non, c'est marqué au-dessus) les californiens de Thee Oh Sees. C'est Alexandre, nouveau blogueur, l'un des deux tenanciers de "La pop d'Alexandre et Etienne", qui m'a gentiment glissé le titre de cet album. Bon, après, je triche un peu, parce que je le connaissais déjà ce disque. C'est juste que sorti en plein mois de juin, c'est-à-dire au moment où ce blog était laissé en jachère, je n'avais même pas pris la peine de le mentionner. Chose est donc réparée aujourd'hui, car je dois avouer qu'au milieu des autres choix musicaux que vous m'avez proposé, "Floating Coffin" s'est rapidement imposé. Ce son, mon dieu, ce son ! Ayant l'habitude d'écouter essentiellement la musique au casque, dans le métro - oui, je sais, ce ne sont pas les conditions idéales - les ambiances plus douces et intimistes ont tendance à en pâtir. Le rock sale et retors de Thee Oh Sees s'est donc retrouvé avantagé. 
A force de sortir disques sur disques - au moins un par an - la formation du prolifique John Dwyer peaufine petit à petit une recette qui est en passe d'arriver à maturation. J'irai d'ailleurs bien les voir sur scène (à la prochaine Route du Rock ?) où ils sont considérés par certains comme l'un des meilleurs groupes de rock au monde. Oui, rien de moins. Au passage, l'album aurait été parfait pour le premier thème du dernier jeu des blogueurs mangeurs de disques : pochette horrible et bon gros rock vintage qui dépote.

Clip de "Minotaur" :

Clip de "Toe Cutter - Thumb Buster" :

7 décembre 2013

Et toi, t'as écouté quoi en 2013 ?

C'est déjà l'heure du traditionnel "et toi, t'as écouté quoi cette année ?". L'heure des échanges de bons tuyaux. Les miens, vous avez pu les découvrir tout au long de l'année. Je vous les rappelle dans la liste ci-dessous, il y en a 61. J'attends en commentaire de ce billet les disques qui ont squatté le plus vos oreilles, ceux que vous chérissez par dessus tout, à plus forte raison s'ils sont différents des miens. J'en retiendrai un seul pour faire un nouveau papier dessus.

Aline - Regarde Le Ciel
Yo La Tengo - Fade
Foxygen - We Are The 21st Century Ambassadors of Peace & Magic
Julien Pras - Shady Hollow Circus
Robi - L'hiver et la joie
Unknown Mortal Orchestra - II
Frustration - Uncivilized
My Bloody Valentine - MBV
Jacco Gardner - Cabinet Of Curiosities
Alpine Decline - Night Of Long Knives
Nick Cave & The Bad Seeds - Push The Sky Away
Albin de la Simone - Un Homme
Maissiat - Tropiques
Maston  - Shadows
Girls Names - The New Life
Parenthetical Girls - Privilege (Abridged)
Babx - Drones Personnels
Youth Lagoon - Wondrous Bughouse
Chapi Chapo et les Petites Musiques de Pluie - Robotank-z
Rachid Taha - Zoom
Arman Méliès - IV
The Flaming Lips - The Terror
Jacques Higelin - Beau Repaire
Purling Hiss - Water On Mars
Florian Mona - Les Héroïnes
Deerhunter - Monomania
Wampire - Curiosity
Orval Carlos Sibelius - Super Forma
The Pastels - Slow Summits
The Growlers - Hung At Heart
Palma Violets - 180
Kurt Vile - Waking On Pretty Daze
Bertrand Belin - Parcs
!!! - Thr!!!er
Hooded Fang - Gravez
Wave Machines - Pollen
These New Puritans - Fields Of Reed
The Spinto Band - Cool Cocoon
The Men - New Moon
Jean-Louis Murat - Toboggan
Holden - Sidération
TaughtMe - Am I Old?
Public Service Broadcasting - Inform-Educate-Entertain
Rhume - Rhume
Jackson Scott - Melbourne
Sebadoh - Defend Yourself
MGMT - MGMT
Hospital Ships - Destruction in Yr Soul
ARP - More
of Montreal - Lousy With Sylvianbriar
Twin Apple - After The Endless Day
Tristen - Mars En Marche
His Clancyness - Vicious
Arcade Fire - Reflektor
Just Handshakes - Say It
Cate Le Bon - Mug Museum
Grass House - A Sun Full And Drowning
Bertrand Betsch - La Nuit Nous Appartient
Vincent Delerm - Les Amants Parallèles
La Femme - Psycho Tropical Berlin
Jacuzzi Boys - Jacuzzi Boys

5 décembre 2013

Jacuzzi Boys - Jacuzzi Boys

Avec un nom pareil et sachant qu'en plus, les trois membres de Jacuzzi Boys sont originaires de Floride, on s'imagine bien le genre de musique qui doit en découler. Quelque chose de cool forcément, d'un peu branleur aussi. Je pensais m'arrêter là en ce qui concerne les chroniques de disques pour l'année 2013. Soixante, c'était un bon chiffre, comme l'an passé. Et puis, il a fallu que je jette une oreille à ce disque. Le groupe sera vendredi prochain à l'affiche des Transmusicales de Rennes. Les deux premiers morceaux, "Be My Prism" et "Black Gloves", sont assez irrésistibles et rien que pour eux, je ne pouvais pas passer cet album sous silence. La suite n'est pas du même tonneau à quelques exceptions près ("Domino Moon" notamment). Mais comme le tout est suffisamment court pour ne pas lasser, on y revient malgré nous et au fur et à mesure des écoutes, on n'y entend plus que le meilleur ou presque.
Leur garage pop ou rock lo-fi a même été validé par de glorieux parrains comme Iggy Pop et Jack White. Contrairement aux apparences, ce disque éponyme est déjà leur troisième. C'est aussi sans doute le plus abouti. En plus, il paraît qu'en concert, ils assurent. Les Rennais sont des veinards.

Clip de "Double Vision" :
 
Clip de "Domino Moon" :

3 décembre 2013

La Femme - Psycho Tropical Berlin

Bon, j'ai finalement succombé à ce disque. De prime abord, il m'avait paru bancal, mal fichu, trop long. Pourtant, je les avais vus en concert au festival des Inrocks il y a deux ans déjà et sur scène, c'est peu dire que les biarrots de La Femme dépotent, impressionnent, avec leurs cheveux peroxydés et leurs blouses blanches d'échappés d'asile. Cette musique est azimutée mais c'est ce qui fait son charme. Il faut savoir parfois se laisser aller à de la musique premier degré, plus immédiate. A force d'écouter des sons à profusion, de traquer l'excellence - en toute subjectivité -, on en oublie les groupes de série B, de ceux qui, sur la longueur, peuvent aussi s'imposer et devenir cultes. La Femme fait assurément partie de cette catégorie, en réinventant intelligemment le rock français des années 80, mélange de Téléphone - La Femme sera d'ailleurs très prochainement à l'affiche du festival Les Aventuriers parrainé par l'ancien batteur de Téléphone, Richard Kolinka - et de Taxi Girl, agrémenté d'un brin de folie supplémentaire qui les place d'emblée au-dessus de leurs influences. Dans la lignée des formations à forte personnalité comme les Rita Mitsouko par exemple. Quand je vous disais que la musique d'ici ne s'est jamais aussi bien portée.
N'en déplaise au vieux jardinier Michel Fugain avec ses tristes implants piqués sur la tête, non, "Fais comme l'oiseau", ce n'est pas de la grande littérature et parler de soi peut plus facilement permettre de toucher l'universel qu'une vaine tentative de poésie de (big) bazar. En attendant, La Femme prouve qu'il n'y a pas que les "intellichiants" de Fugain parmi la nouvelle scène hexagonale et que pour ce qui est de savoir foutre le bordel dans notre ciboulot et surtout nos guiboles, ils n'ont de conseil à recevoir de personne.

Clip de "Sur La Planche 2013" :

Clip de "Nous étions deux" :

Clip de "Hypsoline" :

Clip de "It's Time To Wake Up 2023" :

30 novembre 2013

Electrelane - The Power Out (2004)


Thème du jour : FASTER PUSSYCAT KILL KILL! - Des filles qui en ont...

C'est l'ami Gwen qui m'a rappelé au bon souvenir de ce disque passé trop inaperçu à sa sortie. Il est pourtant de ceux qu'on réévalue à la hausse au fil du temps et des écoutes. "The (girl?) power out" commence par une chanson ânonnée dans un français incompréhensible, et cette rythmique d'abord lointaine qui ne cesse de s'accélérer. On passe ensuite à un titre plus mélodique mais où la voix semble capable à tout moment de lâcher prise, de partir en vrille. "The Valleys" est au contraire un morceau quasi liturgique avec ce qui pourrait ressembler à des choeurs d'église. Dans la suite, on y entendra de l'espagnol, des guitares abrasives puis indolentes, des rythmes plus synthétiques mais toujours aussi syncopés. C'est Steve Albini à la production et ça s'entend. Dès que c'est rêche, que ça gratte un peu, il n'est jamais très loin. Electrelane, ce sont quatre jeunes femmes originaires de Brighton. Leurs influences sont évidemment le Velvet Underground mais aussi le krautrock. Ce disque, leur second, est d'ailleurs en partie instrumentale. Elles ont rendu leur tablier dès 2007, après quatre albums mais refait surface il y a deux ans par le biais de quelques concerts, notamment un passage remarqué à la Route du Rock. Depuis, nous n'avons plus de nouvelles... Ah, si "The Power Out" va être réédité. Merci à Gwen et à tous les participants de ce nouveau grand jeu des blogueurs mangeurs de disques. Car c'est malheureusement terminé.

29 novembre 2013

Vincent Delerm - Les Amants Parallèles

Aux premières notes, on ne comprend pas ce que certains nous disent : ce n'est pas encore cette fois-ci que les allergiques à Vincent Delerm se réconcilieront avec lui. On retrouve dans "Les amants parallèles" les mêmes petites habitudes du monsieur : cette façon si particulière de ne pas chanter, cette manie pour le "name dropping", ces mêmes thèmes "petits bourgeois parisiens" hérités de la Nouvelle Vague, mais aussi cette faculté à créer à chaque chanson de drôles de petites saynètes amoureuses. La seule différence, c'est que pour une fois, Delerm n'essaie plus d'épater la galerie avec ses traits d'humour quelque peu cyniques. Non, "Les amants parallèles" jouent la carte de la sobriété. Avec un minimum de textes, le décor est planté. Et la musique est au diapason, avec seulement du piano, même s'il y en a en tout quatre, chacun accordé différemment pour reproduire la sonorité d'autres instruments.
L'ensemble donne une ambiance encore plus feutrée, idéale pour parler de la vie d'un couple, de sa naissance à l'arrivée d'enfants et bien après. La nostalgie des bons moments y est évoquée, des petites histoires  universelles. Et puis, un disque où il est question de "tee-shirt de Johnny Marr", de "concert des Charlatans"  - dans la chanson "L'Haçienda", ancienne salle mythique de Manchester - ne peut pas être foncièrement mauvais. Oui, peut-être qu'au final certains anciens détracteurs se laisseront amadouer. Le bonhomme a un fort pouvoir de séduction, surtout en concert, jouant autrefois essentiellement sur la dérision. Il y ajoute aujourd'hui une dose supplémentaire d'humanité. La maturité et les cheveux gris, sans doute.

Clip de "Les Amants Parallèles" :

28 novembre 2013

Pulp - It (1983)

Thème du jour : ENCORE UN PEU VERT ! - Une première oeuvre pas tout à fait mure.

Il y a deux types de groupes. Il y a ceux qui sont tout de suite au top, donnant d'emblée le meilleur d'eux-mêmes. Parce qu'avant de percer, ils ont élaboré longuement leur son. Parce qu'ils reviennent de loin. Parce qu'ils savent qu'ils n'ont pas d'autres choix de vie. Ceux-là durent rarement. Ils s'épuisent vite, parce qu'ils n'ont pas de plan B. Leur premier disque a parfois tellement touché, marqué les esprits que toute suite s'avère forcément décevante. Et puis, il y a ceux qui commencent discrètement, pas sûrs d'eux, dont on ne découvre le véritable potentiel que bien plus tard. Parce qu'une maison de disque a eu le courage et l'audace de leur faire confiance. Ou tout simplement parce que le groupe n'a pas lâché prise, qu'il a continué contre vents et marées à avancer, ne comptant que sur lui-même. C'est le cas ici. Pulp, le groupe du très charismatique Jarvis Cocker, a traversé les années 80 à l'écart du monde avec seulement deux disques et quelques singles. Personne ne les voyait devenir aussi grand, le meilleur groupe de pop anglaise des années 90. "It" sorti en catimini en 1983 dévoilait pourtant une réelle qualité d'écriture, même si pas tout à fait mûre. La musique est assez cheap, plus par manque de moyens, semble-t-il, que par manque de volonté. Mais pour au moins trois morceaux : "My Lighthouse", "Wishful Thinking" et surtout "Blue Girls", l'album est plus que recommandable. Trois ans plus tard, avec "Freaks", Pulp passera déjà à la vitesse supérieure avec son premier disque adulte. Ensuite, plus rien ne les arrêtera jusqu'à l'indépassable "Different Class"...

26 novembre 2013

Connan Mockasin - Forever Dolphin Love (2011)

Thème du jour : SUGAR SUGAR - Une oeuvre narcotique, le type de drogue n'a pas d'importance. 

Le sujet du jour n'est pas si facile qu'il en a l'air, car, qui dit narcotique, dit aussi soporifique. Or, le premier disque du néo-zélandais Connan Mockasin ne l'est en rien - pour preuve, il était bien classé dans mon top albums en 2011. Planant oui, sûrement, le genre d'oeuvres qui vous procurent un sentiment de bien être, de relâchement. Et puis, il y a cette voix (de dauphins?) trafiquée qui ne ressemble à rien d'humain. Pour produire un album de la sorte, il faut obligatoirement être un peu allumé. Le morceau éponyme, "Forever Dolphin Love", est une longue ballade lancinante et hypnotisante de plus de dix minutes. Tout le disque est dans cette continuité, comme s'il n'y avait qu'un seul et unique morceau empli de mille et une saveurs. L'artiste, lui-même, n'a pas réussi à reproduire ce coup de maître. Son dernier "Caramel" paru en 2013 regorge de sonorités plus communes et familières. Connan Mockasin sera en tournée chez nous en début d'année prochaine, l'occasion de vérifier si son univers n'a rien perdu de sa singulière fantaisie.

24 novembre 2013

The Flaming Lips - Yoshimi Battles The Pink Robots (2002)




Thème du jour : LIFE ON MARS? - Une musique d'une autre planète ou presque.

Les Flaming Lips ne sont pas de cette planète, c'est évident. C'est pour ça qu'ils parlent d'une jeune femme asiatique qui combat des robots tous roses. Il faut avoir vu une fois dans sa vie ce groupe sur scène. L'expérience, pour peu qu'on veuille bien s'en donner la peine, est inoubliable. Tout peut arriver ou presque. Cet univers déjanté et ne ressemblant à rien d'autre a même été transposé dans une comédie musicale. Après quelques représentations en fin d'année dernière en Californie, le spectacle "Yoshimi" devrait voyager jusqu'à Broadway en 2014. Espérons qu'il fasse aussi un détour par la vieille Europe...J'aurais pu choisir d'autres disques des Flaming Lips, le dernier en date notamment, "The Terror", qui est un véritable ovni sonore. Mais celui-ci se rapproche le plus du thème du jour. Et puis, rien que pour la sublime "Do You Realize?" et ses paroles simples et belles "Do you realize that life goes fast. It's hard to make the good things last. You realize the sun doesn't go down. It's just an illusion caused by the world spinning round.". Elle est même devenu l'hymne de leur état, l'Oklahoma. Vous imaginez, vous, une équipe de foot, qui rentre sur un terrain au rythme de cette chanson : la classe, non ? Une autre planète, je vous dis.


22 novembre 2013

The Hives -Tyrannosaurus Hives (2004)

Thème du jour : MUSIC FROM THE NORTH COUNTRY - Un seul mot d'ordre: Nordique!

C'est bizarre parce que contrairement à de nombreux blogueurs, je me rends compte accrocher rarement à tout ce qui provient des pays nordiques. Le choix est donc pour moi assez restreint lorsqu'il s'agit de sortir un artiste ou un groupe du lot. En fait, mis à part l'Islande dont beaucoup d'artistes font preuve d'originalité, le reste est souvent assez commun. Bien fait, mais commun. Et puis, quelques fois, il y a des incongruités comme The Hives, ce groupe de jeunes gens bien sapés, qui fait du rock qui dépote grave sa mère - oui, je sais, ça ne veut rien dire, c'est juste pour faire djeuns. Le genre de trucs pas toujours très fin, mais qui n'en a cure, qui envoie le bois sans discontinuer. Et c'est bien connu qu'avec le bois, on se réchauffe. "Tyranosaurus Hives" est leur troisième disque et rien que pour le formidable "A Little More For A Little You", je le réécoute régulièrement. Parce qu'en tant que défouloir rock'n'rollien, il remplit à chaque fois très bien son rôle. Et personnellement, c'est tout ce que je lui demande.

21 novembre 2013

Bertrand Betsch - La Nuit Nous Appartient

Il y a de curieuses coïncidences dans la vie. Un homme qui est mon quasi homonyme crée un label au début des années 1990 du nom de Lithium à Nantes, donc pas très loin de chez moi. Le label depuis a malheureusement cessé d'exister. L'homme, lui, a disparu des projecteurs. Mais il a permis de faire connaître des gens aussi variés et importants que Dominique A, Françoiz Breut, Diabologum et son chanteur Michel Cloup qui oeuvre maintenant en solo, Mendelson, Holden, Jérôme Minière ou encore Bertrand Betsch. La plupart de ces noms sont régulièrement cités sur ce blog. Ce monsieur, au moment où la chanson française ronronnait, a proposé à entendre quelque chose de différent, non formaté, minimaliste mais pas que. Aujourd'hui, Lithium a fait plein de petits, créé des vocations et la plupart de ses artistes ont continué leur route, toujours aussi exigeante. Comme Bertrand Betsch qui a même fondé son propre label, 3h50. Il nous revient aujourd'hui, seize ans après "La Soupe à la grimace", plus pop que jamais. "La Nuit Nous Appartient" ressemble beaucoup au "Courchevel" de Florent Marchet  tant au niveau de la voix que des musiques. Pour les textes, c'est quand même plus direct mais aussi moins abouti - on est aussi assez loin de la noirceur poétique de son premier essai. Quelques titres comme "A la radio" ou "Girls" dont les paroles ne sont pas si éloignées de celles de "à toutes les filles" de la paire Barbelivien-Gray de triste mémoire, apparaissent plutôt dispensables.
Et on se demande alors pourquoi un double album de 26 titres quand la moitié aurait été amplement suffisant ? On aurait même tenu là un des meilleurs disques de l'année 2013. Mention spéciale à "Encore un jour sur la terre", "La nuit nous appartient" ou encore "La puissance de l'espoir". En tout cas, il y a assez de choses intéressantes proposées ici pour faire oublier les deux principales sorties musicales de la semaine, françaises de surcroît qui risquent malheureusement d'éclipser celle-ci. J'ai nommé les deux rescapés Etienne Daho et Bertrand Cantat. Timing compliqué pour Betsch qui ne demande donc qu'à être soutenu davantage, comme la main tendue de la pochette. Le single "J'aimerais que tu me dises", au style très proche d'un Gaëtan Roussel, mériterait un succès équivalent. Et si les chanteurs de l'ex-label Lithium étaient aujourd'hui amenés à obtenir la reconnaissance grand public comme Dominique A et sa Victoire de la Musique ? Pour qu'après "La Soupe à la Grimace", ils mangent leur pain blanc. Enfin.

Clip de "J'aimerais que tu me dises" :

Extraits en écoute sur iTunes.

20 novembre 2013

Lenny Kravitz - Mama Said (1991)



Thème du jour : TEEN TITAN - Un disque usé jusqu’à la corde étant ado!

Je triche un peu car je ne l'ai pas écouté tant que ça, ce disque. En fait, je me suis rapidement aperçu que passés les quelques singles connus, le reste ne valait pas tripette. Mais Lenny fut pendant quelques temps un modèle pour moi. On en a besoin quand on est ado. Le modèle du beau gosse, cool, au look branché, qui faisait une musique de beau gosse, inspirée par les plus grands de John Lennon à Jimi Hendrix. A l'époque, on faisait déjà des tops avec mon frère aîné. Tous les samedis soirs, il y avait le classement de nos chansons préférées, juste avant le top, le vrai, le TOP 50 de Marc Toesca à la télé - oui, oui, on a les références qu'on peut. Et Lenny était régulièrement bien placé dans les choix familiaux. "It Ain't Over Till It's Over" est restée plusieurs semaines en première position, comme "Stand By My Woman". En plus, c'est pas pour cafter mais Charlu a dit du bien de son disque suivant, "Are You Gonna Go My Way?" dernièrement. ça m'a surpris, parce que quand même, Kra-vitz. C'est donc de sa faute si je vous en parle aujourd'hui - oui, oui, je sais, c'est facile de rejeter la faute sur les autres. A la réécoute, surtout des paroles particulièrement cruches (dans la lignée de l'insupportable geignard et "beautiful, it's true" de James Blunt) on se dit que c'était quand même de la musique pour ado. Sur "Mama Said", on entend aussi la guitare de Slash, célèbre membre des pas vraiment regrettés Guns'n'Roses, autre formation favorite des jeunes des années 90. Oui, oui, je reviens de loin.

18 novembre 2013

King Crimson - In The Court Of The Crimson King (1969)

Aujourd'hui, c'est le retour du fameux grand jeu des blogueurs mangeurs de disques ! C'est donc reparti pour deux semaines de thèmes en tous genres, histoire de redécouvrir de façon originale notre discothèque. La liste des blogs participants est visible .

Thème du jour : THE WEAR DON'T MAKE THE MONK!  Pochette hideuse mais disque génial

Oui, je sais que ce choix est assez évident pour beaucoup et j'imagine que je ne serai pas le seul à le faire. Pourtant, pour moi, il ne l'était pas forcément. Car, quand on me parle de rock progressif, je fais à peu près la tête du gars sur la pochette. Et King Crimson, c'est justement la quintessence du rock progressif anglais au même niveau ou presque que Pink Floyd ou Soft Machine. Autant dire que pour moi, c'est le mal. Non, j'exagère un peu, mais voilà, ce disque, leur premier, c'est un peu l'exception qui confirme la règle. L'album qui me fait aimer un tant soit peu ce style de musique, même s'il n'évite pas toujours les écueils inhérents au genre. A savoir, la technique pour la technique, au détriment du reste : un peu de spontanéité, de légèreté, de simplicité, quoi! Mais "In The Court Of The Crimson King" est un petit miracle fait disque, car jamais il n'essaie de perdre l'auditeur, ni de le toiser de haut. A son rythme - 5 morceaux seulement pour une durée totale de près de 45 minutes -, il nous guide dans les méandres d'une musique incroyablement belle et soignée. Ceci explique pourquoi aujourd'hui encore je ne parviens pas à m'en lasser. Il n'y avait donc aucune raison d'avoir peur.
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