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Articles

Affichage des articles du 2026

Vince Staples - Cry Baby

Il fallait que je poursuive mon incursion dans le monde du rap après le concert enthousiasmant de Little Simz. Mais attention du rap aux sonorités très rock, pas celui à la musique générée par IA. L’américain Vince Stapples est coutumier du fait. Dès son premier disque " Summertime 06 ", sa pochette inspirée par celle du célèbre " Unknown Pleasures " annonçait la couleur. J’étais passé complètement à côté. " Cry Baby " présente une pochette au message encore plus évident. On y reconnaît un Donald Trump bébé portant une couche aux couleurs du drapeau américain retenue par une épingle à nourrice. Le bébé pleure et le message " Cry Baby " indique clairement qu’on le laisserait bien crier sans intervenir et répondre à ses besoins. A-t-il fait caca ? A-t-il faim ? A-t-il mal ? ou fait-il simplement un caprice ? Voilà l’image de l’Amérique Trumpienne pour le rappeur Vince Staples.  Dans ses clips, il enfonce le clou. " Blackberry marmelade " ...

Gorillaz, Little Simz, Feu! Chatterton - Festival We Love Green, Paris - 5 juin 2026

We Love Green a pour habitude de lancer un peu la saison des festivals en plein air. En plus, comme c’est près de chez nous et que la programmation nous tentait une fois de plus : l’an passé, nous y avions vu LCD Soundsystem, Beach House ou Clara Luciani. En 2026, le trio gagnant était composé de Gorillaz, Little Simz et Feu! Chatterton et je dois dire que les concerts étaient dans l’ensemble supérieurs - hormis LCD mais comme on les avait déjà vus l’année précédente à Rock en Seine, le choc fut moindre. Les programmateurs avaient eu la mauvaise idée de mettre Beach House sous chapiteau. Cette scène est une aberration : semi-ouverte, semi-fermée. Le son ne circule pas bien et pour peu que vous arrivez un peu tard ou juste pour le début du concert, vous ne voyez rien. Cette année, aucun de notre trio gagnant n’y fut heureusement programmé. Sébastien Tellier dont le dernier disque un peu gênant, n’avait pas besoin d’un tel lieu et d’un tel horaire - pile entre Feu! Chatterton et Gorilla...

Iceage - For Love of Grace and the Hereafter

Ceux-là, ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas parlé. Depuis le premier album " New Brigade " paru en 2011, une éternité. A l’époque, les danois jouaient un punk énervé et barré à souhait où chaque semblant de mélodies était laminé au hachoir. En 2013, il y a eu aussi ce passage à la Route du Rock , le même jour que le concert mémorable de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Je fus déçu par le son presque métal et lourd du groupe. C’était à la sortie de leur second disque " You're Nothing ". Après cette prestation, je me suis détaché de Iceage. N’essayant à peine de leur redonner une nouvelle chance, persuadé que leurs plus belles années étaient passées, cette musique n’aimant pas la maturité et la maîtrise. J’ai bien ensuite donné un peu sa chance à la carrière solo de son chanteur Elias Ronnenfelt, qui joue un peu trop au beau gosse pour être honnête. Pourtant le style et la démarche est à mille lieux de ceux de sa formation, il fait appel pour l’occasion...

PICOT - Presque Pop

Oui, je sais, je ne suis plus aussi assidu. Il faut dire qu’il y a eu les vacances et un manque progressif d’envie. Comme chaque année si j’ose dire. Rien de tel pour un retour aux affaires avec un disque français. Ça fait un moment que je délaisse la production hexagonale, me recroquevillant essentiellement sur les valeurs sûres comme Bertrand Belin ou Barbara Carlotti. Pourtant, il existe évidemment de nouveaux talents. PICOT en fait partie. Nouveau ? Pas vraiment puisqu’il officie depuis un moment au sein de groupes comme Good Morning TV et Brace! Brace! Talent ? Evidemment et il suffit de peu d’écoutes pour s’en persuader. Mais " Presque pop " est bien son premier effort solo. " Presque ", parce qu’on sait bien que cet album n’aura pas de reconnaissance "populaire" à grande echelle comme il se devrait. " Pop ", parce que ça l’est résolument. PICOT est de cette école française biberonnée aux douces mélopées beatlesiennes et au sens du rythme p...

Weird Nightmare - Hoopla

Weird Nightmare est le projet solo du canadien Alex Edkins, leader de la formation METZ. Si son groupe est adepte d'un rock dur, lourd et dissonnant, il n'en est rien ici. Le son de ce deuxième album sorti quatre ans après le premier est bien différent, puisque c'est plutôt du côté d'une pop-rock mélodique aux sonorités nineties qu'il faut aller chercher les influences. Ce " Hoopla " est un disque modeste qui passera assez inaperçu et qui pourtant, fait incroyablement bien le job. Pas d'esbroufe inutile mais des chansons courtes autour de trois, quatre minutes maximum, denses, compactes, sans temps mort, efficaces en diable. Les deux minutes de " Might See You There " avec ses choeurs féminins sont à ce titre assez irrésistibles. Weird Nightmare, malgré son nom pas très avenant, constitue donc la récréation de Edkins - pour preuve les clips pas très sérieux des singles - l'espace où il peut se laisser aller à des morceaux plus légers, moi...

Friko - Something Worth Waiting For

On ne change pas une équipe qui gagne. Les américains de Friko sont de retour avec un second disque qui est la copie conforme de leur premier , peut-être en plus direct encore. On pouvait leur reprocher leur musique adolescente, trop simple, jouant facilement sur l’alternance entre les passages calmes et nerveux. Mais les Chicagoans semblent n’en avoir cure, ils enfoncent le clou avec " Something Worth Waiting For ", titre un peu pompeux et prétentieux au demeurant. Car il est évident que ceux-là ne révolutionneront rien. On n’en attendait donc pas grand chose. Leur musique n’est pas ambitieuse pour un sou. Elle est physique, mélodique, immédiate, faite pour l’instant présent, idéale pour les festivals. Friko sera d’ailleurs à la prochaine Route du Rock et j’hésite toujours à y prendre une place, les groupes que j’aimerais voir et y sont équitablement répartis entre les trois soirs au Fort Saint Père et prendre un pass pour la totalité du festival est trop pour moi, physique...

Tomora - Come Closer

Après l’ascétisme de Dagmar Zuniga, voici l’hédonisme version Aurora et Chemical Brothers. L’étonnante fusion des univers musicaux de la jeune norvégienne Aurora qui se voudrait Björk et du vétéran Tom Rowlands, moitié des frères chimiques a donné naissance à Tomora. Leur premier album " Come Closer " est un maelström sonore assez indescriptible. Tous les morceaux ou presque sont assez différents les uns des autres. On pense aux films de Lynch pour le titre " Come Closer " donnant son nom au disque, à la suédoise Fever Ray sur l’inquiétant " A Boy Like You ", évidemment à la célèbre islandaise citée plus haut sur le plus expérimental " Drink The Night "et même à Liz Fraser sur " Wavelengths ".  Il y a aussi les tubes en puissance, les irrésistibles " Ring The Alarm " et " Somewhere Else ", des paroles faisant réference à Nina Simone sur " My Baby " ou à John Carpenter (" The Thing "). Et tout ça t...

Dagmar Zuniga - in filth your mystery is kingdom / far smile peasant in yellow music

Voilà, après Angine de Poitrine , l’autre buzz du moment, beaucoup plus confidentiel j’en conviens, eu égard à la musique moins tapageuse - doux euphémisme. Mais quand même, la quasi intégralité de la presse "spécialisée" ( Télérama , Section 26 , Pitchfork  ou Les Inrocks ) ne tarit pas d’éloges sur cette mystérieuse jeune artiste américaine d’origine nicaraguayenne. Il faut dire que sa musique envoûte immédiatement. Ce premier album est apparu en janvier 2025, dans un profond anonymat sur Bandcamp mais ce n’est qu’en avril 2026 qu’il sort en physique sur le label londonien AD 93 . Phil Elverum, le chanteur et unique membre des cultes et trop méconnus Microphones et Mount Eerie, sous le charme, l’avait prise rapidement sous son aile, en première partie de sa tournée. L’influence entre les deux artistes est effectivement évidente. On pense aussi à une Vashti Bunyan, version lofi. Le bouche à oreille faisant son oeuvre, Dagmar Zuniga sort enfin de l’ombre. Ces chansons sont de...

My New Band Believe - My New Band Believe

Black Midi est mort, vive Black Midi. Le groupe d’intellos anglais, pourfendeurs d’un rock ultra exigeant mais souvent indigeste n’est plus depuis le suicide de leur guitariste Matt Kwasniewski-Kelvin en début d’année, à l’âge de seulement 26 ans. Leur chanteur, Geordie Greep avait déjà lancé les hostilités solo avec " The New Sound " paru en 2024, pour un résultat toujours aussi clivant et original. C’est maintenant au tour du bassiste Cameron Picton de se lancer dans le grand bain, caché derrière l’étrange pseudo My New Band Believe. Et cette fois-ci, pas besoin de préparation spécifique pour s’avaler d’une traite ce premier disque éponyme. C’est un disque accoustique, aux subtils arrangements de cordes, aux mélodies un peu fuyantes, jamais immédiates mais c’est ce qui en fait son principal intérêt. Même après la fin de leur aventure commune, les Black Midi n’ont pas fini de faire parler d’eux.  Derrière une musique aussi touffue, se cachaient forcément des jeunes gens aux ...

Jay-Jay Johanson, Whiskey 30th Anniversary show - La Maroquinerie, Paris - le 8 avril 2026

C’est une mode pour les artistes à la carrière déjà bien avancée de programmer des tournées dans lesquelles ils jouent en intégralité un de leurs albums les plus emblématiques. Pour le grand échalas suédois de Jay-Jay Johanson, c’était son premier, le délicieux " Whiskey " dont le chanteur s'abreuvera lui-même entre deux verres d’eau pendant le concert. C’était il y a une trente ans, une éternité. Forcément, le public, plutôt féminin, a l’âge qui va avec. Il fait chaud à la Maroquinerie, ce qui n’empêche nos voisins de venir se placer devant nous, se glissant en rangs serrés pour mieux voir la scène. Quand c’est ensuite une barraque de plus de deux mètres de haut et presqu’autant de large, je laisse volontiers ma place. On sent bien que lui, est ici, à cause de sa copine. On le sentirait plus à l’aise dans un concert de metal avec sa coiffure rasée et ses cheveux coupés en triangle à l’arrière. Mais il me faut plus de dérangement pour ne pas me laisser à la nostalgie à l’...

Angine de Poitrine - Vol. II

C’est le buzz du moment. Deux canadiens aux accoutrements aussi improbables que leur nom de scène. Angine de Poitrine est composé du duo KHN de Poitrine et Klek de Poitrine. Ils viennent de sortir leur second disque qui est quasi instrumental hormis quelques rares borborygmes et une langue qu'ils ont eux-mêmes inventés - regardez pour cela leur interview sur une chaîne canadienne ci-dessous. Leurs vidéos sont devenues en quelques semaines complètement virales ce qui fait que leur concert à l’Elysée Montmartre s’est rempli en seulement quelques heures. Leur style musical est assez inclassable, on parle de math rock, d'influences proches de ce que peut faire les frappadingues australiens de King Gizzard and The Lizard Wizard, par exemple. Depuis qu'ils sont passés aux Transmusicales - non, ce n'est pas un festival focalisé sur les musiciens transgenres, n'en déplaise à un certain député RN - en décembre dernier, les canadiens ne cessent de faire parler d'eux. Déci...

Memorials - All Clouds Bring Not Rain

Ça commence par une musique lancinante, lynchienne à souhait, qui n’aurait pas fait tâche sur la bande originale de Twin Peaks, puis le rythme s’accélère rapidement et le son prend une ampleur et une dynamique proprement jubilatoires, se rapprochant cette fois-ci du krautrock. Voilà " Life Could Be A Cloud ", premier morceau de " All Clouds Bring Not Rain ". Le duo Memorials est déjà de retour, une fois de plus pour le meilleur. Après la sortie du nouvel album de The Notwist, le reste des nouveautés musicales me paraissaient soudain fades et anecdoctiques. C’est pourquoi je n’ai rien écrit pendant plusieurs jours. Verity Susman et Matthew Simms ont réussi de nouveau l’exploit de mélanger quantités d’influences diverses, en plus de celles déjà citées plus haut, on pourrait rajouter Stereolab - figure incontournable de la pop qui mélange admirablement le post-punk et l’électro -, Electrelane évidemment, la scène anglaise de Canterbury (Robert Wyatt, Kevin Ayers, Carav...

The Notwist - News From Planet Zombie

Voilà, on y est : première importante pierre musicale posée en 2026. Le nouvel album des allemands de The Notwist. Le dernier en date " Vertigo Days " en 2021 était tout simplement mon disque préféré de l'année . Là, dès l'écoute du génial et percutant "X-Ray", première salve de ce " News From Planet Zombie " disponible en ligne, je me suis dit qu'on tenait encore une grande oeuvre. L'écoute complète de l'album m'a confirmé cette première impression. C'est même peut-être leur disque le plus immédiat, le plus accrocheur, le plus rythmé, le plus mélodique, etc. D'aucuns pouvaient jusqu'à présent regretter dans la musique de Notwist une certaine langueur, une atonie qui faisait qu'on finissait parfois par s'y ennuyer. " News From Planet Zombie " contient suffisament de variétés, de changement de ton et de rythme pour nous garder constamment en alerte. Ce qui promet déjà les plus hautes places pour mon bila...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

Geese + Westside Cowboy - La Cigale, Paris, le 7 mars 2026

La musique à papa s’inscrit un peu en mode vacances en ce moment. Mais je n’ai pas pour autant fait l’impasse sur le concert - ou plutôt les concerts puisqu’au regard du remplissage rapide une date et un lieu supplémentaire ont dû être rajoutés - des bobos New-Yorkais de Geese, annoncés presque partout comme l’avenir du rock. En première partie, on eût droit aux mancuniens de Westside Cowboy. On est arrivés un peu tard, loupant quelques minutes et pour une fois, je dois dire que j’ai regretté. Ça fait belle lurette que je n’avais pas vu et entendu une telle première partie, les 4 jeunes anglais dégagent une énergie et une maîtrise bluffantes. Une partie du public a l’air d’être venus aussi pour eux, à moins que ça soit simplement parce qu’en l’espace de quelques minutes, ils ont réussi l’exploit d’embarquer l’audience parisienne souvent réputée comme blasée. C’est évident que ce groupe va faire parler de lui, on n’assiste pas à une telle révélation tous les jours. Lors du dernier morce...

Gorillaz - The Mountain

Petite pause sur ce blog pour cause de vacances et retour avec, pour moi, l’un des disques les plus attendus de l’année. En effet, j’ai pris mes billets pour les aller voir pour la première fois lors du festival We Love Green qui aura lieu en juin prochain, tout près de chez moi. " The Mountain " est le neuvième album de Gorillaz, le meilleur depuis " Plastic Bleach ", ou au moins depuis " Song Machine ". Là où la plupart de leurs disques, à force de partir dans tous les sens, mariant quantités d’influences disparates, avaient souvent tendance à tourner en rond, celui-ci se montre nettement plus homogène avec une tonalité indienne prédominante et des thèmes recentrés autour de la mort. Il faut dire que la paire Jamie Hewett - l’homme derrière l’aspect graphique - et Damon Albarn - l’homme derrière la musique - ont tous deux perdus leur père récemment. Ils ont aussi tous deux été subjugués par un voyage en Inde. Le premier morceau éponyme purement instrumen...

Hen Ogledd - Discombobulated

Ils m’avaient enthousiasmés en 2020 avec le très copieux et complètement barré " Free Humans ". L’album s’était placé à la troisième place de mes disques de l’année , derrière les non moins frappadingues Dan Deacon ou The Avalanches. Et oui, en 2020, pour moi, la folie et l'énergie étaient de mise. En 2026, il faudra encore plus pour supporter une actualité pour le moins révoltante. Heureusement pour moi, les Abba (et oui, deux hommes, deux femmes aux tenues chamarrées) du prog folk sont de retour et ils sont toujours aussi givrés et imprévisibles. " Discombobulated " (déconcertés), c’est le groupe de Richard Dawson face au monde de post vérité (le superbe " Death in a post-truth world ") qui l’entoure.  " Discombobulated " c’est nous par rapport à leur musique, qui mélange des influences tellement variées qu’elles paraissent complètement noyées dans le maelstrom sonore. Hen Ogledd a inventé un style qui n’appartient qu’à eux. Ce nouvel album...

Luke Temple - Hungry Animal

Je me rends compte que je ne parle pas assez de ce chanteur, Luke Temple, ancien leader de Here We Go Magic. Depuis la fin (définitive?) de son groupe, j'avoue que j'ai quelque peu décroché sur sa carrière solo commencée il y a pourtant plus de vingt ans. Surtout qu'à l'écoute de cet excellent " Hungry Animal ", son huitième (!), je dois dire que je retrouve immédiatement le style de Here We Go Magic : cette propension à mettre en avant et soigner la rythmique, cette douce voix, ces mélodies limpides et enveloppantes. Comme des Talking Heads - inspiration revendiquée - en version chill, au groove souple. La qualité principale de Luke Temple, c'est ce talent naturel pour tricoter de jolis canevas sonores pour ses chansons. On garde le fil tout le long de ce nouveau disque, qui s'écoule facilement, bien agréable à l'oreille, même s'il perd progressivement en énergie. Pour nous amener vers le repos et la volupté.  En tout cas, voilà encore un albu...

Nashpaints - Everyone Good is Called Molly

Attention, voici un disque différent, étonnant. Déjà, le titre " Everyone Good is Called Molly ". Comme Molly Malone, poissonnière célébrée dans la chanson du même nom, hymne officieux de Dublin et repris par quantités d’artistes : The Dubliners , U2 ou Sinead O'Connor et même chez nous Renaud ou Hugues Aufray . Ça tombe bien puisque Nashpaints ou plutôt Finn Carraher McDonald - puisque c’est essentiellement cet homme qui se trouve derrière ce pseudo - est originaire de la même ville. Ensuite, il y a cette pochette floue d’une femme qui se maquille devant son miroir - Molly sans doute. La photo est dupliquée avec deux lumières différentes, les deux images se faisant face, comme dans un vrai miroir. Laquelle ment ? Laquelle dit la vérité ? Enfin, il y a cette musique tout aussi éthérée, brumeuse qui rapelle celle de My Bloody Valentine, autre groupe dublinois mais aussi plus récemment la pop lofi de Cindy Lee et de son brillant " Diamond Jubilee ". Il y a auss...

A.S. Fanning - Take Me Back To Nowhere

Apres ER Jurken, voici A.S. Fanning. Autre artiste dont le prénom de scène a été réduit en abréviation de deux lettres. Autre artiste que je suis depuis son précédent album et dont je suis l’un des rares à le faire. Si la voix de ER est douce et mélodique, celle de A.S. est grave et profonde, en mode crooner. On pense beaucoup à Matt Berninger, le chanteur de The National. La musique est par contre nettement plus synthétique. " Take Me Back To Nowhere " nous ordonne-t-il sur ce nouveau disque. J’espère que ce n’est pas à cause de son insuccès chronique : le pauvre n'a même pas une centaine de vues sur Youtube. Quelle époque peut infliger un tel affront à un tel artiste ? Jusqu'à quel niveau va-t-on pousser le curseur de l'injustice ? Pourtant, si " Mushroom Cloud " avait une pochette avec fond rouge vif, celui-ci présente un bleu intense.  Le bleu est souvent synonyme de gaieté, de bonheur, d'avenir radieux. Sauf que le titre même de l'album va à...

Ulrika Spacek - EXPO

On ne parle pas assez des anglais d’Ulrika Spacek. En quatre albums à leur actif, ils sont passés du brouillon de " Loveless " de My Bloody Valentine ou de cousins anglais de Deerhunter à l’audacieux pari de vouloir rivaliser avec le " Kid A " de Radiohead. Rien de nouveau sous le soleil, vous me direz. Ils ont juste voulu embrasser le meilleur du rock indépendant des années 90. Attendez, j’ai quand même écrit, le meilleur, ce n’est pas rien. Et en effet, cet " EXPO " est même un sacré truc. Un de ceux qui nous permette de patienter tranquilles, avant la sortie de la nouvelle production des géniaux allemands de The Notwist, autres experts du son, ingénieurs de la rythmique qui fait mouche, même après mille écoutes. Ceux qui n’apprécient pas le fameux quintet d’Oxford - oui, je parle bien de Radiohead dont on se demande toujours pourquoi ces derniers ont boycotté la France lors de leur dernière tournée européenne  - trouveront sans doute à redire, que cette...

Alber Jupiter + Structure Moderne + Total Resistance - L'Alimentation générale, Paris, le 4 février 2026

  Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler aujourd'hui de groupes que la plupart d'entre vous ne connaissent sûrement ni d'Eve ni d'Adam. Mercredi 4 février, nous sommes allés, maman et moi, à l'Alimentation Générale voir et écouter trois formations françaises aux styles variés mais dont l'essentiel des influences est quand même rattaché aux années 70 et 80. Pourquoi ? Parce qu'un collègue de maman jouait dans un des groupes. La première formation s'appelait  Total Resistance . Ils sont deux : l'un chante et joue de la basse, l'autre est derrière un synthé Korg et a l'air de bien s'éclater avec moults sons pré-enregistrés. Le style ? C'est marqué sur l'affiche ci-dessus : minimal wave et post punk ! Cela ressemble à du Taxi Girl - d'ailleurs, sur leur Bandcamp, on peut écouter une reprise de " Aussi belle qu'une balle " - mais chanté en anglais. Bref, ce n'est pas déplaisant, même si les morceaux s...

ER Jurken - To Be Continued

Celui-là, je l'ai découvert complètement par hasard, dans un magasin de fringues. J'entends une musique que j'aime bien, je sors Shazam et je tombe sur ce nom improbable : ER Jurken. C'était au moment de la sortie de son premier album " I Stand Corrected " en 2021. Depuis, pas de nouvelles du monsieur. Il faut dire que la sortie était déjà plus que confidentielle et c'était étonnant d'entendre sa musique dans une grande enseigne. Voici donc " To Be Continued ", le second disque de ER Jurken. L'engouement est toujours aussi mesuré. Vous ne trouverez pas beaucoup de sites chroniquant cet album. Et oui, pour une fois, je me démarque et j'en suis pas peu fier. Car au-delà du snobisme de ne pas faire comme tout le monde, j'avoue que c'est une fois de plus un bien beau disque. Cela ne révolutionne rien, ce sont juste de belles mélodies pop divinement chantées. On y entend un peu des Beatles, de Neil Young, de Sufjan Stevens, des Bea...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...