Dis donc, j’étais complètement passé de cette formation qui existe pourtant depuis 1994. Immersion est en fait un duo, et quel duo : le couple à la scène comme à la ville formé par Malka Spigel, ancienne membre du groupe culte de post-punk israélien Minimal Compact et Colin Newman, ancien leader de Wire, responsable d’au moins deux disques solo qui comptent : "A-Z" dans la lignée de son précédent groupe (en mieux ?), et le bien nommé "Commercial Suicide" qui invente la pop dark, new-wave et classieuse. Newman, c’est aussi le producteur du premier Virgin Prunes ou du "Matrice" de Bashung. Bref, du beau linge, comme on dit dans le milieu. Mais voilà, le post-punk n’a plus la côte dans les années 90 et c’est sans doute pour cela qu’on les perd de vue. "What is lost will return" pourrait donc parler du revival post-punk qui dure depuis, depuis au moins le premier Interpol en 2002. Mais voilà, j’ai mis du temps à réagir, car si leur musique s’est largement assagie, s’est faite plus douce, plus ronde avec des mélodies plus évidentes, elle n’était pas encore venue jusqu’à moi. Parfois, il faut aller chercher les choses soi-même, la découverte en est d’autant plus agréable.
C’est bête et un peu facile à dire mais la musique de Immersion est immersive, pas revêche pour un sou. Est-ce la maturité, la sagesse ou tout simplement l’assagissement ? L’arrêt du combat. Mais Wire ou Minimal Compact n’étaient pas des groupes politiques comme pouvaient l’être beaucoup d’autres de la même époque. Le couple s’est toujours tenu en dehors de ça. C’est peut-être ce qui leur a valu d’être toujours en marge, mais qui aujourd’hui leur permet de perdurer comme bon leur semble. Ecoutez donc "What is lost will return", on croirait presque des nouveaux venus, déconnectés de tout, revenus d’entre les morts. Qui a dit que le punk ne vieillissait pas bien ?


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